Exorays arnaque : une vitrine entretenue après notre enquête

Près de trois ans après notre enquête, ce nom de courtier ne laisse plus aucune trace

Passé au crible le 13 septembre 2026, le registre des .com ne restitue plus rien pour exorays.com. Le nom n’y figure plus, et plus aucune requête ne reçoit de réponse, du plus simple au plus spécifique : adresse de la machine, serveurs de courriel, serveurs de noms, entrées textuelles ou alias, pour le domaine comme pour sa variante préfixée par www. Ce constat, établi près de trois ans après notre enquête du 28 décembre 2023, marque la fin observable d’une infrastructure qui avait pourtant été entretenue bien au-delà de la date à laquelle nous avions publié notre analyse.

Le relevé d’enregistrement conservé au dossier, daté du 18 décembre 2023, situe la création du nom au 26 juin 2023 à 16 h 39 min 00 s (UTC). L’expiration était alors annoncée pour le 26 juin 2024, et la dernière modification du relevé remontait au 10 juillet 2023 à 11 h 58 min 54 s (UTC). Or les journaux publics de certificats montrent que l’entretien technique du nom s’est poursuivi sans interruption jusqu’au 9 juillet 2025, soit plus d’un an après la date d’expiration initialement annoncée. Le dernier certificat relevé, émis par Sectigo, était valable jusqu’au 6 octobre 2025, mais aucun certificat postérieur au 9 juillet 2025 n’apparaît dans ces journaux.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Aucune des publications que l’AMF consacre aux acteurs non autorisés ne fait apparaître « exorays » ; la vérification, effectuée le 13 septembre 2026, est restée sans résultat. Ce silence ne vaut pas quitus : il établit seulement qu’aucune autorité n’a formellement épinglé ce nom dans ses avertissements. Du côté chypriote, la CySEC, dont la liste a été consultée à la même date, est tout aussi muette. Le registre britannique des sociétés ne fait pas davantage remonter d’entité portant cette chaîne de caractères. Ces vérifications nourrissent un constat simple : l’opacité de la vitrine n’a jamais été compensée par une quelconque reconnaissance officielle.

Dernière mise à jour : 13/09/2026

Les promesses affichées sur la page d’accueil de la plateforme

Le constat établi le 18 décembre 2023 selon le référentiel AFNOR Z67-147 a figé l’intégralité de la vitrine telle qu’elle répondait depuis l’adresse https://exorays.com/fr/home-fr/. Le titre de l’onglet et le titre affiché portaient le seul mot « Exorays ». La page s’ouvrait sur le slogan « Faites Passer Votre Trading au Niveau Supérieur avec Exorays », accompagné de l’accroche : « Nous sommes engagés à renforcer vos stratégies de trading pour un maximum de succès. »

Quatre arguments étaient présentés en bonne place : « Outils de Trading Avancés », « Une sécurité sans compromis », « Infrastructure de niveau institutionnel » et « Gagnez en Tradant », ce dernier décrit comme un rabais sur les crypto-monnaies. Deux appels à l’action orientaient le visiteur : « Ouvrir un Compte » et « Voir la Plateforme ». Les marchés annoncés couvraient le Forex, les indices, les crypto-monnaies, les actions et les matières premières, avec la promesse d’un accès à plus de 500 produits dans différentes classes d’actifs.

Un bandeau de cotations indicatives défilait en haut de page, affichant des paires telles qu’AUD/NZD, CAD/JPY, BCH/BTC, ETH/BTC, BTC/USDT, ETH/USDT, CAD/CHF, GOLD, BTC/GBP, XMR/EUR, EUR/RUB, GBP/USD et EUR/CHF, avec des prix figés à l’hiver 2023 et des boutons « Buy » et « Sell ». La page décrivait également une offre structurée sous forme de « Bundles », des ETF présentés comme des lots d’investissement. Le menu de navigation proposait : Salle de trading, Notre plateforme, Types de compte, À propos, FAQ, Contact, puis les boutons « S’identifier » et « S’inscrire ».

Le bas de page comportait un avertissement générique sur les risques du trading sur marge, des crypto-monnaies et des contrats de différence, rappelant que le capital investi peut être perdu. La rubrique « Nos bureaux » y figurait, assortie d’un numéro commençant par +447 (dont les chiffres suivants étaient déjà masqués dans la copie conservée) et de l’adresse [email protected], ainsi qu’une invitation à s’abonner à une lettre d’information. Les mentions légales, elles, ne livraient ni le nom d’une société, ni une adresse physique complète, ni le pays d’enregistrement de l’éditeur. Ce schéma d’opacité totale rappelle celui documenté dans le dossier consacré à Primenox.io, publié le 9 janvier 2024, qui portait sur une autre plateforme de trading dont le nom a ensuite cessé d’être employé.

Les renseignements d’état civil demandés avant même d’accéder à la plateforme

Deux formulaires ont été conservés dans le constat. Le premier est un formulaire de connexion limité à deux champs, « E-MAIL » et « Mot de passe », complété d’un lien de réinitialisation du mot de passe. Ce formulaire suffisait à bloquer tout accès à la salle de trading pour quiconque n’était pas déjà inscrit.

Le second formulaire, celui d’inscription, réclamait le Prénom, le Nom, l’adresse « E-MAIL », le numéro de Téléphone et un Mot de passe. Dès cette étape, avant tout dépôt et avant même d’avoir entrevu la plateforme, le visiteur transmettait donc l’ensemble de ses coordonnées personnelles à un éditeur qui ne s’était pas identifié dans ses mentions légales. L’ensemble des pages relevées dans le constat, y compris les pages d’ouverture de compte, de dépôt, de salle de trading, de présentation de la plateforme, de types de compte, de FAQ et de réinitialisation du mot de passe, était servi en français sous le répertoire /fr/.

Un thème de courtier recyclé, dont les ressources datent de 2021

L’analyse des sources HTML conservées révèle que la vitrine repose sur WordPress, avec un thème de courtier prêt à l’emploi dont le répertoire porte le nom « prfwp ». Ce détail, en apparence technique, devient probant lorsqu’on examine les horodatages des ressources embarquées : plusieurs illustrations, arrière-plans et visuels représentant le Forex, les indices, les crypto-monnaies, les actions et les matières premières renvoient à des dossiers datés de décembre 2021 et de février 2022. Or le nom exorays.com n’a été créé qu’en juin 2023, soit environ dix-huit mois plus tard. La vitrine n’a donc pas été bâtie pour ce nom : elle a été montée à partir d’éléments conçus bien avant son enregistrement.

Un sous-domaine distinct, widgets.exorays.com, servait le script de widgets propre au thème, dont un fichier de configuration était embarqué directement dans le code. Le code transportait également un jeton identifié comme « PLATFORM_BRAND_GUST_TOKEN », ce qui suggère que la même infrastructure technique sous-jacente était partagée entre plusieurs enseignes. Deux bibliothèques répandues étaient chargées depuis un réseau de distribution public : jQuery 3.3.1 et AngularJS 1.8.2.

Le journal des échanges réseau, qui représente 1 815 641 octets dans le constat, montre que les appels de la plateforme de trading convergeaient vers binarytradingcore.com, notamment par un canal de communication en temps réel, ainsi que vers api.exorays.com. Un module de discussion instantanée était chargé depuis une adresse hébergée sous ssl.cf1.rackcdn.com, et un widget de calendrier économique provenait du domaine xs5.xopenhub.pro. Le formulaire de contact reposait sur Contact Form 7, et le site exposait son interface de programmation sous /wp-json/.

Le dépositaire du nom, l’hébergement, et des certificats jusqu’à l’été 2025

Le relevé d’enregistrement conservé au dossier désigne Key-Systems GmbH (identifiant IANA 269) comme bureau d’enregistrement ; ce relevé était servi par whois.rrpproxy.net et la page de contact renvoyait vers hostinger.com. Le titulaire avait choisi de masquer son identité derrière le service de confidentialité whoisproxy.com, dont l’adresse déclarée était 604 Cameron Street, Alexandria, Virginie (États-Unis). Le nom, l’adresse réelle, le téléphone et le courriel du titulaire restaient ainsi inaccessibles. Le nom était par ailleurs verrouillé contre tout transfert (clientTransferProhibited). Les serveurs de noms annoncés étaient serena.ns.cloudflare.com et sri.ns.cloudflare.com, confirmant le recours à Cloudflare pour l’acheminement du trafic. L’adresse de la machine qui répondait effectivement aux requêtes était 172.67.193.159, localisée aux États-Unis, sans nom associé en résolution inverse.

Le premier certificat relevé dans les journaux publics de certificats porte la date du 10 juillet 2023, soit le lendemain de la dernière modification du relevé d’enregistrement. Successivement émis par Sectigo puis par Google Trust Services, ces certificats étaient de type générique, couvrant à la fois le domaine et ses sous-domaines (*.exorays.com). Les renouvellements se sont succédé sans interruption jusqu’au 9 juillet 2025, date du dernier certificat relevé, émis par Sectigo et valable jusqu’au 6 octobre 2025. Après cette date, les journaux publics de certificats ne signalent plus aucune émission nouvelle pour ce nom. Ce maintien prolongé de l’infrastructure sur une période de deux ans rappelle un mécanisme similaire mis en évidence dans le dossier consacré à OneNFX, publié le 5 janvier 2024, qui portait sur un autre nom de courtier dont l’enregistrement n’avait tenu qu’une seule année.

Des versements effectués sur Exorays : par quoi commencer

Les personnes ayant transmis des fonds à Exorays doivent d’abord rassembler l’ensemble des preuves en leur possession : captures d’écran des interfaces de la plateforme, copies des échanges de courriels et de messages, relevés des ordres de virement ou des transactions par carte, et tout document remis lors de l’ouverture du compte. Ces pièces constituent le socle de toute démarche, qu’elle soit amiable, administrative ou judiciaire.

La voie pénale est souvent la plus adaptée à ce type de situation. Le détail des formalités figure sur la page consacrée au dépôt d’une plainte pénale, qui précise les documents à joindre et l’autorité à saisir selon les circonstances.

Contactez notre service d’aide aux victimes

La vidéo ci-après met en lumière le déroulé d’une procédure dans un dossier de faux investissements portée jusqu’à la Cour de cassation, avec les étapes qui ont conduit à une décision favorable aux victimes. Elle est présentée par Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau parisien, dont l’expérience de ce type de contentieux éclaire concrètement ce qu’une procédure tenace peut permettre d’obtenir, même dans des dossiers anciens.

Exorays : comment vérifier un courtier avant de lui confier des fonds

Que signifie, pour exorays.com, l’absence de fiche dans le registre des .com ?

Depuis, toute interrogation du registre des .com reste sans réponse pour exorays.com, et l’adresse ne résout plus quel que soit le type d’enregistrement demandé. Concrètement, plus aucun titulaire actif ne porte ce nom, et l’infrastructure qui faisait tourner la plateforme ne répond plus. Cette situation ne signifie pas que les responsables sont introuvables : les journaux publics de certificats et le relevé d’enregistrement conservé au dossier continuent de documenter l’historique technique du nom, qui s’étend du 26 juin 2023 au moins jusqu’au 9 juillet 2025. Ces éléments conservés restent des pièces utiles dans le cadre d’une procédure.

Le nom d’exorays.com a-t-il été inscrit sur une liste noire d’autorité ?

Non. L’interrogation des publications officielles effectuée le 13 septembre 2026 ne renvoie rien pour ce nom, qu’il s’agisse des mises en garde à l’attention des épargnants ou des communications de l’autorité chypriote. Il faut y voir un simple défaut de recensement et non une reconnaissance de conformité. Ce point est d’autant plus important que la vitrine conservée ne mentionnait aucune raison sociale, aucune adresse complète et aucun pays d’immatriculation, rendant impossible la moindre vérification dès l’enquête du 28 décembre 2023.

Des démarches restent-elles envisageables après des versements à Exorays ?

Oui. Que ce nom ne figure plus dans les fichiers du .com ne ferme pas la porte aux recours. Les pièces réunies avant et pendant l’utilisation de la plateforme, telles que les confirmations de virement, les relevés de carte, les échanges de courriels avec l’adresse [email protected] et les captures d’écran des interfaces, constituent un dossier de preuve qui peut être soumis à une juridiction pénale. Le relevé d’enregistrement conservé au dossier identifie Key-Systems GmbH comme bureau d’enregistrement et whoisproxy.com comme service de confidentialité du titulaire, ce qui peut orienter une enquête. Il est conseillé de déposer une plainte pénale dans les meilleurs délais et de consulter un professionnel du droit spécialisé dans ce type de litige.

Exorays se présentait comme une salle de trading ouverte sur le Forex, les crypto-monnaies et les contrats de différence, et recueillait l’état civil complet de ses utilisateurs dès le formulaire d’inscription, avant tout accès à la plateforme. Aujourd’hui, ce nom n’apparaît plus dans les fichiers du .com et n’a jamais été épinglé par une autorité : pour les personnes ayant viré des fonds, il ne subsiste que les recours amiables et judiciaires. Reste une règle élémentaire, qui aurait suffi à écarter ce dossier : identifier qui édite la plateforme, contrôler l’agrément revendiqué et lire les mentions légales avant d’engager le premier euro.

Article réécrit le 13/09/2026

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