Sommaire
- L’adresse du nom résout encore vers 23.153.104.2, mais aucune connexion n’aboutit
- Crednextbnk.com et Crestpayglobal.com, deux noms du même dépôt, eux aussi sans vitrine
- Quatre verrous de registre pour un nom payé jusqu’au 8 mars 2027
- Une zone toujours servie, une messagerie dirigée vers le vide
- Le cluster que nous avions documenté en juillet s’est dispersé
- Jusqu’à 156 % par opération annoncés, et les recours ouverts après un dépôt
- Les questions les plus posées sur cryptex-markets.com
L’adresse du nom résout encore vers 23.153.104.2, mais aucune connexion n’aboutit
Le nom cryptex-markets.com pointe toujours vers l’adresse 23.153.104.2. La version préfixée en www n’est qu’un alias de cette même adresse de tête. Jusqu’ici, rien d’anormal. Mais toute tentative de connexion vers les ports web se heurte au silence : les requêtes expirent sans réponse, et aucune page n’est servie. Le nom résout, le serveur existe, la vitrine ne répond plus.
Deux repères encadrent cette bascule. Le 9 septembre 2026, la zone de noms a été réécrite et un certificat a été émis ce jour-là : c’est la dernière trace d’entretien que nos relevés aient pu dater. Le 14 octobre 2026, notre surveillance enregistrait l’absence totale de réponse. Cinq semaines séparent les deux.
Ce qui rend la situation lisible, c’est le contraste entre les deux plans. Côté registre, le nom est enregistré et payé jusqu’au 8 mars 2027 : il n’est ni retiré, ni abandonné au sens administratif du terme. Côté réseau, plus rien ne fonctionne. Ces deux réalités coexistent sans s’expliquer l’une l’autre. Nos relevés documentent ce qu’ils mesurent ; ils ne présument d’aucune cause.
Nous avons déjà suivi cette mécanique ailleurs. Globalsfet, la plateforme dont le domaine a expiré, en offre une variante documentée dans un dossier distinct.
Dernière mise à jour : 16/10/2026
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Crednextbnk.com et Crestpayglobal.com, deux noms du même dépôt, eux aussi sans vitrine
Le certificat qui couvrait cryptex-markets.com portait un second nom dans ses noms alternatifs : crednextbnk.com. Les deux figuraient sur la même demande, émise le 9 septembre 2026. Ce n’est pas une coïncidence isolée.
Crednextbnk.com a été déposé le 8 mars 2026 à 07 h 58, soit quarante-cinq minutes avant cryptex-markets.com, enregistré le même jour à 08 h 44. Même prestataire d’enregistrement, mêmes quatre verrous, même échéance de paiement au 8 mars 2027. À notre relevé du 16 octobre 2026, crednextbnk.com résout vers la même adresse que cryptex-markets.com et reste tout aussi muet : aucune page n’est servie.
Un troisième nom complète le tableau : crestpayglobal.com, déposé le 19 février 2026 chez le même prestataire, avec les mêmes quatre verrous, pour une échéance au 19 février 2027. Celui-là ne résout plus du tout aujourd’hui.
La série des certificats émis pour ce groupe commence le 9 mars 2026 et s’arrête le 9 septembre 2026. Le dernier certificat court jusqu’au 8 décembre 2026, et aucune émission ne lui a succédé. Trois noms préparés dans le même intervalle, chez le même prestataire, avec les mêmes paramètres techniques : la coïncidence des dates et du prestataire parle d’elle-même. Tout indique une même main, même si nos relevés ne permettent pas d’identifier une personne physique. Ce lot a été préparé ensemble ; il semble avoir été abandonné ensemble.
Quatre verrous de registre pour un nom payé jusqu’au 8 mars 2027
Le dossier d’enregistrement de cryptex-markets.com a été ouvert le 8 mars 2026. L’échéance inscrite au registre est le 8 mars 2027. Le dossier n’a plus été touché depuis le 9 mars 2026 : côté administratif, rien n’a bougé.
Quatre mentions figurent au registre. La suppression du nom est verrouillée. Son renouvellement l’est aussi. Son transfert vers un autre prestataire est bloqué. Sa modification est elle-même protégée. Aucun transfert ne peut donc se faire sans une démarche volontaire du titulaire. Ce niveau de verrouillage est délibéré.
Le nom est déposé chez TuringSign Inc., qui opère sous l’enseigne Cosmotown. Le titulaire, lui, n’apparaît nulle part : un prestataire de protection d’identité occupe la fiche, et le seul contact électronique renvoyé est l’adresse de signalement d’abus du registrar. Ni raison sociale, ni adresse postale, ni numéro d’agrément ne figurent au dossier. Les frais sont réglés, le titulaire reste invisible.
Les données publiques d’enregistrement sont accessibles pour quiconque souhaite les vérifier : la fiche WHOIS complète sur DomainTools réunit l’ensemble du dossier administratif de ce nom et permet de le contrôler ligne par ligne.
Une zone toujours servie, une messagerie dirigée vers le vide
La zone de noms de cryptex-markets.com est toujours active. Elle est portée par deux serveurs : ns1.my-control-panel.com et ns2.my-control-panel.com. Le registre, de son côté, continue d’inscrire deux serveurs différents, NS1.ASURAHOSTING.COM et NS2.ASURAHOSTING.COM. Cette divergence entre ce qui est déclaré au registre et ce qui sert réellement la zone était déjà présente lors de notre premier dossier ; elle n’a pas été corrigée.
L’enregistrement de messagerie du nom renvoie au nom lui-même. Autrement dit, tout courrier adressé à ce domaine est dirigé vers un serveur qui ne répond plus. La messagerie est techniquement configurée, mais elle aboutit dans le vide.
La règle d’authentification des envois, dite SPF, reste publiée dans la zone. Elle porte encore une adresse privée, qui n’a aucune existence sur l’internet public, aux côtés de l’adresse publique actuelle. Cette erreur trahit une mise en place copiée sans vérification ; elle n’a jamais été corrigée depuis l’ouverture du dossier. La dernière réécriture de la zone date du 9 septembre 2026.
L’adresse 23.153.104.2 appartient à Aquiryn LLC, société établie à Sheridan, dans le Wyoming aux États-Unis, et correspond à un serveur d’hébergement mutualisé. À notre relevé du 16 octobre 2026, cette adresse ne sert plus aucune page pour ce nom de domaine.
Le cluster que nous avions documenté en juillet s’est dispersé
Notre dossier du 15 juillet 2026 rattachait cryptex-markets.com à deux autres plateformes : globalsfet.com et melopextrade.ltd. Les trois répondaient alors depuis une même adresse, 198.251.88.6, hébergée chez PonyNet, au Luxembourg. Ce regroupement technique sur une adresse commune constituait un indice de proximité opérationnelle.
À notre relevé du 16 octobre 2026, ce cluster ne tient plus. Globalsfet.com et melopextrade.ltd ne résolvent plus du tout. Cryptex-markets.com, lui, pointe désormais vers une adresse entièrement différente et ne sert plus aucune page. Sur les trois noms, aucun ne répond. L’adresse luxembourgeoise qui les réunissait en juillet ne porte plus aucun de ces noms.
Ce délitement progressif est documenté pour chacune des plateformes concernées. Le cas de Melopextrade, le nom suspendu et la vitrine inaccessible suit une trajectoire comparable, avec ses propres dates et ses propres relevés.
Jusqu’à 156 % par opération annoncés, et les recours ouverts après un dépôt
Avant de se taire, la vitrine de cryptex-markets.com se présentait comme l’un des courtiers les plus réputés du secteur. Elle se déclarait régulée à l’échelle mondiale, revendiquait plus de quarante récompenses internationales, et annonçait une protection des fonds allant jusqu’à un million de dollars, avec ségrégation des fonds clients. Aucun de ces éléments n’a pu être vérifié.
Le barème des formules proposées affichait des rendements par opération allant jusqu’à 156 %, avec d’autres paliers à 100 %, 40 % et 25 %, le capital étant annoncé comme restitué à l’échéance. Un tel rendement par opération n’a aucun équivalent sur un marché réel.
Le reste de la vitrine était du décor. Un fil d’activité présenté comme en direct fabriquait des transactions fictives, annonçant par exemple qu’un trader venait d’investir une somme sur une action. Des témoignages construits de toutes pièces, dont l’un revendiquait plus de deux cent mille dollars gagnés en un mois, ornaient les pages. Les graphiques provenaient d’un composant tiers sans connexion réelle aux marchés ; les cours de cryptomonnaies étaient repris chez un fournisseur extérieur.
Nos recherches de ce côté n’ont rien ramené. Ni les mises en garde et listes noires que diffuse l’AMF, ni celle que relaie le régulateur chypriote ne mentionnent ce nom ; aucune société ne le reprend au registre britannique. Cette absence ne disculpe de rien : elle veut seulement dire qu’aucune autorité ne s’est encore penchée sur ce dossier. Le rapport public de réputation du nom le place au plancher de son échelle, avec un indice de confiance de 25 %.
Qui a versé de l’argent sur cette plateforme dispose encore de plusieurs leviers. Le premier geste consiste à rassembler les relevés de chaque virement parti d’un compte bancaire vers la plateforme. Viennent ensuite les captures d’écran datées du tableau de bord, les conversations écrites avec celui qui se faisait passer pour un conseiller, et les confirmations de dépôt. Une demande de rappel des fonds, adressée par écrit à la banque qui détient le compte récepteur, a d’autant plus de poids qu’elle est datée tôt : la trace de cet envoi compte. Les paiements en cryptomonnaies se reconstituent plus difficilement, mais les identifiants de transaction restent exploitables. Ces coordonnées peuvent aussi être signalées au régulateur compétent et au dispositif public de lutte contre la cybermalveillance. La marche à suivre jusqu’à l’audience est détaillée dans notre guide de la procédure pénale.
Un entretien éclaire un mécanisme voisin sous un angle juridique précis. Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, y analyse une fraude au faux relevé d’identité bancaire : des virements détournés à l’occasion d’un achat immobilier, et la question de la responsabilité des professionnels qui ont laissé passer ces flux. Le raisonnement sur la vigilance attendue des intermédiaires, et sur les voies de recours lorsqu’un virement a quitté un compte sans retour possible, vaut aussi pour quiconque a approvisionné à distance un compte de trading vendu comme régulé.
Les questions les plus posées sur cryptex-markets.com
Les questions qui reviennent le plus souvent sur ce dossier portent sur l’état réel de la plateforme, sur les deux autres noms associés, sur les démarches concrètes après un dépôt, et sur la possibilité que le nom soit réactivé. Voici les réponses que nos relevés permettent d’apporter.
Non. Que la page ne réponde plus ne ferme aucune porte sur le terrain des recours. Le nom reste enregistré et payé jusqu’au 8 mars 2027, ce qui laisse ouverte la possibilité d’une remise en service. Par ailleurs, les procédures engagées auprès des banques, des régulateurs ou des juridictions pénales ne dépendent pas de l’état technique du site : elles suivent leur propre calendrier, indépendamment de ce que le serveur répond ou non.
Ces deux noms ont été déposés dans le même intervalle que cryptex-markets.com, chez le même prestataire, avec les mêmes paramètres de verrouillage. Crednextbnk.com figurait même dans le certificat émis pour cryptex-markets.com. À notre relevé du 16 octobre 2026, crednextbnk.com résout vers la même adresse que cryptex-markets.com mais ne sert aucune page ; crestpayglobal.com ne résout plus du tout. Les trois noms semblent avoir été préparés et abandonnés ensemble.
Rassembler sans attendre tous les justificatifs disponibles : relevés de virements, captures d’écran horodatées du tableau de bord, échanges écrits avec les interlocuteurs de la plateforme, confirmations de dépôt. Contacter la banque teneur du compte pour demander un rappel de fonds et conserver la trace écrite de cette démarche. Signaler le cas au régulateur financier compétent selon le pays de résidence, ainsi qu’à la plateforme nationale de lutte contre la cybermalveillance. Pour les versements en cryptomonnaies, noter les identifiants de transaction avant toute autre démarche.
Oui. Le nom est payé jusqu’au 8 mars 2027 et ses quatre verrous de registre sont actifs. Rien n’empêche techniquement son titulaire de remettre un serveur en service à cette adresse, avec ou sans modification du contenu affiché. Le silence actuel de la vitrine n’est pas une garantie que le nom restera inactif jusqu’à son échéance.
Cryptex-markets.com a collecté des inscriptions à distance, demandé des pièces d’identité, reçu des virements présentés comme des dépôts sur un compte de trading régulé, puis laissé sans suite les demandes de retrait. Ce schéma, documenté depuis notre premier dossier de juillet 2026, ne change pas avec le silence de la vitrine : les personnes concernées restent dans la même situation, avec les mêmes recours ouverts et le même besoin de reconstituer un dossier complet avant toute démarche.
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Article réécrit le 16/10/2026


