Tesxcoin arnaque : un domaine de minage sorti du fichier des .com

Tesxcoin.com, un site tellement mystérieux que seule l'arnaque est certaine.
Le logo énigmatique et mystérieux de Tesxcoin.com

Le nom tesxcoin.com ne figure plus au fichier des .com : interrogé le 12 septembre 2026, le registre ne renvoie aucune correspondance, et l’adresse ne résout plus aucun enregistrement. Ce constat aurait pu sembler ordinaire si les journaux publics de certification n’avaient pas révélé un détail plus troublant : les certificats TLS émis pour ce domaine portaient comme sujet cointesx.vip et www.cointesx.cc, deux libellés dont les lettres reproduisent exactement celles de tesxcoin, réordonnées. Un nom parti du registre, et un second nom inscrit noir sur blanc dans ses propres certificats.

Tesxcoin se présentait, en janvier 2024, comme un spécialiste du minage de cryptomonnaies, principalement l’ETH et l’USDT. La vitrine mobilisait des slogans tels que « Popular mining » et « Extraction de nœuds mobiles de nouvelle génération USDT », affichait des emblèmes de partenaires et de certifications, et ne communiquait qu’une adresse Gmail comme moyen de contact. Notre enquête, publiée le 11 janvier 2024, avait documenté l’ensemble de ces éléments. La présente mise à jour s’appuie sur les copies conservées de la vitrine et sur les données disponibles au 12 septembre 2026.

Dernière mise à jour : 12/09/2026

Le fichier des .com ne comporte plus ce nom, mais il en a gardé un autre

Au moment de la publication de notre enquête, en janvier 2024, tesxcoin.com répondait et délivrait du contenu. Depuis, le nom a quitté le registre : au 12 septembre 2026, le fichier des .com ne comporte plus aucune ligne à son nom, et l’adresse ne résout plus ni serveur de noms, ni enregistrement de type A, ni enregistrement de courriel. Aucune réponse n’est renvoyée, sous quelque forme que ce soit. La date de dernière inscription connue au registre remonte à la période d’activité de la vitrine, au cours de l’hiver 2023-2024 ; depuis, le nom n’a fait l’objet d’aucune reconduction.

C’est dans les journaux publics de certification que réside l’élément le plus instructif. Deux certificats ont été délivrés par Let’s Encrypt, via l’autorité intermédiaire R3, pour le nom tesxcoin.com. Le premier portait comme sujet www.cointesx.cc et avait été émis le 17 novembre 2023, avec une fin de validité annoncée au 15 février 2024. Le second portait comme sujet cointesx.vip et avait été émis le 2 février 2024, après la publication de notre enquête, avec une fin de validité annoncée au 2 mai 2024. Dans les deux cas, la liste des noms couverts comprenait tesxcoin.com et www.tesxcoin.com. Les lettres de cointesx reproduisent exactement celles de tesxcoin : c’est le même groupe de lettres, dans un ordre différent. Ni cointesx.vip ni cointesx.cc ne résolvent aujourd’hui, et aucun de ces noms n’apparaît dans le domaine public. Il n’est pas possible d’affirmer qu’un exploitant commun est à l’origine de ces noms : ce que les certificats établissent, c’est un second nom construit sur les mêmes lettres, lié au même certificat.

Aucune société n’apparaît derrière tesxcoin.com. Le registre britannique des sociétés ne comporte aucune entité liée à ce nom. Aucune fiche de signalement n’existe pour ce domaine sur les plateformes communautaires. La plateforme n’a jamais été déclarée ni enregistrée auprès d’un régulateur financier.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

L’archive de janvier 2024 : une application de minage branchée sur un portefeuille Tron

Les copies conservées de la vitrine, datées du 8 janvier 2024, soit trois jours avant la publication de notre enquête, permettent de reconstituer avec précision ce qu’était la page d’accueil de Tesxcoin. Ce n’était pas un site à contenu rédigé : c’était une application JavaScript construite sur la bibliothèque umi en version 3.5.26, dont le titre de page était vide au chargement. Le squelette HTML ne contenait aucun texte statique ; l’intégralité de l’affichage était pris en charge par le navigateur à l’exécution des scripts.

Parmi ces scripts figuraient TronWeb.js, web3.min.js, web3modal.js et web3-provider.min.js. Leur présence simultanée signifie que l’application était conçue pour connecter un portefeuille de cryptomonnaies, avec une orientation marquée vers le réseau Tron. Deux points d’interface étaient appelés : /api/config/code?code=GlobalNotice et /api/tesx/data. Ces appels correspondaient à la récupération de paramètres de configuration et de données propres à la plateforme. L’application structurait par ailleurs des pages internes nommées nexo, safe, swap (avec un marché et un pool) et tesx, ainsi que trois images d’illustration (s1.jpg, s2.jpg, s3.jpg) et une bannière d’en-tête. Cette architecture est caractéristique des fausses plateformes de minage qui ont proliféré dans ces années : une coquille visuellement soignée, pilotée par des scripts de connexion à un portefeuille, sans aucun mécanisme réel de minage derrière. Le schéma est semblable à le cas Teslaminingprogram, plateforme de minage disparue après son inscription sur la liste noire de l’AMF, où la même logique d’application JavaScript branchée sur un réseau de cryptomonnaies avait été utilisée pour capter des fonds.

CoinMarketCap, Coinbase, CertiK : des emblèmes affichés sans le moindre justificatif

La page d’accueil de Tesxcoin affichait plusieurs emblèmes destinés à donner une apparence de légitimité. Du côté des partenariats, les logos de CoinMarketCap et de Coinbase étaient visibles, sans qu’aucun lien, aucun numéro de partenariat ni aucun communiqué externe ne vienne attester d’une quelconque relation avec ces entités. Du côté de la certification technique, les emblèmes de CERTIK, OpenZeppelin et Quantstamp étaient également présents. Ces organismes réalisent des audits de contrats intelligents dans l’espace des cryptomonnaies, mais leurs rapports sont publics et référencés : aucun rapport portant le nom de Tesxcoin n’a été relevé dans les bases disponibles, et aucun numéro de licence ni aucun identifiant d’audit n’accompagnait ces emblèmes sur la vitrine.

L’usage de ces marques sans justificatif est une caractéristique fréquente des fausses plateformes de ce type. Il s’agit de créer une association visuelle avec des acteurs reconnus, sans que la relation alléguée puisse être vérifiée. La présence de ces logos n’établit aucun lien réel avec les entités concernées.

Une adresse Gmail comme seul point de contact

La seule coordonnée de contact disponible sur la vitrine était une adresse Gmail : [email protected]. Aucun nom de société, aucune adresse physique, aucun numéro d’immatriculation, aucune mention réglementaire n’accompagnait cette adresse. Le service client annonçait des horaires exprimés en heure du Pacifique (PST), sans autre précision géographique. Cette absence totale d’ancrage institutionnel est cohérente avec le contexte dans lequel Tesxcoin est apparu : celui d’une arnaque sentimentale, dans laquelle la victime est conduite progressivement, au fil d’une relation de confiance construite en ligne, à effectuer des versements vers une plateforme de minage présentée comme rentable.

Le schéma est connu. La victime reçoit des instructions pour déposer des fonds, voit des gains fictifs s’afficher dans son espace, puis se heurte à des prétextes pour retarder ou bloquer tout retrait. Au moment où elle cherche un interlocuteur, la vitrine est déjà inaccessible. Le sort de tesxcoin.com, qui ne figure plus au fichier des .com et dont l’adresse ne résout plus, illustre cette trajectoire. On retrouve une mécanique comparable dans le cas Influxchain, dont la vitrine a disparu avant que le nom ne soit proposé à la vente. Le nom de tesxcoin.com demeure par ailleurs absent des listes noires et mises en garde publiées par l’AMF, parcourues le 12 septembre 2026, comme de la liste noire de la Commission chypriotte des valeurs mobilières. Cette absence ne vaut pas certificat de fiabilité : elle signifie seulement que la plateforme s’est éteinte avant qu’un régulateur ne formalise un avertissement à son sujet.

Les recours encore ouverts aux personnes ayant payé sur Tesxcoin

Le fait que tesxcoin.com ne figure plus au fichier des .com et que l’adresse ne résout plus ne clôt pas les droits des personnes ayant versé des fonds à cette vitrine. Les opérations bancaires et les achats de cryptomonnaies effectués à cette occasion restent documentables, et c’est sur ces pièces que repose toute démarche.

Les éléments à réunir en priorité sont les suivants : les relevés bancaires et les ordres de virement liés aux versements, les justificatifs d’achats de cryptomonnaies effectués pour alimenter la plateforme, les captures des pages consultées et des échanges avec les interlocuteurs du site, ainsi que la chronologie reconstituée des dépôts et des retraits tentés. Ces pièces permettront de rattacher les mouvements de fonds au nom de Tesxcoin et d’établir les faits de façon suffisamment précise pour engager une démarche.

Sur le plan judiciaire, un versement effectué dans le cadre d’une arnaque de ce type peut être qualifié d’escroquerie. Saisir la justice est l’une des voies ouvertes, et sa préparation est décrite sur notre page consacrée au dépôt d’une plainte pénale. L’issue dépend ensuite des éléments propres à chaque situation : aucun remboursement n’est acquis d’avance, mais la voie pénale reste celle par laquelle ces montages sont instruits et par laquelle une indemnisation peut, selon les cas, être obtenue.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Le nom de domaine a quitté le registre et l’adresse ne répond plus : cela peut donner l’impression qu’il ne reste rien à saisir. Pourtant, les fonds versés ont transité par des circuits bancaires ou des échanges de cryptomonnaies qui laissent des traces, et des affaires de fausses plateformes d’investissement ont été portées jusqu’à des décisions de justice. C’est ce que présente la vidéo ci-dessous, dans laquelle Maître Anne Bernard-Dussaulx, dont le cabinet relève du barreau de Paris, expose le déroulement concret d’une procédure pénale pour escroquerie : comment une plainte est construite et déposée, comment des suspects peuvent être mis en examen, et ce que les victimes de fausses plateformes d’investissement peuvent espérer obtenir en termes d’indemnisation.

Questions fréquentes sur Tesxcoin

Pourquoi le nom tesxcoin.com ne figure-t-il plus au fichier des .com ?

Le fichier des .com, interrogé le 12 septembre 2026, ne comporte plus aucune ligne au nom de tesxcoin.com, et l’adresse ne résout plus aucun enregistrement. Le nom était encore actif au début de l’année 2024, lorsque notre enquête a été publiée : il a depuis quitté le registre, ce qui signifie qu’il n’est plus délégué et qu’aucun serveur ne peut plus répondre sous ce nom. Une vitrine qui disparaît ainsi n’efface pas les opérations qu’elle a permises, mais elle prive les personnes concernées de tout interlocuteur sur ce domaine.

Que révèlent les certificats relevés pour Tesxcoin ?

Les certificats enregistrés au nom de tesxcoin.com portaient comme sujet deux autres libellés, cointesx.vip et www.cointesx.cc, dont les lettres reproduisent exactement celles de tesxcoin. Délivrés par Let’s Encrypt, ils étaient valables pour tesxcoin.com et www.tesxcoin.com, et les dates d’émission relevées s’échelonnent du 17 novembre 2023 au 2 février 2024, soit après la publication de notre enquête. Aucun de ces noms ne résout plus aujourd’hui.

Quelles démarches engager lorsqu’on a payé pour du minage sur Tesxcoin ?

La première étape consiste à réunir tout ce qui documente la relation : relevés bancaires et ordres de virement, achats de cryptomonnaies liés à la plateforme, captures des pages consultées et des échanges avec les interlocuteurs du site, ainsi que la chronologie des dépôts et des retraits. Le versement destiné au minage de cryptomonnaies doit pouvoir être relié à ce nom précis. Ces pièces permettent de faire qualifier les faits et d’engager les démarches utiles : une plainte pour escroquerie peut être déposée, et le service d’aide aux victimes de BrokerDefense examine la situation de chacun pour déterminer les recours encore ouverts.

Les personnes ayant voulu investir dans le minage de cryptomonnaies via Tesxcoin ont eu affaire à une vitrine sans société identifiable, dont le nom ne figure plus au fichier des .com et dont l’adresse ne résout plus aucun enregistrement : les certificats de cette vitrine portaient pourtant un second nom bâti sur les mêmes lettres, ce qui témoigne d’une organisation délibérée. Avant de confier des fonds à une plateforme de minage ou d’investissement, vérifier l’existence d’une société enregistrée, la réalité de l’enregistrement du domaine et la détention de toute autorisation réglementaire applicable : ces vérifications font partie de la méthode que BrokerDefense applique à chaque dossier.

Article réécrit le 12/09/2026

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