
Sommaire
- enerixinvest.pro : plus aucune inscription au registre du .pro
- Bamboozle Group LTD, une société déclarée à Saint-Vincent-et-les-Grenadines
- Les pages conservées en octobre 2023 : offres, comptes et portail client
- Une vitrine multilingue montée sur WordPress, servie depuis l’infrastructure de Cloudflare
- Des encaissements passés par des prestataires de paiement tiers
- Des fonds virés à enerixinvest.pro : les démarches encore possibles
- EnerixInvest : trois questions après la disparition de la vitrine
enerixinvest.pro : plus aucune inscription au registre du .pro
Le nom enerixinvest.pro ne figure plus au registre des noms en .pro : interrogé le 13 septembre 2026, ce registre ne restitue plus aucun enregistrement pour ce nom, ni pour sa variante avec le préfixe www. L’adresse ne résout plus, quel que soit le type d’enregistrement demandé : adresse, courriel, serveurs de noms, texte ou alias. Il ne reste donc rien d’une vitrine dont les copies publiques les plus récentes, prises en décembre 2025, montraient encore un courtier financier « moderne ».
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Le relevé d’enregistrement conservé au dossier situait le nom chez le bureau d’enregistrement NameSilo, LLC. Le nom avait été créé le 23 décembre 2021, avec une échéance alors fixée au 23 décembre 2023 ; il était verrouillé contre tout transfert. Le titulaire était masqué derrière le service de confidentialité PrivacyGuardian.org, déclaré à Phoenix, en Arizona, sans qu’aucun nom exploitable n’y soit rattaché. La vitrine a visiblement été reconduite au-delà de cette échéance : la première copie publique conservée remonte au 5 février 2023, et la dernière au 5 décembre 2025. Entre la création du nom et cette dernière copie, la vitrine aura donc été servie sans interruption connue pendant près de quatre ans.
Dernière mise à jour : 13/09/2026
Bamboozle Group LTD, une société déclarée à Saint-Vincent-et-les-Grenadines
Le pied de page des copies conservées indiquait, dans un libellé en anglais, que la vitrine était détenue et exploitée par une entité dénommée Bamboozle Group LTD, à l’adresse Suite 305, Griffith Corporate Centre, Kingstown, P.O. Box 1510, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, sous le numéro 26495BC21021. Aucun numéro de registre du commerce local et aucune adresse d’exploitation distincte n’y figuraient. Cette dénomination est celle qu’affichait la vitrine : BrokerDefense ne formule aucune conclusion sur l’existence réelle de cette entité.
Ce qui est en revanche établi, c’est l’absence totale d’information de régulation sur la vitrine elle-même : aucun numéro d’autorisation n’y était mentionné, aucune autorité de tutelle n’y était nommée. La vérification conduite le 13 septembre 2026 auprès des listes noires et mises en garde publiées par l’AMF n’a révélé aucune entrée correspondant à « enerixinvest » à cette date. La liste noire publiée par la CySEC, consultée le même jour, ne comportait pas davantage ce nom. Le registre britannique des sociétés ne recense aucune société liée à la chaîne « enerixinvest ». L’absence d’inscription sur ces listes ne vaut pas attestation de régularité : elle signifie seulement qu’aucune autorité n’a, à ce jour, recensé ce nom dans ses publications. Une plateforme de trading légalement autorisée publie systématiquement son numéro d’agrément et le nom de son régulateur ; EnerixInvest n’en a jamais produit aucun.
Les pages conservées en octobre 2023 : offres, comptes et portail client
Le constat internet établi selon le référentiel AFNOR Z67-147, réalisé le 30 octobre 2023, comprend onze pages capturées, onze vues d’écran et un journal des échanges réseau. La cible du constat est enerixinvest.pro, servie à cette date depuis l’adresse 104.21.77.151. Ce document constitue la trace opposable la plus précise de ce que la vitrine proposait.
La navigation était organisée autour de quatre rubriques principales : « Markets », qui déclinait les matières premières, le forex, les indices et les actions ; « Trading », qui présentait les différents comptes, une plateforme maison, un mécanisme de bonus, une protection du solde négatif et un programme de parrainage ; « Instruments », consacrée au calendrier économique, à l’analyse technique et aux instruments de trading disponibles ; et « About Us », qui regroupait les documents juridiques, une rubrique de présentation et les contacts. Un accès « Sign In », un formulaire d’inscription « Sign Up » et un « Client portal » complétaient le dispositif.
L’argumentaire commercial affichait « plus de 2 000 instruments », « plus de 80 paires de devises », un levier de 1:1 à 1:100, des commissions nulles sur les dépôts et les retraits hors frais bancaires, une exécution des ordres à partir de 14 ms, une protection contre le solde négatif, et l’affirmation que les offres de la société étaient conformes aux normes internationales. Quatre formules de compte étaient annoncées : « Mini » à 250 dollars, « Standart » à 2 500 dollars, « Classic » à 5 000 dollars et « VIP » à 10 000 dollars, chacune associée à un levier croissant. La page d’accueil affichait également des chiffres présentés comme des réalisations, « 150 + MILLIERS DE CLIENTS ACTIFS », « 67 + MILLIONS DE TRANSACTIONS CHAQUE ANNÉE », « 34 + MILLIONS DE VOLUME D’ÉCHANGES PAR MOIS », « 420 + MILLIONS DE MONTANT TOTAL DES TRANSACTIONS », sans que l’un quelconque de ces chiffres soit rattaché à une source vérifiable ou à un document tiers. La vitrine indiquait en pied de page ne pas accepter de clients provenant des États-Unis, d’Ukraine, du Japon et des Émirats arabes unis. La permanence était affichée du lundi au samedi, de neuf heures à dix-neuf heures. Le seul courriel de contact direct affiché était [email protected]. Un autre dossier publié par BrokerDefense, le dossier consacré à Arena Capital FX, remontant au 24 janvier 2024, portait sur une vitrine de trading qui déclarait de son côté une adresse au Griffith Corporate Centre, à Saint-Vincent-et-les-Grenadines.
Une vitrine multilingue montée sur WordPress, servie depuis l’infrastructure de Cloudflare
L’examen du journal des échanges réseau annexé au constat révèle une pile technique précise. Le système de gestion de contenu est WordPress 6.1, associé au thème commercial maxbizz. Le constructeur de pages est Elementor, avec sa déclinaison Elementor Pro ; le bandeau animé est Revolution Slider 6.5.12 ; la gestion du multilingue est assurée par WPML 4.4.10 ; les formulaires sont gérés par Contact Form 7 ; un module de gestion de la relation client, cp-crm-integration, complète l’ensemble. La vitrine était proposée en neuf versions linguistiques : allemande, anglaise, bulgare, espagnole, italienne, néerlandaise, polonaise, portugaise et russe. Les fichiers du dossier d’images du site portaient des dates de 2020 et de 2022, antérieures à la création du nom enerixinvest.pro lui-même, survenue en décembre 2021 : la vitrine s’appuyait donc sur des ressources plus anciennes que son propre domaine.
Les deux adresses relevées dans les échanges réseau, 172.67.209.81 et 104.21.77.151, appartiennent au même prestataire de diffusion, Cloudflare, dont les serveurs de noms étaient annoncés dans le relevé d’enregistrement conservé au dossier. Un autre dossier publié par BrokerDefense, l’enquête sur Arena Capitals, portait en mars 2024 sur une vitrine dont le pied de page indiquait, comme ici, une suite au Griffith Corporate Centre, à Saint-Vincent-et-les-Grenadines.
Des encaissements passés par des prestataires de paiement tiers
Le journal des échanges réseau annexé au constat fait apparaître des appels vers checkout.razorpay.com, prestataire de paiement en ligne, et vers songbird.cardinalcommerce.com, service d’authentification du porteur de carte lors du paiement. Ces deux prestataires sont des services tiers indépendants de la vitrine ; ils ne lui confèrent aucune qualité réglementaire et n’entretiennent aucun lien de régulation avec elle.
Les graphiques de marché affichés sur la page d’accueil étaient fournis par TradingView, dont les flux, les composants graphiques et les ressources statiques étaient appelés par la page. La vitrine intégrait également des contenus tiers depuis la plateforme Twitter. Ces intégrations donnaient à la vitrine une apparence de fonctionnalité boursière ordinaire, sans que l’un ou l’autre de ces prestataires ait à répondre du contenu commercial ou des pratiques d’EnerixInvest.
Des fonds virés à enerixinvest.pro : les démarches encore possibles
Le nom enerixinvest.pro ne figure plus au registre des noms en .pro, l’adresse ne résout plus et ce domaine ne fait l’objet d’aucun signalement communautaire. Pour les personnes ayant viré des fonds vers cette vitrine, ces constats ne closent pas les recours : la trace bancaire du virement subsiste, indépendamment de la disparition du nom.
Le premier réflexe consiste à réunir les pièces qui portent la trace des opérations : avis de virement et relevés de compte correspondants, courriels échangés avec la vitrine, captures d’écran de l’espace de trading et documents remis à l’ouverture du compte. Ces éléments doivent être communiqués à l’établissement bancaire ayant émis les virements, en demandant par écrit si une procédure de récupération des fonds est envisageable. La contestation doit être formulée le plus tôt possible, les délais applicables variant selon les établissements et les modalités de paiement utilisées.
Sur le plan pénal, la page consacrée au dépôt d’une plainte pénale réunit, pour chaque situation, les pièces utiles et les interlocuteurs compétents.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Lorsqu’un virement a été émis vers une vitrine dont le nom ne figure plus au registre, la trace bancaire de ce virement reste le point d’appui le plus solide pour envisager un recours. Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate dont l’activité relève du barreau de Paris, décrypte dans l’entretien vidéo reproduit plus bas une décision par laquelle un tribunal judiciaire a condamné une banque pour manquement à son devoir de vigilance lors de virements anormaux, aboutissant à l’indemnisation d’une victime d’escroquerie financière. Cette décision montre ce que des recours bancaires peuvent produire lorsque les circonstances d’un virement auraient dû alerter l’établissement.
EnerixInvest : trois questions après la disparition de la vitrine
Le registre des noms en .pro, consulté le 13 septembre 2026, ne restitue plus aucun enregistrement pour enerixinvest.pro, ni pour sa variante avec le préfixe www. L’adresse ne résout plus pour aucun type d’enregistrement demandé. Cela signifie que le nom n’est plus actif et que la vitrine n’est plus accessible depuis cette adresse. Le relevé d’enregistrement conservé au dossier indique que le nom avait été créé le 23 décembre 2021 chez NameSilo, LLC, et que des copies publiques de la vitrine ont encore été prises en décembre 2025 : le nom aura donc fonctionné pendant près de quatre ans avant de disparaître du registre.
Non. Ni notre enquête du 2 janvier 2024 ni les vérifications conduites le 13 septembre 2026 n’ont permis d’identifier un quelconque numéro d’autorisation ni le nom d’une autorité de tutelle. La vitrine n’indiquait aucune information de régulation dans ses pages. Les listes noires et mises en garde publiées par l’AMF, la liste noire de la CySEC et le registre britannique des sociétés, interrogés à cette date, ne comportent aucune entrée correspondant à « enerixinvest ». L’absence d’inscription sur ces listes ne vaut pas régularité : une plateforme légalement autorisée publie son numéro d’agrément et le nom de son régulateur ; EnerixInvest n’en a jamais produit.
Oui. La disparition du nom du registre ne supprime pas la trace bancaire des virements effectués. Les justificatifs bancaires des virements restent opposables, et une demande de restitution peut être présentée à l’établissement qui les a exécutés, sans garantie de résultat. Une plainte reste possible : la page consacrée au dépôt d’une plainte pénale en décrit les modalités, et notre service d’aide aux victimes peut être saisi pour examiner un dossier de ce type.
Le cas d’EnerixInvest correspond à une situation devenue courante : une plateforme de trading en ligne attire des personnes qui ouvrent un compte et virent des fonds pour l’alimenter, avant de disparaître. Aucune fiche ne subsiste désormais au registre des noms en .pro et aucune autorisation de régulateur n’a jamais été produite par cette vitrine. Avant d’alimenter toute plateforme de trading, la seule précaution fiable est de confronter son nom aux listes du régulateur compétent et de s’assurer de l’identité réelle de l’exploitant, sans se contenter des mentions affichées dans un pied de page.
Article réécrit le 13/09/2026


