Douze jours avant la publication de l’enquête BrokerDefense du 18 mars 2025, le régulateur financier français avait déjà inscrit five-media05.com sur sa liste noire des acteurs non autorisés : la vitrine qui promettait des rendements exceptionnels sur les métaux stratégiques était signalée depuis le 6 mars 2025, et le nom de domaine a depuis été totalement effacé du registre des .com.
Sommaire
- L’AMF avait déjà inscrit five-media05.com le 6 mars 2025
- En septembre 2026, plus aucune trace du nom dans le registre des .com
- La vitrine promettait 15 à 20 % sur les métaux stratégiques
- Un questionnaire de coordonnées déguisé en opportunité d’investissement
- Versements pour des métaux jamais livrés : quels recours ?
- Five Media : vos questions, nos réponses
L’AMF avait déjà inscrit five-media05.com le 6 mars 2025
La liste noire des acteurs non autorisés publiée par l’AMF porte l’inscription de five-media05.com à la date du 6 mars 2025, avec le libellé « Biens divers / Or ». Cette inscription était donc effective douze jours avant la mise en ligne de l’article BrokerDefense du 18 mars 2025, qui n’en faisait pas mention. En septembre 2026, au moment de la présente vérification, l’entrée est toujours présente dans la liste. Le régulateur avait donc identifié le risque que représentait cette vitrine alors même qu’elle continuait à recruter des candidats à l’investissement.
L’absence de tout agrément ou immatriculation d’entreprise vérifiable explique la qualification retenue : « Biens divers / Or » désigne les offres portant sur des actifs physiques ou assimilés, proposées sans habilitation légale. Five-media05.com n’a jamais présenté ni numéro d’enregistrement, ni nom de société, ni adresse physique. La seule coordonnée disponible était une adresse électronique générique.
Dernière mise à jour : 06/09/2026
En septembre 2026, plus aucune trace du nom dans le registre des .com
Les fichiers d’enregistrement de VeriSign, opérateur du registre des .com, répondent désormais « No match for FIVE-MEDIA05.COM ». Le domaine est introuvable dans les annuaires d’enregistrement (réponse 404) et ne résout vers aucun serveur, que l’on interroge le domaine nu ou son sous-domaine www. Plus aucune page n’est servie. La date exacte de cette radiation n’est pas connue ; seul le constat du 6 septembre 2026 est attesté. Ce destin rappelle celui de afea-finances.com, une arnaque à l’or et à l’hydrogène dont le nom avait également été effacé du registre des .com en 2023, après avoir accumulé des signalements comparables.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
La vitrine promettait 15 à 20 % sur les métaux stratégiques
Les captures d’archives datées du 7 mars 2025 révèlent le discours commercial déployé par la vitrine. Le titre de la page d’accueil annonçait sans ambiguïté : « L’investissement de l’année : Les métaux stratégiques, une rentabilité potentielle de 15 % à 20 % ». Le texte de vente complétait ce message en affirmant que le marché des métaux stratégiques « promet une rentabilité estimée entre 15 % et 20 % à long terme », en s’appuyant sur l’argument d’une demande « en hausse constante » portée par les smartphones, les véhicules électriques et les énergies renouvelables. Le site était en ligne dès le 7 janvier 2025 et la dernière capture réussie remonte au 10 mars 2025, trois jours après l’inscription de l’AMF.
Le nom commercial « Five Media » n’entretient aucun lien logique avec la métallurgie ou les matières premières. Le suffixe numérique « 05 » dans l’URL évoque une série de déclinaisons, une technique fréquemment observée dans les réseaux de vitrines frauduleuses. Le seul copyright visible mentionnait « © five-media05.com 2024 », sans plus de précision sur l’identité de l’exploitant. Le cas d’alfa-aesar-fr.com, une fausse offre de métaux précieux à l’identité tout aussi introuvable, dénoncée en janvier 2026, illustre la persistance de ce modèle.
Un questionnaire de coordonnées déguisé en opportunité d’investissement
Derrière les chiffres de rendement, la mécanique de collecte était rudimentaire. La page invitait l’internaute à « vérifier gratuitement votre taux de rendement mensuel personnalisé » via un formulaire dont le premier champ était une liste déroulante intitulée « Votre année de naissance * », couvrant les années 1931 à 2006. Aucun outil de calcul réel ne sous-tendait cette promesse de personnalisation : la date de naissance n’a aucune pertinence pour déterminer un rendement sur matières premières. L’objectif était de recueillir des données personnelles sous couvert d’une simulation financière.
Le reste du formulaire était encadré par un texte de consentement commercial, ouvrant la voie à des relances téléphoniques ou électroniques. La page « Conditions générales et Mentions légales » existait bien, mais elle ne contenait aucune identité d’entreprise exploitable : pas de raison sociale, pas de numéro SIREN ou équivalent, pas de représentant légal nommé. Les mentions d’« opportunité exclusive » et d’« investisseurs éligibles » achevaient de constituer le vernis d’exclusivité propre aux offres frauduleuses à la pression sociale.
Versements pour des métaux jamais livrés : quels recours ?
Si vous avez effectué des versements à la suite d’un contact issu de cette vitrine ou d’un réseau s’en réclamant, la priorité est de réunir l’intégralité des preuves disponibles : échanges de courriels, captures d’écran des pages consultées, relevés bancaires détaillant les virements effectués, et tout document remis par les opérateurs de la vitrine. Ces éléments constituent la base de toute démarche, qu’elle soit administrative ou judiciaire.
Le signalement auprès de la plateforme nationale compétente (Pharos pour les contenus frauduleux en ligne) et le dépôt d’une plainte pénale sont des étapes essentielles. Pour préparer efficacement cette plainte et comprendre les qualifications pénales applicables à ce type de fraude à l’investissement, consultez notre page dédiée aux plaintes pénales. Par ailleurs, la banque qui a exécuté vos virements peut voir sa responsabilité engagée si elle n’a pas respecté son devoir de vigilance : cette voie a déjà permis à des victimes d’obtenir une indemnisation devant les tribunaux.
Contactez notre service d’aide aux victimes
La jurisprudence récente a établi que la responsabilité bancaire pouvait être engagée dans les affaires de plateformes frauduleuses. Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, analyse dans la vidéo ci-dessous une affaire dans laquelle un établissement bancaire a été condamné en appel après avoir laissé transiter des virements destinés à une plateforme de faux investissement, ouvrant aux victimes une voie d’indemnisation concrète.
Five Media : vos questions, nos réponses
Non. Le nom five-media05.com figure sur la liste noire des acteurs non autorisés publiée par l’AMF depuis le 6 mars 2025, avec le libellé « Biens divers / Or ». Aucun agrément ni aucune immatriculation d’entreprise n’a jamais pu être présenté par la vitrine, qui se bornait à promettre 15 à 20 % de rentabilité sur les « métaux stratégiques » sans fournir la moindre information légale.
Non. Le nom de domaine ne figure plus dans le registre des .com : les fichiers d’enregistrement répondent « No match » et le domaine est introuvable dans le DNS. Plus aucune page n’est servie. La date exacte de l’effacement n’est pas connue ; le constat date de septembre 2026.
Conservez l’ensemble des échanges et des justificatifs de versement, puis signalez les faits aux autorités et engagez rapidement des démarches : la banque qui a reçu vos virements peut être mise en cause pour manquement à son devoir de vigilance, comme l’illustre la jurisprudence récente. Notre service d’aide aux victimes peut vous orienter dans ces recours.
Five-media05.com illustre un schéma désormais bien documenté : une vitrine sans identité légale, un discours de rendement exceptionnel sur des matières premières en vogue, un formulaire de collecte de données habillé en outil de simulation, et une disparition totale après l’intervention du régulateur. L’inscription à la liste noire de l’AMF précédait l’enquête de douze jours ; l’effacement du registre des .com a achevé d’effacer toute trace opérationnelle. Ces deux événements, pris ensemble, résument l’arc de vie de ce type de vitrine frauduleuse.
Article réécrit le 06/09/2026


