Avenir-epargne.com arnaque : l’AMF l’a fiché, le nom a disparu

L’AMF avait inscrit ce nom sur sa liste des biens divers

Quatorze jours après la parution de notre premier article, le 28 mars 2019, l’Autorité des marchés financiers a officiellement inscrit www.avenir-epargne.com sur sa liste des sites non autorisés, sous le libellé exact « Biens divers / Or ». La fiche nominative publiée par l’autorité reproduit la formule de mise en garde officielle : cet acteur n’est pas autorisé par l’AMF à proposer certains services ou placements financiers en France. Notre article d’origine, paru le 14 mars 2019, alertait déjà sur ce nom sans disposer encore de cette confirmation régulatrice ; l’inscription est venue lui donner une portée officielle que nous n’avions pu que préfigurer.

Ce qui frappe davantage encore, sept ans après les faits, c’est la permanence de cette inscription. Au 2 octobre 2026, l’entrée figure toujours dans le fichier officiel des listes de l’AMF, sans qu’aucune levée n’ait jamais été prononcée. La fiche publiée par l’AMF pour ce nom demeure donc consultable et opposable, quand bien même la vitrine elle-même a depuis longtemps disparu de tout registre.

Cette persistance n’est pas anodine : elle signifie que l’autorité n’a, à ce jour, pas retiré ce nom de son fichier, et qu’aucune régularisation n’y a mis fin. Pour toute personne ayant contracté avec cette enseigne, l’inscription constitue une pièce documentaire de premier plan, à conserver soigneusement.

Les éléments d’enregistrement historiques de ce nom sont réunis sur la fiche WHOIS complète sur DomainTools.

Dernière mise à jour : 02/10/2026

Depuis 2019, la vitrine revendiquait l’identité d’une entreprise britannique

Notre enquête de 2019 avait mis en évidence un procédé d’usurpation d’identité documenté : la vitrine se présentait comme adossée à une société réellement enregistrée au registre britannique des sociétés, dont elle reprenait fidèlement le numéro d’enregistrement et l’adresse du siège social. Cette reprise s’effectuait sans aucune autorisation de la société concernée, dont les coordonnées téléphoniques différaient de celles figurant sur le site. Aucun document officiel ne permettait de rattacher cette société à la vitrine.

Il convient d’être précis sur ce point : la société dont l’identité a ainsi été exploitée est une victime de ce mécanisme, non une partie impliquée dans les agissements décrits. Elle n’est en rien mise en cause par notre analyse et nous nous gardons de la nommer, afin de ne pas alimenter toute confusion préjudiciable à son égard.

Sur le plan juridique, la construction présentait une incohérence révélatrice : les mentions légales de la vitrine renvoyaient au droit anglais, alors que l’intégralité du contenu était rédigée en français et s’adressait visiblement à un public établi en France. Ce décalage entre le droit revendiqué et la réalité du démarchage constitue un signal d’alerte classique dans les dossiers de ce type.

Le discours tenu par la vitrine renforçait cette impression de manipulation. Elle s’employait à discréditer les institutions bancaires, soutenant qu’elles seraient incapables de gérer le capital de leurs clients. Ce type de rhétorique vise à détourner les épargnants des circuits réglementés pour les orienter vers des interlocuteurs non contrôlés, réduisant d’autant leurs protections en cas de litige.

Ce que recouvre le libellé Or de la liste Biens divers

La liste des « Biens divers » tenue par l’AMF rassemble les acteurs dont les offres portent sur des biens tangibles atypiques, c’est-à-dire des supports qui ne relèvent ni des instruments financiers classiques ni des produits d’assurance. Le libellé « Or » y désigne les offres relatives à l’or en tant que bien physique ou placement atypique ; d’autres entrées du même fichier portent les libellés « Cheptel » ou « Vin », ce qui illustre l’étendue des supports concernés.

Figurer dans ce fichier a une signification précise et univoque : l’acteur ainsi référencé n’est pas autorisé à proposer certains services ou placements financiers en France. Ce n’est pas une mise en garde provisoire ni un avertissement préliminaire ; c’est une position adoptée par l’autorité et maintenue tant qu’elle n’a pas été formellement révisée.

Il serait inexact d’en déduire que la liste prouve à elle seule qu’une transaction en or a eu lieu. Elle indique simplement sous quel libellé l’autorité a rangé cet acteur au moment de son inscription. Ce classement suffit néanmoins à établir qu’aucune relation de placement nouée avec ce nom ne pouvait s’appuyer sur une autorisation délivrée en France.

La longévité de l’inscription mérite d’être soulignée : sept années se sont écoulées depuis le 28 mars 2019 sans que l’entrée soit retirée du fichier officiel. Cette durée traduit l’absence totale de démarche de mise en conformité de la part de l’acteur concerné.

Un nom absent de tous les registres consultés

Les sondages que nous avons menés le 2 octobre 2026 montrent qu’avenir-epargne.com ne répond plus à aucune requête, sous sa forme nue comme sous celle qui porte le préfixe www. Interrogé à la même date, le fichier central du .com ne comporte plus d’entrée à ce nom.

Trois copies publiques jalonnent ce retrait par étapes. Celle datée du 26 février 2021 ne montre plus la vitrine d’origine, mais une page sans rapport avec l’épargne, rédigée dans une autre langue que le français. Celle du 25 novembre 2021 se réduit à un simple répertoire dépourvu de tout contenu. Celle du 31 mars 2022, enfin, affiche une page d’attente servie par un bureau d’enregistrement, invitant explicitement le titulaire du nom à procéder à son renouvellement.

La lecture de ces trois instantanés est claire : le nom a cessé de servir la vitrine frauduleuse bien avant de disparaître totalement du registre. La séquence dessine un abandon progressif, sans reconversion vers un usage légitime. Il ne subsiste aujourd’hui aucun interlocuteur joignable par ce canal, aucune page active, aucun formulaire de contact.

Aucune fiche de réputation publique n’existe non plus pour ce domaine. Notre analyse s’appuie sur l’article d’origine de 2019, sur nos relevés techniques du 2 octobre 2026 et sur les copies publiques conservées mentionnées ci-dessus.

Ce qu’une personne trompée peut encore engager

La disparition du nom ne clôt pas les droits des personnes lésées. Toute démarche sérieuse commence par la constitution d’un dossier documentaire : courriels échangés avec l’enseigne, relevés bancaires où apparaissent les débits correspondants, coordonnées du compte destinataire des virements, et toute pièce établissant un lien entre un versement et l’enseigne avenir-epargne.com. Ces éléments conservent leur valeur probante indépendamment de l’état du domaine.

La responsabilité de l’établissement bancaire qui a donné suite aux virements peut également être interrogée, notamment pour défaut de vigilance à l’égard d’opérations présentant des caractéristiques inhabituelles. Cette voie, distincte de la plainte pénale, mérite d’être explorée avec l’appui d’un professionnel.

Sur le volet pénal, les étapes concrètes pour déposer une plainte sont détaillées dans notre guide dédié, qui précise les autorités compétentes et les pièces à joindre selon la nature des faits.

D’autres dossiers que nous avons traités illustrent la même mécanique régulatrice. Hlf-gestion-or.com est un autre nom inscrit par l’AMF pour une offre portant sur l’or, lui aussi devenu injoignable depuis nos dernières vérifications. Multifond-cap.com figure quant à lui dans le même fichier des biens divers, mais sous le libellé cheptel, et a lui aussi disparu du registre.

Pour vérifier si un nom figure parmi les acteurs non autorisés à démarcher des épargnants en France, la page centrale des listes de mise en garde de l’AMF constitue le point de départ le plus fiable.

Un entretien filmé revient sur la résolution amiable et confidentielle d’un dossier d’escroquerie à l’investissement, et sur l’indemnisation concrète obtenue pour des victimes dans ce cadre. Il réunit Maître Goce Novakov, avocat dont l’ordre professionnel siège à Paris, qui détaille les conditions dans lesquelles ce type de règlement peut aboutir et ce que les victimes sont en droit d’attendre.

Les demandes qui reviennent sur cette affaire

Pourquoi l’AMF a-t-elle inscrit www.avenir-epargne.com sur sa liste des biens divers ?

L’Autorité des marchés financiers a procédé à cette inscription le 28 mars 2019, sous le libellé « Biens divers / Or », parce que cet acteur n’était pas autorisé à proposer certains services ou placements financiers en France. L’inscription signifie que l’autorité a établi l’absence d’habilitation réglementaire, sans que cette situation n’ait été régularisée depuis lors.

Quel rôle jouait la société britannique dont l’identité apparaissait sur le site ?

Cette société, réellement enregistrée au registre britannique des sociétés, est une victime du procédé décrit : son numéro d’enregistrement et l’adresse de son siège ont été repris sans autorisation pour donner une apparence de légitimité à la vitrine. Aucun document officiel ne la rattachait au site, et ses numéros de téléphone différaient de ceux employés par l’enseigne. Elle n’est en aucun cas mise en cause.

Quelles pièces conserver si l’on a eu affaire à avenir-epargne.com ?

Plusieurs pièces gagnent à être mises de côté : les courriels reçus ou envoyés au sujet de l’enseigne, les relevés bancaires retraçant les virements effectués, les coordonnées du compte bénéficiaire, ainsi que les contrats et captures d’écran conservés. Ces éléments gardent leur valeur juridique même si le nom de domaine a disparu de tous les registres.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 02/10/2026

2 Comments

  1. mickael ginet dit :

    BONJOUR
    J AI LAISSER DE L EPARGNE A AVENIR EPARGNE
    COMMENT FAIRE POUR RECUPERER MES SOUS

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