Fin octobre 2024, les derniers certificats émis pour quatuorgroupe.com désignaient nommément un portail « trading » et un portail « crm ». Quelques mois plus tard, au moment où notre relevé du 13 septembre 2026 a été conduit, le nom avait quitté le fichier des enregistrements en .com sans laisser d’autre trace que ces certificats et six copies conservées du site. Ce mouvement, de l’ouverture discrète à l’effacement complet, résume à lui seul la mécanique d’une exploitation construite pour durer le temps d’un cycle.
Notre enquête avait été publiée le 15 mai 2024. Elle portait sur un écran de connexion soigné, dépourvu de toute information d’entreprise, et relevait l’impossibilité d’identifier la moindre société, la moindre adresse ou le moindre agrément derrière cette interface. Les certificats montrent que l’activité ne s’est pas arrêtée à cette date : elle s’est poursuivie, s’est dotée de nouveaux outils, puis a cessé sans préavis.
Sommaire
- Aucune fiche ne subsiste au nom de ce domaine dans le registre des .com
- En 2024, un écran de connexion soigné, sans aucune information d’entreprise
- Une activité entretenue jusqu’à l’automne 2024, deux portails nommés
- Ce que les listes publiées par l’AMF ne comportent pas pour ce nom
- Rassembler les preuves disponibles avant toute démarche
- Deux autres plateformes effacées, documentées par BrokerDefense
- Trois questions restées sans réponse sur Quatuor Groupe
Aucune fiche ne subsiste au nom de ce domaine dans le registre des .com
Le fichier public des enregistrements en .com ne renvoie plus de fiche d’enregistrement pour quatuorgroupe.com : plus aucun titulaire, plus aucune date d’expiration, plus aucun serveur de noms rattaché à cette entrée. Pour un lecteur qui aurait eu affaire à ce site en 2024, cela signifie concrètement que le nom, qui était alors actif et desservi, n’est plus enregistré du tout à ce jour.
Les interrogations du système de noms de domaine ne renvoient aucune réponse pour quatuorgroupe.com. Aucune adresse IP ne lui correspond, et aucune requête HTTP n’aboutit. Le nom n’est plus desservi par aucun serveur, ce qui le distingue d’un site simplement mis hors ligne : c’est l’enregistrement lui-même qui n’existe plus.
La trace technique du nom se limite désormais à ses certificats et à six copies conservées du site. Ces copies, datées du 24 janvier 2024, du 22 mars 2024 et du 20 mai 2024, ne conservent qu’une page de blocage portant un code 403, sans contenu lisible. Le site exigeait donc de franchir un filtre de protection avant d’afficher quoi que ce soit : aucun contenu n’était accessible sans identifiants, et les systèmes qui ont tenté de le capturer n’ont récupéré que cette réponse de rejet.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dernière mise à jour : 13/09/2026
En 2024, un écran de connexion soigné, sans aucune information d’entreprise
Notre article du 15 mai 2024 documentait ce que l’on pouvait observer à l’adresse https://quatuorgroupe.com/Login/ : une grande image de fond représentant un immeuble de bureaux moderne entouré de verdure, une interface minimaliste, deux champs destinés au nom d’utilisateur et au mot de passe, et un bouton de connexion d’un vert vif. Rien d’autre n’était visible pour un visiteur non authentifié.
Cette mise en scène visait à produire une impression de solidité et de professionnalisme. L’immeuble de bureaux, le design épuré, les couleurs choisies avec soin : tous ces éléments convergeaient vers une apparence d’entreprise établie. Mais derrière cette façade, aucune société n’était identifiable, aucune adresse ne figurait sur le site, et aucun agrément ne pouvait être rattaché à l’enseigne « Quatuor Groupe ».
Une simple page de connexion constituait le seul visage public du dispositif. Cette configuration n’était pas anodine : en réservant l’intégralité du contenu aux seuls détenteurs d’identifiants, l’opérateur s’assurait que personne de l’extérieur ne pouvait examiner ce qui était présenté aux personnes déjà engagées. Nos recherches d’alors ne permettaient d’identifier aucun interlocuteur légal, aucun siège social, aucun numéro d’immatriculation. L’absence de transparence que nous relevions en mai 2024 était donc constitutive du modèle, et non le résultat d’un simple oubli.
Une activité entretenue jusqu’à l’automne 2024, deux portails nommés
Nos relevés techniques du 13 septembre 2026, conduits dans les journaux publics de certificats, font apparaître 27 certificats émis pour quatuorgroupe.com entre le 6 novembre 2023 et le 27 octobre 2024. Deux autorités ont successivement délivré ces certificats : Google Trust Services et Let’s Encrypt. Les cycles se succèdent à intervalles réguliers : 6 et 7 novembre 2023, 5 et 23 janvier 2024, 4 et 22 mars 2024, 2 et 20 mai 2024, 30 juin 2024, 18 juillet 2024, puis 26 et 27 octobre 2024.
Notre enquête a été publiée le 15 mai 2024. Les cycles du 30 juin, du 18 juillet et des 26 et 27 octobre 2024 sont tous postérieurs à cette date. L’activité ne s’est donc pas interrompue au moment de la publication de notre dossier : elle s’est poursuivie pendant plus de cinq mois supplémentaires, en renouvelant régulièrement ses certificats de sécurité.
Les premiers certificats émis pour ce nom étaient de type générique et couvraient le domaine ainsi que l’ensemble de ses sous-domaines, sans en désigner aucun nommément. Le dernier cycle, celui des 26 et 27 octobre 2024, marque une rupture : pour la première fois, les certificats désignent explicitement un sous-domaine « trading » et un sous-domaine « crm », ainsi que leurs variantes préfixées « www », en plus du domaine principal et de son propre préfixe « www ». Autrement dit, un portail de trading et un portail de gestion de la relation client ont été équipés au moment même où l’exploitation entrait dans sa dernière phase.
Aucun nom appartenant à un tiers n’apparaît dans l’ensemble de ces certificats. Cette caractéristique est significative : elle exclut que d’autres domaines puissent être rattachés à cette exploitation par la voie des certificats. Le périmètre de l’activité, tel qu’il peut être reconstitué par cette source, se limite strictement à quatuorgroupe.com et à ses sous-domaines.
Ce que les listes publiées par l’AMF ne comportent pas pour ce nom
Nos recherches du 13 septembre 2026 ont porté sur les six fichiers de listes noires et mises en garde publiés par l’AMF dans leurs versions du 11 septembre 2026 : produits dérivés sur crypto-actifs, crypto-actifs, forex, options binaires, biens divers, et autres qualifications. Aucune entrée correspondant à quatuorgroupe.com ni à la formulation « quatuor groupe » n’y figure.
Le nom est également absent de la liste noire publiée par la CySEC. Ces deux constats ont une portée exacte et limitée : ils signifient qu’aucune de ces autorités ne mentionne ce nom dans ses publications, et non que le dispositif aurait bénéficié d’une quelconque reconnaissance. Aucune autorisation n’a jamais été identifiée pour ce site au cours de nos recherches.
L’absence d’une inscription sur une liste noire ne vaut pas attestation de régularité. Des plateformes peuvent cesser toute activité avant qu’une autorité ait achevé l’instruction d’un dossier à leur encontre, ou sans qu’une procédure ait jamais été ouverte. Le libellé exact de nos conclusions est celui-ci : le nom quatuorgroupe.com n’apparaît sur aucune des listes publiées par l’AMF, et il est également absent de celle publiée par la CySEC.
Rassembler les preuves disponibles avant toute démarche
Toute personne ayant communiqué ses identifiants de connexion au site quatuorgroupe.com, effectué des virements à la demande de ceux qui se présentaient comme les gestionnaires du compte, ou échangé par écrit avec ces interlocuteurs doit conserver l’ensemble de ces éléments avant d’entreprendre quoi que ce soit. Les copies d’écran de l’interface de connexion réalisées à l’époque, les relevés bancaires faisant apparaître les virements, et l’intégralité des échanges écrits constituent les pièces sur lesquelles toute démarche ultérieure devra s’appuyer.
Les sous-domaines « trading » et « crm » identifiés dans les certificats de fin octobre 2024 suggèrent que certains interlocuteurs opéraient depuis des interfaces distinctes. Si des communications ont été reçues depuis ces portails, ou si des documents y faisant référence ont été produits, ils méritent d’être conservés avec la même rigueur.
Pour comprendre comment structurer une plainte et quelles autorités saisir, notre dossier détaille les étapes d’une plainte pour escroquerie.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate dont Paris est le ressort du barreau, a accordé un entretien dans lequel elle examine la responsabilité de la banque qui a reçu puis exécuté les virements, son devoir de vigilance à l’égard des opérations suspectes, et les conditions dans lesquelles un établissement peut être condamné dans le cadre d’une affaire d’escroquerie financière. Cet entretien éclaire directement la situation des personnes dont les fonds ont transité par un compte bancaire sans que leur banque n’y oppose de résistance.
Deux autres plateformes effacées, documentées par BrokerDefense
Le sort de quatuorgroupe.com illustre une configuration que nos enquêtes ont rencontrée à plusieurs reprises : un nom déposé pour une durée limitée, exploité le temps d’un ou deux cycles, puis abandonné sans que le titulaire prenne la peine de le renouveler. Le nom ne subsiste alors que dans les journaux de certificats et dans les mémoires de ceux qui ont eu affaire à lui.
Le dossier Targetplusia présente une trajectoire comparable : ce nom, inscrit sur la liste noire de l’AMF, a lui aussi disparu du registre faute de renouvellement, laissant ses victimes face à un domaine injoignable. De son côté, Rodaxo.ai, plateforme de trading dont le registre a été gelé le 12 août 2026, offre un exemple de fermeture intervenue sous une forme différente, mais avec le même résultat pour ceux qui y avaient engagé des fonds : une adresse qui ne répond plus.
Ces dossiers partagent une caractéristique commune : dans chacun d’eux, l’enseigne présentait une apparence de légitimité pendant la phase active, avant de disparaître sans procédure de fermeture identifiable ni information aux utilisateurs.
Trois questions restées sans réponse sur Quatuor Groupe
Nos recherches n’ont permis d’identifier aucune société, aucune adresse et aucun agrément rattachés à l’enseigne « Quatuor Groupe ». La page de connexion à l’adresse https://quatuorgroupe.com/Login/ ne fournissait aucune de ces informations, et les certificats émis pour ce nom ne font apparaître aucun tiers permettant de remonter à un opérateur identifiable. La question reste entière.
Les certificats délivrés les 26 et 27 octobre 2024 désignent nommément un sous-domaine « trading » et un sous-domaine « crm », avec leurs variantes en « www ». Le sous-domaine « crm » désigne habituellement un outil de gestion de la relation client, utilisé pour suivre les contacts et les échanges avec les utilisateurs. Le sous-domaine « trading » suggère l’existence d’une interface distincte de celle documentée lors de notre enquête de mai 2024. Ni l’un ni l’autre ne peut être consulté aujourd’hui, le nom ayant quitté le fichier des enregistrements en .com.
Le dépouillement des six fichiers de listes noires et mises en garde publiés par l’AMF, dans leurs versions du 11 septembre 2026, n’a laissé apparaître aucune entrée à ce nom, ni sous la formulation « quatuor groupe ». Le nom est également absent de la liste noire publiée par la CySEC. Cette absence ne signifie pas que le dispositif était régulier : elle signifie seulement qu’aucune de ces autorités ne le mentionne dans ses publications à la date de nos recherches.
Article réécrit le 13/09/2026



1 Comment
jai etait escroquer par quatuor groupe de 5000e que puis je faire,?