Sommaire
- Le nom www.bitcoinera.app, porté au fichier de l’AMF depuis mai 2021
- L’écran « Suspected Phishing » interposé par Cloudflare depuis janvier 2026
- Un dossier de registre ouvert en octobre 2019, repoussé jusqu’en 2028
- Des photos de supposés millionnaires, et aucune mention légale
- Versements par carte ou par virement : deux régimes de contestation
- Bitcoinera.app : nos réponses sur le nom, le fichier et les suites
Le nom www.bitcoinera.app, porté au fichier de l’AMF depuis mai 2021
Le régulateur français des marchés financiers a inscrit le libellé exact www.bitcoinera.app dans sa liste de mises en garde. La ligne porte la qualification officielle « Produits dérivés sur crypto-actifs » et une date, le 11 mai 2021. La fiche nominative, que l’Autorité des marchés financiers maintient sur son site, rappelle pour l’essentiel qu’aucun feu vert de l’instance ne couvre cet acteur auprès des épargnants français. Le fait notable, vérifié le 30 septembre 2026, tient en deux constats : l’entrée reste portée par le document rendu public par l’autorité le 28 septembre 2026, et la fiche nominative consacrée à www.bitcoinera.app sur le site de l’AMF répondait encore ce même jour. Cinq ans après son inscription, le nom n’a jamais été retiré du fichier.
Notre article du 12 mai 2021 signalait déjà cette inscription, au lendemain de sa parution. Ce qui constitue un fait nouveau à cette date, ce n’est pas l’existence de l’entrée, que nous documentions dès l’origine, mais sa permanence : la vitrine n’est plus servie depuis le début de l’année 2026, et pourtant la fiche demeure. Le régulateur n’a procédé à aucun retrait, ce qui signifie que l’avertissement qu’il a formulé en 2021 reste officiellement en vigueur.
Un détail d’écriture mérite d’être relevé. C’est la graphie complète www.bitcoinera.app, préfixe compris, que l’autorité a retenue : chercher l’apex dépouillé de ce préfixe ne fait apparaître aucune ligne qui lui soit propre. L’observation ne diminue pas la portée de la mise en garde ; elle indique sous quelle écriture le nom est fiché.
La marque « Bitcoin Era » est par ailleurs documentée dans notre base sous un autre nom de domaine. Notre dossier consacré à bitcoinera-no.com et à la marque Bitcoin Era, publié le 24 novembre 2024, concerne un nom construit sur la même marque commerciale, enregistré le 16 janvier 2022 et qui ne répond plus. Un second travail d’enquête, publié le 29 juillet 2026, cartographie le réseau Immediate et ses ramifications. Il est nécessaire d’indiquer explicitement qu’aucun exploitant commun n’est établi entre www.bitcoinera.app et ce réseau : ces noms sont distincts, leurs bureaux d’enregistrement sont différents, et aucune filiation n’est démontrée par les éléments publics disponibles.
Dernière mise à jour : 30/09/2026
L’écran « Suspected Phishing » interposé par Cloudflare depuis janvier 2026
Le relevé effectué le 30 septembre 2026 établit que la racine du domaine bitcoinera.app renvoie un code HTTP 403, accompagné d’une page signée Cloudflare dont le titre est « Suspected Phishing » et dont le corps indique que le site a été signalé pour suspicion d’hameçonnage. Ce même avertissement a été restitué par une lecture tierce conduite le même jour, ce qui exclut tout artefact lié à un accès géolocalisé ou à un cache local. L’adresse préfixée par www renvoie quant à elle un code 521, signalant que le serveur d’origine est injoignable.
Les copies de pages conservées permettent de reconstituer la chronologie avec précision. Le nom a servi une page complète, dont le volume était compris entre treize et dix-huit kilo-octets de HTML, sur l’ensemble des copies conservées depuis novembre 2019 jusqu’au 2 novembre 2025. À partir du 11 janvier 2026, toutes les copies conservées renvoient le code 403. La copie de septembre 2026 porte l’avertissement d’hameçonnage signé Cloudflare, ce qui indique que l’interposition de cet écran est intervenue entre janvier 2026 et septembre 2026.
Il convient de formuler ce point avec rigueur : l’avertissement émane de l’opérateur d’infrastructure qui diffuse le nom, il signale qu’un signalement a été enregistré, mais il ne constitue pas en lui-même un jugement. La vitrine n’est plus servie depuis le début de l’année 2026, et l’écran interposé est celui de l’opérateur d’infrastructure, non une décision d’une autorité judiciaire ou administrative.
Un dossier de registre ouvert en octobre 2019, repoussé jusqu’en 2028
Le dossier du registre, relevé le 30 septembre 2026, indique que l’enregistrement du nom bitcoinera.app a été ouvert le 25 octobre 2019. L’échéance est portée au 25 octobre 2028, ce qui représente neuf ans d’enregistrement au total. La dernière modification du dossier date du 10 mars 2026, soit postérieurement au moment où la vitrine a cessé d’être servie. Le bureau d’enregistrement responsable est NICENIC INTERNATIONAL GROUP CO., LIMITED, portant l’identifiant IANA 3765. Les données publiques du dossier sont consultables via la fiche d’enregistrement de bitcoinera.app sur DomainTools.
Sur le plan de l’infrastructure relevée à la même date, le nom est diffusé par deux adresses IPv4 appartenant au réseau de diffusion de contenu Cloudflare : 104.21.81.39 et 172.67.188.42. Le certificat de sécurité actuellement présenté porte la signature de Google Trust Services, autorité WE1 ; bitcoinera.app y figure comme sujet, et la forme joker est également couverte. Ce certificat est valable du 24 septembre 2026 au 23 décembre 2026, ce qui signifie qu’il a été émis moins d’une semaine avant le présent relevé. Un certificat actif ne signifie pas qu’une page est accessible : il témoigne seulement d’un renouvellement d’infrastructure récent.
Restent établis, par les données publiques du registre, la continuité de l’enregistrement et le fait qu’un renouvellement récent a prolongé l’échéance jusqu’en 2028 ; ce que ces données n’établissent pas, en revanche, c’est l’identité de l’exploitant ou de la personne physique ou morale qui contrôle aujourd’hui ce nom.
Des photos de supposés millionnaires, et aucune mention légale
Notre article de mai 2021 relevait alors que le site bitcoinera.app promettait à ses visiteurs de s’enrichir avec le bitcoin, en mobilisant des arguments commerciaux caractéristiques des plateformes non agréées : des photos de supposés millionnaires qui avaient en réalité été prélevées sur internet, présentées comme des témoignages de réussite. Ces constats sont propres à l’enquête menée à cette époque et ne valent pas comme description de l’état actuel du nom, dont la vitrine n’est plus servie.
Notre article de mai 2021 relevait également que le bas de page du site était entièrement vide : aucune mention légale, aucune condition générale d’utilisation, aucune section de présentation de la société exploitante. Cette absence de tout cadre contractuel ou juridique identifiable constituait, à l’époque, l’un des signaux les plus nets d’une structure sans ancrage légal déclaré.
Un élément de chronologie mérite d’être souligné : l’enregistrement du nom remonte au 25 octobre 2019, soit dix-huit mois environ avant la publication de notre article de mai 2021. Les copies de pages conservées montrent que le nom a continué de servir une page complète pendant plusieurs années après cette date, jusqu’au 2 novembre 2025. La durée d’activité de cette vitrine, telle que les archives la restituent, couvre donc plus de six ans depuis l’enregistrement initial.
Versements par carte ou par virement : deux régimes de contestation
Une personne qui a envoyé des fonds en croyant investir sur ce nom doit, en premier lieu, réunir l’ensemble des confirmations de versement reçues au moment des opérations, les relevés bancaires sur lesquels figure l’identité du destinataire des fonds, et la totalité des courriels et des conversations échangés avec les interlocuteurs du site. Ces éléments forment la base de toute action, qu’elle se tourne vers une solution négociée, vers la banque ou vers un tribunal.
Il est ensuite indispensable d’interroger la banque qui a exécuté l’opération en distinguant soigneusement le versement effectué par carte du virement bancaire ordinaire, car les délais de contestation, les motifs recevables et les interlocuteurs compétents diffèrent substantiellement d’un mode de paiement à l’autre. Les suites judiciaires possibles méritent également d’être examinées, en tenant compte du fait que le destinataire des fonds est étranger et que la compétence des juridictions françaises s’apprécie au cas par cas selon les circonstances de chaque dossier. Aucune récupération de fonds ne peut être promise : chaque situation est propre aux faits qui la constituent.
Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate, dont le barreau siège à Paris, revient dans l’entretien ci-dessous sur un jugement consacré à une escroquerie financière : la banque y est sanctionnée pour avoir manqué à son devoir de vigilance, et elle a été condamnée à rendre aux personnes lésées la totalité des sommes engagées.
Les recours devant les juridictions répressives et la manière de saisir un tribunal sont détaillés sur notre dossier consacré aux poursuites pénales. Pour situer ce nom parmi ceux que le régulateur français surveille ou signale, les listes et mises en garde publiées par l’AMF peuvent être consultées librement.
Bitcoinera.app : nos réponses sur le nom, le fichier et les suites
Oui. Le libellé exact www.bitcoinera.app y figure toujours, la ligne portant la qualification officielle « Produits dérivés sur crypto-actifs » dans le document rendu public par l’AMF le 28 septembre 2026. La fiche nominative répondait encore le 30 septembre 2026, cinq ans après la date d’inscription du 11 mai 2021. Aucun retrait n’a été opéré depuis.
Depuis le début de l’année 2026, la vitrine n’est plus servie. Au 30 septembre 2026, la racine du domaine renvoie un code 403 accompagné d’une page signée Cloudflare, intitulée « Suspected Phishing », indiquant que le nom a été signalé pour suspicion d’hameçonnage. Cet écran est interposé par l’opérateur d’infrastructure qui diffuse le nom : il signale l’existence d’un signalement, mais ne constitue pas une décision judiciaire ou administrative. L’adresse préfixée par www renvoie de son côté un code 521, signalant que le serveur d’origine est injoignable.
Il faut commencer par réunir toutes les confirmations de versement, les relevés bancaires identifiant le destinataire, et l’ensemble des échanges écrits avec les interlocuteurs du site. La démarche à conduire auprès de la banque dépend du mode de paiement utilisé : versement par carte et virement obéissent à des délais et à des motifs de contestation distincts. Des suites judiciaires sont envisageables, mais leur portée dépend des circonstances propres à chaque dossier et de la localisation du destinataire des fonds. Aucune récupération n’est garantie. Notre service d’aide aux victimes peut vous aider à évaluer votre situation.
Les lecteurs les plus directement concernés par cet article sont ceux qui ont versé des fonds en croyant investir sur bitcoinera.app, alors que l’Autorité des marchés financiers avait inscrit ce nom sur sa liste dès le 11 mai 2021 et que cette inscription n’a jamais été levée. La vitrine n’est plus servie depuis janvier 2026, et l’écran interposé par l’opérateur d’infrastructure signale un signalement pour suspicion d’hameçonnage. Face à cette situation, une évaluation préalable et documentée de chaque dossier est indispensable avant d’engager toute démarche bancaire ou judiciaire : c’est ce que notre service propose.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Article réécrit le 30/09/2026


