Le nom mosrundpartners.com a été retiré du fichier des noms de domaine en .com : au 11 septembre 2026, le registre ne renvoie plus aucune fiche pour ce nom, le domaine ne résout plus et il ne reste strictement aucune donnée d’enregistrement à consulter, pour une vitrine qui se présentait pourtant comme « La Banque 100 % Mobile » dotée d’une licence allemande et de plus de cinq millions de clients. Cette disparition totale du registre est le dernier épisode d’un dispositif documenté dès mars 2024 : une fausse banque sans société identifiable, sans adresse postale et sans numéro d’agrément vérifiable, qui réclamait l’ouverture de comptes et l’envoi de fonds. Aucune des autorités consultées n’a jamais inscrit Moser Und Partners au rang des établissements autorisés, et le nom est absent des listes de mise en garde diffusées par les régulateurs financiers, à commencer par l’Autorité des marchés financiers. Cette omission ne vaut pas certificat de régularité : elle signifie qu’aucune autorité ne s’est prononcée en faveur de cette entité. Le retrait complet du nom du registre, au-delà d’une simple coupure de service, interdit désormais toute reconstitution administrative du dossier à partir des données publiques habituelles.
Dernière mise à jour : 11/09/2026
Sommaire
- Le retrait du nom mosrundpartners.com du fichier des noms en .com
- Une « banque 100 % mobile » sans agence, sans adresse, sans société
- La licence bancaire allemande affichée sans le moindre numéro
- Mastercard, Allianz et TransferWise posés sur une vitrine anonyme
- Un pied de page emprunté à un prêteur français, des chiffres invérifiables
- Des sommes versées sur mosrundpartners.com : les recours à envisager
- Ce qu’il reste à vérifier sur l’ancienne banque mosrundpartners.com
Le retrait du nom mosrundpartners.com du fichier des noms en .com
La vérification effectuée le 11 septembre 2026 établit que le nom mosrundpartners.com n’existe plus dans le fichier des noms de domaine en .com. Le registre renvoie une réponse « No match » côté protocole d’interrogation standard et une erreur 404 côté annuaire du registre : il n’y a plus ni bureau d’enregistrement, ni date de création, ni titulaire à consulter. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine. Le constat est sans équivoque : le nom a été retiré, non simplement expiré ou suspendu.
Cette situation diffère d’un simple arrêt de service. Quand un nom de domaine expire sans être renouvelé, il entre dans une période de grâce pendant laquelle les données d’enregistrement restent consultables ; il peut ensuite être racheté par un tiers. Ici, le nom ne se trouve plus dans le fichier : aucun enregistrement DNS ne subsiste, ni adresse IPv4, ni IPv6, ni serveur de messagerie. Les dernières copies archivées du site remontent à l’automne 2024 ; la version de mars 2024 demeure la source principale des éléments décrits dans ce dossier.
Cette extinction complète complique mécaniquement toute tentative de reconstitution technique : les données qui permettraient de relier le nom à un exploitant réel, un hébergeur ou une infrastructure commune avec d’autres sites frauduleux ont cessé d’être publiquement accessibles. Pour les personnes qui ont versé des fonds, cela renforce l’urgence de rassembler dès maintenant toutes les preuves conservées, qu’il s’agisse de captures d’écran, de confirmations de virement ou d’échanges de messagerie.
Une « banque 100 % mobile » sans agence, sans adresse, sans société
La vitrine mosrundpartners.com se présentait avec tous les attributs d’une néobanque sérieuse : ouverture de compte en cinq minutes depuis un téléphone, carte Mastercard gratuite, sous-comptes appelés « Espaces », formules premium intitulées « Moser Und Partners You » (anciennement « Black ») et « Metal », offre « Business » à destination des auto-entrepreneurs, notifications en temps réel et technologie 3D Secure. Le registre du commerce n’était nulle part mentionné, et aucune des pages conservées ne donnait le nom d’une société.
Les seuls moyens de contact affichés étaient une adresse de courriel générique ([email protected]), un Livechat et des liens vers des réseaux sociaux. Aucun numéro de téléphone, aucune adresse postale, aucun nom de dirigeant, aucun identifiant de personne morale. Une banque, même entièrement mobile, est tenue de se présenter comme une entité juridique identifiable : une dénomination sociale, un siège, un numéro d’immatriculation. Moser Und Partners ne satisfaisait à aucune de ces conditions élémentaires.
Le chiffre de « + 5 millions de clients » et celui de « + 770M $ Investis » figuraient en page d’accueil sans source ni document de référence. La mention « Fondation 2017 Création » suggérait une ancienneté respectable, mais aucune entité fondée en 2017 sous ce nom n’a été retrouvée dans les registres des sociétés britanniques consultés.
La licence bancaire allemande affichée sans le moindre numéro
La vitrine affirmait : « Moser Und Partners détient une licence bancaire européenne. Elle dépend de l’autorité de régulation bancaire allemande et est donc une banque réglementée à part entière. » Cette phrase, reproduite dans la version conservée de mars 2024, ne s’accompagnait d’aucun numéro de licence, d’aucun nom d’autorité précis, d’aucun identifiant d’établissement permettant une vérification indépendante. Sans ces références, la revendication d’une licence bancaire européenne reste une simple affirmation, invérifiable par nature.
La protection des dépôts invoquée suivait la même logique : « Vos dépôts sont assurés à hauteur de 100 000 euros par le Fonds de protection des dépôts allemand. » La garantie des dépôts allemande est réelle et sérieuse, mais elle ne s’applique qu’aux établissements effectivement membres de ce fonds, ce qui suppose une autorisation délivrée en Allemagne. Sans numéro d’agrément, cette promesse est invérifiable et donc sans valeur pour un déposant.
Revendiquer une régulation sans en fournir les références constitue l’un des signaux les plus constants dans les dispositifs de fausse banque : l’autorité citée confère une apparence de légitimité, tandis que l’absence de numéro empêche toute vérification rapide. La disparition complète du domaine rend aujourd’hui impossible toute confrontation directe avec ces affirmations, mais les copies archivées en conservent la trace.
Mastercard, Allianz et TransferWise posés sur une vitrine anonyme
Trois noms de marques connues étaient mobilisés pour asseoir la crédibilité de la vitrine : Mastercard pour la carte de paiement, Allianz pour les assurances associées aux comptes, et TransferWise (aujourd’hui Wise) pour les transferts internationaux. Aucun accord de partenariat n’était mentionné, aucun lien vers un communiqué officiel de ces sociétés ne venait confirmer une relation contractuelle. Ces marques jouent ici le rôle de garants empruntés, sans que leur titulaire ait nécessairement consenti à cet usage.
Les néobanques légitimes qui nouent des partenariats avec ces opérateurs sont généralement en mesure de produire un identifiant d’établissement de monnaie électronique, un agrément de la Banque centrale européenne ou de l’autorité nationale compétente, et des conditions générales renvoyant à leurs partenaires nommément. Moser Und Partners ne produisait rien de tel. L’affichage de logos de marques reconnues sur une vitrine sans exploitant identifiable ne transfère à cette vitrine ni la réputation ni la solvabilité des marques concernées.
Un pied de page emprunté à un prêteur français, des chiffres invérifiables
L’un des indices les plus révélateurs de la construction à la va-vite de cette vitrine se trouvait en bas de page : les mentions légales reproduisaient des textes appartenant à CA Consumer Finance, filiale de crédit du Crédit Agricole, avec la mention « © CA Consumer Finance 2010 ». Ces textes évoquaient un crédit renouvelable, une carte Visa et une carte Visa Premier, ainsi que la marque October, sans aucun rapport avec une banque mobile proposant des comptes courants et des sous-comptes premium.
Ce type d’assemblage, où des fragments de mentions légales sont copiés depuis des sites tiers sans être adaptés, est caractéristique des vitrines construites rapidement pour donner une apparence de conformité sans en assumer le contenu. Le site reposait par ailleurs sur WordPress avec une extension de formulaire de contact standard, infrastructure cohérente avec une mise en ligne rapide et peu coûteuse.
Les chiffres affichés en page d’accueil (cinq millions de clients, 770 millions de dollars investis) ne s’appuyaient sur aucun rapport annuel, aucune certification de commissaire aux comptes, aucune publication réglementaire. Susquehanabank, dont le nom a lui aussi disparu du registre : susquehanabank imitait déjà une banque pour capter des entrepreneurs. Chez Optima Cred, la même mécanique reposait sur un agrément revendiqué que les registres ne confirmaient pas.
Des sommes versées sur mosrundpartners.com : les recours à envisager
Les personnes qui ont versé des fonds pour « ouvrir un compte » auprès de Moser Und Partners, en croyant confier leur argent à une banque mobile réglementée en Allemagne, se trouvent dans une situation où l’interlocuteur a disparu sans laisser d’adresse ni de représentant légal connu. Interrompez tout échange avec des comptes ou adresses qui se réclameraient encore de cette entité, et gardez trace de l’ensemble des échanges : relevés de compte, confirmations de virement, captures d’écran, courriels reçus. Ces pièces serviront de socle à vos démarches.
Sur le plan pénal, une plainte pour escroquerie ou abus de confiance peut être déposée auprès du procureur de la République ou directement dans un commissariat. Une plainte peut viser nommément l’exploitant s’il est identifié, ou être déposée contre X à défaut ; les investigations sur la destination des fonds relèvent ensuite des enquêteurs. Les étapes de ce dépôt sont exposées sur notre page dédiée à la plainte pénale.
Sur le plan civil, lorsque le versement a été effectué par carte bancaire, une contestation peut être portée auprès de l’établissement émetteur dans les délais prévus par les conditions générales. Au-delà de cette voie, Me Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris et avocate partenaire de BrokerDefense, décrypte dans la vidéo ci-après une décision peu connue du grand public : celle d’une banque dont la propre responsabilité a été retenue, pour avoir laissé des comptes ouverts à des escrocs. Pour une personne trompée par une fausse banque comme Moser Und Partners, ce précédent déplace la question : au-delà d’un exploitant introuvable, ce sont les établissements qui ont accueilli les opérations qui peuvent être appelés à répondre de leur négligence.
Ce qu’il reste à vérifier sur l’ancienne banque mosrundpartners.com
Non. La vitrine mosrundpartners.com affirmait détenir une licence bancaire européenne placée sous la supervision de l’autorité de régulation bancaire allemande, mais n’indiquait aucun numéro d’agrément, aucun identifiant d’établissement, et ne nommait même pas l’autorité dont elle se réclamait. Ces mentions n’étaient donc pas vérifiables, et aucune inscription correspondant à Moser Und Partners n’a été retrouvée dans les registres consultés.
La disparition du domaine ne ferme pas, à elle seule, toutes les voies de recours. Les pièces conservées (confirmations de virement, échanges écrits, captures d’écran) restent la matière première d’une plainte ou d’une action civile, et l’identification des comptes qui ont reçu les fonds peut être recherchée dans ce cadre. Un avocat spécialisé permet d’évaluer, au cas par cas, les démarches adaptées à la situation.
L’absence d’un nom sur les listes de mise en garde publiées par des régulateurs comme l’AMF ne signifie pas que l’entité était légitime. Ces listes recensent des acteurs ayant attiré suffisamment de signalements pour déclencher une publication officielle, mais elles sont nécessairement incomplètes. Dans le cas de mosrundpartners.com, cette omission indique simplement qu’aucun régulateur ne s’est penché favorablement sur ce dossier, ce qui rejoint l’absence totale de référence d’agrément sur la vitrine.
Les personnes qui ont cru ouvrir un compte dans une banque mobile en versant des fonds à mosrundpartners.com se retrouvent aujourd’hui face à une entité qui n’a jamais existé juridiquement sous une forme identifiable : pas de société nommée, pas d’adresse postale, pas de licence bancaire vérifiable, et désormais pas même un nom de domaine actif. La vitrine Moser Und Partners promettait la sécurité d’une banque réglementée en Allemagne avec cinq millions de clients, mais elle ne reposait sur aucune des structures qu’une telle promesse suppose. Quelle que soit la somme engagée pour « activer » ou « alimenter » un compte, les démarches à entreprendre supposent de disposer de toutes les preuves conservées et d’obtenir une évaluation juridique adaptée à la situation spécifique.
BrokerDefense propose une évaluation préalable des projets d’investissement et des plateformes financières, afin de vérifier, avant tout versement, si une entité présente les caractéristiques d’un exploitant réel : société identifiable, agrément consultable, coordonnées complètes. Une vérification effectuée en amont du premier virement aurait, dans le cas de mosrundpartners.com, mis en évidence l’absence totale de ces éléments.
Article réécrit le 11/09/2026


