Le 14 février 2024, BrokerDefense documentait un faux article imitant la charte graphique du journal Le Monde, publié sur le domaine rjanbourb.com, qui mettait en scène un dialogue entièrement inventé entre le journaliste belge Stéphane Pauwels et l’animateur français Bertrand Chameroy pour conduire les lecteurs vers la fausse plateforme de trading Immediate Bitwave ; cette escroquerie s’inscrit dans la série « Immediate » documentée depuis janvier 2024, dont l’enquête de BrokerDefense a recensé 149 domaines frauduleux confirmés en juillet 2026.
Dernière mise à jour : 27/08/2026
Sommaire
- Immediate Bitwave : le faux article de presse qui piège Pauwels et Chameroy
- Le leurre rjanbourb.com : un faux article calqué sur Le Monde
- De la vitrine de janvier 2024 aux 149 domaines du réseau
- Des personnalités recyclées en série : de Pauwels et Chameroy à Vincent Lagaf
- Après la fausse recommandation : comment réagir et protéger vos fonds ?
- FAQ : Immediate Bitwave est-il une arnaque ?
Immediate Bitwave : le faux article de presse qui piège Pauwels et Chameroy
Le 14 février 2024, BrokerDefense publiait une alerte sur un dispositif de manipulation particulièrement élaboré : un faux article de presse, hébergé sur le domaine rjanbourb.com, reprenait fidèlement la charte graphique du journal Le Monde pour donner l’apparence d’une information légitime. Le contenu fabriqué mettait en scène un dialogue imaginaire entre Stéphane Pauwels et Bertrand Chameroy, deux visages familiers du paysage audiovisuel francophone, dont les photos issues d’apparitions télévisées avaient été détournées sans leur consentement. L’objectif de ce montage était unique : diriger les lecteurs vers la fausse plateforme Immediate Bitwave et les inciter à y déposer des fonds.
Ce cas n’est pas isolé. Il s’inscrit dans un réseau structuré, méthodique et documenté de longue date, dont BrokerDefense a publié notre enquête sur le réseau Immediate, qui recense les 149 domaines frauduleux, 23 registrars sur trois continents et des opérateurs communs identifiés par leurs numéros de compte chez le registrar dominant. Le faux article imitant un grand journal de référence n’est qu’une des recettes standardisées employées par ce réseau pour conférer une apparence de crédibilité à chacune de ses vitrines.
La mécanique repose sur un constat simple : une personnalité reconnue, un titre de presse réputé et un récit à tonalité complotiste forment une combinaison suffisamment convaincante pour pousser des épargnants à franchir le pas du premier dépôt. C’est précisément ce schéma que BrokerDefense a retracé depuis le premier article de janvier 2024 jusqu’aux vagues les plus récentes documentées en 2025 et 2026.
Le leurre rjanbourb.com : un faux article calqué sur Le Monde
Le domaine rjanbourb.com ne présente aucun lien avec une marque, une rédaction ou une entité reconnue. Pourtant, sa mise en page reproduisait avec soin la typographie, le logo et la structure des pages d’articles du journal Le Monde, suffisamment pour tromper un lecteur inattentif au premier coup d’œil. Le prétendu article y décrivait une confrontation judiciaire fictive : Stéphane Pauwels aurait été mis en cause par les autorités bancaires pour avoir divulgué, en direct à la télévision, un « secret bien gardé » permettant de s’enrichir rapidement. Ce secret, révélé dans un dialogue inventé avec Bertrand Chameroy, n’était en réalité que l’appât menant vers Immediate Bitwave.
L’argumentation du faux article jouait délibérément la carte de la défiance envers les institutions financières et les médias traditionnels, un ressort complotiste destiné à renforcer l’adhésion du lecteur. Plusieurs indices trahissaient pourtant la supercherie pour qui prenait le temps de les relever : le dialogue entre les deux personnalités n’était étayé par aucune source vérifiable, les promesses de rendements présentées étaient manifestement exagérées, des tactiques de pression incitaient à agir sans délai, et des fautes de frappe ou de grammaire parsemaient le texte. Ni Stéphane Pauwels ni Bertrand Chameroy n’ont jamais accordé d’interview à rjanbourb.com ni recommandé Immediate Bitwave sous quelque forme que ce soit.
En août 2026, le domaine rjanbourb.com ne répond plus à aucune requête. Les archives publiques montrent une capture du site en mars 2024, puis des erreurs 404 dès septembre 2024 : le leurre n’a vécu que quelques mois avant de disparaître, exactement comme les autres maillons du réseau Immediate une fois leur mission de collecte accomplie. Cette volatilité organisée est elle-même une caractéristique documentée du réseau : les vitrines sont créées, exploitées brièvement, puis abandonnées pour en déployer de nouvelles.
De la vitrine de janvier 2024 aux 149 domaines du réseau
Dès le début de l’année 2024, BrokerDefense avait identifié et analysé la vitrine centrale de cette vague frauduleuse : nous avons documenté la vitrine Immediate Bitwave dès janvier 2024, avec son ciblage international et son recours à PayPal. Le domaine immediatebitwave.com avait été enregistré le 13 octobre 2023 auprès du registrar Tucows Inc. pour une durée d’un an exactement, sans renouvellement à l’issue de cette période. L’intégration de PayPal comme solution de paiement visait à rassurer les victimes au moment du premier dépôt, en associant la plateforme à un service de paiement mondialement reconnu. Le ciblage international était confirmé par des balises de langue en quinze langues européennes, parmi lesquelles le français, l’allemand, l’espagnol, l’italien, le néerlandais, le polonais ou encore le portugais.
L’enquête publiée en juillet 2026 a considérablement élargi le périmètre documenté : 149 domaines frauduleux confirmés, 23 registrars distincts répartis sur trois continents et 10 comptes opérateurs identifiés chez le registrar dominant MainReg INC. Ces numéros de compte clients, désignés par l’abréviation G-ID dans les données d’enregistrement, constituent une preuve directe de propriété commune entre des dizaines de sites présentés comme indépendants. D’une vague à l’autre, les mêmes recettes se répètent : des noms évocateurs de technologie combinant des termes tels qu’« Immediate », « AI », « Quantum », « Edge » ou « Trade », des faux témoignages de célébrités, des compteurs d’urgence artificiels, des formulaires de capture de données personnelles et, désormais, des faux articles de presse imitant de grands journaux de référence.
Des personnalités recyclées en série : de Pauwels et Chameroy à Vincent Lagaf
L’usurpation de l’image de Stéphane Pauwels et Bertrand Chameroy n’est qu’un épisode parmi d’autres dans la stratégie de recyclage des personnalités pratiquée par le réseau Immediate. BrokerDefense a documenté le cas de Vincent Lagaf à trois reprises distinctes : en mai 2024 pour la vitrine Bit Eprex, en mai 2025 pour Token Zenith et en septembre 2025 pour Quantum Ogen, toujours avec le même procédé de la fausse interview. D’autres personnalités ont été exploitées dans des conditions similaires : Thomas Piketty pour Immediate 700 NeuPro, Angie Best pour Immediate Evex Pro, Anne-Claire Coudray pour une autre déclinaison d’Immediate Bitwave, Marine Le Pen pour Immediate 500 XP, Bougheraba et Yann Barthès pour Immediate 6.0 Avage, ou encore Élise Lucet pour Profit Rex. Dans chacun de ces cas, les personnalités concernées n’ont donné aucun accord et ont publié des démentis formels.
Le mécanisme est quasi identique à chaque vague. Un faux article ou une fausse interview attire le lecteur et lui inspire confiance grâce à la notoriété de la personnalité mise en scène. Un formulaire de capture recueille le nom, l’adresse électronique et le numéro de téléphone de la victime. Dans les minutes qui suivent l’inscription, un agent d’un centre d’appels rappelle pour convaincre la victime d’effectuer un dépôt initial, généralement fixé à 250 euros. Un prétendu gestionnaire de compte prend ensuite le relais pour inciter à augmenter les versements. Lorsque la victime demande à récupérer ses fonds, des prétextes successifs retardent indéfiniment le remboursement : frais de vérification, taxes préalables, procédures administratives fictives. Les fonds versés sur la foi d’une recommandation inventée ne sont, en pratique, jamais restitués.
Pour comprendre les recours possibles après avoir versé des fonds à une fausse plateforme, Me Denitza Gueorguieva, avocate au barreau de Lyon, revient dans la vidéo ci-dessous sur les litiges et recours bancaires : la responsabilité des établissements financiers face à un virement frauduleux, le devoir de vigilance des banques et la récupération des fonds après une escroquerie à l’investissement.
Après la fausse recommandation : comment réagir et protéger vos fonds ?
La première priorité est de rassembler l’ensemble des preuves disponibles : captures d’écran du faux article imitant la charte du journal Le Monde et du dialogue inventé entre Stéphane Pauwels et Bertrand Chameroy, historiques complets des échanges avec les faux conseillers qui ont rappelé après l’inscription sur le formulaire, relevés de tous les virements effectués vers la plateforme, ainsi que les courriels reçus avant et après le dépôt. Ces éléments seront indispensables pour toute démarche judiciaire ou bancaire ultérieure. Il convient également d’interrompre immédiatement tout nouveau versement et de refuser catégoriquement les demandes de frais supplémentaires, présentées sous couvert de débloquer les fonds ou de finaliser un prétendu retrait : ces exigences sont elles-mêmes constitutives de l’escroquerie et ne font que l’amplifier.
Avant d’engager des fonds sur quelque plateforme que ce soit, il est impératif de vérifier qu’elle dispose d’un agrément régulier auprès des autorités compétentes. L’Autorité des marchés financiers publie ses listes noires et mises en garde, où figurent régulièrement les sites de ce type, et constitue le premier réflexe à adopter face à une offre d’investissement non sollicitée ou présentée via une célébrité. Sur le plan judiciaire, déposer plainte est une étape essentielle pour documenter l’escroquerie et permettre aux enquêteurs de reconstituer les flux financiers. Consultez notre guide complet sur la procédure pénale pour connaître toutes les étapes, depuis la rédaction de la plainte jusqu’aux autorités compétentes à saisir selon la nature des faits.
Le délai entre la découverte de l’escroquerie et les premières démarches est déterminant : plus les actions sont engagées rapidement, plus les chances de blocage des flux ou de traçabilité des fonds sont réelles. Les victimes qui ont effectué un dépôt initial de 250 euros puis augmenté leurs versements sur les conseils de faux gestionnaires ont intérêt à solliciter sans attendre leur établissement bancaire pour signaler l’opération et examiner les possibilités de contestation du virement.
FAQ : Immediate Bitwave est-il une arnaque ?
Non. Immediate Bitwave est une fausse plateforme de trading documentée par BrokerDefense dès janvier 2024 : son domaine a été enregistré pour un an exactement et n’a jamais été renouvelé, signe caractéristique des vitrines éphémères conçues pour collecter des fonds puis disparaître. L’enquête de BrokerDefense de juillet 2026 l’identifie comme l’un des 149 domaines frauduleux du réseau Immediate, sans agrément d’aucune autorité de régulation financière.
Non. Ni Stéphane Pauwels ni Bertrand Chameroy n’ont jamais recommandé Immediate Bitwave ni accordé d’interview au domaine rjanbourb.com. Leurs photos et images télévisées ont été détournées sans leur consentement pour alimenter un dialogue entièrement fictif, publié dans un faux article imitant la charte du journal Le Monde dans le seul but d’attirer des victimes vers la plateforme frauduleuse.
Conservez toutes les preuves disponibles : captures d’écran du faux article imitant Le Monde, échanges avec les faux conseillers et relevés des virements effectués vers la plateforme. Signalez immédiatement la situation à votre banque et à l’Autorité des marchés financiers, puis déposez plainte en vous appuyant sur notre guide de la procédure pénale pour engager toutes les démarches utiles dans les meilleurs délais.
Les victimes d’Immediate Bitwave ont versé des fonds sur la foi d’un faux article imitant le journal Le Monde et d’un dialogue inventé entre Stéphane Pauwels et Chameroy, deux personnalités dont l’image a été détournée à leur insu : un dépôt initial de 250 euros, souvent suivi d’autres versements encouragés par de faux gestionnaires de compte, et des fonds qui ne sont, en pratique, jamais restitués. Face à n’importe quelle offre d’investissement, qu’elle soit présentée via une célébrité, un faux article de presse ou un formulaire en ligne, faire vérifier la plateforme par BrokerDefense avant tout versement est la précaution la plus efficace pour éviter de rejoindre la liste des épargnants lésés par ce réseau.
Article réécrit le 27/08/2026


