CryptosMarket se présentait en 2024 comme une plateforme de trading en ligne, avec son Webtrader, ses gammes de comptes et ses arguments de rentabilité. Il n’en reste aujourd’hui qu’un nom de domaine proposé à la vente et une identité britannique dont le numéro de société renvoie, au registre officiel, à une entité entièrement différente de celle que la vitrine revendiquait.
Sommaire
- CryptosMarket arnaque : la vitrine a disparu, le nom est à vendre
- cryptosmarket.com : un courtier actif en 2024, un nom aujourd’hui en vente
- Une société britannique affichée et une licence « Class 3 Virtual » introuvable
- Un gabarit de courtier prêt à l’emploi, du Webtrader aux formulaires de compte
- Ce que l’analyse d’août 2024 relevait déjà
- CryptosMarket : les recours après un versement de fonds
- CryptosMarket : les questions les plus fréquentes
CryptosMarket arnaque : la vitrine a disparu, le nom est à vendre
La vitrine « CryptosMarket Webtrader » était accessible en 2024 : des captures archivées datées de juin 2024 en attestent, montrant une interface de trading complète, des rubriques de marchés, un portail client et des documents légaux. Aujourd’hui, la plateforme n’existe plus sous cette forme ; le domaine cryptosmarket.com ne conduit plus qu’à une page proposant le nom à l’achat. La disparition d’une vitrine suivie de la mise en vente du nom de domaine n’est pas un phénomène isolé : BrokerDefense a documenté le même enchaînement pour Kondmatex, un prétendu robot de trading dont la vitrine a disparu et dont le nom a été mis en vente dans les mêmes conditions.
À ce premier fait s’en ajoute un second, plus révélateur encore. La vitrine affichait une identité britannique précise, avec un nom de société, un numéro d’immatriculation et une adresse à Londres. La consultation du registre britannique des sociétés via l’interface officielle Companies House établit que le numéro mentionné renvoie à une société créée en novembre 2022, mais portant un nom différent et une adresse différente de ceux que la vitrine présentait. Le numéro repris par la plateforme ne correspondait donc pas à l’entité qu’elle déclarait être.
Ce décalage entre l’identité affichée et la réalité du registre rend l’ensemble de la construction impossible à vérifier. Une plateforme dont il ne reste qu’un nom à vendre et dont l’identité déclarée ne résiste pas à une vérification élémentaire ne présente aucune garantie pour quiconque y aurait confié des coordonnées ou des fonds.
Dernière mise à jour : 10/09/2026
cryptosmarket.com : un courtier actif en 2024, un nom aujourd’hui en vente
Le nom de domaine cryptosmarket.com figure toujours au registre des .com : sa fiche d’enregistrement est consultable et indique une adresse de gestion située aux États-Unis, avec une date d’expiration fixée en novembre 2026. La plateforme de trading qui s’y trouvait en 2024 n’est plus accessible ; à la place, le visiteur tombe sur une page de mise en vente de nom de domaine. Le nom subsiste, le contenu a disparu.
Les captures archivées de juin 2024 confirment que le site était alors pleinement actif : on y trouvait les rubriques marchés, devises numériques, forex, indices, CFD, actions, un calendrier économique, des actualités, des types de comptes, des documents légaux, un portail client et un formulaire d’ouverture de compte. Tout le dispositif d’une plateforme de trading en ligne était en place. La fiche technique du domaine reste consultable : fiche WHOIS complète sur DomainTools.
Une société britannique affichée et une licence « Class 3 Virtual » introuvable
La vitrine affichait en 2024 la mention suivante : « CRYPTO SERVICES UK LTD, a company incorporated in London, United Kingdom with Company number 14488617 with an address 14 Mallow Street, Flat 1, London, United Kingdom, EC1Y 8RQ trading under the name Cryptosmarket.com ». La plateforme présentait ainsi une apparence de légitimité britannique, avec un nom de société, un numéro et une adresse précis.
La consultation de l’API officielle Companies House montre que le numéro 14488617 est bien attribué à une société créée en novembre 2022, mais que cette société porte un nom différent et est immatriculée à une adresse différente de celles revendiquées par la vitrine. Il ne s’agit donc pas de la société que le site prétendait représenter. Cette observation ne vise en rien la société réellement inscrite sous ce numéro : c’est le numéro lui-même, tel que repris par la vitrine, qui ne correspond pas à l’entité annoncée.
La vitrine revendiquait également qu’une entité serait « licensed as a Class 3 Virtual by the UK Services Authority ». Cette formulation ne renvoie à aucune autorité de régulation financière britannique connue : le régulateur compétent au Royaume-Uni est la Financial Conduct Authority. Ni le type de licence mentionné ni l’organisme cité ne correspondent à un cadre réglementaire identifiable.
Un gabarit de courtier prêt à l’emploi, du Webtrader aux formulaires de compte
Le contenu archivé de la vitrine illustre un habillage standardisé, construit pour produire une impression de sérieux sans offrir la moindre identité vérifiable. On y trouvait un Webtrader présenté comme intuitif, la mise en avant de « Bundles » d’actifs, une exposition sur les marchés forex, les CFD, les indices et les actions, ainsi que plusieurs types de comptes différenciés par niveau.
La vitrine décrivait également la procédure d’ouverture de compte, les instructions pour approvisionner un compte et la mise en relation avec un gestionnaire attitré. Elle mentionnait que les fonds des clients seraient détenus sur des comptes séparés auprès de banques régulées, une affirmation impossible à contrôler dès lors que l’identité légale de l’opérateur n’est pas vérifiable. Des documents légaux étaient accessibles depuis le menu, achevant de donner l’apparence d’une structure établie.
Ce que l’analyse d’août 2024 relevait déjà
L’analyse publiée par BrokerDefense en août 2024 pointait des lacunes que les vérifications actuelles confirment et amplifient. Le texte promotionnel de l’époque ne mentionnait ni URL exploitable, ni adresse postale, ni numéro de téléphone, ni adresse électronique, ni cadre de régulation identifiable, ni pays d’enregistrement, ni numéro d’immatriculation. Les « opportunités lucratives » et les « conditions de trading favorables » étaient mises en avant, tandis que les visuels valorisaient le « Margin WebTrader » et les « Bundles » d’actifs financiers.
Le procédé, plateforme construite sur un habillage de trading et disparue sans laisser de trace vérifiable, a été relevé dans d’autres dossiers documentés depuis lors. BrokerDefense a ainsi analysé Keylinefinance, une plateforme qui promettait un rendement de 20,8 % avant de disparaître à son tour. Ce rapprochement est un constat portant sur le procédé : il ne permet pas de conclure à l’existence d’un opérateur commun.
CryptosMarket : les recours après un versement de fonds
Les personnes qui ont transmis des coordonnées bancaires ou effectué des virements vers CryptosMarket doivent d’abord constituer un dossier de preuves solide. Toutes les captures disponibles de la vitrine, les échanges écrits avec des interlocuteurs se réclamant de la plateforme, les relevés bancaires et les justificatifs de virement doivent être conservés et classés : ces éléments sont indispensables pour toute démarche ultérieure.
L’établissement bancaire ayant laissé transiter les virements doit être contacté sans attendre pour signaler les opérations concernées ; dans certaines situations, la responsabilité d’un établissement peut être interrogée lorsque des flux ont transité vers un dispositif sans existence légale vérifiable. Le dépôt d’une plainte pénale constitue une étape importante du processus : la page dédiée aux plaintes pénales détaille la marche à suivre.
Il est également conseillé de vérifier si CryptosMarket ou l’entité « CRYPTO SERVICES UK LTD » figurent sur les listes noires et mises en garde de l’AMF. À la date de cette vérification, aucune entrée correspondant à ces noms n’y est recensée, ce qui ne préjuge pas des inscriptions futures ni de l’existence d’autres signalements en cours.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Lorsqu’une plateforme a disparu sans laisser d’identité légale vérifiable, les traces que les victimes ont conservées prennent une valeur considérable pour toute procédure. C’est dans ce contexte qu’intervient Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris et avocate partenaire de BrokerDefense, dont l’expérience dans les dossiers de faux investissements illustre l’importance d’une stratégie judiciaire construite sur la durée. L’interview ci-dessous revient sur une victoire obtenue en cassation à l’issue de onze ans de procédure dans un dossier de faux investissements.
CryptosMarket : les questions les plus fréquentes
La vitrine affichait une identité britannique dont le numéro de société renvoie, au registre officiel Companies House, à une entité différente de celle annoncée. La licence « Class 3 Virtual » revendiquée par la plateforme ne correspond à aucun cadre de régulation financière britannique connu. Ces éléments rendent impossible toute vérification de l’identité réelle de l’opérateur.
Il convient de rassembler immédiatement toutes les preuves disponibles : captures de la vitrine, échanges écrits, relevés bancaires et justificatifs de virement. La banque ayant traité les opérations doit être informée sans délai. Le dépôt d’une plainte pénale est une démarche sérieuse à envisager, et notre page dédiée aux plaintes pénales en détaille les modalités.
La plateforme n’est plus en ligne. Le nom de domaine qui la portait est aujourd’hui proposé à la vente, ce qui doit inciter à la plus grande prudence quant à toute sollicitation qui se réclamerait encore de cette enseigne.
Les personnes attirées en 2024 par CryptosMarket, présentée comme une plateforme de trading aux conditions avantageuses, ont pu transmettre des coordonnées personnelles et bancaires, voire effectuer des versements, à une enseigne dont il ne reste aujourd’hui qu’un nom proposé à la vente et une identité britannique impossible à rattacher à une entité réelle. BrokerDefense invite chacune de ces personnes à solliciter une évaluation préalable de sa situation afin de déterminer les démarches les mieux adaptées à son cas.
Article réécrit le 10/09/2026


