Deux écritures du même nom, neuve-markvere.org et sa forme en .com, ont été mises en attente par leur bureau d’enregistrement le 25 septembre 2026 : aucune page ne répond, aucun serveur de messagerie ne fonctionne, alors que les dossiers d’enregistrement courent tous deux jusqu’en mai 2027. Édifiée autour d’un discours de trading conduit par l’intelligence artificielle, l’enseigne visait explicitement les résidents de France et faisait miroiter des gains produits par la machine, une sécurité bancaire et l’absence de tout frais caché. Notre enquête initiale du 27 mai 2026 avait mis en évidence les contradictions de cette construction : adresse de prestige sans société correspondante, régulateur annoncé mais jamais nommé, équipe dirigeante sans existence publique vérifiable. La fiche d’avertissement que le régulateur boursier français a publiée le 10 septembre 2026 sous le nom neuve-markvere.com constitue, à ce jour, l’acte officiel le plus circonstancié dirigé contre cette enseigne.
Sommaire
- La forme voisine du nom figure au fichier des crypto-actifs depuis le 10 septembre
- Un formulaire d’inscription qui enregistrait le visiteur sans ouvrir de compte
- Une adresse de façade à Londres pour une société introuvable au registre britannique
- Trois noms de serveurs tirés d’un domaine tiers, un serveur web nu
- Rassembler les preuves d’un ordre de virement passé sous sollicitation
- Ce que l’on nous demande à propos de ce nom
La forme voisine du nom figure au fichier des crypto-actifs depuis le 10 septembre
Le régulateur boursier français tient, sous la qualification « Crypto-actifs », la fiche nominative du régulateur français au nom exact de neuve-markvere.com, datée du 10 septembre 2026. Cette inscription vise la forme en .com de l’enseigne : elle ne couvre pas neuve-markvere.org, le nom traité dans ce dossier, et il serait inexact d’écrire le contraire. Les fichiers d’avertissement du régulateur français ne comportent, à la date du 28 septembre 2026, aucune autre entrée construite sur ce nom.
Quinze jours après cette inscription, le bureau d’enregistrement commun aux deux écritures, NETIM SAS, a inscrit au dossier public des deux noms, le même 25 septembre 2026, deux statuts : le premier suspend la diffusion, le second empêche tout déplacement du dossier vers un prestataire concurrent. Les échéances d’enregistrement restent fixées au 8 mai 2027 pour la forme .org et au 5 mai 2027 pour la forme .com : il ne s’agit pas de noms échus, mais de dossiers valables dont la diffusion a été coupée par une décision du bureau d’enregistrement. La proximité des dates mérite d’être notée, sans qu’on puisse en déduire que l’inscription du régulateur a provoqué la coupure.
Nos relevés de mai 2026 avaient rattaché neuve-markvere.org à l’adresse 91.236.116.172, déjà enregistrée dans deux autres de nos dossiers : rentemond.com et à bron-valnex.com. Ce rapprochement est un fait observé : les trois noms partageaient la même adresse au moment de nos mesures. Mais une adresse de serveur partagée ne dit rien, à elle seule, de l’identité de l’exploitant, et n’établit aucun réseau de personnes.
La fiche WHOIS complète sur DomainTools documente l’historique public des deux dossiers d’enregistrement.
Dernière mise à jour : 28/09/2026
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La capture horodatée de cette vitrine, revêtue du filigrane de protection de BrokerDefense, reste consultable ci-dessous : elle permet de reconnaître la page d’accueil telle qu’elle était servie, puis de la joindre à un dossier ou de la montrer à un proche.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.
Un formulaire d’inscription qui enregistrait le visiteur sans ouvrir de compte
Le formulaire se donnait pour une ouverture de compte ; il n’en produisait aucune. Les coordonnées ainsi recueillies alimentaient un fichier de prospection, et le visiteur recevait ensuite un appel téléphonique. Un identifiant de suivi publicitaire, invisible dans l’interface, était joint à chaque soumission de formulaire, permettant de relier la visite à une campagne de recrutement précise que le visiteur ne voyait pas.
Dès le chargement de la page, un service extérieur situait le visiteur d’après son adresse de connexion et désignait le pays d’où venait la visite. Le discours affiché pouvait ainsi être adapté selon le territoire, tout en déclarant s’adresser explicitement aux résidents de France. Un contact téléphonique à indicatif autrichien figurait comme point de contact, sans cohérence avec l’adresse londonienne mise en avant.
Pour asseoir la crédibilité de la plateforme, la vitrine avançait quatre millions d’utilisateurs, cinq cents millions de dollars de dépôts clients, quatre-vingt-cinq pour cent de précision sur les signaux de marché et une couverture de quatre-vingt-dix-huit pays. Une note de 4,7 sur 247 évaluations internes était affichée. Les témoignages publiés reposaient tous sur la même structure narrative : la recommandation par un proche, introduite par la phrase « mon frère m’en a parlé ». Ces éléments établissent un mécanisme de mise en confiance construit ; ils ne prouvent pas, à eux seuls, qu’aucun utilisateur réel n’a jamais existé, mais ils documentent une rhétorique de recrutement cohérente dans sa conception.
Une adresse de façade à Londres pour une société introuvable au registre britannique
59-60 Grosvenor Street, Mayfair, W1K 3HZ : telle était l’adresse affichée par la vitrine. Aucune société portant le nom de l’enseigne n’apparaît au registre britannique des sociétés sous cette adresse ou sous ce nom. L’adresse est réelle ; la société qui prétendait s’y trouver ne l’est pas.
La page « À propos » de la vitrine annonçait, dans une formule restée incomplète : « Autorisé et réglementé par : ». Aucun régulateur n’était nommé. Six membres d’une équipe dirigeante étaient présentés avec photographies et titres professionnels, sans que nos recherches aient permis d’établir une correspondance publique pour l’un d’entre eux. La promesse centrale de la plateforme associait une rentabilité obtenue par la machine à une absence totale de frais cachés, sans que ni l’une ni l’autre ne soit documentée par un document vérifiable.
Par ailleurs, aucune inscription n’a été relevée auprès de l’autorité chypriote des marchés. La fiche ScamDoc de neuve-markvere.org lui attribue un indice de confiance de vingt-cinq pour cent. Aucune de ces absences ne constitue, à elle seule, une preuve d’irrégularité : ne pas figurer dans un registre donné n’équivaut pas à être attesté conforme à un autre.
Trois noms de serveurs tirés d’un domaine tiers, un serveur web nu
Le serveur web relevé en mai 2026 était une installation nginx sans aucun intermédiaire placé devant elle : ni service de protection distribué, ni mandataire inverse d’un fournisseur tiers. Le certificat relevé à l’époque émanait d’une autorité gratuite, désignait aussi bien l’apex que la déclinaison avec les trois w, et valait du 8 mai au 6 août 2026.
Les journaux publics de certificats montrent deux séries d’émissions menées en parallèle : pour neuve-markvere.org, trois certificats, datés du 8 mai 2026, puis du 7 juillet et du 5 septembre de la même année ; pour neuve-markvere.com, des émissions les 5 mai, 4 juillet et 1er septembre 2026. Les deux séries s’arrêtent à l’entrée de septembre, trois semaines avant la coupure des noms.
Les serveurs de noms déclarés par les deux écritures diffèrent : trois serveurs rattachés à un domaine tiers pour la forme .org ; deux serveurs issus d’un autre domaine tiers pour la forme .com. Aucun ne porte le nom d’un fournisseur identifiable. Aucune copie publique de la page d’accueil de la forme .org n’a été conservée. Pour la forme .com, une copie du 19 mai 2026 montre la vitrine telle qu’elle se présentait : son intitulé annonce « Neuve Markvère Plateforme », et la page se déclarait destinée à la France, rédigée dans une seule langue. Ces observations recoupent les faits relevés dans notre dossier consacré à bron-valnex.com, qui partageait la même adresse de service. Une machine partagée ne dit rien, à elle seule, de ceux qui l’exploitent.
Rassembler les preuves d’un ordre de virement passé sous sollicitation
Certaines personnes ont exécuté un ordre de virement après avoir été contactées à la suite de la saisie de leurs coordonnées dans le formulaire de la vitrine. La banque qui a reçu l’ordre et l’a exécuté doit être en mesure d’en expliquer le traitement, notamment si des signaux d’alerte étaient disponibles au moment de l’opération. Deux particularités de ce dossier méritent d’être signalées à la banque : d’une part, le fait que l’adresse londonienne affichée par la plateforme ne correspond à aucune société inscrite au registre britannique ; d’autre part, que les formulaires d’inscription portaient un identifiant de suivi publicitaire invisible, ce qui révèle une infrastructure de recrutement dissimulée au visiteur.
Pour toute personne dans cette situation, les pièces à réunir incluent : les relevés de compte et l’horodatage précis de chaque opération de transfert, les courriels et les échanges écrits avec ceux qui répondaient aux sollicitations, plus les captures d’écran de l’espace client du temps où des gains y étaient affichés. Ces captures constituent une preuve de ce que le site présentait à un moment donné, avant sa mise hors service. Le point de départ du délai se situe au jour où la personne trompée a découvert les faits, ou aurait dû les découvrir ; cette date se discute avec un conseil.
La nature de la localisation du visiteur par adresse de connexion, combinée au contact téléphonique à indicatif autrichien qui suivait la saisie du formulaire, illustre une chaîne de démarchage construite et non une relation commerciale ordinaire. Notre page consacrée au dépôt de plainte et à la procédure pénale détaille les étapes à suivre selon la situation.
Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate inscrite à un barreau dont Paris a le siège, a accordé un entretien vidéo portant sur la responsabilité de la banque qui a reçu les fonds, sur les conditions dans lesquelles un établissement peut être condamné à ce titre, et sur ce qu’une telle décision de justice ouvre concrètement aux personnes qui ont été trompées.
Ce que l’on nous demande à propos de ce nom
L’inscription publiée le 10 septembre 2026 par le régulateur boursier français porte sur le nom exact neuve-markvere.com, sous la qualification « Crypto-actifs ». Elle ne couvre pas neuve-markvere.org, le nom traité dans ce dossier. Les deux écritures ont été enregistrées à trois jours d’intervalle en mai 2026, auprès du même bureau, et mises hors service le même jour par ce bureau ; mais l’acte officiel du régulateur ne désigne que la forme en .com. Interpréter cette fiche comme visant .org serait inexact.
La mise hors service d’un nom de domaine ne fait pas disparaître les traces financières ni les obligations des personnes qui ont reçu les virements. Les relevés de compte, les ordres de transfert et les échanges écrits conservent leur valeur probante indépendamment de l’état du site. La disparition de la vitrine rend simplement plus urgent de rassembler ces pièces avant qu’elles ne soient plus accessibles dans les interfaces bancaires ou les messageries.
Oui. Les formulaires de la vitrine collectaient les données saisies pour alimenter un fichier de prospection, et un identifiant de suivi publicitaire invisible accompagnait chaque soumission. Les coordonnées ainsi captées peuvent être utilisées dans d’autres campagnes de démarchage, indépendamment de la mise hors service du nom. Signaler la situation à la plateforme de signalement des contenus frauduleux et rester vigilant face à tout contact non sollicité qui suivrait est recommandé, même en l’absence de virement.
neuve-markvere.org rassemblait les ingrédients d’un piège connu : des gains présentés comme produits par une machine, une adresse étrangère sans société derrière elle, et un régulateur jamais désigné autrement que par un blanc dans la phrase. Celles et ceux qui ont laissé leurs coordonnées dans le formulaire, puis exécuté des ordres de virement, n’ont plus d’interlocuteur depuis que les deux écritures du nom ont cessé d’être desservies. Reprendre le dossier pièce par pièce avec BrokerDefense permet de savoir ce qui garde une valeur utile et par où engager la suite.
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Article réécrit le 28/09/2026


