Sommaire
- La marque Buxberg laissée en clair sur la vitrine d’une affaire suivante
- Une inscription au volet Forex des listes du régulateur en juillet 2022
- Un habillage de courtier poussé, sans contractant désigné
- Le socle technique de la vitrine, et son seul numéro de licence
- Ce qu’une action contre l’établissement bancaire peut produire
- L’enregistrement du nom, son abandon, puis une reprise par un tiers
- Tout ce qui nous est demandé sur Buxberg
La marque Buxberg laissée en clair sur la vitrine d’une affaire suivante
Lorsque nous avons enquêté sur Milleniumchain en décembre 2023, nos relevés ont mis en évidence un fait que nous n’attendions pas : le nom de Buxberg figurait encore, en clair, sur certaines pages de la vitrine alors servie sous milleniumchain.net et milleniumchain.com. C’est l’élément le plus fort du dossier, parce qu’il relie directement les deux enquêtes sans qu’il soit nécessaire d’aller au-delà de ce que nos relevés établissent. La seule chose que nous affirmons est que le nom de Buxberg était lisible dans les pages de cette vitrine suivante ; notre dossier consacré à Milleniumchain en détaille les circonstances.
Milleniumchain a depuis lors été inscrit par l’AMF sur sa liste noire le 3 avril 2024, sous le libellé Forex. Le nom en .net ne figure plus au fichier des enregistrements du registre .net, et le .com ne sert plus qu’une coquille orientée vers une place de marché de revente. Le parcours de cette enseigne suit donc une trajectoire comparable à celle de Buxberg : une vitrine active, puis un retrait progressif, puis une disparition des registres.
Ce qui rapproche les deux montages, au-delà de la présence du nom, c’est la promesse identique qu’ils affichaient : un accès présenté comme « privilégié » aux marchés mondiaux, un habillage visuel de courtier professionnel, et l’absence de tout agrément affiché ou vérifiable. Aucune des deux enseignes ne produisait la moindre autorisation d’exercice, et aucune ne désignait clairement un responsable légal.
L’article d’origine, publié le 24 juillet 2023, avait déjà souligné que la vitrine Buxberg se distinguait par un soin particulier dans sa présentation : documentation juridique fournie, rubriques complètes, formules rassurantes. Cette sophistication relative rendait le montage plus difficile à détecter au premier regard, ce qui en faisait précisément un cas d’école. La présence du nom dans une vitrine ultérieure confirme que ce type de contenu peut migrer d’une enseigne à l’autre sans que les exploitants prennent la peine d’effacer les traces de la version précédente.
Dernière mise à jour : 15/09/2026
Une inscription au volet Forex des listes du régulateur en juillet 2022
L’Autorité des marchés financiers a inscrit fr.buxberg.com sur sa liste des acteurs non autorisés le 1er juillet 2022, sous le libellé exact « Forex ». Il s’agit de la forme française du nom, et non de l’adresse principale buxberg.com : le régulateur avait donc ciblé spécifiquement la déclinaison destinée au public français. Cette inscription précède de treize mois notre propre article du 24 juillet 2023, qui ne la mentionnait pas.
La ligne au nom de fr.buxberg.com figure toujours dans le fichier publié par le régulateur, sous le même libellé et avec la même date d’origine : nos équipes ont relu ces listes le 15 septembre 2026 et le constat n’a pas changé. Aucune autorisation n’a été délivrée à cette enseigne pour commercialiser des placements auprès du public français, ce qu’établissait déjà l’article d’origine. L’inscription sur la liste noire vient simplement confirmer, avec une antériorité que nous n’avions pas signalée, que la situation était connue des autorités bien avant notre publication. les listes noires publiées par l’AMF permettent à chacun de vérifier en temps réel si un nom y est référencé.
Cette antériorité de treize mois mérite d’être soulignée : elle signifie qu’une personne qui aurait consulté les listes du régulateur avant de déposer des fonds aurait trouvé fr.buxberg.com dès l’été 2022. La vérification préalable sur ces listes reste l’un des réflexes les plus simples et les plus efficaces avant tout contact avec une plateforme de courtage.
En parcourant ce même fichier de listes, nous avons relevé qu’un autre nom que nous avons documenté s’y trouve également : fr.xpoken.com, retenu le 28 avril 2022, soit deux mois avant fr.buxberg.com. Ces deux lignes appartiennent au même fichier de listes, sans que cela permette d’établir un lien entre leurs exploitants respectifs. Notre dossier consacré à Xpoken, publié le 25 juillet 2023, documente séparément cette affaire.
Un habillage de courtier poussé, sans contractant désigné
Notre constat du 6 juin 2023 portait sur https://buxberg.com/ et une seconde page, https://buxberg.com/support/contact. Le rapport de constat compte quinze pages ; la capture a été ouverte à 11 h 47 et close à 11 h 57. Le titre relevé sur la cible associait l’enseigne « Buxberg » à la mention « Premier Access to World Markets ».
La structure de la vitrine reproduisait point par point l’architecture d’un courtier régulé : une page « à propos », une page « nos avantages », des pages « comptes », « marchés », « conditions », « plateformes », un terminal de négociation présenté comme accessible depuis le navigateur, un calendrier économique, des horaires de marché, une page « analyse vidéo du jour », et une page « légal et réglementation ». Cet ensemble donnait l’impression d’une offre complète et structurée.
Les formules affichées renforçaient cette impression : « Grow your trades, invest in yourself », « premier access to world markets without trading limits », « commissions through our full-powered trading platform », « security measures for the safety of your funds and data ». La promesse d’ouverture de compte en cinq minutes, présentée comme une facilité, fonctionnait en réalité comme un tunnel vers le versement de fonds : plus l’entrée est rapide, moins le visiteur prend le temps de vérifier.
La seule entité nommée dans l’ensemble du site était « Buxberg Ltd. », accompagnée d’une adresse d’exploitation à 1 Harbour View Street, Central, Hong Kong. Aucun numéro d’enregistrement n’était communiqué, aucune autorisation n’était mentionnée, et aucun représentant n’était désigné. Un avertissement standard sur les risques du trading avec effet de levier figurait en bas de page, ce qui donnait au passage une apparence de conformité sans en constituer une.
Les conditions générales étaient fournies sous forme de document à télécharger, rédigées proprement et de façon détaillée. C’est précisément là que réside le signal d’alerte : une documentation juridique soignée, sans partie contractante désignée, ne protège personne. Elle donne l’illusion d’un cadre contractuel tout en laissant le déposant sans interlocuteur identifiable en cas de litige. L’absence de contractant n’est pas un oubli de rédaction ; c’est une caractéristique structurelle de ce type de montage.
Le socle technique de la vitrine, et son seul numéro de licence
Nos relevés techniques montrent que la vitrine s’appuyait sur un réseau de diffusion de contenu, avec une adresse cible relevée à 13.32.145.126 et une localisation déclarée en France. Ce positionnement géographique déclaré ne correspond à aucune présence réelle vérifiable : il s’agit d’un point de sortie du réseau de diffusion, non d’un siège d’exploitation.
Le rapport de constat identifie un cadre de développement web de Microsoft comme socle applicatif, associé à des bibliothèques de présentation et à une bibliothèque de scripts hébergée sur un réseau de diffusion distinct. Une messagerie instantanée tierce était intégrée pour le dialogue avec les visiteurs, offrant un canal de contact immédiat propre à rassurer les personnes hésitantes.
Notre analyse technique a relevé un seul numéro de licence dans l’ensemble du code de la vitrine : celui du module de messagerie instantanée, portant le numéro 13842276. Ce numéro n’a rien d’une autorisation d’exercice financier ; il identifie simplement le logiciel de chat utilisé. Rien dans les pages consultées ne renvoyait à un agrément délivré par une autorité financière, française ou étrangère.
Le reste de la pile technique comprenait un gestionnaire de balises, deux générations d’un outil de mesure d’audience d’un même fournisseur, des polices de caractères et des icônes chargées depuis des services publics, et du contenu statique servi depuis un domaine distinct du domaine principal. Cette architecture, courante dans les vitrines commerciales légitimes, ne constitue pas en elle-même un indice d’irrégularité ; c’est l’absence totale d’agrément financier qui reste le fait déterminant.
Ce qu’une action contre l’établissement bancaire peut produire
Les fonds versés à Buxberg partaient par virements bancaires vers des comptes situés à l’étranger, sur la foi d’une promesse de placement. Ce mode de transfert laisse des traces documentaires précises, ce qui ouvre des possibilités d’action même après la disparition du site.
La première étape consiste à réunir l’ensemble des pièces qui retracent les opérations : les relevés de compte faisant apparaître les virements, les confirmations de transaction, les captures des instructions de paiement transmises par les interlocuteurs de la plateforme, et l’intégralité des échanges écrits avec ces interlocuteurs. La banque émettrice peut être saisie d’une demande de rappel de virement ; cette démarche doit être engagée sans tarder, les délais étant variables selon les modalités de paiement retenues et les établissements concernés.
Au-delà du rappel de virement, la responsabilité de l’établissement qui a exécuté les virements peut être recherchée devant le juge, indépendamment de la disparition du site. Cette voie est distincte de toute procédure dirigée contre les exploitants de la plateforme, et elle peut être engagée même si ces derniers restent introuvables.
Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate dont le cabinet est établi à Paris, revient dans l’entretien ci-après sur une décision qui a condamné un établissement bancaire à verser 209 000 euros à une personne victime d’une arnaque à l’investissement, illustrant concrètement ce que cette voie judiciaire peut produire.
L’enregistrement du nom, son abandon, puis une reprise par un tiers
Notre constat du 6 juin 2023 consignait les données d’enregistrement suivantes pour buxberg.com : nom créé le 13 septembre 2020, échéance fixée au 13 septembre 2023, bureau d’enregistrement NameSilo, LLC, titulaire masqué par un service de confidentialité établi à Phoenix, en Arizona. Quatre serveurs de noms étaient rattachés à un prestataire d’hébergement américain ; le transfert était verrouillé et la signature DNSSEC absente.
L’état de l’enregistrement de ce nom reste consultable dans la fiche WHOIS complète sur DomainTools.
Au 15 septembre 2026, le nom ne sert plus aucune vitrine. Il répond encore, mais uniquement pour renvoyer vers une page où il est proposé à l’achat sur une place de marché spécialisée dans les noms de domaine. L’échéance du 13 septembre 2023 n’a pas été honorée par les détenteurs d’alors. Le nom a ensuite changé de main plus de deux ans plus tard : le relevé du registre au 15 septembre 2026 indique un enregistrement repris le 23 novembre 2025, avec une échéance au 23 novembre 2027, un bureau d’enregistrement Spaceship, Inc., et des serveurs de noms rattachés à cette place de marché, le transfert restant verrouillé.
Rien ne relie, dans nos relevés, cette nouvelle inscription à l’exploitation menée de 2020 à 2023. Le nom a simplement été récupéré par un tiers après une période de vacance, selon un mécanisme courant sur le marché secondaire des noms de domaine. Pour toute personne souhaitant engager une procédure pénale en lien avec ce dossier, la marche à suivre pour déposer une plainte est détaillée sur notre page dédiée.
Tout ce qui nous est demandé sur Buxberg
Cela signifie que le régulateur français a formellement identifié cette adresse comme celle d’un acteur proposant des services de trading en devises sans y être autorisé. L’inscription sur cette liste vaut mise en garde publique : aucune autorisation n’a été délivrée à cet acteur pour exercer en France, et toute somme versée l’a été sans le filet de protection qu’offre la réglementation applicable aux courtiers agréés. La ligne figure toujours dans le fichier publié par l’AMF, tel que nous l’avons vérifié le 15 septembre 2026.
Le nom ne sert plus aucune vitrine de courtage. L’échéance d’enregistrement du 13 septembre 2023 n’a pas été honorée par les détenteurs de l’époque, et le nom a été repris le 23 novembre 2025 par un tiers via le bureau d’enregistrement Spaceship, Inc. Au 15 septembre 2026, il renvoie vers une page où il est proposé à l’achat sur une place de marché spécialisée dans les noms de domaine. Rien dans nos relevés ne relie ce nouvel enregistrement à l’exploitation antérieure.
Oui. Les virements bancaires laissent des traces documentaires exploitables : relevés de compte, confirmations de transaction, instructions de paiement reçues des interlocuteurs de la plateforme, échanges écrits. La banque émettrice peut être saisie d’une demande de rappel de virement, à engager sans délai. Par ailleurs, la responsabilité de l’établissement qui a exécuté les virements peut être recherchée devant le juge, même si le site a disparu et même si les exploitants restent non identifiés.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Article réécrit le 15/09/2026



3 Comments
Bonjour
Je prétends être victime d’escroquerie au nom de trading et souhaite récupérer mes fonds si possible puis trouver plus sérieux.
Merci de votre retour.
Pour la question de votre escroquerie, je vous invite à nous téléphoner.
Pour trouver plus sérieux que Buxberg et des offres d’investissement valables, ce n’est pas chez nous que vous aurez une réponse.
Nous pourrons avec certitude vous indiquer où ne surtout pas mettre votre argent.