Le 2 septembre 2026, au moment où nous publiions nos enquêtes sur Warven Wealthvale puis sur Jalon Fluxitage, une autre vitrine française du même réseau de fausses plateformes de trading restait accessible : zelancia.com. Ce domaine, enregistré le 26 juin 2026, se présente comme la « plateforme Zélancia », un service de trading « piloté par l’IA » réservé aux « résidents vérifiés en France ».
Derrière cette présentation, aucune société n’est identifiable et aucun numéro d’immatriculation n’est publié. Surtout, les conditions générales du site décrivent Zélancia comme une « plateforme d’information et de mise en relation à vocation marketing », chargée de mettre les utilisateurs en contact avec des « Annonceurs » tiers, et précisent que l’opérateur « ne propose directement aucun service financier ». Les listes noires de l’AMF et de l’ACPR ne mentionnaient pas le domaine à la date de notre vérification, mais les similitudes avec les vitrines documentées le même jour sont trop nombreuses et trop précises pour être dues au hasard.
Dernière mise à jour : 02/09/2026
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BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page d’accueil de zelancia.com. Retrouvez son apparence actuelle, utile pour identifier le site, constituer un dossier ou alerter votre entourage.
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Sommaire
- Un troisième visage français sur les serveurs du réseau dénoncé le 2 septembre
- Une réputation copiée chiffre pour chiffre sur le gabarit du réseau
- Un domaine né le 26 juin 2026 chez NETIM, sur un serveur déjà documenté
- Une « plateforme » sans société, derrière un décorum d’emprunt
- Coordonnées laissées ou argent déjà versé : les réflexes à avoir
- FAQ : Zélancia et la collecte de coordonnées en questions
- Conclusion : un entonnoir à coordonnées déguisé en plateforme
Un troisième visage français sur les serveurs du réseau dénoncé le 2 septembre
Dans notre enquête consacrée à Warven Wealthvale, publiée le 2 septembre 2026, nous décrivions un réseau de plus d’une vingtaine de domaines construits sur le même squelette et répartis entre deux adresses IP, 94.26.38.9 et 181.174.167.37. Quelques heures plus tard, Jalon Fluxitage s’ajoutait à la liste : un domaine enregistré chez NETIM le 21 mai 2026, vingt-quatre heures après celui de la vitrine anglaise. Nos outils techniques ont relevé que zelancia.com pointe vers la seconde de ces adresses, 181.174.167.37, la même que celle qui héberge la déclinaison italienne acuto-borsettura.com et la déclinaison espagnole altair-trade.net citées dans nos deux enquêtes.
Le rapprochement ne s’arrête pas à l’hébergement. zelancia.com a été enregistré le 26 juin 2026 auprès du même registraire français, NETIM, qui avait déjà enregistré warven-wealthvale.com le 20 mai 2026 et jalon-fluxitage.com le 21 mai 2026. Ses serveurs de noms (NS1.852C7N.COM, NS2.852C7N.COM, NS3.852C7N.COM) sont alignés sur l’infrastructure de la famille de vitrines. La page d’accueil, enfin, reprend le squelette déjà observé : accroche « pilotée par l’IA », statistiques spectaculaires, témoignages de clients, formulaire d’inscription, blog et page de questions fréquentes.
Une réputation copiée chiffre pour chiffre sur le gabarit du réseau
La page d’accueil arbore une note de 4,7 sur 5 fondée sur « 247 évaluations » et « 189 avis », et la page de questions fréquentes vante une « précision de 85 % » dans l’exécution des ordres. Ce sont exactement les chiffres affichés par Warven Wealthvale et Jalon Fluxitage : la réputation de Zélancia est produite par le gabarit, pas par une activité réelle. Les données structurées de la page reprennent ces valeurs (4,7 sur 5, 247 avis), sans qu’aucune plateforme d’avis indépendante ne permette de les vérifier.
Les incohérences internes achèvent de discréditer ces chiffres. Le bloc « L’avis de notre communauté » affiche une note de 4,8 sur 5 « d’après 1 247 avis », tandis que le reste de la page, et le schéma de données lui-même, annoncent 4,7 sur 5 pour 247 évaluations : deux notes et deux totaux différents sur une même page. Le site ajoute « plus de 4 millions d’utilisateurs inscrits », « 98 pays » et « 500 millions de dollars de dépôts des clients », des ordres de grandeur impossibles à étayer pour un domaine âgé de deux mois. La fiche ScamDoc consacrée à zelancia.com, consultable sur la page dédiée au domaine, attribue au site un indice de confiance faible de 25 %.
Un domaine né le 26 juin 2026 chez NETIM, sur un serveur déjà documenté
Le registre Verisign indique que zelancia.com a été enregistré le 26 juin 2026 auprès de NETIM, pour une durée d’un an, avec une expiration fixée au 26 juin 2027. Le domaine est protégé par un simple verrou de transfert et ses serveurs de noms alimentent directement la plateforme. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
L’analyse technique confirme le montage. Le certificat de sécurité, délivré par Let’s Encrypt le 25 août 2026, arrive à échéance le 23 novembre 2026, selon le cycle court de quatre-vingt-dix jours propre aux hébergements éphémères. Le serveur nginx répond depuis l’adresse 181.174.167.37, sur laquelle nous avons déjà relevé d’autres vitrines du réseau. La page d’accueil charge des lecteurs vidéo hébergés chez un prestataire tiers, des polices et des bibliothèques depuis des CDN publics, ainsi qu’un service de géolocalisation qui affiche le drapeau du pays du visiteur : la vitrine s’adapte à la cible. Les textes, enfin, portent les marques d’une génération par intelligence artificielle : formulations interchangeables, promesses sans aucun chiffre propre au site et aucune donnée qui renverrait à une société réelle.
Une « plateforme » sans société, derrière un décorum d’emprunt
Aucune société n’est nommée sur le site. Les conditions d’utilisation désignent l’éditeur comme « Zélancia », sans forme sociale, sans siège ni numéro d’immatriculation, et la page « À propos » affirme que la plateforme est « agréée et réglementée » : la mention « Agréé et réglementé par : » n’est suivie d’aucun nom d’autorité. La page de questions fréquentes répond pourtant « oui » à la question « Zélancia est-il soumis à une réglementation ? », en invoquant de vagues « exigences réglementaires strictes », sans jamais citer un régulateur ni un numéro d’agrément.
Le décorum est à l’avenant. La page de contact indique une adresse à Londres, « 59-60 Grosvenor Street, Mayfair », accompagnée d’un numéro de téléphone autrichien (+43 432 988-63-23), pour un service qui se dit réservé aux « résidents vérifiés en France » et dont le formulaire affiche l’indicatif +33. La politique de confidentialité, datée du 2 septembre 2026, soit le jour même de notre contrôle, ne fournit qu’une adresse de courrier électronique ([email protected]). Plusieurs pages du blog annoncées dans le menu renvoient vers des pages introuvables, comme sur les autres vitrines du réseau. Le seul formulaire réellement fonctionnel de tout le site est celui qui collecte prénom, nom, adresse de courrier électronique et numéro de téléphone, accompagné de champs invisibles de suivi (identifiant de campagne, langue, pays) avant envoi vers une adresse interne : zelancia.com est un entonnoir à coordonnées.
Coordonnées laissées ou argent déjà versé : les réflexes à avoir
Le site invite à déposer « au moins 216 € » par carte bancaire, par virement ou via PayPal après une simple inscription en ligne. Les personnes qui ont laissé leurs coordonnées sur le formulaire de zelancia.com doivent s’attendre à être rappelées par de faux « conseillers » : qu’elles ne versent aucun montant et ne communiquent ni pièce d’identité ni relevé bancaire. Celles qui ont déjà effectué un versement doivent cesser immédiatement tout nouveau paiement, conserver l’ensemble des preuves (captures d’écran, courriels, relevés), prévenir leur banque pour tenter un rappel de fonds ou un contre-passement, puis déposer plainte pour escroquerie auprès du procureur de la République ou via le portail Thésée. Notre guide pratique du dépôt de plainte détaille les étapes et les pièces à réunir selon la situation.
D’autres fausses plateformes françaises présentées comme pilotées par une IA ont été dénoncées le même jour sur BrokerDefense : Briand Montève et aiyaphorm-france.com combinent le même argumentaire, le même formulaire de collecte de coordonnées et les mêmes statistiques impossibles à vérifier.
Les personnes qui ont répondu au formulaire de zelancia.com puis ont été rappelées par un faux conseiller peuvent engager des recours si elles ont versé de l’argent. Dans la vidéo ci-dessous, Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris et avocate partenaire de BrokerDefense, répond aux questions des victimes de faux investissements : recours précontentieux, protocole transactionnel, procédure pénale et civile, dépôt de plainte et action au tribunal, indemnisation des victimes ; retrouvez sa présentation sur sa page dédiée.
FAQ : Zélancia et la collecte de coordonnées en questions
Non. Aucune société « Zélancia » n’est identifiable, aucun numéro d’immatriculation ni agrément n’est publié, et les conditions générales du site décrivent une « plateforme d’information et de mise en relation à vocation marketing » qui transmet les utilisateurs à des « Annonceurs » tiers, en précisant que l’opérateur ne propose aucun service financier. Le domaine, créé le 26 juin 2026, est enregistré chez NETIM et hébergé sur une adresse déjà associée aux fausses plateformes dénoncées par BrokerDefense le 2 septembre 2026.
Le site annonce un accompagnement par des « conseillers » : des appels ou des courriels peuvent suivre pour vous proposer un « investissement » ou un dépôt initial de 216 €. Ne versez rien et ne transmettez aucune pièce d’identité ni justificatif bancaire. Conservez les messages reçus, signalez le site à Signal-Arnaques et gardez les captures d’écran : elles serviront de preuves si vous décidez de porter plainte.
Si vous avez effectué un dépôt, même du montant minimum annoncé de 216 €, cessez tout nouveau paiement par carte, virement ou PayPal. Rassemblez vos justificatifs et signalez immédiatement l’opération à votre banque : un rappel de fonds peut être tenté sur les virements récents et un contre-passement sur les paiements par carte. Déposez ensuite plainte pour escroquerie, directement auprès du procureur de la République ou via le portail Thésée, et transmettez votre dossier à l’assistance de BrokerDefense pour être orienté dans les démarches.
Conclusion : un entonnoir à coordonnées déguisé en plateforme
Le dossier zelancia.com cumule les marqueurs habituels des fausses plateformes de trading : enregistrement récent chez NETIM, serveur partagé avec un réseau documenté le jour même, réputation chiffrée copiée sur le gabarit, société introuvable et conditions générales qui décrivent une simple « mise en relation » avec des annonceurs. Les épargnants qui ont rempli le formulaire, puis versé 216 € ou davantage en espérant des gains « pilotés par l’IA », se retrouvent face à un dispositif conçu pour collecter des coordonnées, encaisser des dépôts, puis disparaître. La seule parade fiable reste la vérification avant tout versement : BrokerDefense examine gratuitement les sites douteux et publie ses constats pour aider les victimes à défendre leurs droits.


