Sommaire
- L’autorité française a inscrit ce nom sous la mention produits dérivés de crypto-actifs
- Le registre du .com a cessé de porter ce nom
- Des hébergeurs successifs et un résolveur basé en Chine
- Une pile technique hétérogène, un WordPress ancien et non maintenu
- Ce que les copies conservées révèlent, et deux dossiers voisins
- Ce qu’il faut réunir avant d’engager une démarche
- Trois points restés en suspens dans ce dossier
L’autorité française a inscrit ce nom sous la mention produits dérivés de crypto-actifs
Le 24 septembre 2026, lors d’un contrôle du relevé des mises en garde de l’Autorité des marchés financiers, une entrée portant le libellé www.gmt-crypto.com y apparaît sous la qualification « Produits dérivés sur crypto-actifs ». La date retenue par le régulateur pour cette inscription est le 27 septembre 2018. Nous avons consulté la fiche nominative correspondante, qui associe ce libellé exact à la mention de liste noire. Un témoin pris dans le même relevé, sur un nom dont l’inscription était déjà établie, a rendu une réponse conforme à la même heure : la consultation n’était donc pas en défaut. L’entrée est portée par la forme écrite avec le préfixe www, et non par le nom seul.
Pour situer cette date dans le temps : notre première enquête sur ce dispositif avait été publiée le 5 mars 2018, soit environ six mois avant l’inscription du régulateur. Ces deux dates sont proches ; elles restent deux faits indépendants, et aucun lien de causalité ne peut en être tiré.
Le même relevé comporte deux autres noms construits sur le même sigle : www.gmt-privatebroker.com, retenu à la date du 19 décembre 2014, et www.gmtinvesting.com, retenu à la date du 8 août 2018. Ce rapprochement de dénomination est un fait vérifié ; il ne prouve l’existence d’aucun exploitant commun et ne permet pas de conclure à l’existence d’un réseau : il s’agit d’un simple constat de proximité de sigle, sans portée au-delà de ce qu’il donne à lire.
Dernière mise à jour : 24/09/2026
Le registre du .com a cessé de porter ce nom
Interrogé directement le 24 septembre 2026, le fichier des enregistrements du registre du .com ne restitue aucune inscription correspondant à gmt-crypto.com. Un témoin constitué d’un autre nom du même registre a rendu, à la même heure, une réponse conforme : la vérification n’était donc pas en défaut. Aucun serveur de noms n’associe désormais d’adresse à gmt-crypto.com, pas plus qu’à la variante précédée de www. Il ne s’agit donc pas d’une simple interruption de service de la vitrine, mais de la disparition de l’enregistrement lui-même.
Les copies publiques conservées de la vitrine s’échelonnent du 7 mars 2018 à janvier 2023, soit 36 jours de capture distincts. Notre première enquête est parue au tout début de cette période. Ces copies établissent une présence documentée d’environ cinq ans, au terme de laquelle le dispositif a cessé de laisser toute trace dans les registres publics.
Par ailleurs, le nom ne figure pas sur la liste noire chypriote consultée le même jour ; une telle absence ne prouve évidemment pas la régularité de l’exploitant, et elle ne modifie en rien le constat dressé par le régulateur français.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Des hébergeurs successifs et un résolveur basé en Chine
D’après notre analyse technique, la plateforme gmt-crypto.com a successivement utilisé plusieurs hébergeurs distincts au cours de sa période d’activité : Digital Ocean, GoDaddy, Sun Network dont les serveurs sont basés à Hong Kong, LeaseWeb, Confluence Networks, puis Peg Technic, un réseau américain. Cette succession de fournisseurs d’hébergement sur une durée de cinq ans représente une rotation particulièrement fréquente, caractéristique des dispositifs qui cherchent à compliquer leur traçabilité.
Deux résolveurs DNS se sont succédé : GoDaddy DNS dans un premier temps, puis DNS.COM, un service de résolution basé en Chine. La vitrine portait également Baidu Share et Baidu Analytics, deux services associés au groupe chinois Baidu. La combinaison d’un résolveur basé en Chine et de traceurs Baidu sur une plateforme ciblant des particuliers européens constitue un élément d’infrastructure notable, relevé par nos investigations.
Une pile technique hétérogène, un WordPress ancien et non maintenu
Nos outils ont visité la vitrine à plusieurs reprises au cours de la période d’activité documentée. Le site fonctionnait initialement sous WordPress 4.8, une version ancienne et non maintenue au moment de son usage. Le framework Laravel a été relevé à une période intermédiaire, indiquant une refonte partielle du socle applicatif. Plusieurs serveurs web se sont succédé : nginx, puis Apache 2.4, puis IIS 8, le tout sur une base Ubuntu. Cette hétérogénéité de la pile serveur reflète les changements d’hébergeur décrits ci-dessus.
Le cadenas HTTPS reposait sur un certificat Let’s Encrypt : cette autorité de certification délivre ses certificats gratuitement et sans contrôle d’identité de l’exploitant. Sa présence n’offrait donc aucune garantie quant à la réalité ou à la légitimité de l’entité derrière la vitrine.
La plateforme était multilingue, avec une version anglaise et une version française. Elle proposait plusieurs devises, dont l’euro, la livre sterling et le yen japonais, ce qui indique une cible explicitement internationale. D’après nos investigations, la vitrine recensait plusieurs dizaines de technologies réparties en une vingtaine de familles : scripts de suivi d’audience, bibliothèques d’interface chargées depuis des services publics de diffusion, éléments de réseau social, polices et pictogrammes externes.
Ce que les copies conservées révèlent, et deux dossiers voisins
Les copies publiques conservées de la vitrine, s’échelonnant du 7 mars 2018 à janvier 2023, documentent le déploiement de formulaires et de pages de compte destinés à des particuliers intéressés par des produits dérivés sur crypto-actifs. Ces éléments donnent à voir la mécanique d’entrée dans le dispositif : une interface de compte, des formulaires de saisie, une présentation structurée comme un service de trading. Le copyright affiché sur la vitrine s’arrêtait à l’année 2017, ce qui place la conception initiale de la plateforme avant même la période de capture documentée. Rien, dans les registres d’entreprises consultés, ne rattache cet ensemble à une personne morale identifiable, et la vitrine ne publiait aucune mention légale exploitable.
Deux autres dossiers, traités séparément sur ce site, présentent des similitudes de situation : un nom lui aussi retenu par le régulateur français et désormais absent du registre, Btcbrokerz.com, et un autre nom retenu par le régulateur français et désormais privé de vitrine, Xnvest. Ces rapprochements sont thématiques ; nous ne disposons d’aucun élément permettant d’établir un exploitant commun entre ces dossiers.
Ce qu’il faut réunir avant d’engager une démarche
Toute personne ayant effectué un versement vers gmt-crypto.com doit, avant toute démarche, constituer un dossier factuel complet. Il convient de rassembler l’ensemble des traces écrites : confirmations de virement, historiques de compte, captures des pages de compte auxquelles donnait accès la vitrine multilingue, courriels reçus ou envoyés en lien avec le service, et tout document remis lors de l’entrée dans le dispositif. La nature des produits proposés, des produits dérivés sur crypto-actifs, implique que chaque pièce relative aux sommes engagées soit conservée avec soin, y compris les relevés correspondant aux devises utilisées lors du versement.
L’inscription du nom au relevé de l’AMF depuis le 27 septembre 2018, combinée à la sortie du nom du registre du .com constatée en 2026, constitue un socle documentaire que les autorités compétentes peuvent prendre en compte. Notre page consacrée aux démarches pénales et au dépôt de plainte expose la marche à suivre dans un cas de cette nature.
Maître Denitza Gueorguieva, avocate exerçant à Lyon, auprès des victimes de fraudes financières, accorde des entretiens documentés sur la manière dont un préjudice financier se constitue et se défend. L’entretien ci-dessous porte sur une victoire obtenue devant le tribunal de Perpignan pour une victime d’un placement dans l’or, et sur la façon dont un préjudice de ce type se constate et se défend devant une juridiction.
Trois points restés en suspens dans ce dossier
L’Autorité des marchés financiers a retenu ce nom sous la qualification « Produits dérivés sur crypto-actifs » à cette date. Cette inscription signifie que le régulateur français a identifié ce nom comme présentant un risque pour les épargnants. Elle ne constitue pas un jugement définitif, mais elle figure publiquement dans le relevé officiel et peut être invoquée dans toute démarche auprès des autorités compétentes. Nous ignorons à ce jour si l’exploitant a jamais répondu à cette mise en garde.
La sortie du nom du registre du .com, constatée le 24 septembre 2026, signifie que l’enregistrement lui-même a disparu : le nom ne peut plus être utilisé pour faire fonctionner un service, et aucune adresse réseau ne lui est associée. Pour une victime ayant effectué un versement, cela rend toute tentative de contact direct avec le dispositif impossible, et souligne l’urgence de documenter son préjudice par d’autres moyens avant de saisir les autorités.
La priorité est de rassembler toutes les traces du versement effectué vers gmt-crypto.com : relevés bancaires, confirmations de transaction dans les devises concernées, copies des pages de compte accessibles via la vitrine, et tout échange écrit avec le service. Ce dossier constitue la base de toute démarche. BrokerDefense propose un examen préalable de ces éléments pour évaluer les options disponibles.
gmt-crypto.com a présenté à des particuliers démarchés pour investir dans des produits dérivés sur crypto-actifs une vitrine multilingue, disponible en français et en anglais, acceptant plusieurs devises dont l’euro et la livre sterling, et structurée comme un service de trading. Le régulateur français a retenu ce nom le 27 septembre 2018, et le registre du .com a cessé de le porter, selon le constat dressé le 24 septembre 2026. Toute personne ayant effectué un versement dans ce cadre est invitée à soumettre son dossier à BrokerDefense pour un examen préalable des éléments disponibles.
Article réécrit le 24/09/2026


