Partner SCE arnaque : le nom a disparu, la liste noire est restée

Deux adresses de la marque Partner SCE, client.partnersce.cm et webtrader.partnersce.cm, figurent sur la liste noire de l’Autorité des marchés financiers sous le libellé « Usurpation », à la date du 4 juillet 2024, soit douze jours avant la publication de notre enquête du 16 juillet 2024. Le nom de domaine partnersce.cm, qui servait de vitrine à cette prétendue plateforme de trading, ne répond plus et ne figure plus au registre des noms de domaine de l’extension .cm. Ce dossier, documenté dès l’été 2024, appelle aujourd’hui une présentation complète et à jour des faits établis.

Partner SCE : deux adresses client inscrites sur la liste noire de l’AMF

En juillet 2024, BrokerDefense publiait une enquête sur Partner SCE, une plateforme de trading en ligne accessible à l’adresse partnersce.cm. La vitrine se présentait sous un argumentaire soigné, sans jamais révéler la moindre information permettant d’identifier une société réelle derrière elle. L’enquête d’alors relevait l’opacité totale de la plateforme, sans toutefois mentionner un fait public qui existait pourtant depuis douze jours : deux adresses de la marque figuraient déjà sur la liste noire de l’AMF.

Ces deux adresses, client.partnersce.cm et webtrader.partnersce.cm, apparaissent effectivement dans les listes noires et mises en garde publiées par l’AMF, catégorie « Autres catégories », sous le libellé « Usurpation », à la date du 4 juillet 2024. Ce libellé désigne une entité qui se présente sous une identité qu’elle n’est pas autorisée à utiliser : la vitrine empruntait un nom ou une apparence de légitimité sans en détenir le droit. L’inscription est un fait daté et public ; elle ne préjuge d’aucune conséquence juridique particulière, mais elle renseigne sur la nature de la démarche.

Le recoupement de cette date avec celle de notre enquête du 16 juillet 2024 est instructif : l’AMF avait publié cette information douze jours avant notre article, et pourtant elle n’y figurait pas. Cette mise à jour vise précisément à corriger ce manque et à porter ce fait à la connaissance des personnes qui recherchent des informations sur Partner SCE.

Dernière mise à jour : 10/09/2026

Le nom partnersce.cm ne figure plus au registre des noms de domaine

Le domaine partnersce.cm, sur lequel reposait l’ensemble de la vitrine Partner SCE, ne répond plus à aucune requête et ne figure plus au registre des noms de domaine rattachés à l’extension .cm. Des copies archivées de la vitrine attestent de son existence depuis au moins janvier 2024 et jusqu’au 15 juillet 2024, la veille de la publication de notre enquête. Depuis cette date, aucune archive supplémentaire n’a été constituée, ce qui correspond à une disparition brutale de la présence en ligne.

Cette disparition du nom de domaine marque la fin de toute accessibilité directe à la vitrine. Les personnes qui auraient tenté d’y accéder après le mois de juillet 2024 se sont retrouvées face à une adresse inexistante, sans redirection ni message d’information. Le domaine a ainsi cessé d’exister de manière aussi discrète qu’il était apparu, sans laisser de trace publique exploitable depuis le registre lui-même.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Une plateforme de trading sans société, sans adresse et sans agrément

Sur la vitrine partnersce.cm, Partner SCE se présentait comme une plateforme de trading sérieuse et structurée. L’argumentaire, rédigé en anglais, énonçait notamment : « Partner SCE a profound name in the market, making trading easy and secure. Providing the most powerful trading platform and most transparent trading conditions. » Ce type de formulation, ambitieux et sans référence vérifiable, constituait l’essentiel du discours de la marque.

Aucun élément d’identité juridique ne figurait sur la vitrine : ni dénomination sociale, ni numéro d’enregistrement de société, ni adresse postale, ni numéro de téléphone, ni adresse de courriel fonctionnelle, ni mention d’une quelconque autorité de tutelle ou de régulation. Cette absence n’était pas accidentelle. Elle rendait toute vérification indépendante impossible : impossible de contrôler si une société correspondante existait quelque part, impossible de savoir dans quel pays elle était enregistrée, et impossible d’identifier un interlocuteur en cas de litige.

Une plateforme qui reçoit des dépôts de clients sans se soumettre à la moindre obligation de transparence opère hors de tout cadre légal vérifiable. Dans le cas de Partner SCE, l’inscription sur la liste noire de l’AMF sous le libellé « Usurpation » vient confirmer que la vitrine ne se contentait pas d’être opaque : elle employait une identité qu’elle n’avait pas le droit d’utiliser.

Graphiques en direct et comptes à étages : le décor d’une promesse

La vitrine Partner SCE avait été conçue pour produire une impression de professionnalisme. Un logo aux teintes apaisantes introduisait la page, accompagné de graphiques de performance présentés comme des données en direct : la paire EUR/USD, l’action Tesla, le cours du Bitcoin. Ces visuels, familiers à quiconque a déjà consulté un terminal financier, créaient une atmosphère de réalité et d’activité, sans qu’aucun flux de données réel ne puisse être vérifié par l’utilisateur.

Trois formules de compte venaient compléter ce décor, désignées par des noms évocateurs : « Smart », « Expert » et « Financial Guru ». Cette progression en paliers suggérait un écosystème structuré, avec des niveaux d’accès et de services distincts, comme le propose n’importe quel courtier réglementé. Un visuel de smartphone présentant une application de trading mobile renforçait l’idée d’une infrastructure technique déjà déployée. Aucun de ces éléments n’était accompagné d’un document, d’un justificatif ou d’une démonstration réelle : il s’agissait d’un décor visuel, conçu pour inspirer confiance, pas pour informer.

Une plateforme au gabarit, déclinée sur plusieurs adresses d’accès

Le domaine partnersce.cm ne constituait pas l’unique point d’entrée de la vitrine. La marque Partner SCE était déclinée sur plusieurs adresses distinctes : client.partnersce.cm pour l’espace client, webtrader.partnersce.cm pour l’interface de trading, et trader.partnersce.cm comme variante supplémentaire. Ces adresses étaient hébergées sur des hôtes distincts, ce qui signifie que la même vitrine pouvait être servie depuis plusieurs emplacements techniques différents, de manière indépendante les uns des autres.

Cette architecture est caractéristique d’une plateforme construite sur un gabarit réutilisable, déployé en série. Le même modèle graphique, les mêmes fonctionnalités apparentes et les mêmes formules de compte peuvent être dupliqués sous d’autres noms de domaine et d’autres marques, avec un effort minimal. Lorsqu’une adresse est signalée ou bloquée, les autres continuent de fonctionner. Lorsque l’ensemble est abandonné, le gabarit reste disponible pour une prochaine utilisation sous une identité différente.

Partner SCE : les démarches après un versement

Les personnes ayant effectué un virement vers Partner SCE doivent en priorité rassembler toutes les traces disponibles avant qu’elles ne disparaissent : captures d’écran de la vitrine et des espaces client, échanges de courriels et de messages avec les prétendus conseillers, relevés bancaires faisant apparaître les virements, et tout justificatif transmis lors de l’ouverture d’un compte. Ce dossier documentaire est la base de toute démarche ultérieure, qu’elle soit bancaire ou pénale.

Il est ensuite indispensable d’alerter sa banque par écrit, sans délai, en précisant les dates, les montants et la nature des opérations. Cette démarche écrite crée une trace formelle et permet d’explorer, avec l’établissement bancaire, les possibilités encore ouvertes. La constitution d’une plainte pénale est par ailleurs une étape qui mérite d’être envisagée dès le début, afin de ne pas laisser le dossier sans ancrage judiciaire.

BrokerDefense consacre au dépôt de plainte pénale une page dédiée aux plaintes pénales qui détaille les démarches à suivre.

Le 18 juillet 2024, deux jours après notre enquête sur Partner SCE, BrokerDefense publiait l’analyse de Kimonsage, une autre vitrine de la même période ; le 19 juillet 2024, c’est celle de Nettradecap qui venait compléter ce tableau.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Des fonds versés vers une fausse plateforme d’investissement laissent des traces bancaires concrètes, même lorsque la vitrine a disparu et que ses exploitants restent introuvables : les établissements qui ont exécuté les virements peuvent voir leur responsabilité engagée, et la question de l’indemnisation des victimes mérite d’être posée sans attendre. Maître Denitza Gueorguieva, avocate au barreau de Lyon et avocate partenaire de BrokerDefense, accompagne les victimes de plateformes frauduleuses dans l’examen de leurs recours bancaires et dans les litiges liés aux virements effectués vers des entités sans agrément.

Partner SCE : les questions des internautes

Partner SCE était-elle une plateforme de trading régulée ?

Non. La vitrine n’affichait ni société, ni numéro d’enregistrement, ni adresse, ni autorité de tutelle, et se limitait à un argumentaire commercial et à des éléments décoratifs. Deux de ses adresses, client.partnersce.cm et webtrader.partnersce.cm, figurent par ailleurs sur la liste noire de l’AMF sous le libellé « Usurpation », à la date du 4 juillet 2024.

Que peut faire une personne ayant versé des fonds sur Partner SCE ?

Il faut d’abord rassembler toutes les traces disponibles : captures d’écran de la vitrine, courriels et messages échangés, relevés bancaires et justificatifs de virement. Vient ensuite le signalement écrit à sa banque, sans attendre, et l’examen d’une plainte pénale afin de constituer un dossier exploitable. BrokerDefense propose une évaluation de la situation aux personnes concernées.

Pourquoi les adresses client.partnersce.cm et webtrader.partnersce.cm sont-elles sur la liste noire de l’AMF ?

Ces deux adresses de la marque Partner SCE y figurent sous le libellé « Usurpation », à la date du 4 juillet 2024. Ce libellé désigne une vitrine qui se présente sous une identité qu’elle n’est pas autorisée à employer. L’inscription est antérieure de douze jours à notre enquête du 16 juillet 2024, qui ne la mentionnait pas.

Le dossier Partner SCE illustre la rapidité avec laquelle une vitrine de trading sans fondement réel peut apparaître, collecter des fonds et disparaître, en laissant derrière elle des victimes sans interlocuteur et un nom de domaine éteint. Les personnes qui ont versé des fonds vers cette plateforme ne doivent pas considérer que la disparition de la vitrine referme toutes les portes : des recours existent, à condition d’agir sans tarder et de constituer un dossier solide. BrokerDefense propose à toute personne concernée par Partner SCE une évaluation préalable de sa situation, sans engagement.

Article réécrit le 10/09/2026

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