Portail-jupiter.com arnaque : un prestataire changé, une zone vidée

Le prestataire d’enregistrement inscrit au dossier n’est plus celui de notre relevé d’octobre

Nos deux relevés du 5 et du 15 octobre 2026 ne portent pas le même prestataire d’enregistrement pour portail-jupiter.com. Le 5 octobre, le dossier désignait Fewmoretaps OU, exerçant sous le nom Trustname.com, identifié sous le numéro 4318. Le 15 octobre, ce même dossier porte Atak Domain Bilgi Teknolojileri A.S., identifié sous le numéro 1601. Le registre situe la dernière écriture portée au dossier au 15 octobre 2026 : nos deux relevés encadrent donc le basculement, sans le dater à l’heure près. Nous ne formulons aucune hypothèse sur la cause de ce changement ; le fait publiable est le relevé, rien d’autre.

Ce changement de prestataire s’accompagne d’un second fait, indissociable du premier : la zone a été vidée. L’adresse de tête ne porte plus aucun enregistrement d’adresse. Les deux noms qui existaient dans la zone, www.portail-jupiter.com et web.portail-jupiter.com, n’y figurent plus du tout. Aucun enregistrement de messagerie n’y subsiste non plus.

La page était encore servie lors de notre relevé du 5 octobre 2026. Le 12 octobre 2026, plus rien ne répondait. La coupure se situe donc entre ces deux dates. Le nom portail-jupiter.com reste enregistré, son dossier porte une échéance au 26 mars 2027 : il n’est ni supprimé ni radié.

Dernière mise à jour : 15/10/2026

Deux adresses portées le même jour au fichier commun de l’ACPR et de l’AMF

Le 13 avril 2026, deux adresses ont été inscrites simultanément au fichier commun tenu par le service public ABE Infoservice pour l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution et pour l’Autorité des marchés financiers : « web.portail-jupiter.com » et « jupiter-am.com », toutes deux datées du même jour. Les qualifications retenues couvrent les crédits, les livrets, les paiements et les assurances. À ces qualifications s’ajoute la mention « Usurpation » dans son acception professionnelle : les autorités ont considéré que les entités opérant sous ces noms se présentaient comme des professionnels habilités sans l’être.

Cette inscription est une lecture antérieure de notre part. La surface de consultation répond aujourd’hui de façon refusée à nos outils, et nous l’écrivons ainsi. Par ailleurs, les exports de la liste propre à l’AMF, dans leur version du 8 octobre 2026, ne portent aucune entrée sous ces noms. L’inscription pertinente est donc celle du fichier commun, et c’est à ce titre qu’elle doit être comprise. Elle reste consultable via la liste noire commune consultable sur le site ABE Infoservice.

Jupiter Asset Management, toujours étranger à la vitrine qui a emprunté son nom

Jupiter Asset Management est un gestionnaire d’actifs britannique établi à Londres, régulé par la Financial Conduct Authority. Son nom a été repris, sans son accord, par les opérateurs de portail-jupiter.com. Ce gestionnaire n’est ni concerné ni mis en cause dans ce dossier : il en est la victime, et aucun lien n’existe entre lui et les entités citées ici. Cette précision n’est pas une nuance ; elle est un fait central du dossier.

Le nom jumeau jupiter-am.com, porté au même fichier des autorités le même jour, répond encore à ce jour. Il sert une page d’attente de son hébergeur, sans contenu rédactionnel, et son dossier porte une échéance au 13 mars 2027. Au-delà de leur inscription commune du 13 avril 2026, aucun lien supplémentaire n’est établi entre les deux dossiers. Ce schéma, qui consiste à emprunter le nom d’un acteur régulé pour habiller une vitrine sans agrément, se retrouve dans d’autres cas que nous avons documentés, comme celui d’Aura-epargne.com, un nom d’épargne construit sur une identité empruntée.

Ce que servait web.portail-jupiter.com avant que la zone cesse de répondre

L’activité réelle se tenait sur web.portail-jupiter.com. L’espace client s’y présentait sous l’intitulé « Portail numérique », avec le titre d’application « Espace Client » et la description : « Application web interne. Accès réservé aux utilisateurs autorisés. » L’application était construite avec Flutter Web. Le document principal pesait 12 762 octets ; le fichier principal main.dart.js atteignait environ dix mégaoctets. Le rendu graphique était assuré par le moteur CanvasKit, servi par Google.

Le stockage et l’authentification étaient confiés à Firebase, une infrastructure de Google, sur un projet identifié sous le nom « jupiterdb ». Les adresses de courriel saisies y transitaient et y sont conservées. Un formulaire de collecte d’adresse de courriel figurait sur la page d’accueil, ainsi que sur les pages /login, /register, /dashboard et /api, qui servaient toutes la même application.

Aucune société, aucune adresse et aucun numéro d’agrément ne figuraient dans l’application. Pour un service qui se présentait comme un espace client lié à la gestion d’actifs, cette absence est rédhibitoire. Deux balises contradictoires coexistaient dans un même document : l’une demandait l’indexation, l’autre l’interdisait. Notre dossier de constat d’avril 2026 avait également relevé des règles d’exclusion visant plusieurs robots d’indexation et d’intelligence artificielle. L’adresse de tête, elle, ne servait qu’un document de 62 octets, vide de tout contenu, coexistant historiquement avec le sous-domaine actif.

La série des certificats s’arrête fin septembre : ce qu’elle permet de dater

Pour portail-jupiter.com, une série de certificats a été délivrée de façon entretenue depuis l’ouverture du dossier, le 26 mars 2026, jusqu’au 23 septembre 2026. Les émissions étaient régulières, à peu près toutes les six à huit semaines, produites par plusieurs autorités : Sectigo, Google Trust Services et Let’s Encrypt. Aucune émission n’est intervenue après le 23 septembre 2026.

Le certificat que portait web.portail-jupiter.com à notre relevé du 5 octobre 2026 émanait de Google Trust Services, désignée par le sigle WE1. Il était valable du 19 septembre 2026 au 18 décembre 2026 et ne couvrait que ce sous-domaine. Le socle technique a donc été entretenu jusqu’à la fin du mois de septembre 2026, puis plus rien.

Un certificat reste valable plusieurs mois après son émission : son absence ne date rien à elle seule. C’est la fenêtre entre nos deux relevés, page servie le 5 octobre et plus rien le 12 octobre, qui date la coupure. Par ailleurs, un certificat atteste seulement qu’un canal chiffré relie le poste de l’internaute au serveur ; il n’apporte aucune garantie sur celui qui exploite le service.

Un nom toujours inscrit et payé, une zone sans aucun enregistrement

Il faut distinguer deux plans qui ne se confondent pas. Sur le plan administratif, portail-jupiter.com reste un nom enregistré, actif, dont le dossier a été ouvert le 26 mars 2026 et porte une échéance au 26 mars 2027. Deux serveurs de noms sont déclarés, tous deux du réseau de diffusion Cloudflare, désignés sous les noms Athena et Troy. Ces serveurs répondent aux interrogations : la zone existe. Le titulaire du nom est masqué ; aucune société, aucune adresse, aucun numéro d’agrément n’est communiqué.

Sur le plan de la résolution, la situation est radicalement différente. L’adresse de tête ne porte plus aucun enregistrement d’adresse. Les sous-domaines www et web ont disparu de la zone. Aucun enregistrement de messagerie ne subsiste, aucune donnée de vérification de propriété non plus. Les serveurs de noms fonctionnent et la zone est servie : la disparition est un acte d’exploitation, pas une panne d’hébergeur ni une radiation du nom.

Les détails d’enregistrement du domaine sont accessibles via la fiche WHOIS complète sur DomainTools, pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Après des virements vers ce portail : les pièces à réunir

Toute personne ayant effectué un virement vers portail-jupiter.com doit contacter sans délai l’établissement bancaire qui a exécuté l’ordre, en demandant expressément le blocage ou le rappel des fonds. Cet ordre de virement, accompagné de l’accusé de réception de la banque, constitue une pièce immédiatement exploitable, d’autant que l’inscription au fichier commun de l’ACPR et de l’AMF du 13 avril 2026 établit la nature non autorisée de l’entité destinataire.

Les échanges écrits et les relevés de l’espace client, tels qu’ils s’affichaient avant le 12 octobre 2026, doivent être conservés dans leur intégralité. Captures d’écran, courriels, notifications reçues : tout ce qui documente la relation avec le portail est désormais irremplaçable, puisque l’accès à l’application a cessé. Pour les versements effectués en cryptomonnaies, la récupération est plus difficile et nécessite une approche distincte, à aborder avec un conseil spécialisé.

Les listes publiques d’acteurs non autorisés publiées par l’AMF permettent de vérifier le statut de tout intermédiaire sollicitant des fonds. Pour comprendre les étapes concrètes d’une procédure pénale, notre guide des démarches à mener devant la juridiction compétente détaille chaque phase. D’autres dossiers comparables, comme celui de Pendoxa.com, une plateforme montée au nom de CoinShares, illustrent la même mécanique d’usurpation d’identité professionnelle.

Un entretien avec Maître Goce Novakov, avocat dont le cabinet est établi à Paris, revient sur un jugement d’escroquerie portant sur de faux placements : la juridiction a prononcé la condamnation des auteurs, ordonné l’indemnisation des victimes et retenu la responsabilité d’un établissement bancaire pour manquement à son devoir de vigilance sur les virements exécutés. Cet éclairage est directement transposable à la situation de toute personne ayant alimenté un espace client dont le portail a cessé de répondre, sans que les fonds versés aient été restitués.

Pourquoi portail-jupiter.com ne répond-il plus alors que le nom est toujours enregistré et payé jusqu’en mars 2027 ?

Le nom portail-jupiter.com reste administrativement actif, avec une échéance inscrite au 26 mars 2027 et deux serveurs de noms déclarés qui répondent aux interrogations. Ce qui a disparu, c’est le contenu de la zone : l’adresse de tête ne porte plus aucun enregistrement d’adresse, et les sous-domaines www et web ont été retirés. Cette disparition est un acte délibéré de la part de ceux qui exploitaient le portail, et non le résultat d’une panne ou d’une radiation du nom par le registre.

Que signifiait le certificat affiché sur web.portail-jupiter.com ?

Le certificat visible sur web.portail-jupiter.com, émis par Google Trust Services et valable du 19 septembre au 18 décembre 2026, garantissait uniquement que la connexion entre le navigateur de l’internaute et le serveur était chiffrée. Il n’attestait en aucun cas de l’identité légale de l’exploitant, de son agrément ou de la légitimité du service proposé. Un certificat de ce type s’obtient sans vérification de la qualité professionnelle du demandeur.

Avoir créé un compte et versé des fonds sur ce portail change-t-il quelque chose pour la suite ?

Oui, et dans deux sens opposés. D’un côté, la création d’un compte et les virements effectués constituent des preuves documentées de la relation avec le portail : relevés bancaires, confirmations de virement, échanges écrits et captures d’écran de l’espace client sont des pièces exploitables immédiatement, notamment au regard de l’inscription au fichier commun de l’ACPR et de l’AMF du 13 avril 2026. De l’autre, les données saisies lors de l’inscription, adresses de courriel en particulier, ont transité par l’infrastructure Firebase du projet « jupiterdb » et y sont conservées, ce qui expose les personnes concernées à des sollicitations ultérieures.

Les personnes ayant répondu à un démarchage mené sous le nom de Jupiter Asset Management, alimenté un espace client présenté comme réservé sur web.portail-jupiter.com, et versé des fonds par virement vers ce portail se trouvent dans une situation où le temps joue contre elles. Le portail ne répond plus depuis le 12 octobre 2026, les relevés de l’espace client sont devenus inaccessibles, et les fonds versés n’ont fait l’objet d’aucune restitution connue. Réunir les preuves disponibles et contacter l’établissement bancaire exécutant restent les deux gestes les plus urgents.

BrokerDefense propose une évaluation préalable des dossiers soumis par les personnes concernées. Cette évaluation permet de mesurer la solidité des pièces réunies et d’identifier les voies de recours adaptées à chaque situation, avant tout engagement dans une procédure.


Article réécrit le 15/10/2026

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