Sommaire
- NameSilo suspend la délégation du nom, qui reste enregistré jusqu’en mars 2027
- Arlglobalgroup.com et dargroupltd.com, deux noms voisins suspendus eux aussi
- Serveur en Lituanie, pile Apache et Vue.js pour un cabinet de forensique
- Portefeuille, retraits et pièces d’identité derrière la vitrine de cabinet
- Des compteurs restés à zéro et des portraits d’emprunt
- Après un envoi de pièces d’identité, les vérifications à reprendre
- Questions reçues après la suspension du service
NameSilo suspend la délégation du nom, qui reste enregistré jusqu’en mars 2027
Au 24 septembre 2026, dargrouplimited.com ne rend plus aucune adresse de serveur. Ni le nom saisi directement, ni sa variante préfixée en www ne conduisent vers un quelconque contenu, et trois tentatives de connexion successives se sont soldées par un échec complet. La vitrine qui se présentait en avril 2026 comme un cabinet de forensique blockchain a cessé de répondre à toute requête.
La fiche du registre du .com, relevée le même jour, apporte une explication précise à cette absence de réponse : deux restrictions y sont portées. La première est la suspension de la délégation, qui empêche le nom d’être résolu même si son enregistrement demeure actif. La seconde est l’interdiction de transfert, qui bloque tout déplacement du nom vers un autre bureau d’enregistrement. Ces deux mesures ont été appliquées par NameSilo, bureau d’enregistrement du nom depuis l’ouverture du domaine.
La fenêtre d’enregistrement s’étend du 2 mars 2026 au 2 mars 2027, et la dernière modification de la fiche remonte au 15 juin 2026. Le nom n’a donc pas été supprimé du registre : il y demeure inscrit jusqu’à l’échéance de mars 2027, mais sans que cette inscription produise le moindre effet accessible au public tant que la suspension de la délégation reste en vigueur.
Pour des personnes ayant déjà versé des fonds ou transmis des documents à cette plateforme, la conséquence est double : il n’existe plus aucun contenu à consulter, et il n’existe plus aucun service auprès duquel formuler une réclamation. L’interlocuteur a disparu sans laisser de point de contact accessible.
Dernière mise à jour : 24/09/2026
Arlglobalgroup.com et dargroupltd.com, deux noms voisins suspendus eux aussi
Deux autres noms appartiennent au même dossier : arlglobalgroup.com et dargroupltd.com. Nos vérifications du 24 septembre 2026 n’ont obtenu aucune réponse de l’un ni de l’autre, exactement comme pour le nom principal.
La fiche d’arlglobalgroup.com indique un enregistrement depuis le 27 novembre 2025, une échéance au 27 novembre 2026, et une dernière modification de fiche au 26 janvier 2026. Celle de dargroupltd.com mentionne une ouverture au 18 novembre 2025, une échéance au 18 novembre 2026, et une dernière modification au 28 février 2026. Les deux noms partagent le même bureau d’enregistrement, Hostinger operations, et portent les deux mêmes restrictions que le nom principal : suspension de la délégation et interdiction de transfert.
Un détail technique renforce le lien entre ces noms : dargroupltd.com partage avec dargrouplimited.com exactement la même paire de serveurs de noms, appartenant à un grand réseau de diffusion de contenu. Nos relevés d’infrastructure d’avril 2026 avaient par ailleurs déjà rattaché les trois noms par une adresse de serveur commune.
Ces constats établissent un voisinage technique et une mise à l’arrêt commune sur les trois noms. Ils ne permettent pas d’identifier un exploitant unique : ce que le dossier documente, c’est une infrastructure partagée et une suspension simultanée, pas une attribution formelle.
Le dernier point de contrôle encore interrogeable sur l’état déclaré du nom principal est la fiche WHOIS complète sur DomainTools.
Serveur en Lituanie, pile Apache et Vue.js pour un cabinet de forensique
Nos relevés techniques d’avril 2026 avaient décrit l’infrastructure avec précision. Le serveur applicatif répondait sous Apache 2.4 installé sur une distribution Ubuntu, à l’adresse 72.61.88.60, géolocalisée en Lituanie. La résolution des noms était confiée à un réseau de diffusion de contenu, et la messagerie opérait via Zoho Mail, avec un enregistrement SPF déclaré.
L’interface s’appuyait sur un cadre de développement JavaScript en bibliothèque unique, accompagné de jQuery 3.5.1, de Popper.js, de metisMenu, d’Odometer.js, d’imagesLoaded, d’Isotope et d’un bouton rotatif jQuery Knob. Les témoins de session renvoyés par le serveur portaient les noms XSRF-TOKEN et dar_group_session, signature caractéristique d’un cadre de développement PHP répandu dans la construction de plateformes transactionnelles.
Le certificat SSL était un certificat gratuit délivré par l’autorité Let’s Encrypt, émis le 6 mars 2026 et valable jusqu’au 4 juin 2026, couvrant le nom et sa variante préfixée en www. Ce type de certificat, obtenu en quelques minutes sans vérification d’identité, est courant dans les montages qui cherchent à afficher un cadenas sans justifier d’aucune existence légale.
Rien dans cet ensemble ne correspond à ce que revendiquait la vitrine : un cabinet de forensique blockchain installé à Londres, sous la bannière « Digital Asset Recovery » en pied de page et « Blockchain Guard » dans l’en-tête. Une activité d’investigation financière sérieuse ne s’héberge pas sur un serveur résidentiel géolocalisé en Lituanie derrière une messagerie grand public, et la vitrine d’avril 2026 ne citait ni numéro d’enregistrement de société ni référence à un régulateur.
Portefeuille, retraits et pièces d’identité derrière la vitrine de cabinet
L’examen du code source de la vitrine en avril 2026 avait révélé un ensemble de routes d’interface sans rapport avec une mission de forensique. Derrière la façade de cabinet de récupération se trouvait un espace client complet : gestion de portefeuille, soumission de demandes de retrait, procédure de vérification d’identité et dépôt de pièces justificatives, le tout adossé à un panneau d’administration permettant aux opérateurs de superviser l’intégralité des comptes et des transactions.
À ces fonctions s’ajoutait une demande particulièrement sensible : le formulaire de contact réclamait la date de naissance du visiteur. Cette donnée, combinée à une pièce d’identité déposée via l’espace client, constitue un ensemble suffisant pour des tentatives d’usurpation d’identité.
Le mécanisme est ainsi conçu pour exploiter deux fois les mêmes victimes : celles qui avaient déjà subi une première fraude et cherchaient à récupérer leurs fonds se retrouvaient à confier leurs documents à des opérateurs contrôlant entièrement le panneau d’administration, sans aucun tiers de contrôle ni cadre réglementaire déclaré.
Un schéma comparable, mais avec un avertissement nominatif de l’Autorité des marchés financiers, a été documenté dans notre dossier de septembre 2026 consacré à une boîte aux lettres de récupération rapide dont le domaine n’héberge aucun site, visée par le régulateur sous la mention d’usurpation de son identité.
Des compteurs restés à zéro et des portraits d’emprunt
Pour asseoir sa crédibilité, la vitrine affichait en page d’accueil quatre compteurs animés censés matérialiser un bilan d’activité : dossiers traités, montants récupérés, organisations partenaires et taux de réussite. Nos relevés d’avril 2026 ont établi que les quatre affichaient zéro. La bibliothèque Odometer.js chargée pour animer ces chiffres fonctionnait, mais aucune valeur n’avait jamais été renseignée.
Les témoignages publiés sur la plateforme ne comportaient ni nom, ni date ni référence de dossier. Les portraits présentés comme ceux des membres de l’équipe provenaient de banques d’images, sans lien avec des personnes physiques identifiables. L’accroche affirmait avoir aidé à récupérer des millions de dollars, sans qu’aucun cas documenté ne vienne étayer cette affirmation.
La vitrine indiquait une adresse au 150 Holborn, Londres, code postal EC1N 2NS. Le registre britannique des sociétés, consulté le 24 septembre 2026, ne restitue aucune fiche sous la dénomination du domaine. L’adresse correspond à un immeuble de bureaux partagé où le registre recense des sociétés dont le nom est proche mais différent ; aucun élément du dossier ne les relie à cette plateforme, et elles ne sont pas mises en cause.
Le relevé effectué le 24 septembre 2026 sur les listes noires et mises en garde publiées par l’AMF ne fait ressortir aucune mention portant ce nom. Rien ne doit en être déduit quant à la solidité du service : à cette date, tout au plus, aucune mise en garde publique ne visait ce nom. Sur ce point, notre dossier d’août 2026 consacré à un faux cabinet de récupération de fonds dont le nom ne conduit plus vers aucune destination depuis le 18 septembre 2026 illustre un montage comparable au présent cas.
Maître Goce Novakov, avocat inscrit à l’ordre des avocats de Paris, analyse dans l’entretien suivant un jugement d’escroquerie rendu à Troyes, dans lequel les victimes d’un faux investissement ont obtenu la reconnaissance de leur indemnisation et où la responsabilité d’un établissement bancaire a été retenue pour n’avoir pas surveillé les opérations.
Après un envoi de pièces d’identité, les vérifications à reprendre
Quiconque a communiqué un document d’identité ou une date de naissance à cette plateforme doit traiter ce risque séparément de toute démarche financière. La suspension du service ne met pas fin à l’usage que des tiers peuvent faire de données déjà transmises.
Il convient d’abord de reconstituer un relevé précis : la date exacte de chaque envoi, la liste complète des pièces communiquées, et l’ensemble des échanges écrits conservés avec les interlocuteurs du service. Ces éléments constituent la base de tout signalement ultérieur et doivent être réunis avant que les supports ne deviennent inaccessibles.
Si des mouvements de fonds ont accompagné la démarche, ils doivent être documentés séparément : relevés, confirmations de virement, captures des espaces de paiement. Un risque d’usurpation d’identité et un litige financier relèvent de procédures distinctes et ne se traitent pas auprès des mêmes interlocuteurs.
Pour engager une démarche pénale structurée à partir des pièces réunies, notre page dédiée au dépôt de plainte et aux voies pénales disponibles détaille les étapes applicables à ce type de dossier.
Questions reçues après la suspension du service
La suspension de la délégation empêche le nom d’être résolu par les serveurs DNS, ce qui rend tout contenu associé inaccessible sans que le nom soit pour autant supprimé du registre. Dans le cas de dargrouplimited.com, le nom reste enregistré jusqu’au 2 mars 2027, mais aucune requête ne peut aboutir tant que cette restriction est maintenue par NameSilo. Pour les personnes ayant utilisé le service, cela signifie qu’aucun espace client, aucun formulaire et aucun contact n’est plus joignable via ce nom.
Un document d’identité transmis à une plateforme dont les opérateurs contrôlaient entièrement le panneau d’administration peut être exploité à des fins d’usurpation d’identité, indépendamment de tout litige financier. Combiné à une date de naissance, comme le formulaire de dargrouplimited.com en réclamait une, cet ensemble est suffisant pour des démarches frauduleuses au nom de la victime. Il est recommandé de signaler la situation aux organismes de crédit et aux établissements bancaires concernés, et d’envisager un dépôt de plainte pour usurpation d’identité.
L’arrêt du service ne ferme pas la porte à une action. Une démarche reste envisageable si l’on dispose de pièces précises : dates et montants des versements, relevés bancaires ou traces de paiement, captures des échanges écrits et de l’espace client. Ces éléments permettent de saisir les autorités compétentes, de contacter son établissement bancaire pour contester les opérations, et d’engager une procédure pénale. Notre page sur les démarches pénales détaille les étapes concrètes à suivre selon la nature des pièces disponibles.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Article réécrit le 24/09/2026


