Directfxtrade arnaque : une page recopiée, un nom oublié du registre

Directfxtrade : un nom sorti du registre et une vitrine gelée depuis un an

Aucune fiche ne répond désormais au nom de directfxtrade.com lorsque l’on interroge le registre qui tient les enregistrements en .com. La vérification a été doublée d’un témoin : un nom voisin relevant du même registre, dont l’existence ne fait aucun doute, rend une réponse complète au même instant. L’écart entre les deux réponses écarte l’hypothèse d’une panne d’interrogation. Aucun serveur de noms ne prend par ailleurs en charge cette adresse, que la demande porte sur le nom seul ou sur sa forme précédée de www : les principaux types d’enregistrements restent sans réponse.

Ce premier fait prend une dimension supplémentaire lorsqu’on l’articule avec ce que notre constat du 3 mai 2023 avait figé. La page d’accueil servie à cette date portait, juste après la balise d’ouverture du document, la marque laissée par un utilitaire grand public de copie de sites : la mention indiquait que la page avait été recopiée depuis directfxtrade.com/index.html le mercredi 11 mai 2022. La vitrine que des visiteurs pouvaient consulter en 2023 n’était donc déjà plus un site vivant : c’était un miroir statique arrêté un an plus tôt, jamais régénéré. Un nom qui n’existe plus dans le registre, une vitrine qui ne vivait plus de sa propre vie : ces deux faits réunis décrivent une infrastructure abandonnée, dont la disparition ne constitue pas une surprise mais l’aboutissement d’un délabrement documenté.

Les conséquences pratiques sont directes. Toute personne qui avait ouvert un compte sur cette interface et qui tenterait aujourd’hui d’y accéder se heurterait à une absence totale de réponse. Aucun espace client, aucune assistance, aucun formulaire ne subsiste à cette adresse. Le dossier reste en revanche constitué des pièces réunies lors du constat, et c’est sur cette base documentaire que des démarches restent envisageables.

Dernière mise à jour : 16/09/2026

Un miroir arrêté en mai 2022 et servi tel quel jusqu’en 2023

La session de constatation menée le 3 mai 2023, instrumentée selon les prescriptions du référentiel AFNOR Z67-147, a conservé la capture d’écran en plusieurs segments, l’enregistrement vidéo, le journal des échanges réseau et la fiche d’enregistrement du nom. La page était servie depuis l’adresse IP 154.16.170.58, localisée aux États-Unis. Son titre était « Cryptocurrency and Forex Investment Platform | Directfx Trade ». C’est dans le code source de cette page que la marque de copie apparaissait, datée du 11 mai 2022 : la vitrine présentée à d’éventuels déposants en 2023 ne correspondait à aucune infrastructure opérationnelle récente.

Le pied de page de cette vitrine annonçait une exploitation de 2013 à 2022 au nom de « Directfx Trade ltd », avec pour sièges déclarés « HQ : Cayman Islands; Mahé, Seychelles » et « BRANCH : Georgia Town, KY……. San Francisco, CA ». Les points de suspension étaient restés en clair à la place de l’adresse de la seconde implantation. L’antériorité affichée de 2013 est impossible : le nom de domaine n’a été enregistré qu’en septembre 2022. Cette manière de parer la vitrine d’une ancienneté qu’aucun enregistrement ne confirme n’est pas isolée : nous l’avons retrouvée dans d’autres dossiers publiés ici, dont celui d’algobi.com, où un nom ancien avait également été remis en service pour une plateforme de trading.

L’iframe de localisation interrogeait la carte pour « Mahé », accompagnée de la mention « ino Crypto trading ». Un bloc laissé en commentaire dans le code conservait une adresse de San Francisco rattachée à un autre nom commercial : le gabarit avait déjà servi ailleurs avant d’être réutilisé pour cette vitrine.

Un bandeau de gains aléatoires alimenté par prénoms et montants

La page affichait deux tableaux annonçant les derniers dépôts et les derniers retraits, sans aucune donnée vérifiable. Un script de notification produisait en parallèle des messages de gains apparaissant à l’écran sur toute la plage horaire de la journée. La phrase générée suivait le modèle « [prénom] from [lieu] has just Earned $[montant] ».

Les éléments constitutifs de ces messages avaient été relevés lors du constat : vingt-six prénoms, vingt-quatre libellés géographiques parmi lesquels figuraient « FLORIDA » et une graphie fautive de Porto Rico, et sept montants distincts : 2 500, 4 440, 5 000, 6 669, 7 052, 7 989 et 9 000. La combinatoire produite par ces trois séries permettait de faire défiler indéfiniment des notifications à l’apparence de témoignages spontanés, sans qu’aucun de ces événements ne corresponde à une transaction réelle.

Les revendications affichées dans la page suivaient la même logique d’affirmation sans support vérifiable : « Licensed and regulated across the globe », « Regulation across 6 jurisdictions », « we serve clients in over 150 countries worldwide », « segregated funds protection », « globally licensed and regulated ». Aucun numéro d’autorisation, aucun nom de régulateur n’accompagnait ces mentions.

NameSilo, Zain Hosting et un titulaire déclaré au Nigeria

Au moment où notre constat a été dressé, le 3 mai 2023, la fiche du nom indiquait une création le 25 septembre 2022 chez le bureau d’enregistrement NameSilo (identifiant IANA 1479), avec une échéance annoncée au 25 septembre 2023. L’état figurant sur la fiche était clientTransferProhibited. Le revendeur déclaré était « Zain Hosting ». Les serveurs de noms étaient ns5.vebhost.com et ns6.vebhost.com, et le DNSSEC n’était pas signé. Le titulaire déclaré était établi à Warri, dans l’État du Delta, au Nigeria.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

La combinaison d’un bureau d’enregistrement bon marché et d’un revendeur d’hébergement peu connu, avec une adresse de titulaire déclarée dans un pays tiers, forme une configuration que nous relevons régulièrement dans les dossiers de ce type. Le nom directfxtrade.com avait en outre connu une première existence : une série de certificats couvre la période de janvier 2020 à avril 2021, avant un abandon de plus d’un an, puis une remise en service à partir du 25 septembre 2022. Un nom repris après une longue interruption, puis à son tour abandonné, c’est précisément la trajectoire que nous avions décrite pour union-trade.pro.

Tidio, TradingView et Cryptonator : le socle technique du constat

Les éléments recueillis lors du constat permettent de décrire la pile technique de la vitrine telle qu’elle fonctionnait en mai 2023. Un système de messagerie instantanée et de marketing (Tidio) était intégré à la page. Les graphiques de marché étaient fournis par TradingView et CryptoCompare. Un module de conversion de cryptomonnaies (Cryptonator) et une carte avec son interface (Google Maps) complétaient la présentation. Des contenus statiques transitaient par GStatic. L’acceptation de paiements par carte passait par Visa. L’affichage mobilisait un carrousel et un diaporama (bxSlider, OWL Carousel), ainsi qu’une bibliothèque de compatibilité JavaScript (core-js). L’acheminement de courriel reposait sur MailChannels, accompagné d’un enregistrement SPF. Le serveur était Apache, protégé par Imunify360, avec une redirection forcée vers le chiffrement assurée par des certificats Let’s Encrypt. Aucun outil de mesure d’audience n’apparaissait dans la page. Les certificats ont été délivrés de façon continue du 25 septembre 2022 au 27 juillet 2023, le dernier courant jusqu’au 25 octobre 2023.

Sur le plan réglementaire, la recherche conduite dans les documents publiés par le site de l’AMF n’a rien donné : le fichier officiel ne comporte aucune ligne à ce nom.

Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate dont l’exercice s’inscrit dans le barreau parisien, qui revient dans l’entretien filmé ci-dessous sur un arrêt de cassation rendu au terme de onze années consacrées à une affaire d’escroquerie à l’investissement, apporte un éclairage concret sur ce que ce type de contentieux représente dans sa durée et ses exigences.

Ce qui subsiste du dossier après la sortie du nom

La disparition du nom du registre et l’absence de toute réponse DNS ne font pas obstacle aux démarches qui peuvent encore être engagées. Le constat du 3 mai 2023 constitue une pièce datée et techniquement structurée : il documente l’état de la vitrine au moment où elle répondait encore, avec la capture d’écran, l’enregistrement vidéo de la session et le journal des échanges réseau. Ces pièces gardent leur utilité alors même que le nom a cessé d’être enregistré.

Pour les personnes qui avaient effectué des versements sur cette interface, qu’il s’agisse de virements, de paiements par carte bancaire ou de transferts en cryptomonnaie, ces traces de paiement constituent le premier ensemble de pièces à réunir. La correspondance échangée avec l’assistance de la plateforme, ainsi que les pièces d’identité qui avaient pu être réclamées à l’ouverture du compte, font également partie des éléments à conserver et à produire. Pour ce qui concerne la plainte et les pièces à joindre, une page dédiée détaille les étapes et les documents utiles à cette démarche.

Directfxtrade : ce que les personnes concernées nous demandent

J’avais un solde affiché sur directfxtrade.com et le site ne répond plus : que s’est-il passé ?

Le nom directfxtrade.com n’est plus enregistré dans le registre des .com et aucun enregistrement DNS ne répond à cette adresse. Le solde qui apparaissait dans l’espace client ne correspond à aucun actif récupérable par ce canal. Les démarches restent ouvertes sur la base des éléments encore en votre possession : justificatifs de versement, courriels reçus de la plateforme et copies d’écran de votre espace personnel.

Directfxtrade se présentait comme régulé dans six juridictions : cette affirmation a-t-elle été vérifiée ?

La vitrine affichait des mentions du type « Licensed and regulated across the globe » et « Regulation across 6 jurisdictions », sans indiquer aucun numéro d’autorisation ni nommer aucun régulateur. La recherche conduite dans les documents publiés par l’Autorité des marchés financiers ne fait apparaître aucune entrée correspondant à ce nom. Ces affirmations ne s’appuyaient sur aucun élément vérifiable identifié dans le dossier.

Le nom de domaine a été enregistré en septembre 2022, mais le site affichait une ancienneté depuis 2013 : comment l’expliquer ?

La fiche d’enregistrement relevée le 3 mai 2023 indiquait une date de création au 25 septembre 2022. Le pied de page de la vitrine mentionnait pourtant une exploitation de 2013 à 2022. Cet écart de près de dix ans entre l’ancienneté revendiquée et la date d’enregistrement vérifiable est une incohérence documentée dans le dossier. Une série de certificats montre par ailleurs que ce nom avait déjà servi une première fois entre janvier 2020 et avril 2021, avant d’être abandonné puis réactivé : même cette première utilisation reste postérieure de plusieurs années à 2013.

Les personnes qui avaient ouvert un compte de placement sur directfxtrade.com, invitées à effectuer des versements successifs, se trouvent aujourd’hui face à un nom qui n’existe plus dans aucun registre et à une vitrine qui ne répondait déjà plus de sa propre vie lorsqu’elle était encore accessible. La situation documentée dans ce dossier correspond à une infrastructure dont l’abandon était engagé bien avant la fermeture définitive. BrokerDefense peut, avant toute démarche, indiquer quelles pièces du dossier restent exploitables.

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Article réécrit le 16/09/2026

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