Dès janvier 2024, la fausse plateforme « Immediate Bitwave » fabriquait de fausses interviews d’Anne-Claire Coudray, journaliste et présentatrice de TF1, pour vendre un prétendu investissement en cryptomonnaies : un procédé documenté par BrokerDefense dès le 23 mars 2024 et qui s’inscrit dans un réseau organisé de fraude, le réseau « Immediate », dont l’enquête de juillet 2026 a recensé 149 domaines frauduleux confirmés.
Dernière mise à jour : 27/08/2026
Sommaire
- Anne-Claire Coudray : l’image de la journaliste de TF1 détournée par Immediate Bitwave
- Immediatebitwave.com : une vitrine éphémère recyclée à la vente
- La fausse interview : de Medium au faux article de presse
- Des G-ID aux 149 domaines : la signature du réseau Immediate
- Vous avez vu une fausse interview de célébrité : les bons réflexes
- FAQ : Immediate Bitwave est-il une arnaque ?
Anne-Claire Coudray : l’image de la journaliste de TF1 détournée par Immediate Bitwave
Le 23 mars 2024, BrokerDefense publiait un article documentant l’usurpation de l’identité d’Anne-Claire Coudray par la plateforme Immediate Bitwave. Une fausse interview de la journaliste et présentatrice du journal de TF1 avait été mise en scène sur Medium, présentée comme un article du journal Le Monde, sans son consentement et sans qu’elle ait jamais recommandé ce service. Ce cas n’était pas le premier signal : dès janvier 2024, BrokerDefense avait déjà documenté le domaine immediatebitwave.com, alertant sur les mécanismes de cette fausse plateforme de trading de cryptomonnaies qui promettait un enrichissement rapide à quiconque s’inscrivait.
La réaction judiciaire n’a pas tardé. Le 6 août 2024, le cabinet d’avocats Ziegler & Associés annonçait l’engagement d’une procédure juridique contre les opérateurs de « Livaxxen » et « Immediate Bitwave » pour usurpation de l’identité d’Anne-Claire Coudray. Parallèlement, l’Autorité des marchés financiers du Québec et les Canadian Securities Administrators publiaient des avertissements officiels précisant qu’Immediate Bitwave n’est pas enregistrée et n’est pas autorisée à solliciter des investisseurs.
Ces faits, pris isolément, pourraient ressembler à une fraude opportuniste. L’enquête de BrokerDefense publiée le 29 juillet 2026 révèle une réalité d’une tout autre ampleur : notre enquête sur le réseau Immediate, qui recense les 149 domaines frauduleux confirmés, établit que ce réseau mobilise 23 registrars distincts sur trois continents et que dix comptes opérateurs ont été identifiés chez le seul registrar dominant, MainReg INC. Ces numéros de compte clients, les G-ID, constituent une preuve directe de propriété commune entre des dizaines de sites différents. Ce n’est plus une arnaque isolée : c’est une industrie structurée, dont Immediate Bitwave et l’usurpation d’Anne-Claire Coudray constituent une pièce parmi 149.
Immediatebitwave.com : une vitrine éphémère recyclée à la vente
Le domaine immediatebitwave.com a été enregistré le 13 octobre 2023 auprès du registrar Tucows Inc. pour une durée d’un an exactement. Aucun renouvellement n’a suivi l’expiration du 13 octobre 2024. Cette durée de vie volontairement limitée à douze mois constitue un marqueur classique des escroqueries en ligne : opérer le temps de collecter des fonds, puis disparaître sans laisser de trace administrative exploitable. À ce jour, le nom de domaine répond par une simple page de revente ; la vitrine a vécu quelques mois, la plateforme frauduleuse n’existe plus, et le nom est devenu une épave monétisée proposée au plus offrant.
Lorsque le site était actif, son infrastructure technique révélait un degré de professionnalisme inhabituel pour une structure sans aucun agrément. Cloudflare assurait l’ensemble de la chaîne, depuis le réseau de diffusion de contenu jusqu’à la résolution des adresses, masquant l’hébergeur réel et rendant toute identification géographique des serveurs particulièrement difficile. Un certificat SSL délivré par Let’s Encrypt avec redirection sécurisée par défaut donnait l’apparence rassurante d’un site fiable. PayPal figurait parmi les solutions de paiement proposées, choix délibéré pour inspirer confiance. Enfin, le site était décliné en quinze langues européennes (tchèque, danois, allemand, grec, espagnol, finnois, français, hongrois, italien, néerlandais, norvégien, polonais, portugais, anglais et suédois) et intégrait un mécanisme de géolocalisation des visiteurs : un ciblage international méthodique, pensé pour maximiser le nombre de victimes potentielles sur l’ensemble du continent.
La fausse interview : de Medium au faux article de presse
Le procédé documenté par BrokerDefense repose sur une mise en scène soignée. Une fausse interview d’Anne-Claire Coudray était publiée sur Medium, plateforme de blogs grand public, puis présentée aux internautes comme un article du journal Le Monde, lui conférant une apparence de crédibilité journalistique. Le contenu exploitait les ressorts classiques de la manipulation : un sentiment d’urgence fabriqué, une révélation présentée comme exclusive, et la promesse d’un enrichissement rapide accessible à tous grâce à un système de trading de cryptomonnaies soi-disant infaillible. Aucune adresse de la société, aucun pays d’enregistrement, aucun numéro d’agrément régulateur n’apparaissait sur le site : les informations qui permettent de vérifier la légitimité d’un opérateur financier étaient absentes, conformément au mode opératoire habituel de ce type de fraude.
Des victimes ont témoigné en ligne de la réalité des dommages subis. L’une d’elles décrivait : « Grosse arnaque : suite à un visionnage de l’émission quotidien je croyais que c’était fiable. » D’autres signalements publiés sur des forums de consommateurs résumaient la situation en trois mots : « Immediate Bitwave à fuir ! » Ces témoignages illustrent la mécanique du piège : la présence d’un visage médiatique connu, celui d’Anne-Claire Coudray, suffisait à lever les réticences d’épargnants qui n’avaient aucune raison de douter d’une interview présentée comme parue dans un grand quotidien national. La procédure judiciaire annoncée en août 2024 par le cabinet Ziegler & Associés témoigne de la gravité reconnue de ces faits.
Des G-ID aux 149 domaines : la signature du réseau Immediate
L’élément technique le plus probant mis au jour par l’enquête BrokerDefense est l’identification des G-ID : des numéros de compte clients attribués par MainReg INC, le registrar dominant du réseau. Retrouver le même G-ID sur plusieurs domaines distincts constitue une preuve directe de propriété commune, indépendante des déclarations des opérateurs. Dix comptes distincts ont été ouverts chez ce seul prestataire, stratégie délibérée pour diluer la traçabilité et compliquer toute investigation administrative. Au total, 149 domaines frauduleux ont été confirmés, répartis sur 23 registrars opérant sur trois continents. La plateforme dex.ag servait de hub marketing fédérateur pour l’ensemble du réseau.
D’une vague à l’autre, les recettes demeurent identiques : des noms de domaine évocateurs de technologie associant les termes « Immediate », « AI », « Quantum », « Edge » ou « Trade », de faux témoignages de célébrités, des compteurs d’urgence artificiels, des formulaires de capture des données personnelles. Les personnalités ciblées varient, mais aucune n’a jamais donné son accord et toutes ont publié des démentis. Outre Anne-Claire Coudray, le réseau a instrumentalisé l’image de Thomas Piketty dans le cadre d’« Immediate 700 NeuPro » en mars 2024, celle d’Angie Best pour « Immediate Evex Pro » au même moment, une fausse citation d’Anne-Sophie Lapix, et l’image de l’animateur Vincent Lagaf, dont nous avons documenté les fausses interviews à trois reprises, dans les affaires Bit Eprex, Token Zenith et Quantum Ogen entre 2024 et 2025.
Pour comprendre les recours possibles après un investissement dans une fausse plateforme de cryptomonnaies, Me Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, revient dans la vidéo ci-dessous sur le jugement d’une escroquerie au faux investissement : indemnisation des victimes, recours judiciaires et transactions en cryptomonnaies.
Vous avez vu une fausse interview de célébrité : les bons réflexes
Si vous avez consulté une fausse interview publiée sur Medium et présentée comme un article du Monde, si vous avez laissé vos coordonnées sur un formulaire et reçu un appel dans les minutes suivantes d’un soi-disant conseiller vous incitant à déposer un premier minimum de 250 euros, ou si vous avez ensuite effectué des virements vers une plateforme sans agrément, la première priorité est de constituer un dossier de preuves. Conservez des captures d’écran de la fausse interview, de la page de la plateforme, de tout échange écrit avec les faux conseillers, ainsi que les relevés bancaires attestant les virements effectués et les courriels reçus au cours de la relation commerciale.
Refusez toute demande de frais supplémentaires présentés comme nécessaires pour « débloquer » vos fonds ou régulariser votre compte : ces demandes font partie intégrante de l’escroquerie et prolongent les pertes sans jamais conduire à un remboursement. Signalez le site aux autorités compétentes. L’Autorité des marchés financiers publie ses listes noires et mises en garde, où sont régulièrement inscrits les sites de ce type. Enfin, déposez plainte sans délai : consultez notre guide complet sur la procédure pénale pour connaître toutes les étapes, des premiers signalements aux juridictions compétentes.
FAQ : Immediate Bitwave est-il une arnaque ?
Non. Immediate Bitwave ne dispose d’aucun agrément délivré par une autorité financière reconnue. L’Autorité des marchés financiers du Québec et les Canadian Securities Administrators ont tous deux publié des avertissements précisant qu’Immediate Bitwave n’est pas enregistrée et n’est pas autorisée à solliciter des investisseurs. Le domaine immediatebitwave.com, enregistré en octobre 2023, n’a pas été renouvelé après un an d’activité : la plateforme a disparu sans laisser de coordonnées exploitables.
Non. Anne-Claire Coudray, journaliste et présentatrice de TF1, n’a jamais accordé d’interview à Immediate Bitwave et n’entretient aucun lien avec cette plateforme. La fausse interview publiée sur Medium et présentée comme un article du journal Le Monde a été fabriquée sans son consentement. Le cabinet Ziegler & Associés a engagé une procédure juridique contre les opérateurs à ce titre en août 2024.
Rassemblez immédiatement toutes les preuves disponibles : captures de la fausse interview, historiques de vos échanges avec les faux conseillers, relevés des virements effectués vers la plateforme et courriels reçus. Refusez toute nouvelle demande de frais, signalez le site à l’Autorité des marchés financiers et déposez plainte auprès des autorités judiciaires compétentes en suivant notre guide sur la procédure pénale.
Les victimes d’Immediate Bitwave ont versé des fonds sur la foi d’une fausse interview d’Anne-Claire Coudray, fabriquée sans son consentement et diffusée sur Medium sous couverture du journal Le Monde : pour nombre d’entre elles, tout a commencé par un dépôt initial de 250 euros, suivi de relances téléphoniques répétées de faux gestionnaires de compte, et s’est terminé par des fonds définitivement perdus, sans possibilité de retrait. À ce jour, aucune restitution spontanée n’a été documentée de la part des opérateurs. Avant de verser le moindre euro sur n’importe quelle plateforme d’investissement en cryptomonnaies, faites vérifier son existence légale et son agrément par BrokerDefense : c’est la seule manière de ne pas devenir la prochaine victime d’un réseau qui, comme celui d’Immediate Bitwave, compte déjà 149 domaines frauduleux à son actif.
Article réécrit le 27/08/2026


