Arbitics arnaque : l’AMF alerte sur arbitics.com depuis avril 2026

Au 4 octobre 2026, arbitics.com reste porté par le répertoire des sites non habilités tenu par l’autorité française, sous l’intitulé « Produits dérivés sur crypto-actifs », l’inscription datant du 10 avril 2026 et toujours présente au relevé du 28 septembre 2026, tandis que la plateforme continue de répondre aux requêtes.

Le dispositif se présente comme une plateforme de trading proposant des crypto-actifs et des produits dérivés : un portail client baptisé « Webtrader », des formules d’abonnement tarifées, un effet de levier annoncé jusqu’à 200 pour 1, sans qu’aucune autorité compétente n’ait jamais reconnu cette enseigne comme prestataire habilité. Nos investigations ont été conduites le 4 octobre 2026.

L’AMF range arbitics.com au fichier des produits dérivés sur crypto-actifs

L’Autorité des marchés financiers tient à jour un fichier public regroupant les noms de domaine dont elle a établi qu’ils proposent, sans habilitation, des produits financiers à des résidents français. Arbitics.com y est inscrit depuis le 10 avril 2026, sous le libellé « Produits dérivés sur crypto-actifs ». Nos investigations du 4 octobre 2026 confirment que cette inscription est toujours portée au relevé le plus récent, publié le 28 septembre 2026. Consulter la fiche que l’autorité consacre à ce nom suffit à mesurer la position du régulateur : il alerte, et la plateforme ignore cette alerte.

Ce positionnement n’est pas isolé. Nos dossiers couvrent notamment le dossier d’une autre vitrine crypto inscrite au même fichier ainsi que celui d’un nom que l’autorité a visé trois mois après son lancement. Dans les deux cas, comme ici, la mise en garde du régulateur précède l’exposition des épargnants.

L’absence d’habilitation n’est pas un détail procédural. En France, proposer des produits dérivés sur crypto-actifs à des résidents suppose d’être enregistré auprès des autorités compétentes. Aucun registre consulté lors de nos investigations ne mentionne l’enseigne Arbitics à ce titre.

Dernière mise à jour : 04/10/2026

Enregistré en juillet 2025 chez un bureau d’enregistrement établi aux Bahamas

L’annuaire du registre fait apparaître qu’arbitics.com a été créé le 4 juillet 2025, avec une échéance fixée au 4 juillet 2028. Le nom a été confié à Internet Domain Service BS Corp, un bureau d’enregistrement dont l’établissement se situe à Nassau, aux Bahamas. L’identité du titulaire reste dissimulée derrière un service de confidentialité, et la dernière modification consignée remonte au 25 novembre 2025. Un verrou de type « transfert interdit » est actif, ce qui signifie que le nom ne peut pas être cédé à un autre registrar sans démarche expresse.

Le recours à un bureau d’enregistrement basé dans un territoire à faible transparence, combiné à la dissimulation de l’identité du titulaire, constitue un schéma récurrent dans les dossiers que nous instruisons. La durée d’enregistrement de trois ans, alors que la plateforme n’avait pas six mois d’existence au moment de la mise en garde du régulateur, suggère une intention de maintenir le dispositif actif sur une période prolongée.

Une coquille de huit cents octets et un portail client qui répond toujours

Nos constats techniques du 4 octobre 2026 révèlent qu’arbitics.com répond à toute requête, mais ne sert qu’une coquille d’environ 800 octets dont le titre est vide. Il s’agit d’une architecture où tout le contenu est assemblé par le navigateur du visiteur à partir d’une bibliothèque JavaScript : sans cette exécution côté client, rien ne s’affiche. Ce choix technique complique toute lecture directe du contenu par des outils d’analyse et rend la plateforme difficile à indexer ou à archiver.

Le portail client accessible à webtrader.arbitics.com répond lui aussi : nos relevés indiquent un document d’environ 11 618 octets, portant le titre « Webtrader ». Le nom principal et ses sous-domaines se résolvent tous sur l’adresse IP 206.71.149.95, derrière un serveur web nginx 1.28.2.

Le certificat de chiffrement a été émis par Let’s Encrypt (autorité YE2), valide du 1er octobre 2026 au 30 décembre 2026. Il couvre le domaine principal et l’ensemble de ses sous-domaines via un certificat dit « sauvage » (*.arbitics.com). Ce certificat atteste seulement du chiffrement de la liaison, sans rien établir de l’identité réelle de l’exploitant ni de la légitimité de la plateforme. Les serveurs de noms sont confiés à Cloudflare, mais l’adresse IP du service est publiée directement, sans passer par le mécanisme de protection que ce prestataire propose habituellement : le masquage annoncé par ce choix n’opère pas ici.

Des promesses chiffrées sans autorisation vérifiable

Les pages conservées dans notre dossier permettent de reconstituer le discours de la vitrine. La page d’accueil promettait « Elevate Your Investing Game », une exécution des ordres réalisée en quelques secondes dans 99 % des cas, 32 millions de transactions traitées chaque jour et une surveillance permanente de la plateforme. Ces affirmations ne s’appuient sur aucune source vérifiable et n’ont été produites par aucune autorité de régulation.

Les formules proposées débutaient à 2 000 dollars pour un compte « Beginner » et à 3 000 dollars pour un compte « Green Account », avec un effet de levier annoncé jusqu’à 200 pour 1 et une taille de lot minimale de 0,01. Sa mention de droits affiche « © 2025 Arbitics », un détail qui souligne que la vitrine était déjà active avant même l’inscription au fichier du régulateur.

Les pages « About Us » et « Contact Us » ne nomment aucun dirigeant, ne publient aucune adresse d’établissement physique et n’indiquent aucun numéro d’immatriculation de société. Le contact proposé passe par des numéros à indicatif britannique, un formulaire et une messagerie instantanée. Cette absence totale d’identification rend impossible toute démarche de recours ordinaire.

Le contrat de la plateforme, tel que nos investigations l’ont relevé, s’ouvre sur la phrase « la présente politique de confidentialité s’applique à Arbitics (ci-après « la Société ») », intitulé qui ne correspond pas à l’objet annoncé. Il prévoit des frais d’inactivité de 100 dollars par mois, appliqués rétroactivement, soit 200 dollars pour deux mois sans opération. En cas de fermeture complète du compte, une commission de traitement pouvant atteindre 25 % du solde restant est retenue avant tout versement. Le retrait minimum est fixé à 50 dollars.

Le relevé du nom et ce qu’un contrôle des listes permet d’établir

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Vérification faite le 4 octobre 2026, ce nom demeure rattaché à l’intitulé « Produits dérivés sur crypto-actifs » au sein de le fichier des sites non habilités tenu par le régulateur français. Ce constat ne vaut pas reconnaissance d’un statut autorisé pour les autres noms examinés dans nos dossiers : chaque enseigne doit faire l’objet d’une vérification indépendante.

La réputation du domaine est également mesurable par d’autres indicateurs. la fiche ScamDoc de arbitics.com lui attribue un indice de confiance de 1 %, le niveau le plus bas de l’échelle, et le classe parmi les domaines présentant un risque élevé. Ce résultat converge avec l’ensemble des constats techniques rassemblés lors de nos investigations.

Constituer un dossier avant d’engager une démarche

Toute personne ayant viré des fonds vers cette plateforme, accédé au portail Webtrader ou souscrit à l’une des formules proposées doit rassembler, sans délai, l’ensemble des traces disponibles : relevés de virements, captures du portail client, historiques de conversations avec les interlocuteurs de la plateforme, ainsi que les conditions contractuelles acceptées, notamment les clauses relatives aux frais de fermeture de compte. Ces éléments constituent la base d’un dossier recevable.

La parole est donnée ci-dessous à Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate dont l’activité relève du ressort parisien : elle y décrypte une décision ayant condamné la banque qui servait de réceptacle aux fonds détournés, un éclairage utile lorsque des versements ont été dirigés vers une enseigne dépourvue d’habilitation.

Pour celles et ceux qui envisagent une suite judiciaire, notre page consacrée à la constitution d’un dossier devant la justice pénale expose les pièces attendues, les délais et les conditions de recevabilité.

Arbitics : ce que les épargnants cherchent à savoir

Arbitics est-elle une plateforme autorisée à proposer des produits dérivés sur crypto-actifs en France ?

Non. L’Autorité des marchés financiers a inscrit arbitics.com dans son fichier des sites non habilités sous le libellé « Produits dérivés sur crypto-actifs » dès le 10 avril 2026. Cette inscription est toujours portée au relevé publié le 28 septembre 2026. Aucun registre consulté lors de nos investigations ne reconnaît cette enseigne comme prestataire habilité.

Que risque-t-on concrètement avec les frais prévus par le contrat Arbitics ?

Le contrat relevé lors de nos investigations prévoit des frais d’inactivité de 100 dollars par mois, appliqués rétroactivement, ainsi qu’une commission de traitement pouvant atteindre 25 % du solde restant en cas de fermeture complète du compte. Ces clauses peuvent conduire à une perte partielle ou totale des fonds déposés avant même qu’un retrait soit possible, le minimum de retrait étant fixé à 50 dollars.

Le portail Webtrader d’Arbitics fonctionne-t-il encore au 4 octobre 2026 ?

Oui. Nos constats techniques du 4 octobre 2026 confirment que webtrader.arbitics.com répond et sert un document d’environ 11 618 octets intitulé « Webtrader ». Le domaine principal répond lui aussi, bien qu’il ne serve qu’une coquille dont le titre est vide. La plateforme reste donc techniquement accessible malgré la mise en garde du régulateur.

Article réécrit le 04/10/2026

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