Futur Epargne promettait un livret d’épargne à 8,15 % par an, sans frais, défiscalisé à 100 % et disponible à tout moment. La réalité est toute autre : le nom de domaine futurepargne.com figure sur la liste noire de l’Autorité des marchés financiers sous la qualification « Usurpation », et ce nom a depuis été effacé du registre des .com. Les épargnants qui ont transmis leurs coordonnées ou versé des fonds à cette vitrine doivent connaître les démarches qui s’offrent à eux.
Sommaire
- Futur Epargne arnaque : un livret à 8,15% placé sur la liste noire de l’AMF
- futurepargne.com : une vitrine active en 2024, un nom effacé du registre des .com
- Un « Livret Futur Epargne » à 8,15% et une défiscalisation présentée comme totale
- Un gabarit statique, un formulaire d’éligibilité et des témoignages sans visage
- La même vitrine rebaptisée « INTER INVEST » avant sa disparition
- Futur Epargne : ce que peuvent entreprendre les épargnants concernés
- Futur Epargne : les questions les plus fréquentes
Futur Epargne arnaque : un livret à 8,15% placé sur la liste noire de l’AMF
La liste noire de l’AMF enregistrait, dès le 26 juillet 2024, le nom futurepargne.com sous la qualification « Usurpation ». Cette inscription, toujours consultable sur le site du régulateur, précède de douze jours la publication de notre enquête du 7 août 2024, qui ne mentionnait pas ce classement.
Le contraste est saisissant : une page web dont l’apparence évoque un livret d’épargne sécurisé, scandée par des mentions rassurantes, était simultanément référencée par l’autorité de régulation française pour usurpation. Ce type de qualification désigne généralement une entité qui se présente sous une identité trompeuse, empruntant l’apparence d’un acteur légitime pour crédibiliser une offre. BrokerDefense avait relevé un cas similaire quelques jours plus tôt avec online-immobilier-lbp.com, une vitrine inscrite elle aussi pour usurpation, dont le nom a depuis été effacé du registre des .com, selon le même schéma de disparition.
Le domaine futurepargne.com ne répond plus aujourd’hui et son nom ne figure plus au registre des .com. L’effacement d’un nom de domaine après signalement est un procédé courant : il supprime les traces les plus accessibles et rend la vitrine introuvable pour quiconque chercherait à retrouver l’opérateur après coup.
Dernière mise à jour : 10/09/2026
futurepargne.com : une vitrine active en 2024, un nom effacé du registre des .com
Les archives publiques du web conservent des captures de futurepargne.com couvrant la période de mars à août 2024. Ces captures montrent une page unique dont le titre affiché était « Gestion astucieuse et stratégique de l’épargne | FUTUR EPARGNE ». La structure de la page était identique sur l’ensemble de la période documentée : une promesse de rendement à 8,15 % par an, un formulaire de collecte de données personnelles, deux témoignages attribués à des particuliers et une liste de partenaires présentés sans lien vérifiable.
En septembre 2026, le domaine futurepargne.com ne répond plus à aucune requête et son nom a été effacé du registre des .com. Aucun enregistrement actif n’apparaît pour ce nom, qui n’existe plus en tant que domaine enregistré. La vitrine a cessé d’exister sur le plan technique, mais les captures archivées en attestent le contenu de façon permanente.
Pour les personnes souhaitant vérifier l’historique technique du domaine, la fiche WHOIS complète sur DomainTools documente les données d’enregistrement disponibles.
Un « Livret Futur Epargne » à 8,15% et une défiscalisation présentée comme totale
La vitrine revendiquait un rendement annuel de 8,15 % pour son « Livret Futur Epargne », accompagné d’une promesse de zéro euro de frais, d’une défiscalisation présentée comme totale et d’un capital décrit comme disponible en permanence. Un argumentaire évoquait « un prix de rachat garanti par EDF pendant 20 ans » et « la législation avantageuse autour de la transition écologique », sans qu’aucun document contractuel, aucun agrément ni aucune pièce réglementaire ne soient consultables. La mention « sans risque » figurait également en évidence, ce qui constitue à elle seule un signal d’alerte : aucun placement offrant un tel rendement ne peut légalement garantir l’absence de risque.
Une page de la même vitrine affichait par ailleurs un taux de 7,99 %, incohérent avec le 8,15 % mis en avant sur la page d’accueil. Cette incohérence, relevée dans les captures archivées, trahit l’absence de toute rigueur dans la construction de l’offre. BrokerDefense a documenté un procédé comparable avec lp-harmonie, une autre fausse offre de livret d’épargne analysée en 2026, dont les promesses de rendement étaient tout aussi invérifiables.
Les deux témoignages attribués à « Fabien P. » de Collobrières (février 2024) et à « Natacha N. » de Villeurbanne (janvier 2024) étaient présentés comme des preuves de satisfaction. Aucune photographie, aucun profil vérifiable ni aucun élément permettant d’identifier ces personnes n’accompagnaient ces citations. Leur fonction est purement rhétorique : instaurer une apparence de confiance sans fournir la moindre vérification possible.
Un gabarit statique, un formulaire d’éligibilité et des témoignages sans visage
L’examen des captures archivées révèle une page statique, construite autour d’une feuille de style de mise en page et de scripts d’affichage, sans système de gestion de contenu identifiable derrière. Cette architecture réduit au minimum les traces techniques et facilite le déploiement rapide du même gabarit sous un autre nom de domaine.
Le formulaire intitulé « Vérifiez votre éligibilité en 30 secondes » collectait quatre catégories d’informations : le montant que l’épargnant envisageait de placer (par tranches allant de 10 000 € à 500 000 €), le prénom et le nom, l’adresse électronique et le numéro de téléphone. Ce formulaire constituait le seul point de contact proposé par la vitrine. La collecte du montant envisagé permet à l’opérateur d’un tel dispositif de cibler en priorité les personnes disposant des sommes les plus importantes.
Aucun numéro d’immatriculation, aucune raison sociale, aucun nom de dirigeant, aucune adresse postale et aucun numéro de téléphone n’apparaissaient sur la vitrine. Le pied de page se limitait à la mention « FUTUR EPARGNE, 2024, © Tout Droit Réservé » accompagnée d’un lien vers des mentions légales. L’absence totale de toute coordonnée identifiable est caractéristique des dispositifs conçus pour disparaître sans laisser de responsable joignable.
La même vitrine rebaptisée « INTER INVEST » avant sa disparition
La dernière capture disponible de futurepargne.com, datée du 22 août 2024, montre une page dont le contenu est identique à celui des captures précédentes, à un détail près : le nom « FUTUR EPARGNE » a été remplacé par « INTER INVEST » et le produit s’appelle désormais « Livret INTER INVEST ». La promesse de 8,15 % par an et le formulaire de collecte de données sont rigoureusement identiques.
Ce constat illustre la nature interchangeable du gabarit utilisé : il suffit de modifier quelques chaînes de texte pour que la même vitrine circule sous une nouvelle enseigne, sans qu’aucun élément de fond ne change. Le procédé permet de prolonger l’exploitation du dispositif au-delà des premiers signalements, en trompant des épargnants qui n’auraient pas eu connaissance des alertes publiées sous le premier nom. Il n’est pas possible d’affirmer qu’un opérateur commun à ces deux enseignes a été identifié, ni qu’une société portant le nom « Inter Invest » serait visée par ce constat : seul le réemploi du gabarit est documenté.
Futur Epargne : ce que peuvent entreprendre les épargnants concernés
Toute personne ayant interagi avec la vitrine Futur Epargne doit commencer par réunir et conserver l’ensemble des preuves disponibles : captures d’écran de la page à 8,15 % par an, courriels reçus après la soumission du formulaire, relevés bancaires mentionnant des opérations en lien avec ce dispositif, justificatifs de virement. Ces éléments seront indispensables pour toute démarche ultérieure.
Il est recommandé de contacter sans délai sa banque pour signaler les opérations concernées. Un établissement bancaire qui a laissé transiter des virements vers un dispositif dont le nom figurait sur la liste noire de l’AMF sous la qualification « Usurpation » depuis le 26 juillet 2024 peut, selon les circonstances, voir sa responsabilité mise en cause. Cette démarche doit être effectuée par écrit, en conservant une trace de chaque échange.
Le dépôt d’une plainte pénale est une étape importante pour les épargnants ayant versé des fonds. Notre page dédiée aux plaintes pénales détaille les modalités concrètes de cette démarche. L’inscription de futurepargne.com sur la liste noire de l’AMF sous la qualification « Usurpation » constitue un élément documenté, consultable directement sur la fiche de la liste noire de l’AMF consacrée à futurepargne.com, et peut utilement être jointe à tout dossier de plainte. Le fait que le domaine ait ensuite été effacé du registre des .com et que la vitrine ait été rebaptisée « INTER INVEST » avant sa disparition peut également figurer dans ce dossier comme élément de contexte.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Faire valoir ses droits après un versement sur une plateforme d’investissement dépourvue de société identifiable suppose souvent d’en passer par une procédure judiciaire dont les étapes restent méconnues. Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris et avocate partenaire de BrokerDefense, décrypte dans l’entretien ci-après le parcours d’une telle affaire devant les juridictions répressives et les perspectives d’indemnisation ouvertes aux victimes.
Futur Epargne : les questions les plus fréquentes
Non. La vitrine futurepargne.com promettait un rendement annuel de 8,15 %, une défiscalisation totale et un capital disponible à tout moment, mais elle ne présentait aucune raison sociale, aucun numéro d’immatriculation, aucun dirigeant identifiable et aucune coordonnée vérifiable. Son nom a été inscrit sur la liste noire de l’AMF sous la qualification « Usurpation » dès le 26 juillet 2024, avant même que la vitrine ne soit largement signalée. Ces éléments excluent toute qualification de plateforme fiable.
Il convient en premier lieu de rassembler toutes les preuves disponibles : captures de la vitrine à 8,15 %, courriels reçus, relevés bancaires et justificatifs de virement. Il faut ensuite contacter sa banque par écrit pour signaler les opérations et lui rappeler l’inscription de futurepargne.com sur la liste noire de l’AMF. Le dépôt d’une plainte pénale est également recommandé. Notre page dédiée aux plaintes pénales détaille les étapes concrètes de cette démarche.
Oui. Le nom futurepargne.com figure sur la liste noire de l’AMF sous la qualification « Usurpation » depuis le 26 juillet 2024. Cette inscription, toujours consultable sur le site du régulateur, doit inciter à la plus grande prudence. Le domaine a depuis été effacé du registre des .com, ce qui ne supprime pas l’avertissement publié par l’autorité française de régulation des marchés financiers.
Les personnes attirées par la promesse d’un livret à 8,15 % par an, sans frais et défiscalisé à 100 %, qui ont transmis leurs coordonnées ou versé des fonds à Futur Epargne se sont retrouvées face à une vitrine sans société identifiable, dont le nom était déjà inscrit pour usurpation sur la liste noire de l’AMF et qui a depuis été effacé du registre des .com. BrokerDefense invite toute personne dans cette situation à faire évaluer sa situation par nos équipes afin de déterminer quelles démarches sont les plus adaptées à son cas.
Article réécrit le 10/09/2026


