L’Autorité des marchés financiers a publié, le 8 octobre 2026, une fiche au nom de couponeau.com, rangée dans le fichier qu’elle consacre aux crypto-actifs. C’est la deuxième adresse bâtie sur ce mot à y figurer, après couponeau.co, dont l’inscription remonte au 10 septembre 2026.
Cette publication intervient alors que le nom n’est plus joignable. Enregistré le 16 février 2026 auprès d’un bureau d’enregistrement établi en France, couponeau.com porte aujourd’hui le statut de suspension que le registre désigne par « client hold », et notre relevé du 9 octobre 2026 ne le voit résoudre ni sur l’adresse principale, ni sur sa variante introduite par « www ».
Sommaire
- Une deuxième adresse du même mot portée au fichier des crypto-actifs
- Suspendu par son bureau d’enregistrement
- Seize février 2026 : ce que le dossier retient du nom
- Trois traces techniques laissées par ce nom
- Le même mot sur d’autres extensions
- Ce qu’il faut conserver si des fonds ont été versés
- Ce que cette inscription ne dit pas
Une deuxième adresse du même mot portée au fichier des crypto-actifs
La fiche publiée au nom de couponeau.com porte la date du 8 octobre 2026. La mention qui l’accompagne est la mise en garde type : elle rappelle qu’aucune habilitation n’a été délivrée à ce nom pour commercialiser, en France, des offres de placement ou des services financiers. Cette mention se retrouve sur la page générale où l’Autorité réunit ses mises en garde, et la fiche du nom est accessible au lien que l’institution lui a donné, sous l’intitulé couponeau.com.
Une nuance mérite d’être signalée. L’extrait public du fichier que nous avons téléchargé le 9 octobre 2026 compte 3 484 lignes, et une seule y porte le mot couponeau : l’entrée couponeau.co, publiée le 10 septembre 2026. La fiche du .com, elle, répond directement et porte bien la date du 8 octobre, mais elle n’est pas encore reprise dans cet extrait. Nous rapportons donc les deux états, celui de la fiche et celui du fichier.
Cette succession n’est pas isolée. L’adresse couponeau.co, dont nous avons déjà retracé le parcours, avait suivi le même chemin un mois plus tôt, et elle est le seul autre nom de la série à figurer à ce fichier.
Dernière mise à jour : 09/10/2026
Suspendu par son bureau d’enregistrement
Le registre situe le dernier changement de dossier au 25 septembre 2026, à 12 h 48 UTC. Deux statuts y sont joints : « client hold » et « client transfer prohibited ». Le premier est celui qui compte ici : il ne décrit pas un nom abandonné faute de paiement, mais un nom écarté du service par la partie qui l’enregistre. Le second empêche tout transfert vers un autre bureau tant que le premier est en place.
Notre relevé du 9 octobre 2026 confirme la conséquence pratique : le nom ne résout plus, ni sur l’adresse principale, ni sur sa variante « www », et aucune adresse ne lui est plus associée dans le système de noms. Le dossier reste pourtant vivant : son échéance n’est pas atteinte, et rien n’indique qu’il ait été résilié.
Seize février 2026 : ce que le dossier retient du nom
Le nom a été créé le 16 février 2026 à 18 h 44 UTC chez un bureau d’enregistrement français, et son échéance court jusqu’au 16 février 2027. Aucune identité de titulaire n’est publiée : le dossier ne mentionne que le bureau, avec une adresse de contact dédiée aux signalements d’abus. Le renouvellement a donc été acquitté pour une année entière, et rien n’établit qu’il ne le serait pas de nouveau.
Cinq serveurs de noms étaient déclarés pour ce nom : ns1.rt78u9.com, ns1.wn0vib.com, ns2.wn0vib.com, ns3.wn0vib.com et ns3.pl9vr3.com. Leurs libellés, tirés au sort, ne renvoient à aucune enseigne identifiable, et c’est la seule signature que les autres graphies du mot partagent avec celle-ci.
Une appréciation publique de ce nom le situe à 25 pour cent sur son échelle de confiance, et ne retient que deux constats pour l’expliquer : la jeunesse du dépôt et l’espérance de vie limitée du nom.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools, afin de vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Trois traces techniques laissées par ce nom
Deux certificats de sécurité ont été émis pour couponeau.com, tous deux par la même autorité de certification, Let’s Encrypt. Le premier porte une date d’émission du 26 juillet 2026, le second du 23 septembre 2026, et aucun des deux n’était révoqué à notre passage. Le plus récent précède de deux jours le dernier mouvement du dossier au registre, ce qui décrit un nom encore entretenu à la fin du mois de septembre.
Nous n’avons retrouvé aucune copie publique antérieure de cette page, et notre relevé du 9 octobre 2026 ne voyait toujours aucune réponse à servir sur les deux formes de l’adresse. Le nom n’est donc pas seulement injoignable aujourd’hui : il ne laisse derrière lui aucune version consultable de ce qu’il a pu afficher.
Ces deux éléments, certificat récent et service interrompu, vont dans le même sens : celui d’un nom entretenu jusqu’à une date proche, puis retiré du service sans que le dossier soit clos.
Le même mot sur d’autres extensions
couponeau.com n’est qu’une des adresses bâties sur ce mot. Notre contrôle du 9 octobre 2026 en trouve quatre autres qui résolvent encore, toutes derrière le même réseau de diffusion : couponeau.fr, couponeau.org, couponeau.online et couponeau.site. Deux autres, couponeau.co et couponeau.business, ne répondent plus, comme le .com. Seules les deux premières, couponeau.co et couponeau.com, figurent au fichier des crypto-actifs.
Cette dispersion est le fait marquant de la série, et il rejoint un constat voisin que nous avons documenté à la même période sur une autre adresse inscrite au même fichier : le mot est déposé sur plusieurs extensions, l’une tombe, l’autre prend le relais, et le signalement du régulateur suit avec un décalage.
Ce qu’il faut conserver si des fonds ont été versés
Une personne qui a adressé des fonds après avoir répondu à une offre portée par ce nom dispose d’une trace à chaque étape : l’écran de la promesse, la conversation avec l’interlocuteur, l’ordre de virement ou le paiement par carte, et le relevé où l’opération apparaît. Ce sont ces pièces, et non le souvenir de la conversation, qui permettent de reconstituer le parcours et d’identifier le bénéficiaire du transfert.
Deux démarches distinctes restent ouvertes : prévenir sans délai l’établissement qui a exécuté l’opération, pour tenter un rappel des fonds, et faire enregistrer les faits auprès des services compétents. Notre dossier consacré à la plainte pénale reprend la suite à donner, pièce par pièce.
Le sujet compte pour qui a versé des fonds : Maître Goce Novakov, avocat dont le barreau est établi à Paris, revient dans l’entretien qui suit sur la responsabilité d’un établissement bancaire, sur la part des pertes qu’il a été condamné à couvrir, et sur le devoir de contrôle qui lui incombait.
Ce que cette inscription ne dit pas
Les deux adresses reposent sur le même mot et figurent toutes deux au fichier des crypto-actifs de l’Autorité des marchés financiers, à un mois d’intervalle. Elles restent néanmoins deux noms distincts, déposés chez deux bureaux d’enregistrement différents et à deux dates différentes. Nous ne les présentons pas comme un seul et même exploitant : rien dans les pièces consultées ne l’établit.
Non. La suspension ne clôt pas l’enregistrement : le dossier reste actif et son échéance n’est pas atteinte. Un nom dans cette situation peut être remis en service, transféré après levée du verrou, ou laissé en l’état.
Cesser tout nouveau versement, conserver l’écran de la promesse, les échanges écrits et le relevé de l’opération, puis avertir l’établissement qui a exécuté le transfert. Ces éléments sont ceux que nos vérifications préalables examinent en premier, avant toute démarche.
couponeau.com reste donc un nom enregistré, acquitté jusqu’en février 2027, que son bureau d’enregistrement a retiré du service et que l’Autorité des marchés financiers a porté à son fichier des crypto-actifs le 8 octobre 2026. Rien dans les pièces consultées ne relie ce dossier aux autres extensions du même mot, et aucune conclusion de ce genre n’est tirée ici. Pour qui a versé de l’argent à une adresse bâtie sur ce nom, l’évaluation préalable de BrokerDefense reste le point de départ : elle établit ce qui peut encore être rattaché au versement, et ce qui doit être documenté sans attendre.


