Sommaire
- Le nom coinstores.vip reste enregistré jusqu’au 2 décembre 2026 sans desservir aucune page
- Ce que la place d’échange annonçait : treize paires cotées, des graphiques de trading et des licences sans numéro
- Un réenregistrement du 2 décembre 2025 à l’abri d’un mandataire de confidentialité
- Aucune entrée au nom de coinstores.vip dans les fichiers de l’AMF
- Récupérer la trace d’un envoi de cryptomonnaies vers une place d’échange éteinte
- Constituer le dossier : les pièces à produire après un dépôt sur coinstores.vip
- Trois interrogations fréquentes à propos de coinstores.vip
Le nom coinstores.vip reste enregistré jusqu’au 2 décembre 2026 sans desservir aucune page
Relevé le 13 septembre 2026, le nom coinstores.vip existe toujours dans le système de noms de domaine et délègue à trois serveurs de noms, ns1.dnsowl.com, ns2.dnsowl.com et ns3.dnsowl.com, mais aucune adresse de serveur n’est publiée pour ce nom, aucun enregistrement de messagerie ne figure dans la zone, aucun enregistrement de texte n’y est attaché, et la forme www.coinstores.vip ne renvoie absolument aucune réponse.
La fiche du registre du .vip, consultée à la même date, indique une date d’enregistrement fixée au 2 décembre 2025 et une date d’expiration fixée au 2 décembre 2026. Le bureau d’enregistrement retenu est NameSilo, LLC, établi aux États-Unis. Le statut du nom interdit tout transfert vers un autre registraire. Le titulaire réel est dissimulé derrière le service de confidentialité PrivacyGuardian.org, ce qui rend toute identification directe impossible à partir des données publiques.
Nos vérifications menées le 13/09/2026 n’ont fait apparaître aucune mise en garde nominative visant cette enseigne, ni du côté de l’autorité française des marchés financiers, ni du côté de la Commission des valeurs mobilières de Chypre, ni dans les registres britanniques. Le détail de ces recherches figure plus loin dans cet article.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dernière mise à jour : 13/09/2026

Ce que la place d’échange annonçait : treize paires cotées, des graphiques de trading et des licences sans numéro
Les copies publiques conservées pendant la période d’exploitation permettent de reconstituer avec précision ce que la vitrine proposait. L’application reposait sur une architecture de type Vue.js, avec des fichiers app et chunk-vendors caractéristiques, une bibliothèque de graphiques de trading, une liaison temps réel de type WebSocket et des points d’accès de cotations alimentant l’affichage des prix en direct. Un fil d’actualités et un générateur de QR code complétaient l’ensemble, conférant à l’interface l’apparence d’une place d’échange professionnelle.

Treize crypto-actifs étaient présentés visuellement sur la plateforme : BTC, ETH, XRP, LTC, BCH, EOS, ETC, IOTA, NEO, SNT, TRB, USDC et WICC. Les slogans relevés lors de nos premières investigations, notamment « First Stop for Popular Crypto », « Trade over 50 cryptocurrencies on Coinstore » et « Trade Anytime. Anywhere. », visaient à convaincre l’utilisateur de la profondeur et de la disponibilité de l’offre.
Sur le plan réglementaire, la vitrine revendiquait des licences aux États-Unis, au Canada et en Australie. Aucun numéro de régulation n’était associé à ces déclarations, aucune autorité n’était nommée avec précision et aucune vérification indépendante n’était possible. Notre article d’origine, publié le 13 décembre 2023, relevait également l’absence totale de coordonnées vérifiables : ni adresse physique, ni numéro de téléphone, ni adresse électronique. Aucune page de mentions légales distincte n’existait sur le site.
La publication de contenus informatifs constituait un procédé supplémentaire destiné à fabriquer une apparence de légitimité. Cette technique, associée à une interface techniquement élaborée, rendait la détection du caractère frauduleux moins immédiate pour un utilisateur non averti.
Un réenregistrement du 2 décembre 2025 à l’abri d’un mandataire de confidentialité
Nos relevés publics conservent 84 captures de coinstores.vip entre le 28 décembre 2023 et le 25 septembre 2024. Les derniers relevés montrant l’application en fonctionnement, avec ses points d’accès de cotations actifs, datent précisément du 25 septembre 2024. Un service de contrôle de réputation en ligne conserve pour sa part quatre relevés de ce nom, le dernier en date étant celui du 2 juillet 2024.
Entre cette date de juillet 2024 et le 2 décembre 2025, aucune donnée publique ne documente l’activité du nom. La fiche du registre ne conserve qu’une seule date d’enregistrement, le 2 décembre 2025 : ce calendrier implique que l’enregistrement qui portait la plateforme pendant son exploitation n’a pas été renouvelé, et qu’un nouvel enregistrement a été ouvert le 2 décembre 2025, plus d’un an après les dernières traces publiques d’activité. Qui a procédé à ce réenregistrement et dans quel but reste inconnu, le service PrivacyGuardian.org masquant l’identité du titulaire actuel.
Ce type de trajectoire n’est pas sans précédent dans les dossiers que nous suivons. À titre de comparaison, le dossier algobi.com illustre comment un nom enregistré en 2017, puis laissé huit ans sur des pages de stationnement, a pu être transformé en vitrine de trading à la faveur d’un nouveau cycle d’enregistrement.
Dans le cas de coinstores.vip, le fait que le nom soit aujourd’hui techniquement vide, sans serveur, sans messagerie et sans aucune page accessible, ne garantit pas qu’il le restera jusqu’à l’expiration du 2 décembre 2026. La surveillance de ce nom reste justifiée pour toute personne ayant eu des fonds engagés sur la plateforme.
Aucune entrée au nom de coinstores.vip dans les fichiers de l’AMF
La recherche menée le 13/09/2026 sur l’ensemble des fichiers de listes publiés par l’AMF, portant sur les produits dérivés sur crypto-actifs, les crypto-actifs, le forex, les biens divers, les autres actifs et les options binaires, ainsi que sur la page de synthèse, ne fait apparaître aucune entrée correspondant à ce nom.
La liste noire de la Commission des valeurs mobilières de Chypre a été interrogée dans les mêmes conditions : aucune référence à coinstores.vip ni à l’enseigne Coinstores n’y figure. Les registres britanniques consultés ne comportent pas davantage de société correspondante.
Cette absence ne constitue pas une attestation de régularité. Elle signifie seulement qu’aucune autorité de supervision n’a, à ce jour, ouvert de procédure formelle ou publié de mise en garde nominative visant cette entité. Les régulateurs n’instruisent pas de façon exhaustive chaque vitrine frauduleuse disparue, en particulier lorsque celle-ci a cessé d’opérer avant qu’un signalement en bonne et due forme ne soit parvenu à leurs services.
Les éléments documentés dans notre enquête d’origine, notamment les licences revendiquées sans numéro, l’absence de coordonnées et l’absence de mentions légales, demeurent des signaux d’alerte objectifs, indépendamment de toute inscription sur une liste officielle.
Récupérer la trace d’un envoi de cryptomonnaies vers une place d’échange éteinte
La disparition de l’interface ne fait pas disparaître les traces inscrites sur les blockchains. Toute transaction en BTC, ETH ou dans l’un des onze autres crypto-actifs affichés par coinstores.vip reste lisible dans l’historique public de la chaîne concernée, à condition de retrouver l’adresse de dépôt communiquée par la plateforme à l’époque. Réunir ces adresses constitue donc la première démarche utile pour quiconque a déposé des fonds sur cette vitrine.
Les échanges écrits conservés depuis la période d’exploitation, qu’il s’agisse de messages reçus par courriel, par messagerie instantanée ou par tout autre canal utilisé par les opérateurs de la plateforme, forment un second ensemble de pièces exploitables. Leur valeur ne diminue pas avec le temps.
D’autres dossiers que nous avons traités montrent que la fermeture d’une vitrine ne clôt pas nécessairement toutes les voies disponibles : le dossier Switchx23, dénoncé pour arnaque aux cryptomonnaies et dont la vitrine ne sert plus non plus, illustre comment les démarches peuvent se poursuivre après l’extinction d’une plateforme.
Maître Goce Novakov, avocat exerçant sous le barreau parisien, revient dans l’entretien ci-après sur un arrêt de la cour d’appel de Paris rendu dans une affaire d’escroquerie, et explique en quoi une condamnation pénale modifie concrètement la situation des personnes trompées.
Constituer le dossier : les pièces à produire après un dépôt sur coinstores.vip
Toute personne ayant transféré des crypto-actifs vers coinstores.vip doit d’abord préciser la nature exacte de ce qu’elle a envoyé : quel actif, quelle quantité, depuis quel portefeuille ou quelle place d’échange tierce. Cette précision conditionne la pertinence de l’analyse de chaîne qui peut être conduite ensuite.
Les captures d’écran des pages de la vitrine réalisées pendant la période d’utilisation, les relevés des dépôts effectués et l’ensemble des échanges écrits avec les opérateurs de la plateforme constituent les pièces centrales du dossier. Chaque document doit être conservé dans son format d’origine, sans modification, afin de préserver sa valeur probante.
Sur le plan pénal, la marche à suivre pour déposer plainte est détaillée sur notre site et permet de comprendre comment articuler ces éléments dans une procédure formelle. Cette étape reste possible même lorsque la vitrine a cessé d’opérer depuis plusieurs mois.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Trois interrogations fréquentes à propos de coinstores.vip
Le nom est enregistré jusqu’au 2 décembre 2026 au nom d’un titulaire masqué par PrivacyGuardian.org, mais aucune page n’est accessible et aucun serveur n’est configuré à cette date. Un réenregistrement actif ne garantit pas une reprise d’activité, mais il ne l’exclut pas non plus. Toute personne concernée par ce dossier a intérêt à surveiller l’évolution du nom jusqu’à son expiration.
Non. L’absence d’inscription sur les listes de l’AMF ou sur la liste noire de la Commission des valeurs mobilières de Chypre indique seulement qu’aucune autorité n’a publié de mise en garde formelle visant ce nom à ce jour. Cela ne vaut pas attestation de conformité réglementaire, d’autant que la vitrine revendiquait des licences américaine, canadienne et australienne sans fournir le moindre numéro de régulation vérifiable.
La fermeture de l’interface ne supprime pas les enregistrements inscrits sur les blockchains. Les transactions effectuées vers les adresses de dépôt communiquées par la plateforme restent traçables. Rassembler l’adresse de dépôt utilisée, les relevés des transferts effectués et tous les échanges écrits avec les opérateurs est la première étape concrète avant d’engager toute démarche.
Article réécrit le 13/09/2026


