Tradezila.com figure sur la liste noire officielle de l’Autorité des marchés financiers depuis le 30 avril 2024, treize jours avant la publication de l’enquête initiale. La vitrine se présentait comme une plateforme de trading sur contrats pour la différence, ou CFD, couvrant les crypto-actifs, le forex, les actions et les métaux, sans jamais mentionner le moindre numéro d’agrément. Le constat internet du 3 avril 2024 a figé ses pages avec horodatage, constituant une preuve technique durable du dispositif. Aujourd’hui, le nom de domaine reste enregistré et actif, mais le site ne répond plus : aucune page n’est servie. L’ensemble des éléments réunis a été vérifié le 11 septembre 2026.
Sommaire
- La liste noire de l’AMF mentionnait déjà tradezila.com en avril 2024
- Un système de trading sur CFD couvrant crypto, forex, actions et métaux
- La capture du 3 avril 2024 conserve plusieurs pages de la vitrine
- Un nom repris par un nouveau titulaire et enregistré le 2 avril 2026
- Des certificats qui associent le nom à des sites immobiliers canadiens
- Après un versement effectué sur tradezila.com, quelles démarches engager
- Les questions posées sur tradezila.com après sa disparition
La liste noire de l’AMF mentionnait déjà tradezila.com en avril 2024
Le 30 avril 2024, l’Autorité des marchés financiers a inscrit tradezila.com sur sa liste noire des sites non autorisés, avec la qualification explicite « Produits dérivés sur crypto-actifs ». Cette inscription précède de treize jours la publication de l’enquête d’origine du 13 mai 2024, qui n’en faisait pourtant aucune mention. L’AMF publie et actualise en continu cette liste consultable par tout épargnant : elle recense les sites qui proposent, sans autorisation, des instruments financiers à des résidents français.
Au moment de la vérification effectuée le 11 septembre 2026, l’inscription de tradezila.com demeure présente dans le registre public du régulateur. Quiconque souhaite s’en assurer peut consulter directement la liste noire officielle de l’AMF. L’inscription d’un site sur cette liste constitue, aux yeux du régulateur, un signal de danger adressé au public : aucune activité de ce type ne peut légalement être proposée à des clients français sans agrément préalable.
Le fait que la qualification retenue soit « Produits dérivés sur crypto-actifs » correspond précisément au cœur de l’offre affichée par tradezila.com, notamment les contrats sur le bitcoin et l’éther, ainsi que sur d’autres actifs numériques. Cette inscription constitue une antériorité qui n’apparaissait pas dans l’enquête d’origine.
Dernière mise à jour : 11/09/2026
Un système de trading sur CFD couvrant crypto, forex, actions et métaux
Tel qu’il se présentait au moment du constat de début avril 2024, tradezila.com se décrivait comme un « système professionnel de trading CFD ». La vitrine annonçait un accès à plus de deux cents actifs répartis sur plusieurs catégories : crypto-actifs, devises (forex), actions, métaux, indices, matières premières, et même des indices construits à partir de collections de NFT, ce qui constituait une particularité notable à l’époque.
Les chiffres affichés cherchaient à asseoir une crédibilité : « plus de 3 000 utilisateurs actifs mensuels » et « 200+ actifs à trader ». L’effet de levier proposé s’étendait de 1:1 jusqu’à 1:1000, une amplitude très supérieure aux plafonds que les autorités européennes imposent aux courtiers s’adressant aux particuliers. Le dépôt minimum annoncé était de 250 dollars, un seuil classique dans les dispositifs de fraude aux investissements, suffisamment bas pour paraître accessible.
L’adresse affichée était 2 Paddington Village, Liverpool L7 3FA, Royaume-Uni, accompagnée d’un numéro de téléphone britannique : +44 7418 375011. La mention de copyright indiquait « © 2024 ». En revanche, aucun numéro d’enregistrement de société, aucune référence à une licence, et aucune autorité de régulation n’étaient cités. La vérification dans les registres des sociétés britanniques n’a permis d’identifier aucune entité qui corresponde à l’activité présentée.
La capture du 3 avril 2024 conserve plusieurs pages de la vitrine
Le constat internet du 3 avril 2024, établi selon la norme AFNOR Z67-147, a permis de figer plusieurs pages de tradezila.com avec un horodatage certifié. Ce type de constat documente l’état exact d’un site à un instant précis, indépendamment de toute modification ou suppression ultérieure du contenu.
L’adresse IP relevée lors du constat était 104.21.5.223, correspondant à une infrastructure Cloudflare. Ce réseau de diffusion de contenu est couramment utilisé pour masquer la localisation réelle des serveurs hébergeant le site. Les pages figées lors du constat montrent l’interface de la vitrine telle qu’elle était présentée aux visiteurs à cette date, y compris les offres de marchés, les conditions d’effet de levier et les mentions d’adresse.
Ce document constitue aujourd’hui la principale trace technique du dispositif, alors que le site ne répond plus et qu’aucun contenu n’est servi depuis l’adresse tradezila.com.
Un nom repris par un nouveau titulaire et enregistré le 2 avril 2026
Le nom de domaine tradezila.com avait été créé le 24 novembre 2023 via le bureau d’enregistrement Namecheap. Dès l’origine, le titulaire était masqué derrière un service de confidentialité basé à Reykjavik, en Islande (Withheld for Privacy), et les serveurs de noms étaient confiés à Cloudflare. La date d’expiration d’origine était fixée au 24 novembre 2024.
La situation du registre consultée le 11 septembre 2026 présente un tableau différent. Le nom apparaît désormais enregistré à la date du 2 avril 2026, avec une expiration prévue au 2 avril 2027. Le bureau d’enregistrement est à présent Name SRS AB, le titulaire est de nouveau protégé par un service de confidentialité (Shield Whois), et les serveurs de noms renseignés sont A3.SHARE-DNS.COM et B3.SHARE-DNS.NET. Le statut du nom est actif. Le nom a donc changé de titulaire depuis sa création.
Malgré cet enregistrement actif, le site ne répond plus : toutes les requêtes expirent sans réponse, et aucune page n’est servie. Les sous-domaines autrefois observés ne résolvent plus du tout. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine. Par ailleurs, la vérification dans les registres des sociétés britanniques n’a permis d’identifier aucune entité qui corresponde à l’activité présentée sur la vitrine.
Des certificats qui associent le nom à des sites immobiliers canadiens
L’analyse des certificats émis pour ce nom révèle une particularité qui mérite d’être signalée. Des certificats couvrent des sous-domaines aux libellés immobiliers et hypothécaires canadiens : www.findhomebc.tradezila.com, www.mortgagebrokersurrey.tradezila.com, www.realtoranil.tradezila.com, www.140b.tradezila.com, www.commercialmortgagebc.tradezila.com, parksville96surrey.ca.tradezila.com, www.helpmortgage.tradezila.com et www.dilsay.tradezila.com.
Aucun de ces sous-domaines ne résout aujourd’hui. Leur existence dans les journaux de certificats constitue néanmoins un élément technique factuel, qui témoigne d’une utilisation du nom de domaine allant bien au-delà de la simple vitrine de trading initialement affichée. Il serait prématuré de conclure à une architecture organisée sans disposer d’éléments supplémentaires, mais la présence de ces libellés demeure une anomalie notable.
Après un versement effectué sur tradezila.com, quelles démarches engager
Les personnes ayant effectué un virement bancaire vers tradezila.com dans le cadre de ce qui leur était présenté comme un investissement sur une plateforme de trading CFD se trouvent dans une situation spécifique : la vitrine a cessé d’être accessible, les fonds versés ne sont plus réclamables directement auprès de l’opérateur, et aucune entité légale identifiable ne peut être assignée au Royaume-Uni sur la base des informations disponibles.
La première démarche consiste à rassembler l’ensemble des justificatifs des virements effectués, des captures d’écran de la plateforme, des échanges par messagerie ou par courrier électronique, ainsi que tout document remis lors de l’ouverture du compte. Ces éléments seront indispensables pour toute procédure. Il est également recommandé de contacter sans délai l’établissement bancaire ayant exécuté les virements afin d’explorer les possibilités de contestation ou de blocage des opérations en cours.
Sur le plan pénal, une plainte peut être déposée auprès des autorités compétentes. BrokerDefense détaille les modalités pratiques de cette étape sur sa page consacrée au dépôt de plainte pénale, qui précise les juridictions et les pièces à joindre dans ce type de dossier impliquant une plateforme de trading disparue.
D’autres vitrines ont suivi un parcours comparable. Fortnomics, par exemple, est une autre plateforme de CFD inscrite sur la liste noire de l’AMF dont l’enquête BrokerDefense documente le fonctionnement. De la même façon, xTrader365 est un autre nom qui, après son inscription sur liste noire, a été repris par un nouveau titulaire selon un schéma similaire à celui observé ici.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Que peut encore faire une personne qui a versé des fonds sur une plateforme de trading devenue injoignable ? Dans la séquence ci-dessous, Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris et partenaire de BrokerDefense, décrypte une affaire jugée en appel où un établissement bancaire a été jugé fautif pour n’avoir pas décelé le caractère frauduleux d’une opération, ce qui a permis aux épargnants concernés d’obtenir une indemnisation effective.
Les questions posées sur tradezila.com après sa disparition
Depuis que le site a cessé d’être accessible, plusieurs interrogations reviennent régulièrement parmi les personnes qui avaient ouvert un compte ou effectué un dépôt sur tradezila.com.
Non. L’Autorité des marchés financiers a inscrit tradezila.com sur sa liste noire le 30 avril 2024, avec la qualification « Produits dérivés sur crypto-actifs », et cette inscription demeure présente dans le registre public du régulateur au 11 septembre 2026. Un site inscrit sur cette liste propose des instruments financiers sans autorisation légale en France.
Il convient d’agir rapidement : rassemblez tous les justificatifs de virements, les échanges avec la plateforme et les documents remis à l’ouverture du compte. Contactez votre banque pour explorer les possibilités de contestation. Un dépôt de plainte pénale peut également être engagé ; les modalités pratiques sont détaillées sur la page dédiée de BrokerDefense. Un accompagnement juridique est recommandé dès les premières démarches.
Le nom de domaine tradezila.com est bien enregistré et actif, avec une expiration fixée au 2 avril 2027 et un nouveau bureau d’enregistrement (Name SRS AB). Toutefois, les serveurs vers lesquels il pointe ne servent aucun contenu : toutes les requêtes expirent sans réponse. Ce phénomène est distinct d’un domaine supprimé ou expiré ; il signifie simplement que l’exploitant a cessé de maintenir le site en ligne, tout en conservant ou en cédant le nom.
Tradezila.com illustre un mécanisme documenté par BrokerDefense à plusieurs reprises : une vitrine de trading sur CFD dépourvue de tout agrément, inscrite sur liste noire par le régulateur, dont le site a ensuite cessé d’être accessible laissant les épargnants ayant versé des fonds sans interlocuteur identifiable. Si vous avez effectué un dépôt sur cette plateforme, une évaluation préalable de votre dossier par BrokerDefense permet de déterminer les voies de recours adaptées à votre situation avant d’engager toute démarche.
Article réécrit le 11/09/2026



1 Comment
Bonjour je suis victime du site tradezila par une personne ce faisant appeler Jérôme Palfray
Le montant de ce préjudice est de 19150€ et remonte au mois de mars 2024.
J’ai déposé une plainte auprès de la gendarmerie de marans 17230 et envoyé un courrier au procureur de la rochelle 17000 le 24 mars 2024 mais je n’ai eu aucune nouvelle depuis .