Le nom bladetrade.ai a été retiré du registre des noms de domaine : la vitrine a cessé d’être servie, aucune résolution ne renvoie plus vers une adresse, et les deux adresses de contact que la plateforme remettait à ses visiteurs, [email protected] et [email protected], ne peuvent plus rien recevoir.
Le mécanisme, lui, n’a rien d’inédit : un rendement mensuel chiffré, un dépôt en cryptomonnaies dès 500 dollars, et aucune entité juridique identifiable derrière la page. Ce que ce dossier ajoute, c’est la fin de l’histoire : après l’extinction de la vitrine, l’identifiant lui-même a été abandonné.
Dernière mise à jour : 12/09/2026
Sommaire
- Bladetrade.ai : le nom retiré du registre, la vitrine et les contacts éteints
- « 3 % par mois » promis, un dépôt minimum de 500 dollars en cryptomonnaies
- Une adresse à Dubaï, une juridiction européenne revendiquée : la contradiction que portait la vitrine
- Ni raison sociale, ni numéro d’enregistrement, ni ligne téléphonique
- Bladetrade.ai : les autorisations qu’aucune page ne mentionnait
- Interroger la banque qui a exécuté les paiements vers bladetrade.ai
- Bladetrade.ai : les demandes que nous recevons aujourd’hui
Bladetrade.ai : le nom retiré du registre, la vitrine et les contacts éteints
Au 12 septembre 2026, bladetrade.ai n’est plus un nom attribué : le registre en .ai ne le recense plus, aucune résolution ne renvoie vers une adresse, et la vitrine ne sert plus aucun contenu. Les copies publiques archivées montrent une progression en trois temps : une vitrine complète conservée pour février 2024, une page d’erreur dès la fin du mois d’août 2024, puis une page de serveur par défaut dans une copie de juillet 2025. Le nom lui-même a ensuite été abandonné.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Cette séquence a une conséquence directe pour quiconque avait tenté de joindre la plateforme : les deux adresses de contact, [email protected] et [email protected], reposaient sur ce nom. Elles ne peuvent plus recevoir ni courriel ni réponse. L’article de janvier 2024 relevait des incohérences dans la construction même de la page ; la disparition du nom ferme la piste du seul interlocuteur que la plateforme avait laissé à ses visiteurs.
L’extinction d’un nom sans retrait du registre a déjà été décrite dans le dossier consacré à Netixos, dont le domaine avait été gelé avant que la vitrine ne cesse de répondre.
« 3 % par mois » promis, un dépôt minimum de 500 dollars en cryptomonnaies
La vitrine décrivait un parcours en trois étapes : ouvrir un compte avec un essai annoncé de quatorze jours, déposer au moins 500 dollars en cryptomonnaies, puis laisser les algorithmes travailler. La perspective mise en avant était une croissance de plus de 3 % par mois. Le terme retenu par la page pour désigner l’opération était celui de « partage des profits », présenté comme le moyen d’investir aux côtés de gestionnaires d’actifs numériques.
Pour appuyer cette présentation, la plateforme revendiquait des chiffres d’activité : dix mille stratégies possibles, plus de cent trente flux d’indicateurs, dix-huit paires de cryptomonnaies suivies, et plus de trois millions de transactions exécutées depuis 2018. Elle affirmait avoir servi des institutions de gestion d’actifs numériques depuis cette date, et n’avoir ouvert l’accès aux particuliers qu’à partir de 2023. Les profits, indiquait une réponse aux questions fréquentes, devaient être visibles sous vingt-quatre heures après le raccordement du compte au programme.
Un rendement annoncé à taux fixe sur une période aussi courte n’existe pas sur les marchés régulés, où la performance n’est jamais garantie. La promesse de 3 % mensuels, adossée à un dépôt en cryptomonnaies sans intermédiaire identifiable, ne reposait sur aucune base vérifiable.
Une adresse à Dubaï, une juridiction européenne revendiquée : la contradiction que portait la vitrine
La page affichait une adresse physique au niveau 27 de l’Al Habtoor Business Tower, à Dubaï. Dans le même temps, elle déclarait relever des règles et des tribunaux de l’Union européenne. Ces deux affirmations ne peuvent pas coexister sans explication : une société établie aux Émirats arabes unis et soumise aux juridictions européennes devrait pouvoir justifier d’une double présence, d’une structure juridique identifiée et d’une autorisation délivrée par une autorité compétente dans l’un ou l’autre territoire.
Aucun de ces éléments ne figurait sur la page. L’adresse de Dubaï n’était accompagnée d’aucun nom de société, d’aucun numéro d’immatriculation local, et la référence aux tribunaux européens n’était étayée par aucune mention de régulateur ni d’enregistrement. La contradiction entre le lieu affiché et la juridiction déclarée restait ainsi sans réponse, et rien dans la construction de la vitrine ne permettait de la lever.
Ni raison sociale, ni numéro d’enregistrement, ni ligne téléphonique
La page ne mentionnait aucun nom de société. Elle ne précisait ni pays d’enregistrement, ni numéro d’immatriculation, ni autorité de régulation, ni numéro d’autorisation. Aucune ligne téléphonique n’était indiquée. Les seuls points de contact remis aux visiteurs étaient deux adresses électroniques : [email protected] et [email protected], toutes deux désormais injoignables depuis le retrait du nom.
L’absence de raison sociale n’est pas un détail administratif : elle signifie qu’aucun responsable légal ne pouvait être identifié, qu’aucune action en justice n’aurait pu être dirigée contre une entité nommée, et que les fonds déposés en cryptomonnaies n’avaient aucune contrepartie traçable sur le plan contractuel. Le recyclage d’un nom ancien remis en service comme vitrine de trading est un autre schéma que nous avons rencontré, notamment dans le dossier consacré à Algobi.com.
La plateforme expliquait l’absence de réseaux sociaux par sa clientèle institutionnelle d’origine. Cet argument, joint à l’inexistence de tout identifiant juridique, laissait les visiteurs sans aucun moyen de vérifier à qui ils confiaient leurs fonds.
Bladetrade.ai : les autorisations qu’aucune page ne mentionnait
Au 12 septembre 2026, aucune inscription au nom de la plateforme n’apparaît sur les listes noires et mises en garde publiées par l’Autorité des marchés financiers. Aucun avertissement d’une autorité européenne ne porte ce nom. Aucune société immatriculée au Royaume-Uni ne correspond à ce nom.
Les listes noires et mises en garde publiées par l’AMF font partie des réflexes élémentaires avant toute décision de placement : une plateforme qui s’adresse à des résidents français doit pouvoir justifier d’une autorisation, et celle-ci n’en affichait aucune.
L’absence de signalement n’équivaut pas à une validation : elle indique seulement qu’aucun dossier traité n’a encore été publié au nom de cette plateforme. Une page sans raison sociale, sans numéro d’enregistrement et sans régulateur identifiable ne satisfait à aucune des conditions minimales qu’un régulateur impose avant qu’une entité puisse proposer des services d’investissement à des particuliers.
Interroger la banque qui a exécuté les paiements vers bladetrade.ai
Quand la vitrine a disparu et que les adresses [email protected] et [email protected] ne répondent plus, la reconstitution du dossier repose entièrement sur ce que le déposant a conservé. Les éléments utiles sont les suivants : les courriels échangés avec la plateforme, les captures d’écran de l’interface et de ses promesses, les justificatifs des dépôts en cryptomonnaies, et les coordonnées utilisées par les interlocuteurs. Si un essai de quatorze jours avait été ouvert, toute communication reçue pendant cette période entre également dans ce corpus.
Le relevé bancaire devient la pièce centrale dès lors que la vitrine a disparu sans laisser d’interlocuteur. L’établissement qui a exécuté les virements reste, lui, identifiable et soumis à des obligations légales. Sa responsabilité peut être interrogée sur la base du devoir de vigilance qu’il devait exercer avant de laisser passer des ordres vers une entité sans raison sociale, sans adresse vérifiable et sans autorisation déclarée. Cette piste mérite d’être examinée avant toute autre démarche.
Engager une procédure suppose de savoir quelles pièces produire et à quel interlocuteur s’adresser : la page dédiée au dépôt d’une plainte pénale expose ce parcours et la chronologie à respecter.
Quand la plateforme a disparu et que plus aucun interlocuteur ne répond, le seul maillon encore identifiable de la chaîne est l’établissement qui a exécuté les virements. Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate inscrite au barreau de Paris et partenaire de BrokerDefense, y revient dans l’entretien qui suit : elle y détaille le dossier d’une banque condamnée pour manquement à son devoir de vigilance, où 209 000 euros ont été restitués à une victime.
Bladetrade.ai : les demandes que nous recevons aujourd’hui
Les demandes qui parviennent à BrokerDefense au sujet de bladetrade.ai émanent de personnes qui avaient effectué un dépôt en cryptomonnaies, souvent après avoir ouvert un compte dans le cadre de l’essai de quatorze jours annoncé par la plateforme. La promesse de 3 % par mois et la visibilité des profits sous vingt-quatre heures avaient conduit certains d’entre eux à compléter ce premier versement. Lorsqu’ils ont tenté de joindre la plateforme, les adresses [email protected] et [email protected] ne répondaient déjà plus.
Le schéma que portait bladetrade.ai, un rendement à rythme fixe derrière une interface travaillée, un dépôt minimum de 500 dollars en cryptomonnaies, et aucun exploitant identifiable, revient régulièrement dans nos dossiers. La vitrine finit presque toujours par disparaître sans avoir livré le nom de celui qui recevait les fonds. Ce que ce cas illustre avec une netteté particulière, c’est que le retrait du nom lui-même efface le dernier point de contact sans laisser aucune trace publique d’un responsable. L’adresse à Dubaï et la juridiction européenne revendiquée, dont la contradiction avait été relevée dès janvier 2024, n’ont jamais reçu d’explication : elles ont simplement cessé d’être accessibles.
Non. Le nom a été retiré du registre des noms de domaine, aucune résolution ne renvoie plus vers une adresse et la vitrine ne sert plus aucun contenu. Les deux adresses de contact qui avaient été remises aux visiteurs, [email protected] et [email protected], reposaient sur ce nom : elles ne peuvent plus recevoir de message.
Parce qu’un rendement annoncé à taux fixe et à échéance courte n’a pas d’équivalent sur les marchés régulés, où la performance n’est jamais garantie. Quand la page ajoute à cette promesse l’absence de société, d’adresse vérifiable et de mention de régulation, rien ne permet de savoir qui reçoit réellement les fonds.
Réunissez tout ce qui documente la relation : courriels échangés, captures d’écran de la plateforme, justificatifs des dépôts en cryptomonnaies et coordonnées utilisées par les interlocuteurs. Comme la vitrine et son adresse de contact ont disparu, le relevé bancaire devient la pièce centrale du dossier. Selon les montants engagés et les pièces conservées, la voie utile peut être le signalement aux autorités, le dépôt d’une plainte ou une action en indemnisation : un premier examen du dossier par BrokerDefense aide à trancher entre ces orientations.
Article réécrit le 12/09/2026


