Sommaire
- Déposé le 1er mars 2023 chez Tucows, un nom retiré du registre depuis
- Saisie de la vitrine le 28 juillet 2023, un constat instrumenté selon la norme AFNOR
- Une offre de CFD adossée à des dépôts en cryptomonnaies uniquement
- Un portail client, un service de cotation et un back-office derrière la page d’accueil
- Ce que l’analyse des flux en cryptomonnaies avait établi
- Après l’effacement du nom, ce qui demeure pour les personnes trompées
- Ce qu’on nous demande encore au sujet de cette plateforme
Déposé le 1er mars 2023 chez Tucows, un nom retiré du registre depuis
Le nom nextonbid.com a quitté le registre : interrogé le 15 septembre 2026, aucune entrée ne lui correspond plus, et ni l’adresse de base ni sa variante préfixée par www ne donnent la moindre résolution. L’enregistrement avait été déposé le 1er mars 2023 auprès du bureau d’enregistrement Tucows, avec un titulaire masqué pour confidentialité, un État déclaré « Charlestown » et un pays déclaré Saint-Kitts-et-Nevis. Les serveurs de noms avaient été confiés à Cloudflare, sous les entrées jule.ns.cloudflare.com et dimitris.ns.cloudflare.com. L’échéance était fixée au 1er mars 2024 ; le nom n’a pas été reconduit.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Des services d’archivage public ont conservé cent copies de la page entre le 1er mars 2023 et le 5 avril 2024, date à laquelle la dernière copie a été constituée. Depuis lors, le nom ne répond plus à aucune requête. Le nom nextonbid.com ne figure dans aucune mise en garde diffusée par l’Autorité des marchés financiers, ce qui ne signifie pas que la plateforme était régulière : l’autorité n’avait pas eu l’occasion de publier une alerte nominative avant que le nom ne cesse de répondre.
Dernière mise à jour : 15/09/2026
Saisie de la vitrine le 28 juillet 2023, un constat instrumenté selon la norme AFNOR
Le 28 juillet 2023, un constat de contenu instrumenté selon la norme AFNOR Z67-147 a saisi la vitrine pendant qu’elle fonctionnait, à l’adresse https://nextonbid.com. Le titre relevé de la page était « Nextonbid ». Deux séries de captures d’écran ont été produites et leurs empreintes consignées, ce qui confère à ces éléments une valeur probatoire reconnue devant les juridictions françaises. L’adresse cible relevée à ce moment était 172.67.207.189, dans le réseau de diffusion de Cloudflare, avec une localisation annoncée aux États-Unis.
Ce constat constitue aujourd’hui la pièce centrale pour toute personne souhaitant établir que la plateforme existait et fonctionnait à une date précise. Il fixe l’état du site à un instant donné, indépendamment de toute évolution ultérieure du contenu ou de la disparition du nom. Les éléments ainsi consignés restent exploitables alors même que le nom ne figure plus au registre, précisément parce qu’ils ont été recueillis et certifiés alors que la vitrine était encore accessible.
Une offre de CFD adossée à des dépôts en cryptomonnaies uniquement
La vitrine affichait le slogan « Professional CFD Trading System » et promettait la « liberté financière » à ses visiteurs. Les marchés annoncés couvraient les actions de plus de deux cents sociétés cotées, les cryptomonnaies, les matières premières, les indices, le forex, les métaux et des collections d’images numériques. L’effet de levier proposé allait de 1 pour 1 jusqu’à 1 pour 1000, et la page de questions du site affirmait qu’un client ne pouvait jamais devoir d’argent à la société.
Aucune société identifiable ne se trouvait derrière la plateforme, et aucune mention d’un régulateur ou d’une autorisation n’était présente sur le site. Le point le plus significatif sur le plan pratique est que les dépôts n’étaient acceptés qu’en cryptomonnaies, à l’exclusion de tout autre moyen de paiement. Cette contrainte n’est pas anodine : elle prive les victimes des mécanismes de contestation et de remboursement propres aux paiements bancaires classiques, et oriente les fonds vers des circuits dont la traçabilité exige des méthodes d’analyse spécifiques.
Un portail client, un service de cotation et un back-office derrière la page d’accueil
L’architecture technique relevée au moment du constat révélait une infrastructure plus élaborée qu’une simple page de présentation. Cinq sous-domaines avaient été identifiés : api, cfd, crm, socket et www. Derrière la page d’accueil se trouvaient un portail client, un service de cotation en temps réel et un back-office, soit les trois composantes d’une plateforme de trading fonctionnelle. Le serveur web était nginx, le protocole IPv6 était activé, et un certificat par défaut couvrait l’ensemble des pages. Les animations et fenêtres d’image reposaient sur des bibliothèques JavaScript, tandis que les polices et le jeu d’icônes étaient servis depuis des réseaux de diffusion publics.
Cette architecture à plusieurs niveaux est caractéristique des vitrines conçues pour simuler une activité de trading professionnelle. Des configurations comparables ont été documentées sur lenava-pro.com (vitrine disparue le 14 septembre 2026, espace client toujours accessible) et keylinefinance.com (plateforme disparue quatre jours après notre enquête du 24 août 2026). Trente-cinq certificats ont été relevés pour nextonbid.com, le premier émis le 1er mars 2023, le dernier le 6 mars 2024, soit cinq jours après l’échéance du nom, avec une validité courant jusqu’au 5 mars 2025.
Ce que l’analyse des flux en cryptomonnaies avait établi
L’analyse des flux financiers conduite en 2023 a permis de reconstituer le circuit emprunté par les fonds versés par les victimes. Les paiements en cryptomonnaies aboutissaient sur un compte de regroupement alimenté par une série de petits versements de particuliers. Deux niveaux de regroupement successifs ont été identifiés, avec une multiplication des comptes de transit destinés à masquer l’origine des fonds, puis des comptes de regroupement de second niveau, avant une convergence finale vers un compte de sortie unique dont la domiciliation a été établie. Le montant total transitant par ce circuit dépassait six millions de dollars américains.

La reconstitution de ces flux illustre un point que Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate dont l’ancrage ordinal se situe à Paris, au titre du barreau, développe dans l’entretien ci-dessous : lorsque des fonds issus d’une escroquerie transitent par un établissement bancaire, cet établissement peut voir sa responsabilité engagée s’il n’a pas exercé le devoir de vigilance qui lui incombe. L’entretien présente une décision de justice par laquelle la banque ayant reçu les fonds a été condamnée, et expose les conditions dans lesquelles la responsabilité de l’établissement peut être retenue.
Après l’effacement du nom, ce qui demeure pour les personnes trompées
La disparition du nom nextonbid.com du registre ne fait pas disparaître les éléments de preuve constitués pendant la période d’activité de la plateforme. Le constat de contenu instrumenté selon la norme AFNOR Z67-147, les empreintes des captures d’écran, la reconstitution des flux financiers en cryptomonnaies et les cent copies archivées entre mars 2023 et avril 2024 forment un ensemble documentaire qui reste mobilisable dans le cadre de procédures judiciaires. La traçabilité des transactions en cryptomonnaies, en particulier, ne s’interrompt pas avec la fermeture d’une vitrine : les registres distribués conservent l’historique des mouvements de façon permanente.
Les personnes qui ont versé des fonds en cryptomonnaies à nextonbid.com se trouvent dans une situation où l’absence de vitrine accessible ne clôt pas leurs droits. Les démarches pénales ouvertes aux personnes trompées permettent de saisir les autorités compétentes sur la base des éléments déjà constitués, y compris lorsque l’opérateur de la plateforme reste non identifié à titre personnel. La convergence des flux vers un compte de sortie unique, dont la domiciliation a été établie, constitue un point d’appui concret pour orienter ces démarches. BrokerDefense aide à mesurer, pièces en main, ce qui peut encore être engagé devant un juge.
Ce qu’on nous demande encore au sujet de cette plateforme
Lorsqu’un nom de domaine n’est pas reconduit à son échéance, il entre dans une période de grâce pendant laquelle le titulaire peut encore le récupérer, puis il est libéré et peut être enregistré par n’importe qui. Dans l’intervalle, il ne résout plus vers aucune adresse et les visiteurs qui tentent d’y accéder ne reçoivent aucune réponse. Pour nextonbid.com, cette situation est définitive depuis le printemps 2024 : le nom ne répond plus et aucun nouveau titulaire ne l’a repris à ce jour. Cela ne signifie pas que les traces numériques de l’activité passée ont disparu ; les archives publiques et les éléments de preuve constitués pendant la période d’activité subsistent indépendamment de l’état du nom.
Oui, et c’est précisément l’une des propriétés des registres distribués sur lesquels reposent les cryptomonnaies : chaque transaction y est inscrite de façon permanente et publique, sans possibilité de suppression. Une analyse de ces registres permet de reconstituer le chemin suivi par les fonds, même plusieurs années après les faits, et d’identifier les comptes intermédiaires et de sortie. Dans le cas de nextonbid.com, cette analyse avait permis d’établir dès 2023 l’existence de deux niveaux de regroupement et de localiser le compte de sortie final. Ces éléments restent exploitables dans le cadre d’une procédure judiciaire, à condition de les faire valider par un expert dont les conclusions sont recevables devant les juridictions compétentes.
La disparition d’une vitrine ne suspend pas les délais de prescription applicables aux infractions pénales concernées, qui courent à compter du moment où la victime a eu connaissance des faits. Attendre que la situation se clarifie d’elle-même revient donc à laisser ces délais s’écouler sans avoir constitué de dossier. Les pièces disponibles aujourd’hui, notamment le constat certifié du 28 juillet 2023 et la reconstitution des flux financiers, ont une valeur probatoire immédiate qu’il serait dommage de ne pas exploiter. Engager une démarche structurée dès maintenant permet de préserver ces éléments dans un cadre procédural et d’évaluer les voies de recours encore ouvertes.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Article réécrit le 15/09/2026



2 Comments
En plus de m’avoir arnaquer 10000$..nextonbid a vendu mes renseignements a d’autres fraudeurs qui font tout pour essayer de m’arnaquer..en essayant de me convaincre que je peut récupérer mes pertes plus interet…BEN OUI!!! Jai été assez cave la première fois…je donnerais même pas 1 $ pour récupérer mon argent car cest 1$ de plus qu’ils me frauderai…