Sommaire
- Blacklisté par la CySEC, bloqué par Cloudflare : la chute d’Obsidian Group
- Un domaine enregistré pour un an, modifié après l’extinction
- Ce que promettait Obsidian Group à ses clients
- Une infrastructure conçue pour masquer l’origine et fuir les signalements
- Démarches pour les personnes ayant versé des fonds à Obsidian Group
Blacklisté par la CySEC, bloqué par Cloudflare : la chute d’Obsidian Group
La CySEC, régulateur chypriote des marchés financiers, a inscrit obsidian-group.org sur sa liste officielle des entités non autorisées, un fait vérifié le 13 août 2026 sur la page des avertissements de l’autorité. Ce détail est décisif : Obsidian Group avait bâti toute sa crédibilité sur la revendication d’une licence CySEC, un agrément que le site n’avait jamais été en mesure de documenter par un numéro vérifiable. Le régulateur dont le site usurpait l’autorité l’a donc officiellement désigné comme opérateur illégal, avant même que la plateforme ne disparaisse.
Le site ne répond plus depuis le 6 août 2026, date à laquelle trois tentatives de connexion consécutives ont échoué lors de notre surveillance. Cloudflare bloque désormais le domaine et affiche une page d’erreur portant l’étiquette « Suspected Phishing » : le prestataire qui servait la plateforme l’estampille lui-même comme site de phishing présumé. Les adresses IP 188.114.96.3 et 188.114.97.3 répondent encore, mais aucun contenu n’est servi.
Un troisième fait aggrave le tableau : le dossier d’enregistrement du domaine a été modifié au registre le 12 août 2026, soit la veille de nos vérifications et six jours après la détection de la disparition. Cette intervention humaine délibérée sur un domaine éteint suggère soit un effacement de traces, soit la préparation d’une réutilisation du nom de domaine à des fins similaires. La trajectoire est caractéristique des arnaques au trading organisées : usurpation d’une autorité réglementaire, disparition programmée, puis manipulation discrète du registre une fois les victimes laissées sans interlocuteur.
Dernière mise à jour : 13/08/2026
Un domaine enregistré pour un an, modifié après l’extinction
Le domaine obsidian-group.org avait été créé le 18 novembre 2025 auprès du registrar NameSilo, LLC, pour une durée d’un an, avec expiration prévue au 18 novembre 2026. Ce choix d’une durée minimale est cohérent avec un projet conçu pour fonctionner sur une fenêtre courte : collecter des fonds, disparaître avant les signalements, et laisser expirer le domaine sans frais supplémentaires.
L’identité du titulaire était masquée dès l’origine derrière un service de protection de la vie privée, le seul contact public étant l’adresse [email protected]. Le domaine n’avait d’ailleurs pas résolu pendant les deux premiers jours suivant sa création, entre le 18 et le 20 novembre 2025, avant d’être configuré et mis en ligne. Le statut clientTransferProhibited, toujours actif, empêche tout transfert du domaine vers un autre registrar, ce qui peut indiquer une volonté de conserver le contrôle du nom sans en révéler le propriétaire réel.
L’événement « last changed » enregistré au 12 août 2026 dans les données RDAP du registre PIR constitue la trace la plus récente d’une activité humaine sur ce dossier. Consulter la fiche WHOIS complète sur DomainTools permet de retracer l’historique complet des modifications et des statuts successifs du domaine.
Ce que promettait Obsidian Group à ses clients
Obsidian Group se présentait comme un courtier européen régulé, spécialisé dans le trading sur actions, cryptomonnaies, forex et matières premières. La revendication d’une licence CySEC occupait une place centrale dans le discours commercial : elle était censée rassurer des investisseurs peu familiers des vérifications réglementaires, en leur faisant croire que leurs fonds bénéficiaient d’un cadre légal chypriote reconnu au sein de l’Union européenne. Aucun numéro d’agrément n’était jamais communiqué, et le nom de la société était absent de tous les registres officiels des autorités financières européennes consultés lors de notre enquête du 12 mai 2026.
La section témoignages du site affichait des avis de clients aux prénoms germaniques, Lukas M., Simon K., Markus B., Tobias G. et Dieter S., avec des montants investis allant de 10 000 à 60 000 euros. Ces profils étaient manifestement fabriqués : leur tonalité et leur composition étaient incohérentes avec une cible commerciale francophone, et aucun de ces témoignages ne comportait d’élément vérifiable. Les paliers d’investissement proposés débutaient à 250 euros pour monter jusqu’à 50 000 euros, une structure conçue pour pousser les clients vers des dépôts croissants une fois le premier virement effectué.
Les communications se déroulaient exclusivement via Telegram et WhatsApp, complétées par une messagerie professionnelle hébergée chez Zoho Mail. Le site ne mentionnait aucune adresse physique, aucun numéro de téléphone fixe et aucune identité de dirigeants. Cette absence totale d’ancrage réel est un marqueur constant des plateformes de ce type, que l’on retrouve dans des dossiers comparables comme celui d’atlas-finance.org, doublement blacklisté par l’AMF et la CySEC, ou encore Tradopex, un faux courtier passé hors ligne selon le même schéma.
Pour comprendre les recours possibles après une arnaque à l’investissement de ce type, Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, revient sur les décisions de justice rendues en matière d’escroquerie au faux investissement, notamment les condamnations prononcées par les cours d’appel et les possibilités d’indemnisation des victimes reconnues par la jurisprudence récente.
Une infrastructure conçue pour masquer l’origine et fuir les signalements
L’hébergement d’obsidian-group.org avait suivi une trajectoire révélatrice. Entre décembre 2025 et février 2026, le serveur était localisé en Estonie. Le 28 mars 2026, l’infrastructure avait migré vers un serveur situé en Russie, avant de passer derrière le réseau Cloudflare CDN le 11 mai 2026, soit la veille de la publication de notre premier article. Ce déplacement progressif vers des juridictions moins coopératives, puis vers un CDN masquant l’adresse IP réelle du serveur, est une technique classique de brouillage des traces destinée à compliquer les demandes de retrait et les enquêtes judiciaires.
Le serveur web fonctionnait sous nginx sur un système Ubuntu. Le certificat SSL avait évolué : d’abord émis par Let’s Encrypt, il avait été remplacé le 16 mars 2026 par un certificat wildcard délivré par Google Trust Services, couvrant obsidian-group.org et l’ensemble de ses sous-domaines, valide jusqu’au 14 juin 2026. Ce changement de certificat, intervenu deux mois avant la disparition, indique une gestion active de l’infrastructure jusqu’à une période récente.
La messagerie Zoho Mail, configurée avec les enregistrements mx.zoho.eu, mx2.zoho.eu et mx3.zoho.eu, ainsi que le SPF correspondant, était toujours active au 13 août 2026. Cette persistance de la messagerie après l’extinction du site mérite attention : elle signifie que les opérateurs conservaient potentiellement la capacité de recevoir des communications au nom d’Obsidian Group, y compris de la part de victimes cherchant à récupérer leurs fonds investis.
L’évaluation ScamDoc d’obsidian-group.org documente les signalements accumulés sur ce domaine. La liste des avertissements de la CySEC confirme quant à elle l’inscription officielle d’Obsidian Group parmi les entités non autorisées, une mention qui restera publiquement accessible indépendamment du statut du site.
Démarches pour les personnes ayant versé des fonds à Obsidian Group
Les personnes qui avaient effectué des virements vers obsidian-group.org dans le cadre d’un prétendu investissement se trouvent désormais face à un site inaccessible et à des interlocuteurs injoignables. La première priorité est de rassembler l’ensemble des preuves liées aux échanges avec la plateforme : captures d’écran des conversations Telegram et WhatsApp, historique des virements bancaires ou des transferts en cryptomonnaies, emails reçus via les adresses Zoho Mail du site, et tout document présentant les paliers d’investissement ou les promesses de rendement formulées par les opérateurs.
Ces éléments constituent le socle d’un dossier pénal. Le dépôt d’une plainte pour escroquerie, accompagné d’une demande de gel des avoirs si des comptes bancaires intermédiaires ont été identifiés, est la voie la plus directe pour engager une procédure. Notre guide complet sur la procédure pénale détaille les étapes concrètes, les juridictions compétentes et les pièces à fournir pour constituer un dossier recevable.
Les victimes qui avaient utilisé une carte bancaire pour alimenter leur compte sur obsidian-group.org peuvent également solliciter une procédure de chargeback auprès de leur établissement bancaire, en invoquant la nature frauduleuse de la transaction et en produisant les preuves des échanges avec la plateforme. Ce recours est soumis à des délais stricts qui varient selon les banques et les réseaux de paiement : il convient de l’engager sans attendre.
Le cas d’Obsidian Group s’inscrit dans une série de plateformes ayant adopté le même schéma opératoire : fausse licence réglementaire, témoignages fabriqués, disparition après collecte des fonds. Dominanrise, un autre faux courtier qui ne répond plus, avait suivi une trajectoire comparable. BrokerDefense procède à une évaluation préalable des dossiers soumis par les victimes d’obsidian-group.org afin d’identifier les leviers juridiques disponibles selon le mode de paiement utilisé, les montants investis et les éléments de preuve conservés.
Non. Obsidian Group revendiquait une licence CySEC sur son site, mais aucun numéro d’agrément vérifiable n’était communiqué et le nom de la société était absent des registres officiels. La CySEC a depuis inscrit obsidian-group.org sur sa liste officielle des entités non autorisées, confirmant que le site opérait sans aucun agrément réglementaire chypriote.
Le site ne répond plus depuis le 6 août 2026. Cloudflare, le prestataire qui servait la plateforme, bloque désormais le domaine et affiche une page d’erreur portant l’étiquette « Suspected Phishing » : le CDN lui-même qualifie obsidian-group.org de site de phishing présumé. Par ailleurs, le dossier d’enregistrement du domaine a été modifié au registre le 12 août 2026, six jours après la disparition, ce qui indique une intervention humaine délibérée après l’extinction du site.
Conservez toutes les preuves de vos échanges Telegram et WhatsApp avec les opérateurs d’Obsidian Group, ainsi que les justificatifs de vos virements. Un dépôt de plainte pour escroquerie est possible en France, et notre guide complet sur la procédure pénale détaille les étapes à suivre. Si vous avez utilisé une carte bancaire, une procédure de chargeback peut également être engagée auprès de votre banque dans les délais impartis. BrokerDefense évalue les dossiers des victimes pour identifier les recours adaptés à chaque situation.
Article réécrit le 13/08/2026


