
Sommaire
- Le 27 mai 2024, l’AMF inscrivait xtrader365.com sur sa liste noire
- Du forex aux NFT : l’arsenal complet d’une vitrine de trading
- Limassol, 100 Michael Zavou : une adresse de façade et un faux numéro
- Des conditions générales recopiées d’une autre plateforme
- Un nom enregistré en 2023, abandonné en 2025, repris par un autre titulaire
- Fonds versés sur xtrader365.com : preuves à réunir et recours à envisager
- xtrader365.com : les questions laissées ouvertes après la fermeture de la vitrine
Le 27 mai 2024, l’AMF inscrivait xtrader365.com sur sa liste noire
Quatre jours avant que BrokerDefense publie sa première enquête sur la plateforme, l’Autorité des marchés financiers ajoutait le nom « www.xtrader365.com » à sa liste noire des produits dérivés sur cryptoactifs, avec la date d’inscription du 27 mai 2024. Le calendrier n’est pas un détail : il signifie que le régulateur français avait déjà jugé ce nom suffisamment préoccupant pour en informer le public avant même que notre analyse soit en ligne. Cette inscription est consultable depuis lors, sans interruption, alors que la vitrine elle-même a depuis longtemps cessé de fonctionner.
Il importe de comprendre ce que couvre précisément une telle inscription. L’AMF publie un nom de domaine, pas le nom d’une société ni celui d’un dirigeant : c’est parce qu’aucun exploitant identifiable ne peut être rattaché à ce nom que la liste noire sert de signal d’alerte. En l’occurrence, les pages relevées le 30 mai 2024 ne mentionnaient ni numéro d’enregistrement de société, ni autorité de tutelle, ni aucune personne physique responsable de la plateforme. Le régulateur a donc inscrit ce qu’il pouvait inscrire : l’adresse web elle-même. Des cas similaires ont été documentés dans la même période, notamment dans l’enquête consacrée à Tximarkets.com le 12 juin 2024, une autre plateforme portée sur une liste noire dont le nom a ensuite été suspendu.
La vitrine de trading n’est plus servie, et le nom de domaine a été abandonné après l’été 2025 avant d’être repris à l’automne par un autre titulaire : l’adresse se contente désormais de renvoyer le visiteur vers un autre site, sans aucun contenu propre. Cette évolution ne fait pas disparaître les traces laissées par les opérations effectuées en 2024. Les personnes qui ont ouvert un compte et versé des fonds sur cette plateforme disposent de recours, à condition de réunir les preuves disponibles, un point que nous détaillons plus loin.
Dernière mise à jour : 11/09/2026
Du forex aux NFT : l’arsenal complet d’une vitrine de trading
Nos relevés du 30 mai 2024 portaient sur quatre pages du site : la page d’accueil, la page « Why Choose Us », la page de contact et les conditions générales. Ce que ces pages décrivaient constituait un catalogue de produits financiers inhabituellement large pour une plateforme sans exploitant identifié : forex, contrats à terme, matières premières, actions, cryptomonnaies et NFT étaient tous proposés, accompagnés de plusieurs niveaux de comptes destinés à différents profils d’investisseurs. La plateforme était accessible en quatre langues (anglais, français, italien, espagnol) et renvoyait vers des réseaux sociaux, ce qui lui donnait l’apparence d’un service établi et actif.
La page d’accueil mettait en avant un « webtrader » présenté comme une solution maison performante, des « protocoles de sécurité robustes », un « gestionnaire de compte dédié » et un service d’assistance disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. Les slogans relevés promettaient de « débloquer » le potentiel de gains des utilisateurs et de « libérer » leurs capacités de trading. Un espace de connexion avec formulaire d’inscription était accessible directement depuis la page d’accueil. L’infrastructure qui servait ces pages était localisée en Bulgarie, selon nos relevés du 30 mai 2024.
Malgré cette apparence de complétude, aucune page du site ne mentionnait le nom d’un fondateur, d’un directeur ou d’un membre d’équipe. Aucun numéro d’agrément, aucune référence à une autorité de régulation nationale ou étrangère, aucun identifiant de société n’apparaissait sur l’ensemble des pages relevées. La vitrine était construite pour inspirer confiance sans fournir le moindre élément permettant de vérifier l’existence d’un exploitant réel.
Limassol, 100 Michael Zavou : une adresse de façade et un faux numéro
La page de contact de xtrader365.com affichait une adresse physique : 100 Michael Zavou, Ayios Athanasios, 4107, Limassol, Chypre. Cette même adresse était reprise mot pour mot dans les conditions générales, qui désignaient « Xtrader365.com, situé à 100 Michael Zavou, Ayios Athanasios, 4107, Limassol, Chypre » comme prestataire de service. Limassol est une ville régulièrement choisie par des vitrines de ce type pour son image de place financière, sans que cela implique l’existence d’un établissement réel à l’adresse indiquée.
Le champ réservé au numéro de téléphone sur cette même page de contact était rempli d’une suite de chiffres identiques répétés, « 111111111 », qui ne correspond à aucun numéro joignable dans aucun pays. Ce n’est pas une absence de numéro de téléphone : c’est un champ délibérément occupé par une valeur fictive, ce qui est plus révélateur encore qu’un champ vide. Une adresse électronique de support générique complétait les coordonnées, sans qu’aucun nom de personne physique ni aucun service identifié n’y soit rattaché.
Aucune des quatre pages relevées ne citait un numéro d’enregistrement de société, une autorité de tutelle, un pays de régulation ou un responsable nommément désigné. La combinaison d’une adresse chypriote non vérifiable, d’un numéro de téléphone fictif et d’une messagerie générique formait un ensemble de coordonnées inutilisables pour quiconque aurait cherché à contacter un interlocuteur réel.
Des conditions générales recopiées d’une autre plateforme
Les conditions générales relevées le 30 mai 2024 portaient la mention « applicables à compter du 01/12/2023 ». Elles désignaient xtrader365.com comme prestataire de service à l’adresse de Limassol déjà citée, ce qui était cohérent avec le reste de la vitrine. Mais le même document contenait une incohérence décisive : il définissait « le site web du prestataire » comme accessible via le domaine « Coindeal.com », qui est le nom d’une autre marque sans lien apparent avec xTrader365.
Cette mention ne peut s’expliquer que d’une seule façon : les conditions générales ont été copiées depuis un document rédigé pour une autre plateforme, puis adaptées à minima : le nom et l’adresse ont été remplacés, sans que la référence au domaine d’origine soit corrigée. Ce type d’emprunt révèle l’absence de toute infrastructure juridique propre : aucun service juridique, aucun conseil externe n’a rédigé un document spécifique pour xTrader365. Le texte censé encadrer la relation contractuelle entre la plateforme et ses utilisateurs désignait en réalité un autre site comme domaine du prestataire.
Ce constat renforce l’ensemble des observations précédentes : une vitrine soignée en apparence, mais construite à partir d’éléments empruntés ou fictifs, sans qu’aucune couche de vérification n’ait été appliquée avant la mise en ligne.
Un nom enregistré en 2023, abandonné en 2025, repris par un autre titulaire
Le nom xtrader365.com a été enregistré le 3 août 2023 auprès d’un bureau d’enregistrement nord-américain. Le pays déclaré pour le titulaire était Saint-Kitts-et-Nevis, l’identité précise du détenteur restant masquée. Les serveurs de noms avaient été confiés à Cloudflare, une infrastructure courante pour des sites de ce type. L’échéance du nom était fixée au 3 août 2025 : elle n’a pas été reconduite.
Après l’été 2025, le nom s’est retrouvé sans titulaire actif. Il a ensuite changé de main : un nouvel enregistrement a été effectué le 20 octobre 2025, chez un bureau d’enregistrement différent, sur d’autres serveurs de noms, avec une échéance courant jusqu’au 20 octobre 2026. Le titulaire actuel n’a aucun lien documenté avec l’exploitation de 2024. L’adresse ne sert plus désormais qu’à rediriger le visiteur vers un autre site : la page servie à cette adresse ne dépasse pas quelques centaines d’octets et ne contient aucun contenu propre. La vitrine de trading, ses pages, ses formulaires et ses promesses ont disparu ; le nom, lui, est toujours enregistré et a simplement changé de destination. L’historique complet des enregistrements successifs est consultable dans la fiche WHOIS complète sur DomainTools.
Ce cycle, enregistrement rapide, exploitation brève, abandon puis reprise par un tiers, se retrouve dans d’autres dossiers documentés par BrokerDefense, dont l’enquête consacrée à CLB Group le 14 juin 2024, un nom lui aussi inscrit sur la liste noire de l’AMF et dont la vitrine continuait de fonctionner au moment de la publication. Chaque cas est documenté séparément et aucun lien d’opérateur commun ne peut être établi entre ces entités.
Fonds versés sur xtrader365.com : preuves à réunir et recours à envisager
Si vous avez versé des fonds sur xtrader365.com, la première priorité est d’interrompre tout nouveau paiement. Les demandes de « déblocage » de gains ou de règlement d’une « taxe » préalable au retrait font partie du mécanisme d’escroquerie : y répondre ne permet pas de récupérer ce qui a déjà été versé et aggrave les pertes.
La constitution d’un dossier repose sur les éléments que vous avez conservés : captures d’écran de l’espace client et des positions affichées, courriels et messages échangés avec l’interlocuteur qui a présenté la plateforme, relevés de virements bancaires ou de paiements par carte. Ces pièces gardent toute leur valeur quel que soit l’état actuel du site : la fermeture de la vitrine ne les rend pas inutiles, et l’inscription du nom sur les listes noires et mises en garde publiées par l’AMF demeure consultable. Cette inscription, datée du 27 mai 2024, constitue elle-même une pièce utile pour établir le contexte réglementaire au moment des faits.
Signalez rapidement les mouvements de fonds à votre banque pour vérifier ce qui reste possible en matière d’opposition ou de rappel de paiement. Une plainte pénale peut être déposée : notre page dédiée aux plaintes pénales détaille les qualifications applicables et les pièces à rassembler. Notre service d’aide aux victimes peut examiner votre situation et vous orienter vers les démarches adaptées.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Une plateforme dont le nom figure sur une liste noire de régulateur ne se traite pas comme une vitrine ordinaire : l’inscription officielle du 27 mai 2024 fournit un point d’appui daté à quiconque veut faire reconnaître le caractère frauduleux de l’offre. Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, expose dans cette vidéo les leviers qu’un dossier de faux investissement permet réellement d’actionner, du chiffrage du préjudice à la décision de saisir un juge, et la façon de hiérarchiser les pièces selon leur solidité.
xtrader365.com : les questions laissées ouvertes après la fermeture de la vitrine
Le nom de domaine www.xtrader365.com a été inscrit le 27 mai 2024 sur la liste noire publiée par l’AMF au titre des produits dérivés sur cryptoactifs. Cette inscription vise un site qui proposait à des résidents français d’ouvrir un compte de trading et d’y verser des fonds alors qu’aucune société, aucun numéro d’enregistrement et aucune autorité de tutelle n’étaient mentionnés sur ses pages. Une inscription sur une liste noire ne se confond pas avec une sanction contre une société : c’est le nom de domaine qui est publié, précisément parce qu’aucun exploitant identifiable ne peut y être rattaché.
La vitrine de trading de 2024 n’est plus servie : ses pages ne sont plus accessibles et il n’existe plus de contenu propre à cette adresse. Le nom, lui, est toujours enregistré : il a été laissé à l’abandon après l’été 2025 puis repris le 20 octobre 2025 par un titulaire différent, et l’adresse se contente désormais de renvoyer vers un autre site. Les personnes qui ont conservé des courriels, des relevés ou des captures d’écran de la plateforme de 2024 détiennent donc des éléments qui restent exploitables, indépendamment de l’état actuel de l’adresse.
Tout nouveau versement doit cesser, y compris lorsqu’un « déblocage » de gains ou une « taxe » de retrait est réclamé : ces demandes complémentaires font partie du mécanisme. Rassemblez les preuves de l’opération : captures d’écran de l’espace client, courriels et messages échangés avec l’interlocuteur qui a proposé la plateforme, relevés des virements et des paiements par carte. Signalez rapidement ces mouvements à votre banque pour vérifier ce qui reste possible en matière d’opposition ou de rappel des fonds. Une plainte peut être déposée : notre page dédiée aux plaintes pénales récapitule les pièces utiles, et notre service d’aide aux victimes peut examiner votre situation.
Pour quiconque a ouvert un compte sur xTrader365 et versé des fonds sur xtrader365.com, la situation n’est pas figée par la disparition de la vitrine : l’inscription du régulateur du 27 mai 2024 reste consultable, les preuves conservées gardent leur valeur, et le fait que le nom ait changé de main ne referme aucune des voies de recours disponibles. Réunir ces éléments et faire évaluer sa situation par un professionnel est le premier réflexe que BrokerDefense applique systématiquement dans ses enquêtes, quel que soit l’état actuel du site concerné.
Article réécrit le 11/09/2026


