Vive-fondavence.com arnaque : le même fichier sur quatre vitrines

Un même fichier de sept mille quatre cent soixante-deux octets sur quatre vitrines

L’inventaire technique que nous avions établi le 17 mai 2026 sur vive-fondavence.com conserve la trace des fichiers que la vitrine servait alors. On y trouve un script de chargement différé rangé sous le chemin assets/js/lazyload.min.js, de sept mille quatre cent soixante-deux octets. Le même fichier, à la même taille et à la même empreinte, figure dans les relevés que nous avons conservés de trois autres noms : fort-tresorique.com, riche-fondois.com et steen-luxeris.com.

Ces quatre adresses ont un second point commun, plus visible encore : leur délégation a été coupée le même jour, le 25 septembre 2026, par le même bureau d’enregistrement, NETIM SAS. Notre nom partageait en outre ses cinq serveurs de noms avec fort-tresorique.com, répartis sur les mêmes domaines à libellé tiré au sort. Trois relevés indépendants convergent ainsi sur les mêmes adresses : la date de coupure, les serveurs de noms, le fichier servi.

Nous décrivons là des faits mesurés, et non une identité. Un fichier partagé, des serveurs partagés et une interruption simultanée établissent qu’une même chaîne de production a servi ces quatre adresses ; ils n’établissent pas, à eux seuls, qu’un exploitant unique se tenait derrière elles. Trois de ces noms sont visés par le tableau belge des entreprises irrégulièrement actives en Belgique ; vive-fondavence.com n’y figure pas, ce qui ne vaut pas quitus, une liste de mise en garde n’étant jamais exhaustive. Le détail de chaque situation se lit dans nos dossiers sur Fort Trésorique, Riche Fondois et Steen Luxeris, et dans le document officiel publié par l’autorité de ce pays.

Le nom a été déposé le 10 avril 2026 chez NETIM SAS. Les données d’enregistrement restent consultables, pour qui souhaite en examiner le détail, sur la fiche WHOIS complète sur DomainTools.

Dernière mise à jour : 28/09/2026

La retenue du bureau, alors que le contrat court jusqu’au 10 avril 2027

Au 28 septembre 2026, aucune requête adressée à vive-fondavence.com n’aboutit : l’adresse ne résout plus, la messagerie est muette et les serveurs de noms inscrits au dossier ne répondent pas. Le dossier d’enregistrement, lui, reste ouvert. Le dépôt remonte au 10 avril 2026 et l’échéance inscrite est fixée au 10 avril 2027 : le contrat court donc encore plus de six mois, et la dernière écriture portée au dossier date du 25 septembre 2026.

Le statut comprend deux éléments. Une suspension demandée par le bureau d’enregistrement, qui interrompt la diffusion du nom dans le système de noms, et un verrou qui empêche d’en déplacer la gestion vers un autre prestataire. La distinction compte. Un nom que son titulaire cesse de payer s’éteint faute de reconduction du contrat ; ici, le règlement est à jour, le dossier subsiste, et la décision d’interrompre la diffusion appartient au bureau d’enregistrement, non à un défaut de paiement.

La chronologie des certificats de chiffrement va dans le même sens. Quatre ont été délivrés pour ce nom : le 10 avril 2026, jour du dépôt, puis les 8 mai, 7 juillet et 5 septembre 2026. Le dernier porte une validité jusqu’au 4 décembre 2026. La vitrine était donc encore entretenue trois semaines avant l’interruption, et rien dans cet entretien régulier ne laissait présager un arrêt.

La marque existe aussi sans tiret, chez un autre bureau

Une seconde adresse porte le même nom privé de son trait d’union : vivefondavence.com. Elle a été déposée le 14 avril 2026, soit quatre jours après celle que documente cet article, auprès d’un bureau d’enregistrement américain, NameSilo, avec une échéance au 14 avril 2027. Son dossier ne porte qu’un verrou de transfert, sans suspension. Sa zone est en revanche servie par un intermédiaire américain, Cloudflare, où les journaux publics de certificats relèvent treize émissions entre le 14 avril et le 13 août 2026, dont plusieurs valables pour l’ensemble de ses sous-domaines.

Aujourd’hui, cette seconde adresse ne sert plus aucune page : l’intermédiaire répond que le serveur d’origine ne donne plus signe de vie. Nous ne disposons d’aucun élément établissant qu’elle relève du même exploitant que le nom étudié ici. La ressemblance du nom et la proximité des dates ne suffisent pas à l’affirmer, et nous nous garderons de le faire. Le fait mérite néanmoins d’être connu des personnes qui reçoivent des messages au nom de cette marque : une variante sans trait d’union subsiste, sur une autre machine que celle du nom dont traite cet article.

Ce que la vitrine promettait, et ses trois témoignages luxembourgeois

Les pages conservées décrivent une plateforme de négociation de cryptomonnaies pilotée par intelligence artificielle, présentée comme désormais accessible en Grand-Duché de Luxembourg, affichant un taux de rendement de 85 pour cent et un simulateur montrant ce qu’un dépôt de 250 dollars pouvait produire en cinquante jours. Les trois témoignages mis en avant portent des prénoms francophones et sont localisés dans le même pays : l’un évoque un déménagement à Esch-sur-Alzette, un autre la vitesse d’exécution des ordres. Aucune source extérieure ne permet de vérifier ces récits.

Aucune mention légale vérifiable ne les accompagnait : ni numéro de société, ni adresse, ni dirigeant nommé. Les conditions générales allaient jusqu’à présenter le site comme un espace d’information sur des plateformes tierces, tout en déclinant par avance toute responsabilité pour les pertes. La page présentant l’équipe n’existait pas. Plusieurs passages portaient les marques d’une rédaction produite par intelligence artificielle, comme notre analyse technique du contenu l’avait relevé en mai 2026.

Les outils publics de notation ajoutent un indice : la fiche ScamDoc de vive-fondavence.com affiche un indice de confiance de 25 pour cent. Sur les listes officielles, le nom ne ressort en revanche sur aucun des fichiers que nous avons interrogés, de la liste des acteurs non autorisés de l’Autorité des marchés financiers aux avertissements belges évoqués plus haut. Cette absence tient au calendrier : la marque a cessé d’être servie avant d’avoir été nommée par un régulateur.

Une page d’accueil bavarde, un hébergement déclaré à Panama

Le site reposait sur un serveur nginx sans couche de protection devant lui, sans ce filtre que la plupart des intermédiaires financiers installent devant leurs espaces clients. Le certificat, gratuit, était délivré sans contrôle d’identité de l’exploitant. Notre premier relevé situait cet hébergement en Suisse ; le registre des adresses situe en réalité le bloc 179.43.128.0/18 au nom de Private Layer Inc, société déclarée à Panama, et l’adresse que servait le nom appartenait à ce bloc. Rien n’indique donc une implantation européenne du service, contrairement à ce que suggérait la référence au Grand-Duché.

Sur le plan des briques logicielles, notre analyse technique relevait une page construite avec une bibliothèque de styles utilitaire, des polices servies par un service de polices public, des ressources appelées depuis deux réseaux de distribution publics, des widgets de cotation empruntés à une plateforme externe, une vidéo hébergée chez un tiers, une référence à un service de paiement international, et un jeu de balises sémantiques décrivant l’offre : application logicielle, note agrégée, offre commerciale, marque, organisation, point de contact. Ces balises servent à obtenir des résultats enrichis dans les moteurs de recherche, et elles annonçaient ici une entreprise et une note moyenne que rien ne venait étayer.

Chaque page comportait enfin un formulaire réclamant un prénom, un nom de famille, une adresse électronique et un téléphone, ainsi qu’une adresse de contact sur le domaine lui-même. C’est ce formulaire qui a fourni aux démarcheurs les coordonnées grâce auxquelles les personnes inscrites ont ensuite été relancées, parfois pendant des semaines, par téléphone et par messagerie.

Les pièces à rassembler après des versements sur cette plateforme

Pour une personne qui a versé de l’argent, l’urgence porte sur trois fronts. Le premier est la conservation : capture d’écran du tableau de bord avant qu’il ne disparaisse, ordres de virement, relevés de compte, échanges avec le conseiller, qu’ils soient passés par la messagerie du site, par courriel ou par une application de messagerie, et courriels reçus de l’adresse de contact du domaine. Le deuxième est bancaire : plus tôt la banque est saisie, plus grandes sont les chances d’obtenir le retour des opérations les plus récentes. Le troisième est le signalement des faits auprès des autorités compétentes, auquel s’ajoute la marche à suivre pour porter plainte dès lors que le dossier prend une tournure judiciaire.

Une précaution supplémentaire s’impose dans ce type de dossier. Lorsqu’un tiers inconnu propose, contre rémunération ou avance de frais, de récupérer des sommes perdues sur une plateforme de ce genre, la méfiance est de rigueur : ces approches constituent souvent une seconde escroquerie, dirigée contre des personnes déjà éprouvées. Aucun intermédiaire sérieux ne demande d’être payé pour rendre de l’argent.

Devant une juridiction française, une affaire d’escroquerie et de faux investissement a trouvé son épilogue, avec une condamnation et l’indemnisation des victimes. Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, revient sur cette victoire judiciaire et sur ce qu’elle peut apporter à des épargnants engagés dans un montage comparable.

Les questions que se posent les personnes démarchées

Le site vive-fondavence.com est-il encore accessible ?

Non. Aucune requête n’aboutit aujourd’hui sur ce domaine : ni résolution d’adresse, ni messagerie, ni serveur de noms. Son bureau d’enregistrement, NETIM SAS, a interrompu la diffusion du nom le 25 septembre 2026, alors que le contrat restait réglé jusqu’au 10 avril 2027. Aucune plateforme n’est desservie à cette adresse.

Pourquoi la diffusion a-t-elle été coupée alors que le contrat court jusqu’au 10 avril 2027 ?

Le paiement du nom et sa diffusion sur le réseau sont deux choses distinctes. L’échéance inscrite au dossier indique que le contrat conclu avec le bureau d’enregistrement n’est pas arrivé à son terme. Ce bureau a néanmoins prononcé une suspension : le nom subsiste au dossier et reste bloqué en transfert, mais il ne conduit plus vers le moindre serveur.

Une adresse sans trait d’union reprend-elle la même activité ?

Une variante sans trait d’union existe, déposée quatre jours plus tard auprès d’un autre bureau d’enregistrement, et sa zone n’est plus desservie non plus. Nous n’avons pas établi de lien entre cette variante et l’exploitant du nom étudié ici. Toute sollicitation mentionnant cette marque, quel que soit le tiret, doit donc être traitée avec la même prudence.

Des versements ont déjà été faits : quelles démarches engager ?

Rassembler d’abord les pièces citées plus haut avant leur disparition, puis saisir sa banque pour tenter d’obtenir le retour des opérations les plus récentes, et signaler les faits aux autorités compétentes. Pour les dossiers les plus lourds, un constat détaillé et une plainte permettent d’engager une procédure devant une juridiction.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 28/09/2026

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

SERVICE DE VÉRIFICATION

Vérifier le destinataire de votre paiement avant d’effectuer votre virement

ÉTUDE DE TRAÇAGE

Litiges cryptoactifs

SERVICES

BROKER DEFENSE

Offres spécifiques en matière de gestion des litiges dans le domaine de l’investissement et des escroqueries financières.

Ceci pourrait vous intéresser