Paysofax arnaque : la fausse banque SOFAX sous deux qualifications

Deux qualifications retenues le 4 juin 2026 pour une enseigne sans agrément

Le 4 juin 2026, www.paysofax.com a été porté au fichier commun des listes noires tenues par les deux autorités françaises avec deux qualifications distinctes : « Crédits livrets paiements assurances » et « Usurpation Professionnel ». Aucune des deux n’a été levée depuis cette date.

Le premier libellé, « Crédits livrets paiements assurances », désigne l’exercice d’activités réservées par la loi à des établissements dûment agréés : proposer des crédits, des livrets d’épargne, des services de paiement et des contrats d’assurance suppose des habilitations que cette enseigne n’a jamais obtenues. Le second libellé, « Usurpation Professionnel », traduit le fait que la vitrine empruntait l’apparence, le vocabulaire et les références d’un établissement de crédit reconnu, sans en avoir le droit. Ces deux libellés figurent toujours sur la page où les autorités françaises publient ces libellés.

Depuis le 4 juin 2026, paysofax.com a été gelé par son dépositaire et ne restitue plus rien : aucune adresse réseau, aucune page servie, aucune messagerie active. La vitrine a disparu, mais la double inscription au fichier des autorités françaises demeure, intacte.

Dernière mise à jour : 26/09/2026

SOFAX BANQUE, l’enseigne reconstituée derrière paysofax.com

Sous le nom paysofax.com était servie une banque imaginaire se présentant sous l’enseigne « SOFAX BANQUE », accompagnée de la signature « La banque proche de vous » et d’un pied de page portant « © 2016 ». Rien dans cette mise en scène ne correspondait à un établissement réel.

La vitrine proposait une gamme complète de produits financiers : comptes, cartes bancaires, crédits, épargne, investissement et assurance. Elle s’organisait en trois rubriques, « Particuliers », « Entreprises » et « Professionnels », et affichait des boutons « Ouvrir un compte », « Accéder à mes comptes » et « Devenir client ». Pour asseoir sa crédibilité, elle se décrivait comme « filiale de l’un des groupes bancaires les plus solides en Europe et dans le monde avec un capital de 510 millions d’euros ».

Les pages conservées de cette vitrine ont toutes été copiées le 29 mai 2026 et toutes rendues avec un code de réponse 200 à ce moment-là. Parmi elles figurent l’accueil, les mentions légales, les pages consacrées à l’assurance, à l’épargne et au crédit, un formulaire de contact, une page intitulée « à propos » et une page de création de compte. Cent copies ont été prises pour cette seule journée, offrant une documentation complète de ce qu’était la vitrine avant sa disparition.

Des mentions légales empruntées à un établissement de crédit agréé

La page de mentions légales de la vitrine affirmait que le site était « édité par SOFAX BANQUE, S.A avec un capital de 337 189 135 euros (au 31/12/2012) ». Elle présentait cette société comme « agréée en tant qu’établissement de crédit et prestataire de services d’investissement par l’ACPR », l’autorité qui supervise les banques et les assurances en France. Ces affirmations empruntent le vocabulaire précis et les chiffres circonstanciés d’une maison établie, pour donner l’impression d’une légitimité réglementaire inexistante.

La page citait également deux intermédiaires de marché réels, Natixis Equity Markets et Kepler-Cheuvreux, en indiquant que les ordres de bourse français étaient exécutés par leur intermédiaire. Ces noms appartiennent à des acteurs reconnus de la place financière : la vitrine les reprenait pour se donner l’apparence d’une maison établie, sans qu’aucun lien ne les unisse à ce dossier. Deux services internes étaient également nommés : « My online banking » et « Elys PC ».

Le formulaire de contact demandait si le visiteur était déjà client, puis collectait le nom, le prénom, le courriel et le numéro de téléphone, avec une liste de motifs : devenir client, prêt immobilier, carte bancaire, crédit à la consommation, assurance vie, titres, offre étudiants. Ce dispositif permettait de recueillir des coordonnées précises et de qualifier les intentions financières des visiteurs.

Aucune société portant le nom SOFAX BANQUE ne figure au registre britannique des sociétés, et aucune inscription à ce nom n’apparaît sur la liste des domaines non approuvés du régulateur chypriote.

Un nom gelé par son dépositaire, deux certificats toujours valides

Le fichier du registre, tel que nos recherches l’ont relevé le 26 septembre 2026, indique que le bureau d’enregistrement est OwnRegistrar, Inc. Le nom est détenu sous couvert d’un service de protection de l’identité : ni organisation, ni pays, ni contact réel n’y figurent. Le nom a été créé le 19 avril 2026 et son échéance est fixée au 19 avril 2027.

Cinq verrous y sont posés : interdiction de suppression, gel, interdiction de renouvellement par un tiers, interdiction de transfert et interdiction de modification. Le gel est celui qui retire le nom de la résolution tout en le laissant détenu et payé par son titulaire. Les serveurs de noms déclarés sont ceux, par défaut, d’un hébergeur de sites grand public : in1-defaultserver-net.sqsp-placeholder2.com et in2-defaultserver-net.sqsp-placeholder2.com. Aucune page n’est servie sous ce nom, et nos vérifications n’ont relevé aucune adresse réseau, aucune messagerie ni aucun enregistrement technique actif, ni pour le nom, ni pour sa forme avec préfixe.

Deux certificats ont été journalisés sous ce nom, tous deux signés par Let’s Encrypt et portant chaque fois le nom et sa forme étoilée. Le plus récent a été émis le 13 septembre 2026 et court jusqu’au 12 décembre 2026 ; le précédent couvrait la période du 2 juillet au 30 septembre 2026. L’équipement du nom a donc continué bien après son inscription au fichier des autorités françaises, ce que nos relevés de septembre 2026 confirment.

La fiche d’évaluation publique de ce nom est consultable : la fiche ScamDoc de paysofax.com. L’indice qui y figure est de 1 %, la dernière analyse étant datée du 4 juin 2026. Le nom y est noté comme créé moins de six mois avant cette analyse et comme arrivant à échéance avec moins d’un an restant. Aucune donnée technique sur le propriétaire n’a pu y être obtenue et aucun avis d’utilisateur n’y a été laissé.

L’enregistrement conservé pour ce nom se lit en une seule page : la fiche WHOIS complète sur DomainTools.

L’usurpation d’une identité professionnelle, seconde qualification du fichier

La qualification « Usurpation Professionnel » portée au fichier prend tout son sens quand on reconstitue ce que la vitrine affichait : l’agrément d’un établissement de crédit auprès de l’ACPR, un capital précisément chiffré à la date du 31 décembre 2012, des références à des intermédiaires de marché reconnus, des rubriques et des boutons empruntés au vocabulaire ordinaire des banques agréées. Aucun de ces éléments ne reposait sur un droit réel : le nom n’a jamais été habilité à exercer les activités qu’il décrivait ni à se présenter sous les dehors d’un établissement supervisé.

Ce mécanisme d’usurpation n’est pas propre à ce dossier. Nos vérifications sur bpi-ibanks.com, un autre nom de faux service bancaire porté au même fichier le 26 août 2026 avec cinq qualifications et qui ne répond plus, montrent un assemblage comparable d’apparences réglementaires sans fondement. De même, le dossier empruntim.fr illustre une variante du procédé : les autorités y ont épinglé une adresse de courriel pour de fausses offres de crédit, de livrets et d’assurances, sans qu’aucune page ne soit servie sous ce nom.

Dans le cas de paysofax.com, l’accumulation des emprunts, du capital chiffré au centime près à une date ancienne jusqu’aux noms de services internes, visait à rendre la vérification laborieuse et à décourager le doute des visiteurs.

Ce qui reste à engager devant une enseigne qui n’existe plus

Les personnes qui ont répondu à la vitrine SOFAX BANQUE ont vraisemblablement procédé par virement vers des coordonnées bancaires communiquées par leurs interlocuteurs, ou par règlement par carte depuis les formulaires du site. Le premier réflexe utile est de rassembler les pièces du versement : confirmations de virement, relevés de compte correspondants, courriels échangés, documents transmis par les interlocuteurs et captures des pages de la vitrine prises avant sa disparition.

Le canal de contact employé par la vitrine, formulaire de collecte prolongé par des échanges écrits et téléphoniques, laisse des traces exploitables : chaque courriel reçu, chaque document transmis et chaque relevé de virement constituent des pièces à conserver précieusement. Il convient en revanche de se méfier de tout intermédiaire qui se présenterait spontanément pour promettre la récupération des fonds moyennant un nouveau versement : ce type de démarche est caractéristique d’une escroquerie secondaire qui cible des personnes déjà lésées.

Pour les personnes qui envisagent un dépôt de plainte, nos recherches ont permis de documenter ce qu’implique le dépôt d’une plainte au pénal, depuis la rédaction du signalement jusqu’à la constitution de partie civile.

Maître Goce Novakov, avocat établi à Paris, a accepté de revenir sur deux jugements rendus en matière d’escroquerie, l’un devant le tribunal du Mans et l’autre devant celui de Toulouse, et sur les conditions dans lesquelles les victimes ont obtenu une indemnisation dans chacun de ces dossiers.

Les personnes qui ont versé des fonds à paysofax.com en croyant ouvrir un compte auprès de SOFAX BANQUE se trouvent dans une situation où l’enseigne n’existe plus sous aucune forme accessible, mais où les preuves de la relation contractuelle restent reconstituables. BrokerDefense examine chaque dossier individuellement avant d’orienter vers une démarche, afin d’évaluer la solidité des pièces disponibles et la voie la plus adaptée à la situation réelle de la personne concernée.

Ce qu’il faut vérifier avant de verser à une banque

Avant tout versement à un établissement qui se présente comme une banque, trois vérifications s’imposent : consulter le registre des agents financiers pour confirmer l’existence d’un agrément, contrôler le fichier des listes noires des autorités françaises pour détecter toute inscription, et s’assurer que le nom de domaine est bien celui de l’établissement qu’il prétend représenter. Dans le cas de SOFAX BANQUE, aucune de ces vérifications n’aurait été concluante.

Que signifient les deux qualifications portées au fichier des autorités françaises pour paysofax.com ?

Le libellé « Crédits livrets paiements assurances » indique que la vitrine exerçait des activités financières réservées à des établissements agréés, sans en avoir l’habilitation. Le libellé « Usurpation Professionnel » traduit le fait qu’elle empruntait l’apparence d’un établissement de crédit supervisé, notamment en revendiquant un agrément auprès de l’ACPR et en citant des intermédiaires de marché réels. Ces deux qualifications sont toujours actives au fichier depuis le 4 juin 2026.

Quels recours restent ouverts pour quelqu’un qui a versé des fonds à SOFAX BANQUE, alors que le nom ne répond plus ?

La disparition de la vitrine ne rend pas impossible le dépôt d’une plainte, à condition de réunir les pièces utiles : confirmations de virement, relevés bancaires, courriels échangés avec les interlocuteurs et documents remis par eux. Ces éléments permettent de documenter la relation et les sommes engagées. Il convient d’éviter tout intermédiaire qui prometrait la récupération des fonds contre un nouveau versement.

Comment vérifier soi-même qu’une banque est autorisée à exercer avant de lui confier des fonds ?

Le fichier des listes noires des autorités françaises, consultable sur le site abe-infoservice.fr, recense les noms signalés pour exercice illégal d’activités financières ou usurpation d’identité professionnelle. Un établissement agréé figure également sur les registres officiels des autorités de supervision. Aucun de ces registres ne contenait d’entrée valide pour SOFAX BANQUE, et le nom paysofax.com y était au contraire inscrit comme non autorisé dès le 4 juin 2026.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 26/09/2026

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