Sommaire
- Le gel du 25 septembre et un enregistrement payé jusqu’en 2027
- Un hébergement partagé avec b4f.space, muet lui aussi
- 250 dollars et 34 millions d’utilisateurs, les promesses de la vitrine
- Un formulaire qui aiguille les coordonnées vers des courtiers
- Aucune société au registre, aucune autorisation chez les régulateurs
- Les pièces à réunir quand les fonds ont déjà été versés
- Questions reçues après la disparition du site
Le gel du 25 septembre et un enregistrement payé jusqu’en 2027
Le 25 septembre 2026, le bureau d’enregistrement NETIM a porté deux mentions au dossier de hawk-credpeak.com. La mention « clientHold » écarte le nom de la diffusion ; la mention « clientTransferProhibited » empêche tout transfert vers un autre bureau d’enregistrement. Les deux ont été inscrites ensemble, ce qui caractérise une mesure de gel.
Ce gel intervient alors que l’enregistrement reste payé jusqu’au 16 mars 2027, soit près de six mois à compter du 13 octobre 2026. Le nom a donc été retiré de la diffusion, mais il demeure actif au registre et son titulaire a réglé la période en cours jusqu’à son terme. Cette situation est inhabituelle : la vitrine a cessé d’être servie, mais personne n’a abandonné le nom.
Le titulaire du nom est masqué derrière un service de confidentialité. Les serveurs de noms déclarés au dossier sont NS1.RT78U9.COM et NS3.PL9VR3.COM, deux noms portés par deux services distincts, sans lien apparent avec l’enseigne. Cette configuration sert à rendre plus difficile l’identification de l’exploitant réel.
Au 13 octobre 2026, hawk-credpeak.com ne se résout plus. Aucune adresse réseau, aucun serveur de noms, aucun enregistrement de messagerie et aucune donnée de vérification ne sont rendus pour ce nom. La vitrine a cessé d’être servie depuis que le gel a pris effet.
Quatre certificats d’authentification de domaine ont été délivrés par Let’s Encrypt : les 16 mars, 18 mars, 20 juin et 28 août 2026. Le dernier, émis le 28 août 2026, était valable jusqu’au 26 novembre 2026. Aucune nouvelle attestation n’est apparue après le 28 août 2026, ce qui va de pair avec un site qui ne répond plus.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dernière mise à jour : 13/10/2026
📄 Document
La page d’accueil que servait hawk-credpeak.com a été mise de côté avant sa fermeture : BrokerDefense la laisse gratuitement à votre disposition, dans la forme relevée le 31 mai 2026. On y retrouve la promesse d’un dépôt initial de 250 dollars, les chiffres affichés (34 millions d’utilisateurs, 85 % de précision) et les portraits présentés comme ceux de clients, trois éléments encore utiles si l’origine d’un paiement est contestée.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.
Un hébergement partagé avec b4f.space, muet lui aussi
La vitrine de hawk-credpeak.com était servie depuis l’adresse réseau 179.43.172.253, relevée en mai 2026, appartenant au bloc 179.43.0.0/16. Deux noms voisins, cloud.b4f.space et n8n.b4f.space, pointaient encore vers une adresse du même hébergeur, 179.43.182.250, mais ne répondent plus. Le domaine parent b4f.space ne se résout plus non plus.
Le choix d’un hébergeur commun entre plusieurs noms de domaine sans lien affiché est une pratique courante dans ce type de montage. Elle permet de déployer rapidement plusieurs vitrines à partir d’une même infrastructure, sans que le lien entre elles soit immédiatement visible. Quand l’infrastructure cesse de répondre, tous les noms hébergés dessus disparaissent en même temps.
Ce schéma ressemble à celui documenté dans un autre dossier dont le nom a été gelé par son bureau d’enregistrement à la suite d’un signalement du régulateur : une infrastructure partagée, des noms satellites qui cessent de répondre, et un gel du nom principal inscrit au registre.
250 dollars et 34 millions d’utilisateurs, les promesses de la vitrine
La vitrine de hawk-credpeak.com proposait un accès à une plateforme de trading en cryptomonnaies présentée comme pilotée par une intelligence artificielle, moyennant un dépôt initial de 250 dollars. Quatre chiffres accompagnaient cette présentation : « 34 millions d’utilisateurs vérifiés », « 400 millions de dollars de volume », une présence dans « 98 pays » et un « taux de précision de 85 % » pour son moteur d’analyse. Aucune de ces données n’était étayée par une source externe.
La section « Ils nous font confiance » présentait des logos sous forme de blocs noirs non chargés. Les témoignages attribués à Liam Baxter, Priya Narayan, Tom Gallagher et Chloe Whitfield s’accompagnaient d’avatars noirs uniformes, ce qui indique que les images n’ont jamais été fournies. La note « 4,7 étoiles sur 247 avis » provenait d’un compteur interne au site, sans lien vers une plateforme d’avis indépendante.
Le site arborait un drapeau britannique et revendiquait une conformité aux « règles financières australiennes », sans numéro de licence ni numéro de registre. Le seul contact affiché était une adresse électronique : [email protected]. Aucun siège, aucun responsable, aucune structure juridique identifiable.
Un formulaire qui aiguille les coordonnées vers des courtiers
Le formulaire demandait le nom et le prénom du visiteur, une adresse de courriel et un numéro de téléphone. Trois champs cachés accompagnaient cette saisie : « subid », « id » et « country ». Ces champs, que l’utilisateur ne voit pas, servent à transmettre des identifiants de traçage et la localisation du prospect vers un tiers.
La page d’aide du site renvoyait explicitement vers « votre broker partenaire », ce qui confirme que le site n’était pas lui-même un lieu d’exécution des ordres. Des appels vers un service de géolocalisation étaient déclenchés au chargement de la page, afin d’adapter le formulaire au pays du visiteur.
Ce montage, centré sur la collecte de coordonnées téléphoniques pour les transmettre à des courtiers non autorisés, est également décrit dans un dossier construit autour d’une page de captation de coordonnées : les personnes ayant rempli le formulaire reçoivent ensuite des appels de conseillers qui les orientent vers des versements.
Aucune société au registre, aucune autorisation chez les régulateurs
Rien au dossier de hawk-credpeak.com ne ressort de la rubrique consacrée par l’Autorité des marchés financiers aux acteurs non autorisés. Le nom est pareillement absent de la liste tenue par le régulateur chypriote. On ne relève pas davantage de société rattachée à l’enseigne au registre britannique des sociétés, ni au registre français.
La revendication d’un drapeau britannique et d’une conformité aux règles australiennes, sans aucun numéro de licence vérifiable, est une présentation destinée à inspirer confiance sans engager de responsabilité traçable. Une plateforme autorisée à proposer des services financiers dispose toujours d’un numéro d’agrément consultable auprès du régulateur compétent.
Pour les personnes qui souhaitent vérifier le caractère favorable ou défavorable d’un nom avant tout contact, la fiche d’évaluation communautaire de ce nom fait état d’un indice de confiance très défavorable.
Les pièces à réunir quand les fonds ont déjà été versés
Me Michel Orsini, avocat relevant du barreau parisien. Il examine dans la vidéo ci-après les schémas d’escroquerie financière montés sur internet : la façon dont les flux d’argent peuvent être tracés, les méthodes permettant d’identifier les responsables derrière un montage opaque, et les voies ouvertes aux personnes trompées pour obtenir réparation de leur préjudice.
Quand des fonds ont déjà été versés, la priorité est de constituer un dossier complet avant que les traces disponibles ne deviennent plus accessibles. Il faut conserver les captures d’écran de la vitrine, les confirmations de versement, les relevés de compte correspondants, les courriels et les historiques d’échange avec les personnes qui ont sollicité les versements. Chaque pièce datée renforce la cohérence du dossier.
La page comment porter plainte après un versement détaille les étapes concrètes : les autorités à saisir, les éléments à joindre au dépôt de plainte et les délais à connaître.
Questions reçues après la disparition du site
La disparition de la vitrine ne ferme pas les voies de recours. Le nom est toujours enregistré et gelé au registre, ce qui signifie que des éléments d’identification restent potentiellement accessibles aux autorités compétentes. Les flux financiers liés aux versements peuvent également être tracés indépendamment du fait que le site réponde ou non. Constituer un dossier documenté et le soumettre aux autorités reste la démarche utile.
Tant que la mention « clientHold » figure au dossier, le nom est écarté de la diffusion et aucune vitrine ne peut être servie sous cette adresse. Le fait que l’enregistrement soit payé jusqu’au 16 mars 2027 signifie seulement que le titulaire a réglé la période, pas que le gel sera levé. Un gel peut être maintenu jusqu’à l’expiration de l’enregistrement.
Rassemblez toutes les pièces disponibles : captures de la vitrine, confirmations de versement, relevés bancaires, courriels et notes sur les échanges téléphoniques avec les personnes qui vous ont sollicité. Signalez les faits à votre banque pour bloquer d’éventuels prélèvements supplémentaires et demandez-lui les options de contestation de paiement. Déposez ensuite une plainte au commissariat ou à la brigade de gendarmerie de votre domicile, en joignant l’ensemble des pièces. BrokerDefense peut examiner votre situation et vous orienter vers les interlocuteurs adaptés avant toute démarche.
hawk-credpeak.com a cessé d’être servi après que son bureau d’enregistrement a prononcé un gel le 25 septembre 2026. Les personnes concernées sont le plus souvent celles qui ont rempli un formulaire en y indiquant leur numéro de téléphone, attirées par la promesse d’un dépôt initial de 250 dollars sur une plateforme présentée comme pilotée par une intelligence artificielle. Beaucoup ont ensuite reçu des appels répétés, puis ont effectué des versements. Avant toute orientation, notre équipe contrôle les pièces fournies et la situation décrite, puis indique la démarche qui correspond au dossier.
Article réécrit le 13/10/2026


