Sommaire
- otcxtrading.pro : aucune reconduction depuis l’échéance d’août 2024
- Ce que le constat du 20 novembre 2023 a conservé de la plateforme
- Un assemblage WordPress décliné en six langues, sans moteur de négociation
- Chimes Consulting LTD, la seule identité livrée par la vitrine
- Des avis d’investisseurs inventés pour suppléer l’absence d’autorisation
- Sur quoi s’appuyer quand plus aucune vitrine ne répond
- Trois questions de lecteurs sur OTCX Trading
otcxtrading.pro : aucune reconduction depuis l’échéance d’août 2024
Le nom otcxtrading.pro a été créé le 7 août 2023 avec une échéance fixée au 7 août 2024. Cette échéance n’a jamais été honorée : le nom n’a pas été reconduit, et son exploitation s’est interrompue peu après la dernière page servie, le 20 novembre 2023. Des redirections ont encore été relevées le 26 décembre 2024, puis les 3 et 4 mars 2025, mais aucune page n’a été servie au-delà. Aujourd’hui, le fichier des enregistrements des .pro ne restitue plus rien pour ce nom, et plus aucun serveur n’y répond.
Au moment où le nom était actif, son bureau d’enregistrement était NameSilo, les serveurs de noms étaient ceux de Cloudflare (mira.ns.cloudflare.com et zahir.ns.cloudflare.com), et les données du titulaire étaient masquées par un service de confidentialité déclaré aux États-Unis, en Arizona. Le statut technique porté à la fiche mentionnait un transfert interdit. La fiche avait été mise à jour une dernière fois le 31 octobre 2023, soit moins de trois semaines avant que les pages cessent d’être servies.
Désormais, il ne reste aucun exploitant identifiable : ni titulaire accessible, ni bureau d’enregistrement joignable via une fiche active, ni serveur résolvant le nom. La disparition est totale du point de vue de l’infrastructure.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dernière mise à jour : 13/09/2026
Ce que le constat du 20 novembre 2023 a conservé de la plateforme
Un constat électronique au format AFNOR Z67-147 a été dressé le 20 novembre 2023, de 07h36 à 07h46 UTC, soit exactement deux jours avant la publication de notre article d’origine. Le constat a figé quatre adresses : la racine du site, /about-us, /support et /Terms_and_Conditions.pdf. Le navigateur utilisé était Chrome 110 sous environnement Linux, et l’adresse cible relevée à ce moment était 188.114.96.2, rattachée à Cloudflare et localisée aux États-Unis.
La vitrine présentait une offre structurée autour de la négociation de CFD : un terminal désigné comme « WebTrader », quatre types de comptes, des dépôts annoncés sans commission et une exécution revendiquée jusqu’à 14 ms. Une page listait explicitement les pays exclus de l’offre : la Chine, le Japon et les États-Unis. Les graphiques affichés provenaient d’un service tiers, et un formulaire de contact permettait aux visiteurs de prendre contact avec l’enseigne.
Le titre principal de la page d’accueil promettait de « conquérir les marchés et atteindre l’indépendance financière ». Ce type de formulation oriente le visiteur vers une démarche de dépôt : il est invité à franchir le pas en remplissant le formulaire, puis en effectuant des versements vers un compte dont l’exploitant réel demeurait impossible à identifier. Aucune plateforme de négociation réelle n’était mise en évidence derrière l’interface présentée.
Un assemblage WordPress décliné en six langues, sans moteur de négociation
Nos relevés techniques sur les pages conservées révèlent une pile construite autour de WordPress 6.2.2, avec le constructeur de pages Elementor 3.15.1 et sa version Pro 3.15.0, complétés par le module Element Pack. Le formulaire de contact reposait sur Contact Form 7 version 5.8. L’extension multilingue WPML assurait la déclinaison du site en six langues : anglais, français, italien, portugais, roumain et turc. Des balises de mesure d’audience Google Tag Manager et Google Analytics 4 étaient également présentes, ainsi que le jeu d’émoticônes Twemoji.
Aucun élément de cette pile ne constitue un moteur de négociation. Les graphiques affichés étaient des composants tiers intégrés visuellement dans la page : ils produisaient un effet de terminal financier sans qu’aucun ordre ne puisse y être réellement exécuté. Le décor financier était entièrement emprunté à des services externes, assemblés pour donner l’apparence d’une infrastructure de trading.
C’est précisément cette architecture qui explique la rapidité probable du montage initial et la facilité d’une disparition sans laisser de trace opérationnelle. Un tel assemblage peut être déployé en quelques jours, puis abandonné sans procédure de fermeture formelle, ce que la chronologie du nom confirme : création en août 2023, dernière page servie en novembre 2023, puis silence.
Chimes Consulting LTD, la seule identité livrée par la vitrine
L’unique mention d’identité figurant sur la vitrine se trouvait en pied de page, sous la formulation suivante : « Website is owned by Chimes Consulting LTD », avec pour adresse First Floor, The Sotheby Building, Rodney Bay, Gros-Islet, Sainte-Lucie. Aucune autre référence d’identité n’accompagnait cette mention : ni numéro d’enregistrement auprès d’une autorité de contrôle, ni licence d’exercice, ni nom d’un responsable légal.
Cette adresse ne s’accompagnait d’aucune indication opérationnelle permettant de joindre un interlocuteur réel. La mention d’une société immatriculée à Sainte-Lucie ne confère aucune autorisation d’exercer une activité de courtage auprès d’un public européen, et en particulier d’un public français, pour lequel une inscription auprès d’une autorité de contrôle compétente est exigée.
La vitrine ne présentait ni agrément, ni passeport européen, ni référence à un régulateur d’aucune juridiction. L’adresse de Sainte-Lucie fonctionnait davantage comme un élément de décor institutionnel que comme une réelle information de localisation de l’exploitant.
Des avis d’investisseurs inventés pour suppléer l’absence d’autorisation
En lieu et place des mentions légales et des autorisations réglementaires, la vitrine consacrait une section entière à des témoignages d’investisseurs présentés sous forme de portraits accompagnés de prénoms, de noms et de citations élogieuses. Cette mise en scène vise à produire un effet de communauté : le visiteur est amené à se représenter une clientèle satisfaite et active, ce qui compense visuellement l’absence totale de toute habilitation officielle. La formule « Nos portes sont toujours ouvertes pour vous ! » renforçait cette impression d’accessibilité, alors qu’aucune adresse physique opérationnelle n’était indiquée nulle part sur le site.
Nos vérifications menées le 13 septembre 2026 auprès de l’AMF, dans l’ensemble des fichiers de listes publiés (options binaires, biens divers, forex, crypto-actifs, produits dérivés sur crypto-actifs, autres actifs) ainsi que sur la page de synthèse, n’ont fait apparaître aucune entrée correspondant à otcxtrading.pro ni à l’enseigne OTCX Trading. Cette absence ne vaut pas attestation de régularité : elle signifie seulement qu’aucune autorité n’a identifié cette entité à ce jour. D’autres vitrines du même hiver ont suivi un schéma comparable, comme Advent-CMLTD, un autre nom dont l’exploitation a cessé, ou encore rvlt-online.com, un portail disparu la même saison.
Un éclairage concret sur les recours possibles lorsqu’une banque a exécuté des virements vers ce type de vitrine est apporté par Maître Goce Novakov, avocat installé à Paris, où il est membre du barreau : dans l’entretien reproduit ci-dessous, il revient sur une victoire obtenue devant la cour d’appel de Paris dans une affaire d’escroquerie au faux investissement, où la banque ayant exécuté les virements a été condamnée pour manquement à son devoir de vigilance, ouvrant ainsi la voie à l’indemnisation des victimes.
Sur quoi s’appuyer quand plus aucune vitrine ne répond
La disparition du nom et de la vitrine ne prive pas les personnes concernées de tous les leviers. Les relevés bancaires des virements effectués vers un compte associé à cette enseigne constituent des pièces opposables : ils établissent la réalité des sommes envoyées, leur date et leur bénéficiaire apparent. Ces éléments doivent être conservés dans leur intégralité, y compris les confirmations de virement et les éventuels échanges passés via le formulaire de contact du site.
La recherche de l’intermédiaire financier qui a reçu puis exécuté les ordres de virement est une piste centrale. L’établissement bancaire ou le prestataire de paiement qui a traité les fonds peut voir sa responsabilité engagée s’il est établi qu’il n’a pas exercé la vigilance attendue face à des opérations présentant des caractéristiques inhabituelles. Cette voie a déjà produit des résultats concrets devant les juridictions françaises.
Sur le plan pénal, le dépôt d’une plainte entre les mains du procureur de la République reste ouvert, y compris lorsque le site a disparu : c’est précisément dans ce type de dossier que la traçabilité des flux bancaires prend toute son importance pour les enquêteurs.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Trois questions de lecteurs sur OTCX Trading
Qu’un nom cesse d’être enregistré ne rend pas la trace bancaire du virement inutilisable. Le relevé de compte, la confirmation de l’ordre et tout échange passé via le formulaire du site constituent des pièces utilisables. La responsabilité de l’établissement qui a exécuté le virement peut être examinée, notamment si les caractéristiques de l’opération auraient dû déclencher une alerte. Un professionnel du droit peut évaluer ces éléments au regard des circonstances précises du versement.
Cette mention indique une société enregistrée à Sainte-Lucie, mais elle ne s’accompagne d’aucune autorisation d’exercer une activité de courtage, ni en France ni dans l’Union européenne. Elle ne fournit aucun numéro de licence, aucun régulateur de rattachement et aucune adresse opérationnelle vérifiable. En droit français, proposer des CFD au public suppose une inscription auprès d’une autorité de contrôle compétente, ce que la vitrine ne présentait pas. La mention en pied de page ne supplée pas cette absence.
L’absence d’un nom dans les listes de mises en garde signifie seulement qu’aucune autorité ne s’est encore prononcée sur cette entité, pas qu’elle était habilitée à recevoir des fonds. Une mise en garde suppose qu’une autorité ait eu connaissance du cas et ait mené une instruction. De nombreux sites disparaissent avant que cette procédure aboutisse. L’absence de mise en garde ne remplace donc pas la vérification préalable de l’inscription au registre des prestataires autorisés.
Article réécrit le 13/09/2026


