Sommaire
- Faute de renouvellement, le nom est passé en rédemption le 27 septembre
- Trois étapes d’un même nom : vitrine usurpée, abandon, puis prix affiché
- L’entité immatriculée sous ce nom reste étrangère au dossier
- Ce que les données publiques du nom livrent encore en octobre 2026
- Ce qui demeure ouvert aux personnes ayant versé des fonds
- Rassembler les éléments utiles avant de saisir la justice
- Trois questions que l’on nous pose sur ce dossier
Faute de renouvellement, le nom est passé en rédemption le 27 septembre
Le fichier du registre consulté le 13 octobre 2026 porte deux mentions simultanées sur ce nom : un verrouillage de transfert et l’entrée en période de rédemption. Le dernier mouvement enregistré au fichier date du 27 septembre 2026. C’est à cette date que la période de rattrapage consécutive à l’échéance a pris fin.
Le nom avait été enregistré le 14 août 2025 pour une durée d’un an, auprès du bureau d’enregistrement Masterofmydomains.net LLC. L’échéance est donc tombée le 14 août 2026. Elle a été laissée sans renouvellement. Pendant les quarante-cinq jours suivants, le registre a maintenu une période de rattrapage, durant laquelle le titulaire aurait pu régler les frais de renouvellement ordinaires. Cette fenêtre s’est fermée fin septembre 2026 sans qu’aucune action soit intervenue.
Le nom se trouve depuis lors en période de rédemption. Pour un lecteur non familier du fonctionnement des noms de domaine : il s’agit d’une ultime fenêtre accordée au titulaire d’origine pour récupérer son nom, moyennant des frais de restauration élevés fixés par le registre. Si cette fenêtre passe elle aussi sans intervention, le nom sera libéré et redeviendra disponible pour n’importe quel preneur, sans lien avec son passé.
Le titulaire reste masqué derrière un service de confidentialité : le fichier du registre ne livre aucune identité directement exploitable. Les serveurs de noms encore déclarés au fichier sont ns1.afternic.com et ns2.afternic.com, complétés d’un serveur de vérification propre à la place de marché du groupe GoDaddy. Aucune signature cryptographique de zone n’est déclarée.
Interrogé de nouveau le 13 octobre 2026, ce nom ne renvoie plus rien : aucune adresse réseau, aucun serveur de noms actif, aucun enregistrement de messagerie, aucune donnée de texte. La variante avec le préfixe habituel échoue pareillement. La couche chiffrée a également disparu. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dernière mise à jour : 13/10/2026
📄 Document
BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page que servait encore ce nom de domaine en août 2026. Retrouvez son apparence du 26 août 2026, utile pour identifier la vitrine ou documenter un signalement.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.
Trois étapes d’un même nom : vitrine usurpée, abandon, puis prix affiché
En décembre 2024, le nom portait une vitrine présentée comme une opportunité d’investissement dans le secteur viticole. Des rendements y étaient mis en avant. Derrière ces promesses, aucun projet réel n’existait. La vitrine affichait une adresse parisienne, un numéro de téléphone mobile et une adresse de courriel au nom du domaine. Des personnes signalaient publiquement ne pas avoir pu récupérer les fonds qu’elles avaient versés, avant même que notre première enquête ne soit publiée.
Après la dénonciation du stratagème, la vitrine ne répond plus. Le nom a cependant été ré-enregistré le 14 août 2025, toujours auprès du bureau Masterofmydomains.net LLC, pour une nouvelle période d’un an. Ce second enregistrement n’a jamais servi à remettre en service une quelconque plateforme de contenu. Il traduisait vraisemblablement une intention de monétiser le nom lui-même, fort de sa notoriété acquise par l’usurpation.
Le 18 août 2026, les serveurs de noms ont basculé vers la place de marché Afternic, adossée au groupe GoDaddy. La page atteinte proposait l’acquisition du nom pour 995 dollars, avec une formule de location avec option d’achat à 166 dollars par mois et la mention d’un transfert rapide. Le nom résolvait alors vers l’adresse 76.223.54.146, sur l’infrastructure AWS Global Accelerator utilisée par GoDaddy pour ses pages de proposition de cession. Un certificat était servi à cette période : émis par l’autorité intermédiaire GoDaddy TLS Intermediate CA DV R1v1, valable du 26 mai 2026 au 10 décembre 2026, au nom du seul domaine.
Cette configuration que nous décrivions en août 2026 est désormais caduque. Depuis, plus aucune page utile n’est servie : l’échéance du 14 août 2026 est restée sans suite. Deux autres dossiers viticoles du même genre sont documentés sur BrokerDefense : notre enquête sur Harold Finances et notre dossier Kelenn Finance. Tous trois reposent sur le même ressort, un nom de société réel servant de façade à une offre de placements dans le vin.
L’entité immatriculée sous ce nom reste étrangère au dossier
Le nom def-holding.com reprenait celui d’une holding réellement immatriculée, dont le siège social figure au 79 boulevard Saint-Germain, dans le 6e arrondissement de Paris. La vitrine frauduleuse affichait pour sa part l’adresse 799 boulevard Saint-Germain, 75006 Paris : le même boulevard, le même code postal, mais un numéro de rue différent.
La vitrine affichait également un numéro de téléphone mobile au format français (+33 7 43 13 39 28) et une adresse de courriel au nom du domaine, [email protected]. Aucune mention légale ne figurait sur les pages. Aucun numéro d’immatriculation n’était indiqué. Aucune personne physique n’était identifiable derrière la structure présentée.
Des signalements publics de personnes n’ayant pas pu récupérer leurs fonds avaient été déposés avant même que notre enquête initiale ne soit publiée en décembre 2024. Ces signalements concernent la vitrine frauduleuse, non la société réellement immatriculée.
Cette précision est essentielle : la holding dont l’identité a été usurpée n’a jamais exploité de vitrine viticole ni de plateforme d’investissement. Elle est étrangère à ce dossier et ne doit faire l’objet d’aucune mise en cause. Toute confusion entre les deux entités serait une erreur grave, et une injustice à l’égard d’une société qui n’a joué aucun rôle dans cette escroquerie.
Ce que les données publiques du nom livrent encore en octobre 2026
Octobre 2026 marque une rupture nette avec ce que nous observions deux mois plus tôt. Les serveurs de noms déclarés au fichier pointent toujours vers l’infrastructure Afternic, mais aucune page n’est servie en retour, et aucune couche chiffrée ne subsiste.
Les dernières captures publiques de la page d’accueil de la vitrine remontent au 9 décembre 2024, jour de notre première enquête. Aucune capture postérieure de la page d’accueil n’a été conservée. Un sous-domaine crm.def-holding.com avait servi, en novembre 2024, une page de connexion réservée aux personnes déjà enrôlées, trace d’un espace client actif au moment des faits.
La vitrine de décembre 2024 était diffusée via le réseau Cloudflare, avec une adresse relevée en Allemagne (188.114.96.2). Sa pile technique comprenait des polices Google Fonts, le jeu d’icônes Font Awesome, et plusieurs bibliothèques JavaScript classiques : jQuery 3.6.0, Popper, Isotope, Magnific Popup, Modernizr et Stellar pour les effets de défilement. Les montants y étaient affichés en euros. Aucun cadre applicatif moderne n’était détectable.
Du côté des registres de sociétés, aucune structure exploitant la vitrine n’a été retrouvée, ni en France, ni au Royaume-Uni, ni à Chypre. L’entité qui porte exactement ce nom est la holding parisienne déjà évoquée, sur laquelle rien dans ce dossier ne rejaillit. Le nom ne figure pas davantage dans la page de l’AMF qui recense ses avertissements, à l’issue de nos vérifications du 13 octobre 2026. Le constat est identique du côté chypriote. Cette situation ne vaut pas certificat de conformité : elle indique seulement qu’aucune autorité n’a, à notre connaissance, diffusé publiquement de mise en garde contre ce nom.
Ce qui demeure ouvert aux personnes ayant versé des fonds
La disparition du nom du registre ne clôt pas les voies de droit disponibles. Les virements effectués vers la vitrine ont laissé des traces dans les systèmes bancaires : chaque opération est horodatée, référencée et traçable, indépendamment de l’état actuel du nom de domaine.
L’intermédiaire financier qui a reçu les fonds peut être identifié à partir des relevés bancaires et des ordres de virement. Cette identification est la première pièce utile à constituer. Elle permet de déterminer vers quel établissement ou quelle infrastructure de paiement les sommes ont transité, et d’évaluer si cet établissement a respecté ses obligations de vigilance.
La banque destinataire des virements peut voir sa responsabilité recherchée lorsqu’il est démontré qu’elle n’a pas appliqué les contrôles attendus au regard du profil des opérations. Cette voie a déjà conduit, dans d’autres dossiers d’escroquerie financière, à des remboursements partiels prononcés par des juridictions. L’entretien qui suit en donne une illustration concrète.
Un arrêt de cour d’appel a condamné un établissement bancaire à réparer le préjudice de personnes trompées par un faux investissement, et cette décision éclaire directement les dossiers du même ordre : Maître Goce Novakov, avocat exerçant sa profession à Paris dans le ressort du barreau, revient dans l’entretien ci-dessous sur les ressorts du jugement, sur la faute retenue contre la banque et sur la façon dont l’indemnisation des victimes a été calculée.
Rassembler les éléments utiles avant de saisir la justice
Les personnes qui ont versé des fonds vers la vitrine def-holding.com disposent généralement de plusieurs types de pièces exploitables. Les virements effectués figurent sur les relevés bancaires avec leur date, leur montant et la référence de l’opération. Ces relevés constituent la base documentaire minimale à réunir avant toute démarche.
Les courriels échangés avec l’adresse [email protected] ou toute autre adresse au nom du domaine sont des éléments à conserver intégralement, en-têtes techniques inclus. Ces en-têtes permettent de retracer le chemin parcouru par le message et d’identifier les serveurs impliqués dans son acheminement.
Les copies des pages de la vitrine conservées avant que la vitrine ne réponde plus sont précieuses. Celles qui existent encore publiquement s’arrêtent au 9 décembre 2024. Si une personne a effectué des captures à d’autres dates, ces fichiers doivent être conservés sans modification, avec leurs métadonnées d’origine.
L’ensemble de ces éléments gagne à être rassemblé avant de déposer une plainte, le cas échéant sous la forme d’une constitution de partie civile. notre page consacrée à la plainte pénale y détaille les étapes à suivre et les pièces à joindre pour qu’une procédure soit recevable et efficace.
Trois questions que l’on nous pose sur ce dossier
Après l’échéance du 14 août 2026, laissée sans renouvellement, le registre a accordé une période de rattrapage d’environ quarante-cinq jours. Cette période s’est fermée fin septembre 2026 sans qu’aucune action soit intervenue. Le nom est alors entré en période de rédemption : une fenêtre pendant laquelle le titulaire d’origine peut encore demander la restauration du nom en acquittant des frais spécifiques, généralement bien supérieurs au tarif de renouvellement ordinaire. Le fichier du registre porte cette mention depuis le 27 septembre 2026, date du dernier mouvement enregistré.
Si la période de rédemption s’achève sans qu’aucune demande de restauration ne soit formulée par le titulaire actuel, le nom sera libéré par le registre. Il redeviendra alors disponible pour n’importe quel preneur, sans lien avec son usage passé. Une nouvelle personne ou entité pourrait l’enregistrer à des fins quelconques. Rien ne garantit que le prochain titulaire sera lié aux opérateurs de la fausse vitrine viticole.
La disparition du nom du registre ne supprime pas les traces laissées par les virements dans les systèmes bancaires. Chaque opération reste référencée et traçable. Il convient de réunir les relevés bancaires correspondants, les courriels échangés avec les adresses au nom du domaine et toute copie de page conservée à l’époque. Ces éléments permettent d’identifier l’établissement qui a reçu les fonds et d’engager une procédure, que ce soit devant les juridictions civiles pour rechercher la responsabilité de l’établissement ou devant les autorités judiciaires pour les faits d’escroquerie.
Def-holding.com laisse derrière lui un enchaînement complet : un nom repris à une holding immatriculée, une vitrine viticole montée pour recueillir des virements, des échanges menés depuis une adresse au nom du domaine, puis un silence total et un nom désormais engagé vers sa libération. Les personnes qui ont versé de l’argent pour de prétendus projets viticoles ne sont pourtant pas dépourvues : les opérations bancaires restent inscrites dans les comptes et une plainte conserve un sens lorsque les pièces sont rassemblées. BrokerDefense propose une évaluation préalable des dossiers qui lui sont transmis, afin que chacun sache quelles démarches ont une chance d’aboutir dans sa situation.
Article réécrit le 13/10/2026


