Le numéro SIREN imprimé sur bfi-bk.com, 853 005 445, ne désigne aucune société du nom de « BFI BANK ». Au registre national des entreprises, il renvoie à MUFG BANK LTD LONDON BRANCH, un établissement de crédit immatriculé en France depuis le 10 décembre 2018 et dont le siège se trouve à Londres. La vitrine qui promettait 90 € offerts et un prêt personnel à 1,90 % ne répond plus : la délégation de son nom a été coupée, tandis que le fichier de l’ABE Infoservice porte toujours, à la date du 10 juin 2026, le libellé « Usurpation Professionnel ».
Notre vérification du 23 octobre 2026 établit trois faits distincts, que cette mise à jour documente séparément : l’emprunt d’identifiants légaux appartenant à une banque réelle, une inscription réglementaire jamais levée, et une suspension technique intervenue dix-huit mois avant l’échéance du nom.
Sommaire
- Le SIREN 853 005 445 renvoie à une banque établie à Londres, pas à « BFI BANK »
- « Usurpation Professionnel » : la mention du 10 juin 2026 n’a pas été retirée
- La délégation du nom est coupée depuis le 21 octobre 2026
- Ce que la vitrine vendait : 90 € offerts, un TAEG de 1,90 % et des prêts jusqu’à 75 millions
- Hostinger, deux adresses A et un certificat de quatre-vingt-dix jours
- Après la suspension : ce qu’une personne ayant versé peut encore tenter
- FAQ
Le SIREN 853 005 445 renvoie à une banque établie à Londres, pas à « BFI BANK »
Les mentions légales capturées en juin 2026 décrivaient une société anonyme au capital de 2 354 548 451 €, immatriculée sous le numéro SIREN 853 005 445, avec un numéro SIRET de siège qui prolonge ce même identifiant et une TVA intracommunautaire bâtie sur les mêmes chiffres. Le document ajoutait deux agréments, l’un auprès de l’Autorité de contrôle prudentiel, l’autre auprès de l’Autorité des marchés financiers, ainsi qu’une activité de courtage d’assurances. L’adresse annoncée était à Annecy, 129 avenue de Genève, en Haute-Savoie.
Interrogé le 23 octobre 2026, le registre national des entreprises ne connaît qu’un seul établissement pour ce SIREN : MUFG BANK LTD LONDON BRANCH, code d’activité 64.19Z, création au 10 décembre 2018, adresse déclarée Ropemaker Place, 25 Ropemaker Street, à Londres. Une recherche sur la dénomination « BFI BANK » ne renvoie aucun résultat. Les identifiants affichés par la vitrine ont donc été pris à un établissement qui existe réellement, et qui n’a aucun rapport avec elle. Rien n’établit que cette banque soit liée, de près ou de loin, à l’exploitation de bfi-bk.com : elle apparaît ici comme la partie dont le numéro a été repris.
La difficulté, pour un lecteur, tient au contrôle de cohérence. Un SIREN attribué et un SIRET qui passe la clé de contrôle donnent l’impression d’une société vérifiable, alors qu’ils ne prouvent qu’une chose : le numéro existe. Ce qu’il faut comparer, c’est la dénomination rattachée à ce numéro et celle qui figure sur la page consultée.
Dernière mise à jour : 23/10/2026
📄 Document
Voici la capture de la page que servait bfi-bk.com, prise le 10 juin 2026 avant sa disparition, et mise à disposition gratuitement par BrokerDefense. On y retrouve l’offre de bienvenue, la grille tarifaire et le formulaire de demande de prêt, trois pièces qui situent le niveau de promesse affiché par cette vitrine.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.
« Usurpation Professionnel » : la mention du 10 juin 2026 n’a pas été retirée
L’ABE Infoservice tient la base qui rassemble les avertissements de l’Autorité de contrôle prudentiel et de l’Autorité des marchés financiers. Dans l’export relu le 23 octobre 2026, bfi-bk.com y figure avec un seul libellé, « Usurpation Professionnel », et une date d’inscription au 10 juin 2026. Quatre mois et treize jours plus tard, la ligne est toujours présente, sans mention de retrait.
Cette inscription contredit directement les mentions légales du site, qui revendiquaient un agrément de l’ACP et un agrément de l’AMF. Les deux autorités citées sont précisément celles dont la base commune porte le signalement. Le libellé « Usurpation Professionnel » n’est pas une appréciation de tiers : il figure dans le fichier que consultent les banques et les superviseurs avant d’ouvrir une relation d’affaires.
Le même fichier montre que la racine « BFI » n’est pas un cas isolé. Sur les 11 173 lignes de l’export, une trentaine de noms construits sur ce radical se succèdent depuis 2015, de bfic-group.com à hellobfi.com, en passant par bfisgroup.com et finance-fbfi.online. La coïncidence de vocabulaire ne prouve pas un opérateur unique, et nous ne l’affirmons pas. Elle indique en revanche que ce type de nom a servi de support répété à des offres de crédit non autorisées. Un dossier comparable a été documenté par nos soins avec armen.ltd, que l’AMF a classé parmi les usurpations.
Pour recouper l’état des listes par vous-même, les publications de l’Autorité des marchés financiers restent consultables et permettent de vérifier si un nom y a été inscrit ou retiré.
La délégation du nom est coupée depuis le 21 octobre 2026
Le dossier de registre de bfi-bk.com, interrogé le 23 octobre 2026 auprès du registre des noms en .com, porte deux statuts : clientHold et clientTransferProhibited. Le premier demande au registre de retirer le nom de la zone, ce qui le rend non résolvable. La dernière modification du dossier est datée du 21 octobre 2026 à 12 h 38 UTC, et les serveurs de noms déclarés sont désormais NS1.DNS-PARKING.COM et NS2.DNS-PARKING.COM, l’infrastructure de stationnement de l’hébergeur.
La coupure est effective. Une résolution directe échoue sur le domaine comme sur son sous-domaine www, et les résolveurs publics répondent par un code d’absence, parce que la délégation n’est plus publiée. Le nom n’a pourtant pas expiré : il demeure enregistré jusqu’au 9 mai 2027, chez HOSTINGER operations, UAB, où il a été créé le 9 mai 2025. L’arrêt intervient donc dix-huit mois avant l’échéance, ce qui écarte l’hypothèse d’un simple abandon.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Un gel de ce type n’efface pas le nom : il le suspend. Tant que le statut n’est pas levé, la vitrine ne peut pas être remise en ligne à l’adresse connue. Si le gel tombe, le nom redevient disponible pour son titulaire, sans publicité particulière. C’est la raison pour laquelle un domaine suspendu mérite un suivi plutôt qu’un classement définitif. Un cas voisin, parametric-gestion.com, présentait la chronologie inverse : l’inscription réglementaire y était arrivée après le gel du nom.
Ce que la vitrine vendait : 90 € offerts, un TAEG de 1,90 % et des prêts jusqu’à 75 millions
Dix-sept pages ont été capturées avant la disparition : compte courant, compte joint, cartes bancaires, crédit immobilier, crédit personnel, crédit auto, livret d’épargne, assurance-vie, multirisque habitation, tarifs, contact, foire aux questions, page de connexion, demande de prêt et mentions légales. L’ensemble forme un catalogue bancaire complet, servi sous l’enseigne « Banque de financement et d’investissement ».
L’argument commercial reposait sur trois avantages. Une prime de 90 € à l’ouverture du compte courant, portée à 140 € si un compte d’épargne était ajouté. Des cartes Visa Classic et Visa Premier annoncées gratuites, y compris en débit différé, avec retraits sans frais hors du réseau. Et un prêt personnel à taux annuel effectif global fixe de 1,90 %, sur des montants allant de 1 000 € à 75 000 000 € et des durées de 12 à 96 mois. La page tarifaire donnait même l’exemple d’un prêt de 10 500 € sur 48 mois, à 227,27 € par mois, pour un total dû de 10 908,96 €.
Le barème des virements achevait de donner consistance à l’ensemble : gratuit depuis l’espace client, 3,90 € par l’intermédiaire d’un conseiller. Un canal de contact unique, [email protected], et des horaires étendus de 8 h à 22 h du lundi au vendredi complétaient le dispositif. Aucune de ces pages ne renvoyait à un numéro d’agrément consultable, ni à un registre de courtage où vérifier l’activité d’assurance revendiquée.
Hostinger, deux adresses A et un certificat de quatre-vingt-dix jours
Les en-têtes relevés en juin 2026 désignaient un hébergement mutualisé Hostinger, avec le serveur hcdn et le panneau hpanel. Deux adresses IPv4 répondaient alors pour le même nom, 77.37.76.95 et 147.79.120.12 : c’est une répartition de charge sur un parc partagé, pas une architecture bancaire. Aucun filtrage de périmètre de type Cloudflare n’était en place.
Le certificat présenté en juin 2026 était un Let’s Encrypt de la série R13, émis le 6 mai 2026 pour bfi-bk.com et www.bfi-bk.com, avec une échéance au 4 août 2026. Une autorité de certification gratuite délivre ce type de certificat en quelques minutes, sans vérification d’activité : sa présence atteste d’un chiffrement, jamais d’une identité. Comme ces certificats vivent quatre-vingt-dix jours, maintenir le site en HTTPS supposait un renouvellement trois fois par an.
Une fiche de notation existe par ailleurs sur ScamDoc : le rapport ScamDoc consacré à bfi-bk.com rassemble les critères techniques relevés sur le domaine au moment de son exploitation.
Pour replacer ce dossier dans les voies de droit applicables, nous avons interrogé Maître Anne Bernard-Dussaulx, dont l’admission au barreau s’est faite à Paris. Son entretien porte sur l’assignation des banques étrangères devant la justice française, question centrale lorsque les fonds ont transité par un compte ouvert hors de France.
Après la suspension : ce qu’une personne ayant versé peut encore tenter
La disparition de la vitrine ne fait pas disparaître la trace des versements. Ce qui reste exploitable, ce sont les pièces du dossier : l’ordre de virement et son libellé, l’IBAN du compte destinataire, les échanges avec [email protected], et le formulaire de demande de prêt rempli en ligne avec les informations personnelles communiquées.
Trois démarches se tiennent dans cet ordre. D’abord, une demande de rappel de fonds auprès de la banque émettrice, en produisant l’ordre de virement et en précisant la date de la demande : plus l’écart avec l’opération est court, plus la chance de récupération est réelle. Ensuite, un signalement sur la plateforme Pharos du ministère de l’Intérieur, qui documente l’usage du nom de domaine. Enfin, une plainte, dont les étapes d’un dépôt au pénal sont détaillées par nos soins.
Le gel du nom ne doit pas être lu comme une clôture. Un domaine suspendu reste enregistré jusqu’au 9 mai 2027 et peut retrouver une résolution si le statut est levé, parfois sous une autre présentation. Les personnes qui ont transmis une pièce d’identité ou un justificatif de domicile via le formulaire de souscription doivent par ailleurs considérer que ces documents circulent, indépendamment de la fermeture du site.
bfi-bk.com appartient à la catégorie des vitrines qui empruntent les identifiants d’un établissement existant pour vendre du crédit : ici, le SIREN d’une banque établie à Londres, une promesse de prêt à 1,90 % et une prime d’ouverture. Ce que les personnes concernées ont en commun, c’est un virement exécuté vers un IBAN qu’elles ne connaissaient pas quelques jours plus tôt, souvent après un échange par courriel avec une adresse en @bfi-bk.com. Un premier tri des pièces avec BrokerDefense, en amont de toute action, indique lesquelles restent opposables et quelle banque peut être mise en cause.
FAQ
Non. Le numéro 853 005 445 correspond, au registre national des entreprises, à MUFG BANK LTD LONDON BRANCH, établissement immatriculé en France depuis 2018 et domicilié à Londres. Aucune société portant la dénomination « BFI BANK » n’y figure. Rien n’indique que cet établissement ait participé à l’exploitation de la vitrine : son numéro y a été reproduit sans accord apparent de sa part.
Techniquement, oui. Le registrar a suspendu la délégation en octobre 2026, mais le nom demeure enregistré jusqu’au 9 mai 2027. Un clientHold se lève sur décision du registrar ou du titulaire ; si cela se produit, le domaine peut de nouveau répondre, éventuellement avec un contenu différent. Un contrôle à intervalles réguliers reste donc nécessaire.
Gardez la copie du formulaire envoyé, les courriels échangés avec [email protected] et une capture de la page de souscription. Si un virement a suivi, sollicitez sans attendre un rappel de fonds auprès de votre banque en joignant l’ordre de virement. Signalez le domaine sur Pharos, puis déposez plainte avec ces pièces : ce sont elles qui permettent d’identifier le compte bénéficiaire.
Article réécrit le 23/10/2026


