Sommaire
- Quatre mois après un certificat SSL encore actif, exmyit.com a été effacé du registre .com
- AUREVENTE, « Exchange France » : une marque sans société, sans pays, sans fondateur
- Des contacts factices : un email sur un domaine tiers, un numéro invalide, un faux identifiant juridique
- Anatomie technique d’une plateforme éphémère : Vue.js, contenu chinois et certificat renouvelé en avril 2026
- De mai 2024 à août 2026 : la chronologie d’une disparition programmée
- Réunir les preuves et porter plainte après la disparition d’exmyit.com
Quatre mois après un certificat SSL encore actif, exmyit.com a été effacé du registre .com
Le 14 août 2026, le domaine exmyit.com n’existe plus dans le registre .com : le RDAP Verisign renvoie une erreur 404 et les données d’enregistrement du domaine indiquent « No match for EXMYIT.COM ». Ce n’est pas un simple NXDOMAIN, c’est-à-dire une adresse qui ne répond plus. C’est une suppression totale : le domaine a été retiré du registre lui-même, comme s’il n’avait jamais existé. Ce niveau d’effacement est plus radical qu’une expiration ordinaire.
Ce qui rend cette disparition particulièrement frappante, c’est le contraste avec l’activité récente de la plateforme. Le certificat SSL du sous-domaine ex.exmyit.com, émis par l’autorité Let’s Encrypt le 3 avril 2026, restait valide jusqu’au 2 juillet 2026. Un certificat Let’s Encrypt se renouvelle en continu : son émission en avril 2026 prouve que l’infrastructure était maintenue, surveillée, opérationnelle. La plateforme AUREVENTE accueillait encore des utilisateurs au printemps 2026. Quatre mois plus tard, le domaine a disparu du registre sans laisser de trace administrative.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dernière mise à jour : 14/08/2026
AUREVENTE, « Exchange France » : une marque sans société, sans pays, sans fondateur
La plateforme se présentait sous la marque AUREVENTE, avec pour titre de page archivé « Exchange France ». L’interface affichait une paire BTC/USDT, des graphiques en chandeliers japonais, des boutons Buy et Sell. Tout était conçu pour imiter un exchange crypto professionnel.
Les promesses étaient précises et séduisantes : « trading algorithmique intelligent », « automatisation 24h/24 », « analyse en temps réel ». L’IA présentée était capable, selon le site, de « repérer les tendances » et d’agir « sans émotion humaine ». Ce discours sur l’automatisation est un classique des arnaques crypto par IA, comme celles documentées sur alphaairobot, blacklistée par l’AMF, ou sur epargneia, signalée par l’ABE pour des promesses similaires d’épargne par IA.
Derrière cette vitrine, rien. Aucune société enregistrée, aucun fondateur nommé, aucun pays de domiciliation, aucune adresse physique. Les mentions légales étaient absentes ou incomplètes. La page d’accueil archivée était rédigée en chinois, avec l’attribut de langue zh-CN, malgré une marque à consonance française et un titre en anglais. Cette incohérence fondamentale entre la langue du code source et l’identité affichée est un signal d’alerte documenté dans notre article sur les arnaques au trading en ligne.
Des contacts factices : un email sur un domaine tiers, un numéro invalide, un faux identifiant juridique
Les coordonnées affichées par AUREVENTE ne résistaient pas à un examen minimal. L’adresse email de contact était [email protected], un domaine tiers sans lien établi avec exmyit.com ni avec la marque Aurevente. Utiliser un email sur un domaine distinct de celui de la plateforme est une technique courante pour brouiller les pistes et rendre toute traçabilité plus difficile.
Le numéro de téléphone affiché, +23.8.2304.5106, ne correspond à aucun indicatif pays reconnu. Ce format n’existe pas dans la nomenclature internationale des télécommunications. Il était donc impossible de joindre un interlocuteur réel par téléphone.
Enfin, le site présentait un identifiant intitulé « Version : 2.3.2304.5106 » comme s’il s’agissait d’une référence juridique ou réglementaire. Cette chaîne de caractères ne renvoie à aucun registre, aucune autorité, aucune entité vérifiable. Elle servait uniquement à donner une apparence de sérieux institutionnel à une plateforme qui n’en avait aucun.
Anatomie technique d’une plateforme éphémère : Vue.js, contenu chinois et certificat renouvelé en avril 2026
Notre analyse technique du sous-domaine ex.exmyit.com a révélé une architecture cohérente avec une infrastructure de fraude à grande échelle. Le site fonctionnait comme une application monopage JavaScript, construite avec le framework Vue.js, avec des fichiers chunk-vendors et index.js caractéristiques. Ce type d’architecture, dit SPA (Single Page Application), rend le contenu difficile à indexer et à archiver, ce qui complique le travail des enquêteurs.
Le code source était encodé en UTF-8, déclaré en langue zh-CN, avec un doctype HTML5 standard. La configuration du cache était particulièrement agressive : no-cache, no-store, must-revalidate. Ces directives empêchent les navigateurs et les proxies de conserver une copie des pages, ce qui limite les traces numériques disponibles après la fermeture.
Le design était conçu mobile-first, avec une balise viewport adaptée aux smartphones et une compatibilité iPhone explicite. Le contenu était déclaré non redimensionnable sur mobile, une configuration qui oriente l’expérience vers une utilisation sur téléphone, canal privilégié des victimes de fraudes crypto.
Le certificat SSL, émis par Let’s Encrypt via l’autorité intermédiaire R12, avait une durée de vie de 90 jours. Son émission le 3 avril 2026 implique un renouvellement actif : quelqu’un gérait encore l’infrastructure à cette date. La plateforme n’était pas abandonnée, elle était opérationnelle. Puis, entre juillet et août 2026, tout a été effacé.
Pour mieux comprendre les recours judiciaires disponibles face à ce type d’arnaque crypto, notamment lorsque des transactions en cryptomonnaies sont impliquées, Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris détaille dans la vidéo ci-dessous les mécanismes d’indemnisation des victimes de faux investissements, les voies pénales envisageables et les spécificités des dossiers impliquant des cryptomonnaies.
De mai 2024 à août 2026 : la chronologie d’une disparition programmée
exmyit.com a été créé en mai 2024. Les premières captures d’archives disponibles sur la Wayback Machine datent de juin et juillet 2025 : elles montrent la page d’accueil, les interfaces de trading (/trade/index), de gestion (/manage/index) et d’échange C2C (/pages/desktop/c2c/index). La plateforme était alors pleinement opérationnelle.
En avril 2026, le certificat SSL a été renouvelé. La plateforme continuait d’accueillir des utilisateurs. Rien, dans les données techniques disponibles, ne signalait une fermeture imminente. Le 10 août 2026, nos outils ont détecté un NXDOMAIN : le domaine ne répondait plus. Quatre jours plus tard, le 14 août 2026, les données d’enregistrement du domaine confirmaient la suppression totale du registre .com.
Cette séquence, création rapide, activité soutenue pendant environ deux ans, puis effacement complet sans préavis, correspond à un modèle d’infrastructure jetable. Le domaine a été utilisé le temps nécessaire pour collecter des fonds, puis supprimé pour effacer les traces. L’absence de toute inscription sur les listes noires de l’AMF, de l’ACPR ou de la CySEC avant la disparition montre que les opérateurs ont agi sous le radar réglementaire jusqu’au bout.
Réunir les preuves et porter plainte après la disparition d’exmyit.com
Les victimes d’AUREVENTE ont versé des cryptomonnaies sur une plateforme de trading par IA qui n’avait aucune existence juridique. La suppression du domaine exmyit.com du registre .com complique la traçabilité, mais ne rend pas les recours impossibles.
La première étape consiste à rassembler toutes les preuves liées à l’utilisation de la plateforme ex.exmyit.com : captures d’écran de l’interface de trading, historique des transactions en crypto (adresses de portefeuilles destinataires, montants, dates), emails reçus depuis [email protected], et tout échange avec des interlocuteurs se réclamant d’AUREVENTE. Ces éléments constituent le socle d’un dossier pénal.
Le dépôt d’une plainte pénale pour escroquerie est la voie principale. Notre guide complet sur la procédure pénale détaille les étapes, les juridictions compétentes et les éléments à fournir. Les transactions en cryptomonnaies sont traçables sur la blockchain : un avocat spécialisé peut solliciter une analyse des flux pour identifier les portefeuilles destinataires et, dans certains cas, les entités qui les contrôlent.
Signaler la plateforme à l’AMF via le portail Assurance Banque Épargne Info Service reste utile, même après la disparition du domaine. Ces signalements alimentent les bases de données réglementaires et peuvent déclencher des enquêtes coordonnées au niveau européen.
Oui. La plateforme AUREVENTE, hébergée sur le sous-domaine ex.exmyit.com, présentait toutes les caractéristiques d’une fraude au trading crypto : aucune société enregistrée, aucune adresse réelle, des contacts factices (email sur un domaine tiers, numéro de téléphone invalide), et des promesses d’IA de trading sans fondement vérifiable. Le domaine exmyit.com a été rayé du registre .com en août 2026, effaçant toute trace administrative.
Rassemblez immédiatement toutes les preuves disponibles : captures d’écran de l’interface de trading AUREVENTE, adresses de portefeuilles crypto destinataires, historique des transactions, et tout échange avec le [email protected]. Déposez une plainte pénale pour escroquerie et consultez un avocat spécialisé en fraudes aux cryptomonnaies. Les transactions blockchain restent traçables même après la disparition du site.
La suppression du registre .com est plus radicale qu’un simple arrêt du site. Elle signifie que le domaine exmyit.com a été retiré de la base de données centrale gérée par Verisign : le RDAP renvoie une erreur 404 et les données d’enregistrement indiquent « No match ». Cette suppression totale efface les informations d’enregistrement et complique la traçabilité des opérateurs, ce qui est cohérent avec une stratégie délibérée d’effacement des traces après collecte de fonds.
exmyit.com et la marque AUREVENTE ont disparu du registre .com en laissant derrière eux des victimes ayant investi des cryptomonnaies sur une interface de trading par IA qui n’avait aucune réalité juridique. La suppression totale du domaine, quatre mois seulement après un certificat SSL encore actif, confirme une infrastructure conçue pour opérer puis s’effacer. Avant de confier des fonds à une plateforme de trading crypto, quelle que soit la sophistication de son interface ou la promesse de son algorithme, une vérification préalable par BrokerDefense permet d’identifier les signaux d’alerte avant qu’il ne soit trop tard.
Article réécrit le 14/08/2026


