Trade Pro arnaque : la transparence promise, l’identité absente

Une vitrine de trading qui affichait la transparence comme argument central, sans jamais révéler ni son exploitant, ni son adresse, ni la moindre autorité de tutelle : c’est ce que documentait BrokerDefense le 15 juin 2024 en analysant la vitrine « Trade Pro ». Le fait le plus fort du dossier est apparu deux mois plus tard, lorsqu’une seconde vitrine reprenant le nom décliné « Trade Pro Io » a été documentée, avec la même promesse de transparence et le même vide juridique complet. Ce dossier rassemble les constats établis lors de ces deux enquêtes et rappelle les démarches ouvertes aux personnes qui auraient confié des fonds à ces vitrines.

« Trade Pro » : une promesse de transparence, un nom réutilisé deux mois plus tard

Lorsque BrokerDefense a examiné la vitrine « Trade Pro » le 15 juin 2024, le mot « transparence » occupait le cœur de son discours commercial. Ce positionnement frappait d’emblée par son décalage : une vitrine qui revendique la transparence au premier rang de ses arguments devrait, en principe, en fournir la démonstration la plus immédiate, à savoir l’identité de son exploitant, son adresse, son statut juridique, son autorité de contrôle. Rien de tel n’était accessible. La transparence revendiquée ne portait donc sur rien de vérifiable, et l’argument lui-même fonctionnait à rebours de ce qu’il annonçait.

Le 16 août 2024, BrokerDefense publiait l’analyse de la seconde vitrine, « Trade Pro Io », construite sur une architecture identique : même promesse de transparence mise en avant, même absence totale de société identifiable, d’adresse physique, de numéro de téléphone, d’adresse e-mail et d’autorité de tutelle. La ressemblance entre les deux vitrines ne se limitait pas au nom décliné, elle s’étendait à la rhétorique et à l’opacité structurelle. Cette récurrence, documentée par deux enquêtes distinctes à deux mois d’intervalle, constitue le fait le plus solide du dossier.

Aucun élément ne permet d’affirmer que ces deux vitrines étaient exploitées par les mêmes opérateurs : seule la répétition du nom et du discours est établie. Ni société, ni adresse, ni domaine enregistré : le dossier conservé par BrokerDefense ne permet d’identifier aucune des deux vitrines.

Dernière mise à jour : 11/09/2026

Ce que la vitrine de juin 2024 promettait à ses visiteurs

La vitrine « Trade Pro » se présentait comme un acteur majeur du trading en ligne. Le slogan affiché, « Le trading est une expérience transparente sur TradePro », plaçait immédiatement la transparence au cœur du propos. Ce cadrage n’était pas anodin : en nommant la transparence avant toute autre chose, la vitrine cherchait à instaurer une impression de sérieux et de fiabilité, suffisamment forte pour décourager toute vérification approfondie.

La cohérence du nom commercial participait à cette construction. « Trade Pro » sonne comme l’appellation d’un service établi, orienté vers des utilisateurs avertis. Cette apparence de professionnalisme était renforcée par un environnement visuel soigné, dont les détails sont décrits dans la section suivante. L’ensemble visait à produire une impression de légitimité sans que cette légitimité repose sur aucun élément contrôlable.

Un slogan qui met la transparence au premier plan fonctionne comme un argument de vente : il invite à faire confiance sans rien rendre vérifiable. Personne n’était nommé sur la vitrine, aucun lien sortant ne pointait vers un partenaire ou un prestataire identifiable. L’affirmation de transparence restait donc entièrement en suspens, sans ancrage dans la réalité observable.

Aucun contact, aucun régulateur, aucune mention légale exploitable

L’enquête du 15 juin 2024 n’a relevé aucune société rattachée à la vitrine : ni dénomination sociale, ni pays d’établissement, ni date de création. Aucune adresse physique n’était indiquée, aucun numéro de téléphone, aucune adresse e-mail valide. En pratique, toute tentative d’entrer en contact avec un interlocuteur identifiable était rendue impossible dès le départ.

Sur le plan réglementaire, le constat était identique. Aucune autorité de tutelle n’était mentionnée, aucun numéro d’enregistrement auprès d’un régulateur financier n’apparaissait. Or, tout prestataire de services d’investissement opérant légalement dans l’Union européenne ou en France est tenu d’afficher ces informations de manière accessible. Leur absence constitue le premier signal d’alerte que tout épargnant devrait identifier avant de confier des fonds à une plateforme.

Les mentions légales n’étaient pas accessibles. Le pied de page de la vitrine existait, mais ne contenait aucun élément vérifiable : il donnait l’illusion d’un site construit selon les usages sans fournir la moindre information contrôlable. La sécurité de la connexion ne pouvait pas non plus être établie à partir des informations disponibles. Cette accumulation d’absences rendait toute vérification indépendante impossible et reposait entièrement sur la confiance que la vitrine cherchait à susciter par son discours.

Graphiques, personnages stylisés et statistiques invérifiables

L’environnement visuel de la vitrine reposait sur des graphiques simplifiés et des personnages stylisés. Ce type de mise en scène a une fonction précise : humaniser l’interface et présenter le trading comme une activité accessible, maîtrisée, dépouillée de sa complexité réelle. En substituant des silhouettes bienveillantes à des interlocuteurs identifiables, la vitrine produisait une impression de proximité sans que personne ne soit réellement présent derrière elle.

Des statistiques de satisfaction client étaient également affichées. Ces chiffres n’étaient adossés à aucune source vérifiable : aucun organisme indépendant, aucun panel d’utilisateurs identifiable, aucune méthodologie explicitée. Afficher des taux de satisfaction sans en préciser l’origine est une pratique qui amplifie l’effet de légitimité visuelle tout en restant totalement incontrôlable par le visiteur. Combinée à l’absence totale d’informations juridiques, cette mise en scène formait un décor de crédibilité sans contenu.

Une série de vitrines de trading sans identité au cours de l’été 2024

Sur une période de neuf semaines, entre juin et août 2024, BrokerDefense a documenté plusieurs vitrines de trading partageant des caractéristiques communes : un nom commercial évocateur, un discours centré sur la transparence ou la performance, et une opacité juridique complète. La première était « Trade Pro », analysée le 15 juin 2024. La semaine suivante, le 21 juin 2024, BrokerDefense examinait TradePro Air, une vitrine au nom très proche, documentée la semaine suivante : cette dernière est aujourd’hui hors ligne.

Le 16 août 2024, l’analyse de « Trade Pro Io » complétait ce tableau. Là encore, le même vide juridique : aucune société, aucune adresse, aucun régulateur, aucun contact fonctionnel. La récurrence du nom et du discours de transparence sur ces vitrines successives est le seul fait établi par les enquêtes publiées. Aucun élément ne permet de conclure à un opérateur commun entre ces vitrines : les similitudes constatées peuvent s’expliquer par la facilité avec laquelle ce type de construction se reproduit, en empruntant un argumentaire rodé et en changeant d’appellation.

Le dossier conservé par BrokerDefense ne permet de rattacher aucun domaine enregistré à l’une ou l’autre de ces vitrines. Ce constat n’est pas secondaire : il signifie que les voies d’identification habituelles restent sans issue, et que les seuls éléments disponibles sont ceux collectés lors des enquêtes publiées.

Trade Pro : les voies de recours après un versement

Toute personne ayant effectué un versement en direction de la vitrine « Trade Pro » devrait commencer par rassembler l’ensemble des traces disponibles : captures d’écran de la vitrine au moment des faits, échanges écrits avec les interlocuteurs, relevés bancaires et justificatifs de virement. Ces documents forment la base de tout dossier, qu’il s’agisse d’un signalement auprès de sa banque ou d’une démarche judiciaire. Un signalement écrit adressé à sa propre banque, sans attendre, peut permettre d’activer des procédures de contestation de virement selon les circonstances.

Consulter la liste noire des acteurs non autorisés publiée par l’AMF reste utile avant toute démarche, et permet de vérifier si d’autres noms déjà signalés apparaissent dans le dossier.

BrokerDefense consacre au dépôt de plainte pénale une page dédiée aux plaintes pénales qui détaille les démarches à suivre.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Un virement effectué vers une vitrine sans exploitant identifiable ne signifie pas nécessairement que tout recours est fermé : des fonds ont transité par des comptes bancaires réels, et c’est précisément sur ce point que Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris et avocate partenaire de BrokerDefense, intervient. Elle défend notamment la mise en cause des établissements bancaires ayant reçu des virements issus d’une fraude à l’investissement, au titre de leur devoir de vigilance : le tribunal de Clermont-Ferrand a ainsi condamné une banque qui avait laissé transiter de tels virements sans réagir, ouvrant droit à une indemnisation des victimes concernées.

Trade Pro : les questions restées sans réponse

La plateforme Trade Pro était-elle autorisée à proposer des placements ?

Non. L’enquête publiée le 15 juin 2024 n’a relevé ni société, ni adresse, ni numéro de téléphone, ni autorité de tutelle, ni numéro d’enregistrement : aucun élément ne permettait de rattacher la vitrine à un acteur autorisé. Un site qui propose des placements sans afficher la moindre autorisation ne peut pas être vérifié, et son offre ne doit pas être considérée comme encadrée.

Pourquoi le nom « Trade Pro » est-il réapparu sous « Trade Pro Io » ?

Le 16 août 2024, BrokerDefense documentait une seconde vitrine reprenant le nom décliné « Trade Pro Io », avec la même promesse de transparence et le même vide juridique. Aucun élément ne permet d’affirmer qu’il s’agissait des mêmes opérateurs : seule la récurrence du nom et du discours est établie. Ce type de vitrine se renouvelle facilement en changeant d’adresse tout en conservant un argumentaire identique.

Que peut faire une personne ayant versé des fonds à Trade Pro ?

Il faut d’abord rassembler toutes les traces disponibles : captures d’écran de la vitrine, échanges écrits avec les interlocuteurs, relevés bancaires et justificatifs de virement. Vient ensuite le signalement écrit à sa propre banque, sans attendre, puis l’examen d’une plainte pénale afin de constituer un dossier exploitable. BrokerDefense propose une évaluation de la situation aux personnes concernées.

Des personnes ont pu croire confier des fonds à une plateforme de trading sérieuse, sur la foi d’un slogan qui promettait la transparence et d’une présentation visuelle soignée : c’est ce que suggère le dossier « Trade Pro », documenté à partir du 15 juin 2024. Ces personnes se retrouvent aujourd’hui sans interlocuteur identifiable, sans société connue et sans domaine rattaché à leur dossier. La situation n’est pas pour autant sans issue : rassembler les preuves disponibles, interroger sa banque sur les conditions dans lesquelles le virement a été traité et solliciter une évaluation indépendante sont les premières étapes concrètes. BrokerDefense propose cette évaluation aux personnes qui souhaitent examiner leurs options avant d’engager toute démarche.

Article réécrit le 11/09/2026

7 Comments

  1. Clemencon dit :

    Bonjour
    Je cherche des personnes ayant été arnaque comme moi.pour faire une action ommune en justice contre tradepro…

    • LE GUEN dit :

      bonjour,
      je viens de subir une arnaque bien amené, et j’en ai pour 1950 euros de ma poche…l’argent que j’avais mis de cote…
      A ce jour, il y a encore 3 positions ouverte chez Trade-pro.tech pour 2500 euros environ, même s’ils les ferment, je penses pas que je récupérerais 1 centime.
      Je pensais pas me faire avoir un jour a ce point…certes! je vais pas mourir pour 2000 euros, mais pour le principe, et éradiquer ces escrocs de la terre, je souscris a votre action.
      sincèrement

  2. Liliane dit :

    Bonjour
    Moi je suis en train de tester et je n’ai mis que 270€
    J’ai pu ressortir 13 + 12 + 50
    Pas encore sur mon compte bancaire
    Mais je ne mettrai pas 1 cent de plus tant que je ne peux faire seule car je crois qu’ils veulent l’appâter en faisant les retraits à ma place

    • Thomasson dit :

      Sibca vous dit de gagner de l argent. Contactez moi par mail : [email protected] . Je monte une équipe. Je vous expliquerai.
      Sur trade pro tech j ai investi 250 € et tout perdu . 2 mois apres j y ai remis 600 € le brooker qui s occupe de mon compte a trader un profit de 28 000 usd que je n ai tjrs pas en ma possession

      • François dit :

        Bonjour j ai investi 250 euro sur trade pro , en quelques mois les gains étaient impressionnant 38000 euros u moment de retirer une partie de cette argent l arnaque a commencé il m ont fait croire avec de faux mails au nom de crypto.com que je devais payer une taxe de 15% puis l argent n arrivai pas donc ils ont prétexté une histoire de cash Bach il a fallu que je remette de l argent qui devait me revenir immédiatement en vain depuis il sont injoignables j ai fait un croix sur cet argent et je me retrouve sans aucune économie. A fuire

        • STÉPHANIE dit :

          Je pense être victime d une arnaque…
          Je suis passer par FXsecure pour récupérer mes fonds, l expert soit disant ma mis les fonds récupérer sur protrade-ai en me disant que c est mon compte robot trader et qu il y a 32600e en effet visuellement je les vois mais à deux reprises on a procédé au retrait mais jamais arrivé sur mon compte revolut et crypto.com…
          Je n ai même pas le haschage de transaction il n apparaît pas…
          J en suis à la 3ieme arnaque … pour récupérer mes fonds , j ai dépenser plus 10 000e

  3. Bolis dit :

    Également escroquer environ 600€ web trad pro.
    C’est bien leur coups avec crypto.com TOUT EST BIDON …..TOUS LES ARNAQUES NE VOIENT QUE DU FEU ,C’EST QUAND AU BOUT ENVIRON TROIS SEMAINES VOUS AVEZ SUR LE COMPTE 20 000€ MAIS POUR RECUPERE IL FAUT PREUVE DE LIQUIDITE SOIT 2000€ SUR VOTRE COMPTE ET BIEN RIEN !!!! J’AI JOUER ET PERDU SA SUFFIT COMME CA …..

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