
Sommaire
- CLB Group : blacklisté par l’AMF le 4 juillet 2024, le site tourne toujours
- Une vitrine de gestion de patrimoine qui n’expose aucune société
- clbgp.com : une copie à l’identique apparue après la première alerte
- Le nom clbgroup.com, enregistré depuis 2011 et toujours actif
- Des promesses de rendement à des événements de vie mis en scène
- CLB Group : les démarches après un versement
- CLB Group : ce que les épargnants doivent vérifier
CLB Group : blacklisté par l’AMF le 4 juillet 2024, le site tourne toujours
Le 4 juillet 2024, l’Autorité des marchés financiers a inscrit www.clbgroup.com sur les listes noires et mises en garde publiées par l’AMF dans la catégorie « autre entité non autorisée », et la vitrine fonctionne pourtant toujours au 11 septembre 2026, en reprenant les éléments de présentation décrits à l’époque. Cette persistance est ce qui rend le dossier préoccupant : une inscription au registre des entités non autorisées ne suffit pas à mettre un site hors ligne, et les épargnants qui le découvrent aujourd’hui n’ont aucun moyen de savoir, sans recherche préalable, qu’il fait l’objet d’une alerte réglementaire.
Le régulateur a consacré une fiche individuelle à ce domaine, accessible directement. On y retrouve les éléments caractéristiques d’un dossier traité en urgence : la désignation exacte du site concerné, la date de publication de l’alerte et la catégorie retenue. Aucun agrément, aucune habilitation n’a jamais été délivré par l’AMF à l’opérateur qui se cache derrière cette adresse. C’est la fiche que le régulateur consacre à www.clbgroup.com qui le précise sans ambiguïté.
Au moment où ces lignes sont rédigées, la vitrine affiche toujours ses visuels soignés, son slogan et ses menus de navigation. Rien, à première vue, ne distingue cette page des sites d’établissements financiers légitimes. C’est cette apparence de normalité qui rend l’alerte réglementaire indispensable à connaître avant tout contact ou versement.
Dernière mise à jour : 11/09/2026
Une vitrine de gestion de patrimoine qui n’expose aucune société
La page d’accueil de clbgroup.com se présente sous une photographie de gratte-ciel moderne, accompagnée d’un message de bienvenue et d’une promesse d’« engagement inébranlable envers votre réussite financière ». Le slogan mis en avant évoque « des décennies d’expérience dans la protection et la croissance de la richesse sur un marché en évolution rapide ». Ces formulations sont conçues pour inspirer confiance et suggérer une longévité dans le secteur financier.
Pourtant, aucun document consultable sur la vitrine ne permet d’identifier la société qui l’exploite. Il n’existe ni dénomination sociale complète, ni numéro d’immatriculation, ni adresse postale vérifiable, ni numéro de téléphone direct. Le seul point de contact proposé est un formulaire en ligne. Cette absence totale de transparence juridique est, à elle seule, un signal d’alerte fondamental : tout prestataire de services d’investissement régulièrement autorisé est tenu, en France comme dans la plupart des pays membres de l’Union européenne, d’afficher clairement son identité et son numéro d’agrément.
La navigation est structurée autour d’un menu intitulé « Life events », qui décline les moments clés de la vie : mariage, naissance, retraite, divorce, futurs financiers des enfants. Cette mise en scène d’événements personnels sert à créer une proximité émotionnelle avec le visiteur et à lui suggérer que l’interlocuteur comprend ses préoccupations profondes. Un sélecteur de langue (anglais, français, chinois) indique que la vitrine cible plusieurs marchés simultanément. Un lien « Client login » redirige vers un espace client à l’adresse clbgroup.com/clientarea/login, dont l’existence renforce l’illusion d’une structure opérationnelle réelle.
clbgp.com : une copie à l’identique apparue après la première alerte
Le 13 septembre 2024, soit plus de deux mois après la mise en garde de l’AMF, un second domaine a été enregistré : clbgp.com. Ce site reprend à l’identique la vitrine de clbgroup.com, avec les mêmes textes, le même slogan, le même sélecteur de langue anglais-français-chinois et le même lien d’accès à l’espace client. Au 11 septembre 2026, clbgp.com est toujours en ligne et fonctionnel.
La création d’un domaine miroir après une mise en garde réglementaire est une pratique documentée chez les opérateurs non autorisés. Elle leur permet de continuer à attirer de nouveaux visiteurs via un nom d’adresse différent, alors même que le premier domaine est signalé dans les bases de données de vigilance. Pour un épargnant qui effectuerait une recherche sur clbgp.com sans connaître le lien avec clbgroup.com, rien ne permettrait de relier immédiatement ce second domaine à l’alerte publiée par le régulateur français.
La mise en garde de l’AMF porte spécifiquement sur www.clbgroup.com. clbgp.com n’y est pas mentionné nominativement, ce qui illustre la difficulté pour les autorités de surveillance de suivre en temps réel la multiplication de copies d’une même vitrine frauduleuse. Cette situation impose aux épargnants une vigilance accrue : la vérification doit porter sur le contenu et les caractéristiques du site visité, et pas seulement sur son adresse exacte.
Le nom clbgroup.com, enregistré depuis 2011 et toujours actif
Le domaine clbgroup.com a été enregistré initialement le 9 janvier 2011 auprès du registrar eNom LLC. Son statut actuel est « clientTransferProhibited », ce qui signifie que le transfert vers un autre registrar est bloqué. La date d’expiration est fixée au 9 janvier 2027, et les serveurs de noms associés sont ns1 et ns2 de private-nameserver.net. Le domaine est donc enregistré, renouvelé et exploité activement, sans qu’aucune procédure de radiation ou de suspension ne soit venue l’affecter à ce jour.
L’historique des copies archivées du site révèle une activité par intermittence : la vitrine était active de septembre 2023 à août 2024, période pendant laquelle l’AMF a procédé à son inscription sur la liste noire. Entre septembre 2024 et juillet 2025, le site a affiché des redirections. Depuis octobre 2025 et jusqu’à la date de cette mise à jour, la vitrine est de nouveau pleinement fonctionnelle. Ce schéma d’activité, de pause puis de reprise, est caractéristique des opérateurs qui cherchent à réduire leur exposition pendant les périodes de forte surveillance réglementaire, avant de relancer leur activité sous la même adresse.
L’ancienneté du domaine, enregistré en 2011, peut être utilisée comme argument de légitimité par les opérateurs qui souhaitent convaincre des prospects que leur structure existe depuis longtemps. Il convient de rappeler que l’ancienneté d’un nom de domaine ne préjuge ni de l’identité de son exploitant actuel, ni de la légalité de l’activité qu’il héberge.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Des promesses de rendement à des événements de vie mis en scène
La rhétorique déployée sur clbgroup.com repose sur un principe bien établi dans le registre des vitrines non autorisées : ancrer le discours commercial dans des moments émotionnellement significatifs pour le visiteur. Mariage, naissance, avenir financier des enfants, planification de la retraite, divorce : chacun de ces événements est présenté comme une opportunité de confier la gestion de son patrimoine à un interlocuteur qui aurait déjà traversé des milliers de situations similaires.
Cette mise en scène des événements de vie remplace avantageusement des informations concrètes que le visiteur serait en droit d’attendre : le type de produits proposés, les rendements historiques vérifiables, les risques associés aux placements, les conditions contractuelles, et surtout l’identité et les habilitations de la structure. En substituant une narration émotionnelle à une information financière factuelle, la vitrine exploite le biais de confiance que les épargnants accordent naturellement à ceux qui semblent comprendre leur situation personnelle.
L’absence de toute mention réglementaire sur la vitrine, combinée à l’existence d’un espace client accessible par identifiant et mot de passe, constitue le cadre type d’une opération de collecte de fonds non autorisée. L’espace client sert à donner l’impression d’un suivi personnalisé et d’une gestion active de portefeuille, alors même qu’aucune entité juridique identifiable ne répond de ces actes devant une autorité de contrôle.
CLB Group : les démarches après un versement
Toute personne ayant effectué un virement ou un dépôt en lien avec clbgroup.com ou clbgp.com doit en priorité rassembler et sécuriser l’ensemble des éléments documentaires disponibles : captures d’écran de la vitrine telle qu’elle se présentait au moment des échanges, copies de tous les courriels et messages reçus des opérateurs, relevés bancaires faisant apparaître les virements effectués, ainsi que tout justificatif de paiement, confirmation de transaction ou document contractuel remis par l’entité. Ces éléments constituent la base d’un dossier pouvant être soumis aux autorités compétentes.
Un signalement écrit doit être adressé sans délai à l’établissement bancaire ayant exécuté les virements, en précisant le contexte de l’opération et en demandant expressément si un rappel de fonds est techniquement possible. En parallèle, une plainte pénale pour escroquerie ou exercice illégal de l’activité de prestataire de services d’investissement peut être déposée auprès du procureur de la République compétent ou de la brigade de répression de la délinquance économique. Ce recours pénal est distinct du signalement réglementaire à l’AMF et ouvre des voies de recouvrement spécifiques.
Pour comprendre le cadre juridique applicable et les étapes concrètes d’une plainte pénale, BrokerDefense a rédigé une page dédiée aux plaintes pénales qui détaille la procédure et les recours envisageables selon le montant des sommes en jeu et la localisation de l’épargnant.
Des vitrines utilisant le même procédé ont déjà fait l’objet d’alertes sur BrokerDefense : Audacia212, également blacklistée par l’AMF, combinait une présentation soignée et l’absence totale de mention réglementaire, tandis qu’Affluence Management, analysée pour ses pratiques trompeuses en gestion de patrimoine, recourait à une rhétorique de proximité comparable à celle de CLB Group pour capter la confiance des épargnants.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Maître Michel Orsini, avocat au barreau de Paris, aborde dans la vidéo ci-dessous les mécanismes des escroqueries financières, la responsabilité des différents acteurs impliqués et les moyens de défense disponibles pour les personnes lésées.
CLB Group : ce que les épargnants doivent vérifier
Non. L’AMF a inscrit www.clbgroup.com sur sa liste noire des entités non autorisées le 4 juillet 2024, dans la catégorie « autre entité non autorisée ». Aucun agrément n’a été délivré par le régulateur français à l’opérateur qui exploite cette vitrine. Proposer des services d’investissement sans habilitation constitue une infraction pénale en France.
Oui. Au 11 septembre 2026, clbgroup.com est toujours en ligne et affiche la même présentation qu’en 2024, avec son slogan, son menu « Life events » et son lien d’accès à l’espace client. Un second domaine, clbgp.com, enregistré le 13 septembre 2024, héberge une copie à l’identique et est lui aussi accessible à la même date. L’inscription sur la liste noire de l’AMF n’entraîne pas la mise hors ligne du site concerné.
Elle doit dans un premier temps rassembler toutes les preuves disponibles (captures d’écran, courriels, relevés de virements), puis alerter par écrit son établissement bancaire afin d’explorer toute possibilité de rappel de fonds. Une plainte pénale peut être déposée auprès du procureur de la République compétent. BrokerDefense propose un service d’aide aux victimes accessible via le formulaire de demande d’assistance disponible sur le site.
CLB Group illustre la persistance des vitrines financières non autorisées : inscrite sur la liste noire de l’AMF depuis juillet 2024, la structure continue d’exposer ses services à des épargnants qui n’ont pas nécessairement connaissance de cette alerte. Les personnes qui ont déjà interagi avec cette vitrine ou qui envisagent de le faire ont tout intérêt à soumettre le dossier à une évaluation préalable, telle que celle que propose BrokerDefense, avant d’engager toute somme supplémentaire ou d’entreprendre une démarche sans accompagnement.
Article réécrit le 11/09/2026



1 Comment
Bonjour,
J’ai été victime de d’une arnaque au placement financier chez CLB group.
Pouvez vous m’aider ?