Sommaire
- Payé jusqu’en 2028, fxmarketstrade.com a été gelé par son registrar en août 2026
- La CySEC maintient fxmarketstrade.com sur la liste des domaines non approuvés
- Une vitrine de trading aux licences fantômes
- WordPress, webtrader et un hébergement Plesk : la machinerie du site
- Virements vers fxmarketstrade.com : les réflexes à adopter
- Ce que la fermeture de fxmarketstrade.com change pour les déposants
Payé jusqu’en 2028, fxmarketstrade.com a été gelé par son registrar en août 2026
Le 19 août 2026, le registrar HOSTINGER operations, UAB (IANA 1636) a appliqué les statuts client hold et client transfer prohibited au domaine fxmarketstrade.com, le rendant inaccessible dès le lendemain. Ce gel administratif constitue l’élément central de cette mise à jour : il ne s’agit pas d’un oubli de renouvellement ni d’une défaillance technique ordinaire. Nos vérifications indiquent que le domaine avait été enregistré le 25 juin 2024 avec une échéance fixée au 25 juin 2028, soit quatre années payées d’avance. Un opérateur qui règle son hébergement sur quatre ans ne disparaît pas par inadvertance ; il choisit de fermer.
Au moment où le registrar a posé ces statuts, les serveurs DNS déclarés au registre étaient NS1.DNS-PARKING.COM et NS2.DNS-PARKING.COM, c’est-à-dire les serveurs de parking de l’hébergeur. Aucun contenu n’est servi depuis ces serveurs : le domaine existe encore dans les bases du registre, il est payé, mais il ne répond plus à aucune requête. Nos vérifications techniques du 21 août 2026 confirment que le domaine ne répond plus, tant pour fxmarketstrade.com que pour le sous-domaine www. Le DNSSEC n’était pas signé, ce qui n’a rien d’inhabituel pour ce type de plateforme.
Cette fermeture intervient dans un contexte que BrokerDefense avait documenté dès juin 2026 : fxmarketstrade.com partageait des actifs techniques avec as-investment.com, un autre site frauduleux analysé le même jour. Ce réseau, dont les ramifications ont été détaillées dans plusieurs articles publiés les 23 et 25 juin 2026, présente un schéma de fonctionnement cohérent : des plateformes construites sur des bases communes, déployées simultanément, et susceptibles de disparaître de façon coordonnée lorsque la pression réglementaire ou médiatique devient trop forte. La mise sous client hold de fxmarketstrade.com, alors que la CySEC maintient toujours son inscription sur la liste noire depuis le 14 août 2025, s’inscrit précisément dans cette logique.
Dernière mise à jour : 21/08/2026
📄 Nouveau
BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page d’accueil de ce site frauduleux. Retrouvez son apparence originale même après sa fermeture : utile pour identifier le site, constituer un dossier ou alerter votre entourage.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.
La CySEC maintient fxmarketstrade.com sur la liste des domaines non approuvés
La fermeture du site ne modifie en rien la position du régulateur chypriote. Nos vérifications du 21 août 2026 confirment que fxmarketstrade.com figure toujours à l’entrée n°278 de la liste des domaines non approuvés publiée par la CySEC, avec une date d’inscription au 14 août 2025. Cette inscription, antérieure de près d’un an à la fermeture du domaine, signifie que la plateforme a continué d’opérer pendant plusieurs mois après avoir été formellement identifiée comme non autorisée par une autorité de l’Union européenne.
Les revendications de licence affichées par le site méritent d’être examinées en détail, car elles illustrent une technique d’usurpation de crédibilité fréquemment rencontrée dans ce type de fraude. Le site se présentait comme opéré par « FIDUCIARY INTERNATIONAL LTD., société enregistrée aux Seychelles, autorisée et régulée par la Seychelles Financial Services Authority (FCA) avec le numéro de licence 009567 ». Il se décrivait également comme « partie du groupe ALFA CAPITAL MARKETS LTD, autorisé par la CNMV sous le numéro 4992 ». Aucune de ces autorisations n’a pu être vérifiée lors de l’enquête de juin 2026. L’utilisation du sigle « FCA » pour désigner la Financial Services Authority des Seychelles constitue en outre une confusion délibérée avec la Financial Conduct Authority britannique, régulateur nettement plus connu du grand public.
Ni l’Autorité des marchés financiers française, ni l’Autorité bancaire européenne, ni la FCA britannique ne recensent fxmarketstrade.com parmi les entités autorisées. Pour tout investisseur résidant en France, l’absence d’inscription à l’AMF suffit à qualifier la sollicitation comme illégale sur le territoire national.
Une vitrine de trading aux licences fantômes
L’enquête publiée le 23 juin 2026 avait reconstitué l’offre commerciale de fxmarketstrade.com dans son détail. Le site se présentait comme une plateforme de trading Forex et CFD proposant plusieurs niveaux d’entrée : un plan « Basic » accessible à partir de 250 euros, un plan « Pro » à 2 500 euros et un plan « Silver » à 20 000 euros. Ces seuils progressifs sont caractéristiques des plateformes frauduleuses qui cherchent à maximiser les dépôts en jouant sur l’effet de palier : une fois le premier versement effectué, le client est encouragé à « monter en gamme » pour accéder à de meilleurs rendements.
Au-delà du trading classique, le site proposait une « gestion de portefeuille agréée » et des « investissements partagés », deux formulations destinées à rassurer des épargnants peu familiers des marchés financiers. La promesse d’une gestion déléguée à des professionnels « agréés » est particulièrement efficace auprès de personnes qui ne souhaitent pas gérer elles-mêmes leurs positions mais veulent néanmoins accéder à des rendements élevés.
Aucune société portant le nom fxmarketstrade ou une dénomination proche n’a été retrouvée dans les registres nationaux des entreprises consultés lors de l’enquête, ni au Companies House britannique. L’entité « FIDUCIARY INTERNATIONAL LTD. » revendiquée par le site n’a pas davantage pu être associée à une immatriculation vérifiable dans une juridiction reconnue. En l’absence de toute structure juridique identifiable, les fonds versés par les clients n’étaient soumis à aucune des protections habituellement offertes par un cadre réglementé : pas de ségrégation des avoirs, pas de fonds de garantie, pas de mécanisme de réclamation.
WordPress, webtrader et un hébergement Plesk : la machinerie du site
Sur le plan technique, fxmarketstrade.com était un site WordPress hébergé sur l’adresse IP 111.90.147.204, un serveur Apache fonctionnant sous environnement Plesk en configuration mutualisée. Le domaine associé à ce serveur lors de l’enquête de juin 2026 était « gracious-cartwright.111-90-147-204.plesk.page », une adresse générée par Plesk pour identifier les hébergements mutualisés. Ce type d’infrastructure, peu coûteux et rapide à déployer, est couramment utilisé par des opérateurs frauduleux qui cherchent à minimiser leurs coûts fixes tout en maintenant une apparence professionnelle.
Le site ne bénéficiait d’aucune protection Cloudflare, ce qui a permis d’identifier directement l’adresse IP du serveur d’hébergement. Cette absence de masquage est cohérente avec la durée de vie limitée que les opérateurs anticipent pour ce type de plateforme.
L’élément le plus significatif de l’architecture technique était le sous-domaine webtrader.fxmarketstrade.com, qui hébergeait l’interface de connexion présentée aux clients comme leur espace de trading personnel. C’est sur cette interface que les victimes étaient invitées à déposer des fonds, à consulter des soldes fictifs et à formuler des demandes de retrait qui restaient sans suite. Le certificat SSL associé à ce sous-domaine avait été émis par Let’s Encrypt, avec pour nom commun webtrader.fxmarketstrade.com. La présence d’un certificat SSL valide est souvent interprétée à tort comme un gage de sécurité par les utilisateurs ; elle ne garantit que le chiffrement de la connexion, nullement la légitimité de l’opérateur.
Le site utilisait le plugin GTranslate pour proposer une interface multilingue, ce qui confirme une stratégie de ciblage international incluant explicitement la France. Enfin, l’enquête avait mis en évidence le partage d’actifs techniques, notamment des fichiers JavaScript et des ressources visuelles, avec as-investment.com, ainsi qu’avec d’autres plateformes du même réseau telles que cryptover et darsvint, documentées par BrokerDefense le 25 juin 2026.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Virements vers fxmarketstrade.com : les réflexes à adopter
Si vous avez effectué des virements bancaires vers des comptes associés à fxmarketstrade.com, la fermeture du site ne clôt pas vos droits. La première priorité est d’interrompre tout flux financier vers cet opérateur ou vers toute entité qui se présenterait comme son successeur ou son partenaire. Les plateformes frauduleuses ont fréquemment recours, après la fermeture apparente du site, à des relances téléphoniques ou par messagerie dans lesquelles elles réclament des frais de « déblocage » ou de « libération des fonds » : ces demandes sont elles-mêmes frauduleuses et ne doivent donner lieu à aucun paiement.
La constitution d’un dossier de preuves est une étape déterminante. Rassemblez l’ensemble des relevés de virement bancaire mentionnant les références des comptes destinataires, les courriels échangés avec les prétendus conseillers, les captures d’écran de l’interface webtrader, les contrats ou conditions générales que vous auriez acceptés, ainsi que tout document d’identité que vous auriez transmis lors de l’ouverture du compte. Ces éléments seront indispensables tant pour le dépôt de plainte que pour toute démarche auprès de votre banque.
Le dépôt de plainte pénale doit être effectué auprès du procureur de la République ou directement dans un commissariat ou une gendarmerie. Il est également possible de saisir la plateforme Pharos du ministère de l’Intérieur pour signaler le site, même s’il est désormais hors ligne. Notre guide complet sur la procédure pénale détaille chacune de ces étapes et vous indique les éléments à joindre à votre plainte pour maximiser les chances d’une enquête effective.
Consultez également la fiche ScamDoc de fxmarketstrade.com, qui centralise les signalements d’utilisateurs et peut constituer un élément de contexte utile dans votre dossier. Rapprochez-vous de votre banque pour signaler les virements effectués et demander si une procédure de rappel de fonds est envisageable, notamment si les virements ont transité par des établissements soumis à la réglementation européenne.
Me Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris dont vous trouverez la page de présentation de Me Anne Bernard-Dussaulx sur ce site, intervient dans la vidéo ci-dessous pour présenter une décision judiciaire rendue par le Tribunal judiciaire de Paris : une banque étrangère a été condamnée à rembourser intégralement une victime de faux investissement, au motif qu’elle avait manqué à son devoir de vigilance sur des virements bancaires liés à une arnaque. Cette issue, obtenue par voie judiciaire, concerne directement les personnes ayant effectué des virements vers fxmarketstrade.com et illustre concrètement les recours disponibles lorsque les établissements bancaires n’ont pas exercé les contrôles auxquels ils étaient tenus.
Ce que la fermeture de fxmarketstrade.com change pour les déposants
Oui. La CySEC maintient fxmarketstrade.com sur sa liste des domaines non approuvés (entrée n°278, inscrite le 14 août 2025). Le domaine, gelé par son registrar le 19 août 2026, ne répond plus, mais l’inscription réglementaire demeure et la plateforme reste identifiée comme non autorisée.
Cessez tout paiement, y compris les éventuels frais de « déblocage » réclamés après la fermeture du site. Rassemblez vos relevés de virement, vos courriels et vos captures d’écran, déposez plainte auprès du procureur de la République ou via le témoignage électronique, et signalez les virements à votre banque pour étudier un rappel de fonds. La fiche ScamDoc et le guide pénal de BrokerDefense détaillent les démarches.
C’est un risque réel. fxmarketstrade.com appartenait à un réseau documenté par BrokerDefense autour d’as-investment.com, avec plusieurs plateformes partageant des actifs techniques et publiées les 23 et 25 juin 2026. Les opérateurs de ce type de réseau réapparaissent souvent sous de nouveaux domaines : toute sollicitation non sollicitée proposant un trading Forex ou des CFD doit être vérifiée auprès des registres des régulateurs avant tout versement.
La mise hors ligne de fxmarketstrade.com marque la fin d’une plateforme, non la fin de la responsabilité de ceux qui l’ont opérée. Le gel administratif prononcé par HOSTINGER le 19 août 2026 témoigne d’une fermeture délibérée, non d’une péremption naturelle : le domaine reste payé jusqu’en 2028, les opérateurs ont simplement choisi de couper les accès. Les victimes qui ont versé des fonds conservent l’intégralité de leurs droits et disposent de voies de recours concrètes, tant sur le plan pénal que civil. BrokerDefense rappelle que toute plateforme sollicitant des fonds au titre du trading Forex ou des CFD doit faire l’objet d’une vérification préalable auprès des registres officiels des régulateurs avant tout versement.
Article réécrit le 21/08/2026


