Sommaire
- L’AMF a inscrit ce nom à sa liste noire le 27 février 2026
- Le nom tient toujours au registre, mais plus aucun réseau ne le résout
- Du gabarit applicatif du 5 octobre à la disparition du 14 octobre
- Ce que portait la vitrine avant de céder la place à un gabarit
- FCA, BaFin, CONSOB : des agréments affichés par erreur de gabarit
- Virements vers ce nom : ce qu’il reste possible d’engager
- Trendwavetrading-ltd.com : trois interrogations fréquentes
L’AMF a inscrit ce nom à sa liste noire le 27 février 2026
Le site trendwavetrading-ltd.com figure sur la liste noire publiée par l’Autorité des marchés financiers depuis le 27 février 2026, sous l’intitulé exact « Produits dérivés sur crypto-actifs ». Cette inscription est publique, datée, et ne souffre d’aucune ambiguïté sur l’identité du nom visé.
Notre relevé du début du mois d’octobre n’avait pas retenu cette inscription. Le nom avait alors été recherché parmi les mises en garde générales, où il n’apparaît pas. Il est en réalité porté au fichier des sites non autorisés, sous cet intitulé précis, depuis la fin du mois de février 2026. L’écart entre les deux rubriques explique l’omission ; il ne diminue en rien la portée de la désignation.
L’ordre des faits mérite d’être posé clairement. L’Autorité des marchés financiers a inscrit ce nom le 27 février 2026. Le nom a cessé de répondre le 14 octobre 2026, sept mois et demi environ après cette désignation. L’exploitant a donc continué à servir la plateforme pendant plusieurs mois après l’alerte officielle, avant de retirer la zone. Ce séquençage est caractéristique : le dossier voisin hx-finance.com illustre le même schéma, où un nom reste tenu au registre alors que plus aucune page n’est servie.
Dernière mise à jour : 15/10/2026
Le nom tient toujours au registre, mais plus aucun réseau ne le résout
Sur le plan du registre, la fiche du nom est toujours active. Le domaine a été créé le 31 mars 2025 ; son échéance est portée au 31 mars 2027. La dernière écriture portée au dossier date du 15 avril 2026. Le bureau d’enregistrement est Web Commerce Communications Limited, connu sous la marque WebNic.cc et identifié auprès de l’ICANN sous le numéro 460. La zone ne porte aucune signature de sécurité. Le nom reste enregistré et payé jusqu’au 31 mars 2027 : aucune radiation n’a été prononcée.
Sur le plan de la résolution, le constat est radicalement différent. Les deux machines que le dossier désigne comme hébergeurs de la zone, cody.ns.cloudflare.com et delilah.ns.cloudflare.com, restent joignables : leurs propres adresses répondent normalement. Mais interrogés sur ce nom précis, ils refusent toute réponse. Il ne reste aucun enregistrement d’adresse, ni sur la racine ni sur la variante préfixée www, aucun enregistrement de serveur de messagerie, aucune donnée de vérification de propriété. Deux résolveurs publics indépendants rendent le même échec, avec la mention qu’aucune autorité n’est joignable à la délégation.
La lecture s’impose d’elle-même : la disparition est un acte d’exploitation, non une panne d’hébergeur ni une radiation. Quelqu’un a retiré la zone de manière délibérée. Le nom reste enregistré et payé jusqu’au 31 mars 2027, et aucun réseau ne peut plus le résoudre sans que la délégation soit rétablie. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Les journaux publics de transparence des certificats comptent cinquante et une entrées pour ce nom. La série a été entretenue régulièrement du 7 avril 2025 au 18 septembre 2026. Le dernier certificat a été émis le 18 septembre 2026 et reste valable jusqu’au 17 décembre 2026 ; il couvre le domaine et ses sous-domaines. Un nom dont la délégation ne répond plus ne peut plus obtenir de nouveau certificat : la série s’arrête donc là où l’exploitation s’est arrêtée.
Du gabarit applicatif du 5 octobre à la disparition du 14 octobre
Notre relevé du 5 octobre 2026 avait trouvé le nom encore actif. L’adresse répondait à une requête, sur la racine comme sur la variante préfixée www, mais servait un écran de chargement générique : une coquille d’application monopage construite avec le cadre Nuxt. Le titre affiché était « DEMO | Where Value Matters ». Le manifeste de l’application portait le champ name « DEMO », le champ short_name « client » et la description « Build Setup », soit l’intitulé d’exemple du gabarit jamais personnalisé. La seule phrase lisible était : « DEMO is an international online broker ».
Toutes les rubriques renvoyaient une erreur 404 : connexion, inscription, tableau de bord, types de comptes, arbitrage, Forex et CFD, guide des stratégies, équipe. Le bandeau supérieur affichait des cotations d’exemple figées : Facebook à 194,32 dollars, la paire GBPUSD à 1,2890, l’or à 1 964,52 dollars, l’indice EUSTX50 à 3 667,15 points, avec des variations répétées à l’identique, 1,68 pour cent et 0,66 pour cent. Le pied de page indiquait « This website is owned and operated by DEMO », puis des mentions d’agrément formulées au nom de DEMO et non de l’enseigne affichée.
Neuf jours plus tard, le 14 octobre, plus rien ne répondait. Ce gabarit non personnalisé n’est pas propre à ce seul cas : l’enquête consacrée à tradevexa.com documente une infrastructure construite sur le même gabarit applicatif, avec les mêmes champs d’exemple laissés en place.
Ce que portait la vitrine avant de céder la place à un gabarit
En avril 2026, la vitrine reposait sur WordPress, assemblée avec le constructeur Elementor, complétée par une boutique WooCommerce et des modules d’affichage de cours de crypto-actifs servis par un prestataire tiers. Elle était proposée en six langues. Deux adresses britanniques étaient affichées : 31 Broomfield House, Lanswoodpark, Colchester, Essex, CO7 7FD, présentée comme siège, et 5 Great New St, City of London, EC4A 3BF, désignée comme siège social. Ces deux adresses correspondent à des services de domiciliation commerciale, non à des locaux opérationnels vérifiables.
Une personne présentée comme directeur général, accompagnée d’une photographie, était mise en avant sans biographie détaillée ni profil professionnel vérifiable. La vitrine revendiquait une immatriculation au registre britannique des sociétés sans jamais préciser de numéro d’enregistrement. La page des conditions générales renvoyait elle-même une erreur 404, ce qui rendait toute lecture contractuelle impossible. En bas de page figuraient les logos de Coinbase Pro, OKX, Binance et Huobi, sans qu’aucun partenariat avec ces plateformes ne soit établi. Le code source portait un renvoi à un domaine de développement interne, « trendwave-trading.test », signe d’une mise en production sans nettoyage. Un numéro britannique et une adresse de contact sur le domaine lui-même complétaient la façade.
FCA, BaFin, CONSOB : des agréments affichés par erreur de gabarit
Le gabarit résiduel relevé en octobre revendiquait des agréments auprès de la Financial Conduct Authority britannique, de l’autorité allemande BaFin et de l’autorité italienne CONSOB. Ces mentions provenaient du gabarit générique jamais personnalisé : elles s’affichaient sous l’intitulé « DEMO » et ne correspondent à aucune réalité vérifiable pour l’enseigne affichée. Les registres de ces trois autorités ne mentionnent pas ce nom.
La seule trace officielle trouvée reste l’inscription à la liste noire de l’Autorité des marchés financiers traitée en première section. La présence de logos ou de formules évoquant une régulation ne constitue jamais une preuve d’agrément : c’est précisément l’un des ressorts les plus fréquents dans ce type de montage, où la crédibilité visuelle est construite à partir d’éléments copiés ou générés par un gabarit.
Virements vers ce nom : ce qu’il reste possible d’engager
La première étape consiste à rassembler les traces de communication : courriels reçus ou envoyés, messages échangés via la plateforme, conversations sur messageries instantanées, relevés d’appels. Ces éléments constituent la trame chronologique du dossier et permettent d’établir qui a contacté qui, à quelle date et avec quels arguments.
La deuxième étape porte sur les justificatifs de paiement : ordres de virement, relevés bancaires, confirmations de transfert de crypto-actifs, captures des adresses de destination indiquées. Ces pièces doivent être signalées à la banque émettrice du virement ou à l’établissement de paiement utilisé, dans les délais prévus par chaque dispositif. Certains mécanismes de réclamation permettent d’obtenir un retour partiel ; passé ce délai, seule la procédure judiciaire demeure.
La voie pénale reste ouverte même lorsque la plateforme a disparu. Les traces numériques et financières peuvent être exploitées par les services d’enquête compétents, précisément parce qu’elles subsistent indépendamment de l’état du site. Consultez notre page consacrée à la voie pénale pour connaître les étapes concrètes d’un dépôt de plainte dans ce type de dossier.
La question de la responsabilité de la banque émettrice mérite une attention particulière. Maître Goce Novakov a accordé un entretien à notre rédaction sur ce sujet précis. Il est avocat dont l’exercice relève du barreau de Paris. Le sujet abordé est la condamnation d’un établissement bancaire pour avoir failli à ses obligations de contrôle, la manière dont la responsabilité du teneur de compte peut ensuite être recherchée, et les possibilités d’indemnisation offertes à ceux dont les virements ont été détournés.
Les épargnants ayant envoyé des virements ou des crypto-actifs vers trendwavetrading-ltd.com se trouvent dans une situation documentée : une vitrine affichant des agréments jamais obtenus, deux adresses de domiciliation présentées comme sièges opérationnels, et une plateforme qui a continué à fonctionner plusieurs mois après son inscription à la liste noire de l’Autorité des marchés financiers, avant de retirer sa zone sans préavis. Ces éléments constituent un faisceau d’indices exploitables dans le cadre d’une procédure.
BrokerDefense propose une évaluation préalable de votre dossier. Ce premier examen sert à apprécier ce que vos justificatifs permettent d’établir, à repérer les délais qui courent encore et à orienter vers les actions les plus utiles dans votre cas.
Trendwavetrading-ltd.com : trois interrogations fréquentes
Oui. Le site trendwavetrading-ltd.com est inscrit sur la liste des sites non autorisés publiée par l’Autorité des marchés financiers depuis le 27 février 2026, sous l’intitulé « Produits dérivés sur crypto-actifs ». Cette inscription est publique et consultable directement sur le site de l’AMF. Elle signifie que l’autorité considère ce site comme proposant des services financiers sans y être habilité.
Le nom trendwavetrading-ltd.com est enregistré et payé jusqu’au 31 mars 2027, mais sa zone ne répond plus depuis le 14 octobre 2026 : les serveurs de noms associés refusent désormais toute réponse sur ce nom. Il s’agit d’un acte délibéré de l’exploitant, distinct d’une radiation par le bureau d’enregistrement. Le nom peut techniquement être réactivé à tout moment par celui qui en détient le contrôle, sans qu’aucune procédure publique ne soit nécessaire.
Oui. L’arrêt de l’exploitation ne ferme pas la voie des recours. Le virement peut encore faire l’objet d’une réclamation portée devant la banque qui l’a laissé partir, dans les délais propres à chaque dispositif. Les transferts de crypto-actifs sont plus complexes à contester, mais les traces de communication et les adresses de destination restent exploitables dans le cadre d’une plainte pénale. La voie judiciaire demeure ouverte indépendamment de l’état du site.
Article réécrit le 15/10/2026


