
Sommaire
- Le nom a cessé de répondre, la liste noire tient toujours
- Un dossier d’enregistrement actif jusqu’en mars 2027
- Un WordPress garni de textes de démonstration, sous un titre par défaut
- Neuf certificats puis plus rien, l’entretien s’est arrêté avant la panne
- Le fichier des acteurs non autorisés porte ce nom depuis juillet 2026
- Les moyens d’agir si des fonds ont été versés en 2025 ou 2026
- Vos questions sur infoprolive.com après son silence
Le nom a cessé de répondre, la liste noire tient toujours
Depuis le 24 septembre 2026, aucune connexion n’aboutit vers infoprolive.com. Les mesures prises le 27 septembre 2026 établissent que les deux formes du nom, la racine et sa version préfixée des trois w, continuent de renvoyer vers l’adresse 91.199.45.229, mais que toute tentative de connexion reste sans réponse, sur le port chiffré comme sur le port ordinaire. Cinq réseaux de mesure indépendants, localisés en Allemagne, en Australie, en Iran et en deux points distincts des États-Unis, ont tous rendu un dépassement de délai. Une lecture tierce confirme la même absence d’aboutissement. Trois jours se sont écoulés entre le premier constat et la reconfirmation, sans que la situation change d’un trait.
Le dossier d’enregistrement, lui, reste formellement actif. Au registre public du .com, il court jusqu’au 17 mars 2027, sa dernière modification remontant au 1er mars 2026. Le nom est donc encore réservé et payé pour plusieurs mois, quand bien même plus rien n’est servi à l’adresse vers laquelle il pointe.
La fiche publiée au fichier de l’Autorité des marchés financiers le 10 juillet 2026 n’a pas davantage bougé. Relevée le 27 septembre 2026, elle demeure à son emplacement, portant toujours le libellé « Crypto-actifs » et son avertissement aux épargnants. Entre l’ouverture du dossier le 17 mars 2025 et l’interruption de toute desserte constatée le 24 septembre 2026, quinze mois se sont écoulés. Notre enquête initiale avait paru le 11 juillet 2026, le lendemain de la mise au fichier du régulateur.
Cette même semaine de juillet 2026, deux voisins de la même vague avaient fait l’objet d’enquêtes distinctes : l’enquête consacrée à stabletrader-ai.net, publiée le 7 juillet 2026, et celle consacrée à proxtrend, parue le lendemain. Ces trois dossiers relèvent de la même séquence de publication, à quatre jours d’intervalle les uns des autres. Pour consulter l’état d’enregistrement tel qu’il ressort des données publiques, voir la fiche WHOIS complète sur DomainTools.
Dernière mise à jour : 27/09/2026
📄 Document
La capture de cette vitrine, telle qu’elle se présentait le 10 juillet 2026, est mise gratuitement à disposition. Elle conserve l’apparence du site avant sa disparition.
Un dossier d’enregistrement actif jusqu’en mars 2027
Au registre public du .com, infoprolive.com porte l’état « actif ». Le dossier a été ouvert le 17 mars 2025 et son échéance est fixée au 17 mars 2027. La dernière modification enregistrée remonte au 1er mars 2026, soit plus de six mois avant l’interruption constatée en septembre 2026. Aucune des deux dates, ni l’échéance ni la dernière modification, ne coïncide avec le silence qui s’est installé.
Le bureau d’enregistrement qui tient ce dossier est le Centre des noms de domaine internet ukrainiens, connu sous le sigle UKRNAMES, identifiant IANA 1436. Deux serveurs de noms sont déclarés pour ce nom : vps1.hyperhost.ua et vps2.hyperhost.ua, tous deux chez le même hébergeur ukrainien. C’est donc l’intégralité de l’infrastructure déclarée, du bureau d’enregistrement aux serveurs de noms, qui relève d’opérateurs établis en Ukraine.
Une adresse de messagerie est rattachée au dossier : mail.infoprolive.com. La déclaration d’expédition du courrier porte l’adresse de la machine elle-même, 91.199.45.229, celle-là même devenue muette à la fin du mois de septembre 2026. Les coordonnées portées au dossier ne désignent aucune société, aucune entité juridique identifiable.
Qu’un nom dont plus rien n’est servi reste réservé et payé jusqu’en mars 2027 est un fait en soi : cela signifie que personne n’a renoncé à la réservation, que le renouvellement a été réglé à l’avance, et que le nom demeure disponible pour reprendre une activité ou être transféré, sans que le registre public en soit informé d’une quelconque façon.
Un WordPress garni de textes de démonstration, sous un titre par défaut
La copie de page conservée le 10 juillet 2026 révèle une installation WordPress en version 7.0.1, équipée du thème Flatsome en version 3.20.7, avec ses modules de carrousel, de fenêtres contextuelles et d’infobulles. L’extension de formulaires FormCraft, en version 3.9.16, était chargée, de même que le greffon de formulaires de contact, dont la balise appelait un formulaire identifié sous le numéro 7042 et intitulé « Newsletter Vertical ». Le greffon de commerce électronique WooCommerce figurait également parmi les composants actifs, accompagné d’une bibliothèque jQuery et d’un outil de mesure d’audience interne nommé koko, paramétré pour déposer un témoin de connexion chez les visiteurs.
La page déclarait par ailleurs un point d’entrée de rétrolien, un point d’entrée de partage oEmbed et des flux de syndication, tout en adressant aux moteurs de recherche une consigne explicite de non-conservation. Cette dernière instruction est cohérente avec l’absence de contenu réel : elle évitait qu’une copie de la page ne soit indexée et consultable.
Ce qui s’affichait à l’écran confirme que l’installation n’avait jamais été garnie. Le titre par défaut laissé par WordPress apparaissait tel quel : Title / Description. Les textes de démonstration du thème Flatsome, restés en anglais, occupaient la page, du type « Add anything here or just remove it… » ou « Sign up for Newsletter… ». Un formulaire d’inscription à une lettre d’information était présent. La seule phrase rédigée en français sur toute la page était cet avertissement : « Les investissements en cryptomonnaies comportent des risques. Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs. »
Cette phrase française, insérée dans une page dont tout le reste était en anglais de démonstration, indique sans ambiguïté à quel public le dispositif était destiné. Aucun article, aucun menu, aucune offre ne figurait sur la page. Une infrastructure complète avait été montée et outillée, sans jamais être complétée par un contenu réel.
Neuf certificats puis plus rien, l’entretien s’est arrêté avant la panne
Les journaux publics de certificats font apparaître neuf séries d’émission pour infoprolive.com, toutes délivrées par l’autorité Let’s Encrypt. La première remonte au 17 mars 2025, jour même de l’ouverture du dossier d’enregistrement. Les suivantes se succèdent à une cadence d’environ deux mois : 16 mai 2025, 15 juillet 2025, 14 septembre 2025, 13 novembre 2025, 12 janvier 2026, 13 mars 2026, 11 mai 2026, et enfin 10 juillet 2026. Ce dernier certificat portait une validité courant jusqu’au 8 octobre 2026.
Chacun de ces neuf certificats ne couvrait que le nom et sa forme avec les trois w. Aucun domaine tiers n’y figure, ce qui confirme que l’infrastructure ne servait aucun autre nom que le sien propre.
Depuis le 10 juillet 2026, aucun nouveau certificat n’a été émis. Or, à la cadence observée, un renouvellement aurait dû intervenir au début du mois de septembre 2026. Ce renouvellement n’est jamais venu. L’entretien régulier de la machine, celui qui produisait un certificat valide tous les deux mois, s’est donc interrompu avant même que les connexions cessent d’aboutir à la fin du mois de septembre 2026.
Cet enchaînement établit que le dispositif a d’abord été maintenu avec soin, certificat après certificat pendant quinze mois, puis laissé sans entretien à une date qui précède la panne visible. L’interruption de l’activité ne s’est pas manifestée en une seule fois : elle a d’abord été une cessation silencieuse de l’entretien, avant de devenir une absence complète de réponse.
Le fichier des acteurs non autorisés porte ce nom depuis juillet 2026
Interrogé de nouveau le 27 septembre 2026, le fichier de l’Autorité des marchés financiers restitue toujours ce nom, sous le libellé « Crypto-actifs ». La mise au fichier date du 10 juillet 2026. Notre article initial paraissait le 11 juillet 2026, le lendemain, sans qu’aucun lien de causalité puisse être établi entre les deux événements.
Le texte accompagnant cette entrée est sans ambiguïté : ce nom ne dispose d’aucune autorisation de l’Autorité pour proposer des services ou placements financiers aux épargnants français. Concrètement, cette inscription interdit à tout acteur soumis à la réglementation française de mettre en relation des clients avec ce nom, et elle avertit les épargnants résidant en France que toute proposition émanant de ce nom s’effectue en dehors de tout cadre légal. Consulter la fiche nominative ouverte à ce nom pour en lire le détail.
Le même jour, deux vérifications complémentaires ont été menées : côté chypriote, aucune entrée ne correspond à ce libellé ; côté britannique, aucune personne morale ne porte une telle dénomination. Ces deux absences bornent ce qu’elles établissent : elles signifient que le nom ne disposait pas d’un enregistrement connu auprès de ces deux autorités à la date de nos vérifications, sans que cela constitue une garantie sur d’éventuels autres registres non consultés.
L’ensemble des noms inscrits à ce fichier, toutes qualifications confondues, est consultable via la liste générale du régulateur.
Les moyens d’agir si des fonds ont été versés en 2025 ou 2026
Le silence de la machine ne rend pas les traces inutilisables. Les relevés de compte portant le libellé et les coordonnées du bénéficiaire des virements conservent leur valeur, de même que les confirmations d’ordre horodatées. Pour des mouvements réalisés en crypto-actifs, les adresses de destination restent traçables dans les registres publics des transactions. Les échanges conservés par courriel ou par messagerie avec les démarcheurs, les copies d’écran de l’espace client réalisées avant que l’offre ne cesse, et la date du premier démarchage constituent autant d’éléments datés qui permettent de reconstituer la chronologie des faits.
L’établissement qui a laissé partir ces opérations sans en contrôler la nature peut aussi voir sa responsabilité recherchée. Des virements dirigés vers un nom inscrit à la liste noire d’un régulateur national peuvent fonder une telle demande, dès lors que les pièces de la relation commerciale sont réunies.
Pour les personnes qui envisagent de saisir la justice, la voie pénale ouverte aux personnes trompées est détaillée sur une page dédiée qui précise les conditions et les étapes d’un dépôt de plainte.
Un jugement rendu par le tribunal de Créteil, retenant la qualification d’escroquerie et ayant permis à des victimes de récupérer les sommes versées, ouvre l’échange conduit avec Maître Goce Novakov, avocat dont Paris forme le barreau. La décision donne la mesure de ce qu’un dossier complet peut produire devant une juridiction française.
Vos questions sur infoprolive.com après son silence
Non. Le silence a commencé le 24 septembre 2026, et rien n’a changé depuis, les tentatives échouant sur les deux ports. Cinq réseaux de mesure indépendants, en Allemagne, en Australie, en Iran et à deux endroits des États-Unis, ont tous enregistré un dépassement de délai, et la reconfirmation du 27 septembre 2026 a donné le même résultat. Les deux formes du nom renvoient toujours vers l’adresse 91.199.45.229, devenue muette.
Oui. Au registre public du .com, le dossier porte l’état « actif » et son échéance est fixée au 17 mars 2027. Il a été ouvert le 17 mars 2025 et sa dernière modification enregistrée remonte au 1er mars 2026. Le nom reste donc réservé et payé pour plusieurs mois, indépendamment de l’absence de toute réponse de la machine.
Il convient de réunir immédiatement tous les éléments conservés : relevés de compte avec les libellés de virement, confirmations d’ordre horodatées, adresses de destination des crypto-actifs, échanges par courriel ou messagerie avec les démarcheurs, et copies d’écran de l’espace client réalisées avant que l’offre ne cesse. Ces pièces permettent de reconstituer la chronologie et constituent le socle d’une démarche judiciaire. La responsabilité de l’établissement ayant exécuté les paiements peut également être examinée. Notre service d’aide aux victimes peut orienter vers les démarches adaptées.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Article réécrit le 27/09/2026


