Goldtradingweb3.com arnaque : le même logiciel sous un autre nom

Un faux portefeuille crypto devenu application de trading, sous un autre nom

Le domaine goldtradingweb3.com ne sert plus la page que BrokerDefense décrivait le 17 avril 2026. L’adresse affiche désormais une application de trading compacte, construite le 21 septembre 2026, dont le titre et le manifeste interne portent le nom « superai8 ». Le contenu livré au navigateur ne mentionne plus une seule fois le portefeuille crypto ni la promesse de conservation des clés privées qui fondaient l’article d’avril.

Le changement d’enseigne ne doit rien au hasard. Le fichier servi par la racine de goldtradingweb3.com est identique au caractère près à celui de deux autres noms : superai8.top et goldfitrade.com, dont notre dossier du 16 septembre 2026 décrivait déjà le même manifeste d’application. Les trois adresses livrent le même document de 5 173 octets, la même empreinte de contrôle et le même paquet de code. Le nom goldtradingweb3.com n’apparaît nulle part dans ce paquet : l’habillage a été posé par-dessus un logiciel qui continue de porter l’étiquette de sa première version. Le rapprochement avec k9c3y.fr, documenté par nos soins le 17 avril 2026, s’ajoute à cette série : les deux vitrines sortent de la même chaîne de fabrication d’applications multiplateformes.

Dernière mise à jour : 06/10/2026

NameSilo : un nom ouvert le 8 février 2026, toujours sous Cloudflare

Le dossier d’enregistrement de goldtradingweb3.com a été ouvert le 8 février 2026 chez NameSilo, LLC, et il court jusqu’au 8 février 2027. Le statut du nom reste « actif » et aucune modification de titulaire n’apparaît depuis cette date. Le bureau d’enregistrement est celui qu’emploie également superai8.top, le domaine qui héberge le serveur de l’application, ouvert quant à lui le 9 septembre 2025.

La diffusion passe par Cloudflare, dont les serveurs de noms masquent l’hébergement d’origine. Le certificat présenté le 6 octobre 2026 est un certificat générique couvrant le domaine et tous ses sous-domaines, délivré par Google Trust Services le 3 octobre 2026 et valable jusqu’au 1er janvier 2027. Sa présence ne dit rien de la légitimité de l’exploitant : elle prouve seulement qu’un opérateur renouvelle régulièrement l’enveloppe technique de son nom. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Dans le code, un moteur nommé « superai8 » et son serveur dédié

L’application livrée par goldtradingweb3.com est un programme compilé qui s’exécute dans le navigateur et va chercher ses données sur un serveur distant. Le paquet principal pèse environ 661 kilo-octets et déclare noir sur blanc son identité : un identifiant d’application, un nom, « superai8 », et un numéro de version, 1.0.0. Ces trois valeurs sont rigoureusement les mêmes que celles relevées sur goldfitrade.com le 16 septembre 2026, ce qui rattache les deux vitrines à une seule et même base logicielle.

Toutes les demandes de données aboutissent à un hôte unique, api.superai8.top, dont les points d’entrée sont publics. Interrogés le 6 octobre 2026, ils renvoient la liste des produits mis en avant, un fil d’actualités illustré et l’historique de cours de plusieurs paires de trading. Le terminal affiche ainsi un prix de référence pour le bitcoin en dollars, un cours pour l’ether et une parité euro-dollar, présentés comme des cotations de marché en temps réel. Rien dans cet ensemble ne provient d’un fournisseur de données identifié : le flux sort du même serveur que la vitrine.

Rien sur cette page n’identifie l’exploitant : ni dénomination sociale, ni numéro d’enregistrement, ni adresse de siège, ni rattachement déclaré à une autorité de tutelle. Les quatre entrées proposées par le programme mènent à une page d’ouverture de compte, à une page de connexion, à un tableau de bord et à un point d’entrée d’interface. Aucun document contractuel n’est accessible avant l’inscription.

Les visuels, jusqu’à l’icône du bitcoin, sortis d’un stock ouvert

Les images affichées dans l’application ne sont pas hébergées sur le domaine. Elles sont appelées depuis deux espaces de stockage distincts, l’un consacré aux illustrations de presse, l’autre aux logos des instruments financiers. Le premier, rattaché à un service de diffusion d’images, répond à une requête à la racine par l’inventaire complet de son contenu, table des fichiers comprise : l’espace n’est pas refermé et laisse donc voir la totalité des visuels qu’il sert, y compris ceux employés par d’autres plateformes.

Le second alimente les vignettes des cryptoactifs. L’une d’elles, l’icône du bitcoin, est une quasi-copie d’un fichier portant le même nom sur une plateforme de courtage documentée par ailleurs, à un écart imperceptible près selon notre comparaison d’images. Autrement dit, les éléments graphiques qui donnent à la vitrine son apparence financière proviennent d’un fonds commun réutilisé d’une plateforme à l’autre, et non d’une charte graphique propre.

Ce détail n’est pas cosmétique. Un service qui prétend détenir des actifs pour le compte de ses clients devrait s’appuyer sur ses propres ressources ; ici, jusqu’aux pictogrammes des monnaies, tout est emprunté ou mutualisé. La cohérence visuelle de la page tient donc à un assemblage, pas à une identité d’entreprise.

Ce que la vitrine propose aujourd’hui, et ce qu’elle ne dit pas

La présentation actuelle décrit une application mobile de suivi et de négociation : un onglet d’accueil, un onglet de cotations, un onglet de positions, un historique et un espace personnel. Les fichiers d’interface confirment cette architecture, avec une barre de navigation prévue pour un usage sur téléphone. Le vocabulaire employé est celui du courtage classique, transposé à des actifs numériques et à des parités de change.

Cette vitrine ne ressemble en rien à celle d’avril 2026. À l’époque, le site vendait un portefeuille présenté comme décentralisé, promettant de conserver « tous vos cryptos et NFTs en un seul endroit » sans exiger la création d’un compte. Le discours a basculé vers l’ouverture d’un compte et la consultation de cours, c’est-à-dire vers un dispositif qui suppose des dépôts et une relation suivie avec un interlocuteur.

Le point commun entre les deux versions est ailleurs : ni l’une ni l’autre ne nomme l’exploitant. Le nom du logiciel reste « superai8 » alors que l’adresse affichée est goldtradingweb3.com, situation déjà rencontrée sur goldfitrade.com. Le nom commercial n’est donc jamais un actif stable dans ce montage : il change au gré des campagnes, tandis que le moteur, lui, ne bouge pas.

Une mise en garde officielle ne se décrète pas en un jour : elle suppose qu’une alerte soit examinée avant publication, ce qui explique qu’un nom ouvert récemment puisse n’y apparaître encore nulle part. Cette absence ne vaut jamais autorisation. Le recueil public de l’Autorité des marchés financiers reste ouvert à la consultation, et chacun peut y chercher ce nom.

Documenter chaque versement et choisir sa voie de recours

Une personne qui a viré des fonds vers une adresse liée à goldtradingweb3.com doit d’abord figer ce qui existe encore : les captures des écrans de dépôt, les relevés des transactions en cryptomonnaies, les échanges écrits avec les interlocuteurs qui ont proposé les placements, et l’identité des comptes destinataires des virements. Ces éléments déterminent la suite, car une procédure ne progresse que sur des pièces datées.

Vient ensuite la banque qui a reçu l’ordre de paiement : c’est à elle qu’il faut demander l’annulation du transfert, dans les limites de temps qu’elle accepte. En parallèle, le dépôt d’une plainte donne un cadre à la démarche : la procédure pénale applicable aux victimes d’escroquerie financière détaille les étapes, de la qualification des faits jusqu’aux demandes d’indemnisation. Notre dossier consacré à goldfitrade.com expose la même grille de lecture pour une application identique.

Comprendre la mécanique juridique aide à hiérarchiser les démarches. Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate dont l’exercice relève du barreau de Paris, détaille dans l’entretien suivant le chemin qui mène d’un signalement à une indemnisation, du dépôt de la plainte jusqu’à l’exécution de la décision.

Je vois « superai8 » à l’écran alors que l’adresse est goldtradingweb3.com : est-ce le même site ?

Oui, l’adresse goldtradingweb3.com sert bien une application dont le nom interne est « superai8 ». Le même programme, au fichier près, est livré par superai8.top et par goldfitrade.com. La marque affichée change, le moteur reste identique : c’est une vitrine interchangeable, pas trois services distincts.

Les cours affichés dans l’application sont-ils fiables ?

Ils sont produits par le serveur de l’application elle-même, et non par un fournisseur de données de marché identifié. Un prix de référence n’a aucune valeur probante quand il vient de la partie qui propose l’investissement. Aucun agrément, aucune dénomination et aucun siège d’entreprise n’apparaissent par ailleurs sur la page.

Quelles démarches entreprendre lorsqu’un dépôt a déjà été effectué ?

Rassemblez d’abord tout ce qui est daté : captures des écrans de dépôt, relevés des transactions, messages échangés avec les démarcheurs et coordonnées des comptes destinataires. Demandez ensuite à votre banque le rappel du virement initial, puis déposez plainte. Ces trois pièces conditionnent la suite et la possibilité de réclamer une indemnisation.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 06/10/2026

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