Le 14 décembre 2024, BrokerDefense publiait un dossier consacré à Ausfund, une prétendue plateforme de trading annonçant s’appuyer sur une intelligence artificielle pour générer des performances supérieures sur les marchés financiers, et dont l’emblème le plus visible était une statue portant des lunettes ornée du symbole Bitcoin.
Sommaire
- Ausfund, une vitrine présentée comme une version nouvelle du robot Immediate Bitwave
- La statue à lunettes Bitcoin : un emblème conçu pour inspirer confiance
- Des promesses de rendement sans la moindre preuve
- Une absence totale d’identité, de mentions légales et de régulation
- Immediate Luminary puis Immediate Pay Group : la série se poursuivait
- Ausfund : les démarches après un dépôt de fonds
- Ausfund : les questions des épargnants
Ausfund, une vitrine présentée comme une version nouvelle du robot Immediate Bitwave
Dès sa publication, le dossier du 14 décembre 2024 rattachait Ausfund à une famille de fausses plateformes de trading déjà connue de BrokerDefense : celle du robot Immediate Bitwave, dont l’enquête fondatrice remontait au 2 janvier 2024. Ce rapprochement n’était pas anodin : il signifiait qu’Ausfund ne constituait pas une apparition isolée, mais s’inscrivait dans une série de vitrines construites sur le même modèle, reproduisant les mêmes promesses, les mêmes ressorts visuels et les mêmes lacunes structurelles.
La vitrine était présentée comme accessible aussi bien aux débutants qu’aux traders expérimentés, ce qui constitue une formulation récurrente dans ce type de dispositif : l’argument de l’accessibilité universelle sert à élargir le cercle des cibles potentielles sans jamais avoir à justifier de compétences ou de résultats réels. Aucun élément tangible ne venait étayer les capacités de la prétendue intelligence artificielle mise en avant, ni démontrer une quelconque expérience opérationnelle dans la gestion de fonds.
Le rattachement à la famille Immediate Bitwave opéré par l’enquête de décembre 2024 reste le constat le plus significatif de ce dossier : il inscrit Ausfund dans une généalogie documentée, dont la cadence de publication allait s’avérer particulièrement dense à la fin de l’année 2024.
Dernière mise à jour : 06/09/2026
La statue à lunettes Bitcoin : un emblème conçu pour inspirer confiance
L’élément visuel le plus frappant documenté par l’enquête de décembre 2024 était l’emblème central de la plateforme : une statue portant des lunettes, associée au symbole Bitcoin. Ce choix graphique n’avait rien d’anodin, et le dossier en proposait une lecture précise.
La présence du symbole Bitcoin visait d’abord à capter la notoriété d’un secteur dont la reconnaissance publique ne cesse de croître. En associant visuellement la vitrine à l’univers des cryptomonnaies, les concepteurs cherchaient à bénéficier par ricochet de la légitimité que les épargnants accordent spontanément à cet écosystème, sans que la plateforme ait à justifier d’une quelconque appartenance réelle à ce secteur.
Les lunettes, quant à elles, renvoyaient à un registre symbolique bien établi : l’intelligence, l’expertise, l’innovation technologique. Appliquées à une statue, elles produisaient une image mémorisable, légèrement décalée, susceptible de marquer les esprits et de créer une impression de sérieux sans que celui-ci repose sur aucun fondement vérifiable.
L’enquête de décembre 2024 concluait à un « écran de fumée » : un leurre visuel conçu pour détourner l’attention des absences les plus criantes de la vitrine, à commencer par l’absence de régulation, de mentions légales et de toute information sur les responsables du projet. L’emblème fonctionnait comme une façade esthétique destinée à substituer une impression de crédibilité à ce qui aurait dû en constituer les preuves.
Des promesses de rendement sans la moindre preuve
Le contenu de la vitrine, tel que documenté par l’enquête de décembre 2024, reposait sur un triptyque classique dans ce type de dispositif : une intelligence artificielle présentée comme sophistiquée et révolutionnaire, des rendements qualifiés d’exceptionnels et décrits comme accessibles même sans expérience préalable, et une simplicité d’utilisation censée éliminer toutes les barrières techniques habituellement associées aux marchés financiers.
Ces trois promesses se renforçaient mutuellement pour produire un argumentaire séduisant : un programme présenté comme capable de générer des gains seul, sans que l’utilisateur ait à maîtriser les marchés ni à surveiller ses positions. L’attrait de ce discours repose sur une mécanique bien connue des spécialistes de la fraude en ligne : plus la promesse semble s’affranchir des contraintes réelles de l’investissement, plus elle est susceptible d’attirer des personnes peu familières avec le fonctionnement des marchés.
Pourtant, aucune preuve concrète ne venait étayer ces affirmations. Les témoignages d’utilisateurs affichés sur la plateforme, décrits dans le dossier comme génériques et sans référence vérifiable, étaient qualifiés de « souvent fabriqués pour inspirer confiance ». Aucun historique de performances, aucun rapport d’audit, aucune certification indépendante n’était présenté. La promesse restait entière, précisément parce qu’elle n’avait pas à être démontrée pour produire son effet.
Une absence totale d’identité, de mentions légales et de régulation
L’enquête de décembre 2024 relevait une série de lacunes qui, prises ensemble, rendaient toute évaluation sérieuse de la vitrine impossible. Aucune information claire n’était disponible sur les responsables de la plateforme : ni nom de personne physique, ni dénomination sociale, ni siège identifiable. La notion de société mère était absente, tout comme celle d’une structure juridique susceptible d’engager une responsabilité.
Du côté des contacts, le constat était identique : pas de numéro de téléphone, pas d’adresse électronique permettant de joindre un service client. Cette absence n’est jamais anodine dans un contexte de collecte de fonds : elle signifie que toute réclamation, tout problème de retrait ou tout différend reste sans interlocuteur identifiable.
Sur le plan réglementaire, aucune autorité de supervision reconnue n’était mentionnée, aucun numéro d’enregistrement ni certification officielle. Or, exercer une activité de gestion ou de conseil en investissement sans agrément constitue une infraction dans la plupart des pays de l’Union européenne. L’enquête de décembre 2024 notait également qu’aucune garantie sur les fonds déposés n’était prévue, ce qui privait les épargnants de tout filet de sécurité en cas de défaillance ou de disparition de la vitrine.
Immediate Luminary puis Immediate Pay Group : la série se poursuivait
Ce qui rendait la publication du dossier Ausfund particulièrement significative, c’était le contexte dans lequel elle intervenait. En moins de deux semaines, BrokerDefense avait documenté trois vitrines relevant de la même famille : Immediate Luminary (documenté le 1er décembre 2024, treize jours avant le dossier Ausfund) puis Immediate Pay Group (documenté le 7 décembre 2024, une semaine avant Ausfund), avant qu’Ausfund ne vienne clore cette séquence le 14 décembre.
Cette cadence de publications n’est pas le fruit du hasard : elle reflète une pratique bien documentée dans l’univers des fausses plateformes de trading, qui consiste à multiplier les vitrines à intervalles courts pour renouveler les cibles potentielles, contourner les signalements en cours et maintenir une présence continue sur les mots-clés associés à l’investissement. La famille Immediate Bitwave, documentée depuis janvier 2024, illustrait à la fin de l’année 2024 une capacité de renouvellement qui constituait en elle-même un signal d’alarme.
Ausfund : les démarches après un dépôt de fonds
Les personnes qui ont versé des fonds à cette vitrine ou à une plateforme présentant les mêmes caractéristiques doivent agir sans attendre. La première étape consiste à rassembler l’intégralité des échanges : captures d’écran, courriels, relevés de transactions, historiques de virements. Ces éléments constituent la base de toute démarche ultérieure et leur conservation dès maintenant est indispensable.
Il convient ensuite de contacter l’établissement bancaire ayant traité les virements. La responsabilité d’une banque peut être recherchée lorsque celle-ci a manqué à son devoir de vigilance en permettant des transferts vers des structures non régulées. Cette voie, souvent méconnue, peut ouvrir des possibilités de remboursement que beaucoup de victimes ignorent.
Une plainte pénale peut également être déposée auprès des autorités compétentes. BrokerDefense met à disposition une page dédiée aux plaintes pénales pour accompagner cette démarche. Il est par ailleurs recommandé de vérifier si la vitrine ou des entités associées figurent sur la liste noire des acteurs non autorisés publiée par l’AMF, qui recense les structures signalées pour exercice illégal d’activités financières en direction du public français. Enfin, les services de récupération de fonds qui se présentent spontanément après une perte sont eux-mêmes très souvent frauduleux : la prudence s’impose face à toute sollicitation de ce type.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Une vitrine sans nom de domaine documenté ni structure juridique identifiable ne laisse pas pour autant les personnes qui ont subi une perte sans possibilité d’agir. La famille Immediate Bitwave est dénoncée depuis janvier 2024, et les victimes de ces fausses plateformes disposent de voies concrètes, y compris par la voie amiable : certaines affaires de faux investissement se sont conclues par un protocole transactionnel confidentiel, obtenu sans procédure judiciaire longue. Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, présente dans la vidéo ci-dessous les mécanismes du faux investissement, les conditions d’indemnisation des victimes, les recours précontentieux envisageables et les résultats obtenus par la voie de protocoles transactionnels amiables dans des affaires de ce type.
Ausfund : les questions des épargnants
Non. L’enquête publiée par BrokerDefense le 14 décembre 2024 décrivait une prétendue plateforme de trading annonçant s’appuyer sur une intelligence artificielle, emblème à l’appui : une statue à lunettes avec le symbole Bitcoin. Le dossier relevait des promesses de rendement sans preuve, des témoignages génériques, aucune information sur les responsables, aucun contact et aucune régulation, et rattachait la vitrine au robot Immediate Bitwave déjà dénoncé par BrokerDefense depuis janvier 2024.
Des démarches existent mais doivent être engagées rapidement : conserver l’ensemble des échanges et des justificatifs de versement, signaler les transactions à la banque qui a reçu les fonds (sa responsabilité peut être recherchée pour manquement à son devoir de vigilance), et déposer plainte auprès des autorités compétentes. Notre service d’aide aux victimes peut vous orienter dans ces recours.
Le nom Ausfund n’apparaît pas dans l’enquête consacrée au Réseau Immediate publiée en 2026 : les dossiers sont distincts. En revanche, l’article de décembre 2024 rattachait lui-même la vitrine au robot Immediate Bitwave, et la famille était documentée à un rythme soutenu à cette époque : Immediate Luminary le 1er décembre 2024, Immediate Pay Group le 7 décembre, puis Ausfund le 14 décembre.
Ausfund illustre avec précision le mode opératoire d’une famille de fausses plateformes de trading documentée depuis janvier 2024 : une façade esthétique soignée, un discours technologique sans preuve et une opacité totale sur l’identité des responsables. La répétition de ce schéma à un rythme soutenu, trois vitrines en deux semaines à la fin de l’année 2024, souligne l’importance de vérifier systématiquement le statut réglementaire de tout acteur sollicitant des fonds avant tout versement. Les personnes concernées disposent de recours : les engager sans délai reste la meilleure décision à prendre.
Article réécrit le 06/09/2026


