Blaxton arnaque : la plateforme d’un réseau déjà documenté

La plateforme de Blaxton, socle d’un réseau déjà documenté

Le 5 octobre 2026, le nom blaxtongroup.com répond toujours et redirige vers une page de connexion dont le titre associe le mot « Login » au nom « Blaxton ». Cette page, d’environ 18 800 octets, se présente en français, propose deux champs de saisie et un bouton de connexion, et répète une quinzaine de fois le nom « Blaxton ». Aucune mention légale, aucun nom de société et aucune adresse physique n’y figurent.

Ce nom n’est pas une vitrine isolée. Le dossier BrokerDefense du 12 avril 2026 consacré à moonetrix.com établissait que la plateforme de trading réellement utilisée par ce site ne se chargeait pas depuis moonetrix.com, mais depuis le sous-domaine vc.blaxtongroup.com. La collecte des fonds relevait d’une infrastructure partagée entre plusieurs sites du même réseau. Blaxton n’était donc pas le produit d’un opérateur isolé : il constituait le socle technique d’un ensemble plus large.

Le même 5 octobre 2026, le sous-domaine vc.blaxtongroup.com se voit refuser l’accès avec un code 403. La page qui s’affiche porte le titre « Suspected Phishing | Cloudflare » : c’est la couche de filtrage de Cloudflare elle-même qui classe ce sous-domaine parmi les tentatives d’hameçonnage suspectées. Nous relevons ce fait sans en tirer d’autre conclusion.

L’article d’origine du 31 mars 2026 classait déjà cette vitrine comme une plateforme de trading dépourvue d’autorisation réglementaire vérifiable. La mise à jour du 30 mai 2026 n’avait pas modifié ce constat. Les vérifications du 5 octobre 2026 ajoutent deux faits nouveaux : le nom reste servi, et son rôle au sein d’un réseau documenté est désormais établi.

Dernière mise à jour : 05/10/2026

📄 Document

BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page de connexion de la plateforme Blaxton, saisie pendant notre enquête. On y distingue la marque affichée et le formulaire d’accès, un repère utile pour reconnaître la plateforme ou compléter un signalement.

Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Un nom créé à l’automne 2025, un certificat générique

Nos vérifications du 5 octobre 2026 sur le dossier d’enregistrement du nom révèlent une création datée du 1er novembre 2025, soit moins d’un an avant nos relevés. L’échéance est fixée au 1er novembre 2027. Le dossier porte une dernière révision datée du 9 juin 2026, soit deux mois et demi après la publication de l’article d’origine. Le bureau d’enregistrement retenu est DomainSRS, opérant sous le nom namesrs.com. Le titulaire n’est pas rendu public.

La résolution de noms est confiée aux serveurs IVY.NS.CLOUDFLARE.COM et JULIAN.NS.CLOUDFLARE.COM. Ce choix place l’ensemble du trafic sous le contrôle de l’infrastructure Cloudflare, ce qui masque l’hébergeur réel et complique toute tentative d’identification de l’opérateur.

Le certificat relevé le même jour émane de Google Trust Services, autorité WE1. Générique, il couvre blaxtongroup.com et l’ensemble de ses sous-domaines. Sa date d’émission est le 2 septembre 2026 et sa validité s’étend jusqu’au 1er décembre 2026. Un certificat de ce type ne valide aucune identité juridique et ne prouve aucune activité commerciale légitime : il atteste seulement que la connexion est chiffrée.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Un socle technique mutualisé, masqué par la couche Cloudflare

Le nom blaxtongroup.com se résout vers deux adresses appartenant au réseau de Cloudflare : 104.21.68.27 et 172.67.185.121. Cette couche de diffusion masque l’hébergeur réel, rendant toute identification directe impossible depuis l’extérieur. Nos recherches ne permettent pas de déterminer où les données des utilisateurs sont effectivement stockées.

Un relevé antérieur de notre dossier source avait identifié, derrière cette plateforme, un domaine tiers générique : new-platform.tech-data.cloud. Ce type de nom, sans lien apparent avec la marque affichée, suggère une infrastructure partagée entre plusieurs sites distincts, chacun présentant sa propre vitrine tout en s’appuyant sur les mêmes ressources techniques.

Le site oppose par ailleurs un mur anti-robot particulièrement dense. Nos relevés établissent qu’il interdit explicitement l’indexation de son contenu à de nombreux robots d’exploration : ceux d’Amazon, d’Apple, de ByteDance, d’un grand collecteur public de pages web, d’Anthropic, de Google et d’OpenAI, ainsi qu’au robot d’exploration de Cloudflare et au robot externe de Meta. Cette accumulation de restrictions limite la traçabilité du site pour toute personne qui chercherait à se renseigner sur Blaxton avant de s’inscrire : les moteurs de recherche disposent de moins d’éléments pour indexer et signaler ce nom.

Une pile technique grand public pour une plateforme de trading

Nos relevés techniques du 5 octobre 2026 dénombrent quarante-cinq briques techniques réparties en dix-huit familles. On y trouve la résolution de noms et la diffusion confiées à Cloudflare, un hébergement signalé chez Cloudflare, la prise en charge du protocole IPv6, l’optimiseur de Cloudflare, des défis de filtrage anti-robot, un journal d’erreurs réseau et une page d’erreur 403. Les ressources sont servies par le réseau de diffusion jsDelivr et par le réseau de bibliothèques de Cloudflare.

Parmi les autres composants relevés figurent la bibliothèque d’animation GSAP, le logiciel de gestion de contenu WordPress dans sa version 6.8, le module multilingue WP Multilang, une interface adaptée aux téléphones, une déclaration de langue française avec des variantes en anglais, un flux de syndication et deux outils de mesure d’audience de Cloudflare. C’est une pile grand public, ordinaire pour un site vitrine, sans composante propriétaire. Rien dans cet ensemble ne ressemble à l’outillage d’un courtier régulé.

La fiche publique rattachée à vc.blaxtongroup.com affiche un indice de confiance qualifié de faible, à 25 pour cent. Cet indice résume la réputation du nom et les déclarations qui l’accompagnent ; il ne constitue en aucun cas une autorisation d’exercer.

Des signalements de victimes et une identité d’emprunt

La fiche de signalement rattachée au nom recense deux signalements et trois commentaires. Un interlocuteur s’y présente sous une identité d’emprunt. Pour contacter ses cibles, il utilise une adresse de courrier électronique construite sur un autre domaine, distinct du nom du site, ainsi qu’un numéro de téléphone mobile français. Ce mode de contact, délibérément dissocié de la marque affichée, rend toute vérification d’identité impossible.

L’article d’origine relevait déjà l’absence de toute société « Blaxton Group » au registre des sociétés du Royaume-Uni. Aucune autorisation n’était associée à cette entité : ni l’Autorité des marchés financiers, ni l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, ni la Financial Conduct Authority britannique, ni la Commission chypriote des marchés. Cette situation n’a pas évolué.

Pour quelqu’un qui a déjà déposé des fonds sur cette plateforme, l’absence d’identité vérifiable emporte une conséquence directe : il n’existe aucun interlocuteur légalement responsable à qui adresser une réclamation, aucun siège social à saisir, aucun régulateur compétent à alerter sur la base d’un agrément. La démarche doit donc emprunter une autre voie, celle du droit pénal.

Reconstituer le parcours qui a mené au dépôt de fonds sur cette plateforme, puis comprendre comment une affaire aboutit devant une juridiction, c’est ce que retrace Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate inscrite au barreau de Paris, à partir du cas d’un escroc interpellé puis incarcéré et des suites obtenues pour les personnes trompées. Cet éclairage concerne d’abord celles qui ont déposé des fonds sur la plateforme Blaxton et n’y trouvent plus d’interlocuteur.

Ce que l’on nous demande sur Blaxton

Blaxton (vc.blaxtongroup.com) est-il un courtier régulé ?

Non. Nos vérifications du 5 octobre 2026 confirment qu’aucune autorisation ne rattache cette entité à l’Autorité des marchés financiers, à l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, à la Financial Conduct Authority britannique ou à la Commission chypriote des marchés. Aucune société « Blaxton Group » n’apparaît au registre des sociétés du Royaume-Uni. La page de connexion ne comporte aucune mention légale, aucun nom de société et aucune adresse physique.

J’ai déjà déposé des fonds sur cette plateforme : que faire ?

Réunissez les avis d’opération et les extraits de compte rattachés aux sommes envoyées sur la plateforme Blaxton, ainsi que les échanges écrits avec l’interlocuteur qui a usé d’une identité d’emprunt, et les captures des pages d’accès telles qu’elles apparaissaient lors du contact. Saisissez ensuite l’établissement bancaire qui a laissé passer ces mouvements, puis portez plainte devant le procureur de la République du ressort. Refusez toute offre de récupération venue d’un tiers et tout supplément réclamé avant un remboursement.

Le nom blaxtongroup.com figure-t-il sur une liste noire officielle ?

Nos vérifications du 5 octobre 2026 n’ont pas retrouvé ce nom dans les listes noires et mises en garde de l’Autorité des marchés financiers ni dans la liste consolidée des autorités bancaires consultée ce jour-là. Ne pas y figurer ne vaut pas brevet de régularité : cela signifie seulement qu’aucune autorité n’a, à cette date, inscrit ce nom sur ses listes publiées.

Rassembler les pièces et saisir le procureur

Les personnes qui ont déposé des fonds sur la plateforme Blaxton après y avoir été invitées, et qui ne trouvent plus d’interlocuteur identifiable, se trouvent dans une situation précise : elles ont affaire à un opérateur sans identité vérifiable, dont le sous-domaine de trading est désormais bloqué par Cloudflare lui-même. La première démarche utile consiste à réunir les avis d’opération et les extraits de compte qui retracent les sommes déposées, les échanges écrits avec l’interlocuteur qui s’est présenté sous une identité d’emprunt, et les copies des pages de connexion telles qu’elles apparaissaient au moment du contact.

L’établissement qui a laissé passer ces opérations doit être saisi en premier, pour examiner les recours ouverts sur les mouvements concernés. Le procureur de la République du ressort est ensuite saisi d’une plainte. Les offres de récupération venues de tiers non mandatés, comme les suppléments exigés avant tout remboursement, sont à écarter sans délai.

Le répertoire des acteurs non autorisés recensés par l’Autorité des marchés financiers permet de repérer les avertissements diffusés contre ce genre de sollicitation.

Pour comprendre comment structurer un dépôt de plainte et quelles pièces présenter devant le juge pénal, la page qui expose la marche à suivre pour saisir la justice pénale sur BrokerDefense expose les étapes de la procédure et les pièces que le ministère public attend.

Le dossier consacré à eryxavin.com, publié par BrokerDefense le 1er avril 2026, documente un autre site présenté comme appartenant au même réseau que Blaxton. Les personnes qui ont eu affaire aux deux plateformes trouveront dans ce dossier des éléments complémentaires utiles à leur démarche.

BrokerDefense peut, à partir des pièces conservées par la personne concernée, établir un dossier de recherches conçu pour étayer une plainte. Trier ces pièces en amont, distinguer celles qui pèseront dans la procédure, constitue souvent la première étape décisive.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 05/10/2026

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