La plateforme de minage de cryptomonnaies présentée sous le nom TradingMiningFxt1 est devenue injoignable : sa délégation DNS est morte, rendant tout accès au site impossible, alors que le nom de domaine tradingminingfxt1.com reste bel et bien enregistré et payé jusqu’au 3 février 2027. Un constat internet horodaté établi le 5 mars 2024 selon la norme AFNOR Z67-147 a figé l’état de la vitrine avant sa disparition. Les vérifications conduites le 12 septembre 2026 confirment l’étendue du décalage entre une infrastructure morte et un nom soigneusement conservé.
Sommaire
- Une résolution coupée pour un nom toujours enregistré jusqu’en février 2027
- Trois plans de « minage crypto » : 20 % en trois jours, 40 % en cinq jours, 100 % en une semaine
- « 1 510 jours en ligne » : une longévité démentie par l’enregistrement du nom
- Comodo, GeoTrust, AVG, un numéro D-U-N-S : des labels affichés sans vérification possible
- Ce que le constat du 5 mars 2024 a fixé : hébergement finlandais, portail de connexion, messagerie tierce
- Engager une démarche après un versement vers TradingMiningFxt1
- TradingMiningFxt1 : les points à clarifier
Une résolution coupée pour un nom toujours enregistré jusqu’en février 2027
Au 12 septembre 2026, tradingminingfxt1.com ne répond plus à aucune requête DNS. Les deux résolveurs publics interrogés renvoient un échec de résolution : les serveurs de noms du domaine, toujours ceux de XMARTHOST (DNS1.XMARTHOST.COM et DNS2.XMARTHOST.COM), refusent les requêtes, et la délégation est incomplète. Aucune réponse HTTP n’est possible, ni sur le domaine principal ni sur le sous-domaine « www ». En pratique, la vitrine est éteinte, et aucun utilisateur ne peut y accéder, qu’il tente de consulter la page d’accueil ou le portail de connexion.
Ce qui frappe, en revanche, c’est la situation du nom lui-même : la dernière modification d’enregistrement remonte au 4 février 2026, et l’expiration a été repoussée au 3 février 2027, soit bien après l’extinction de la résolution. Le statut affiché est « transfert interdit ». Le registrar est « Link, For Technology & General Trading Ltd. » (bureau Linkdata, identifiant IANA 3979). Conserver un nom enregistré et à jour tout en laissant sa résolution morte est une configuration délibérée : elle maintient le contrôle du nom sans permettre aucune vérification du contenu ni aucun accès par une victime qui chercherait à retrouver le site. La consultation du 12 septembre 2026 des listes noires et mises en garde publiées par l’AMF ne fait apparaître aucune mention de tradingminingfxt1. Cette absence ne vaut pas quitus : elle indique seulement que le nom n’a jamais été visé par un avertissement public de l’autorité, ce qui laisse entière la question de l’identité de l’exploitant.
Dernière mise à jour : 12/09/2026
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Trois plans de « minage crypto » : 20 % en trois jours, 40 % en cinq jours, 100 % en une semaine
La page d’accueil capturée le 5 mars 2024 présentait trois formules de « minage de cryptomonnaies », toutes assorties de rendements et de délais fixes. La première promettait un gain de 20 % après trois jours pour un dépôt compris entre 500 et 999 dollars. La deuxième annonçait 40 % de rendement après cinq jours pour des montants entre 1 000 et 9 999 dollars. La troisième affichait un doublement du capital, soit 100 % de gain, en une semaine, pour des versements entre 10 000 et 20 000 dollars. Dans les trois cas, le capital initial était décrit comme intégralement restitué. Les dépôts étaient acceptés via Bitcoin et PerfectMoney.
Ces chiffres ne correspondent à aucune réalité économique du minage de cryptomonnaies. Un retour de 100 % en sept jours représente un rendement annualisé dépassant plusieurs milliers de pour cent, sans relation avec les marges réelles de tout opérateur minier. Ce type de promesse constitue la marque structurelle des systèmes qui rémunèrent les entrants avec les fonds des suivants, jusqu’à l’interruption des paiements. Le tableau « derniers dépôts / derniers retraits » affiché sur la page d’accueil restait entièrement vide, rempli de la mention « N/A », ce qui rend les compteurs globaux (352 417,12 dollars de dépôts, 748 237,00 dollars de retraits) invérifiables et vraisemblablement fabriqués.
« 1 510 jours en ligne » : une longévité démentie par l’enregistrement du nom
Le compteur de la page d’accueil affichait « 1 510 jours en ligne » au moment du constat du 5 mars 2024, et le pied de page portait la mention « © tradingminingfxt1.com 2018 ». Ces éléments visaient à accréditer six années d’existence et une activité débutée en 2018. L’enregistrement du nom contredit frontalement cette chronologie : tradingminingfxt1.com a été créé le 3 février 2023, soit treize mois seulement avant le constat. Au 5 mars 2024, le domaine avait au maximum 396 jours d’existence réelle, contre les 1 510 jours affichés. D’autres plateformes de minage ont suivi la même logique de compteurs gonflés : Teslaminingprogram avait multiplié les indicateurs de confiance fabriqués avant de cesser toute activité dans des conditions comparables.
Le sélecteur de langues proposait l’anglais, le russe, le chinois et le vietnamien, et un module de traduction était intégré à la page. Cette configuration multilingue, fréquente dans les vitrines conçues pour toucher un maximum de pays simultanément, ne correspond pas au profil d’un opérateur établi de longue date dans un secteur réglementé. Le registre britannique des sociétés ne recense aucune entité correspondant à ce nom à la date du 12 septembre 2026 ; l’export ABE Infoservice ne contient pas non plus d’entrée pour tradingminingfxt1. Ces absences ne prouvent pas une infraction, mais elles confirment qu’aucune structure juridique identifiable ne se trouvait derrière la vitrine. Verogreatnest présentait une configuration voisine, associant des promesses de rendements en cryptomonnaies à une société introuvable dans les registres officiels.
Comodo, GeoTrust, AVG, un numéro D-U-N-S : des labels affichés sans vérification possible
La page d’accueil arborait plusieurs logos de confiance : Comodo EV SSL, GeoTrust, AVG Anti-Malware, et un numéro D-U-N-S affiché comme 222258924. La mention « sécurité de niveau bancaire » complétait cet ensemble. Aucun de ces éléments n’était cliquable ou ne renvoyait vers une page de vérification externe. Un certificat SSL valide sécurise le transit des données entre le navigateur et le serveur, mais n’implique aucune vérification de l’identité de l’exploitant, de la réalité de son activité ni de la légitimité de ses engagements financiers. Le numéro D-U-N-S, s’il peut être attribué à toute entreprise qui en fait la demande, n’équivaut à aucune forme d’agrément ou de supervision financière.
L’empilement de ces logos répond à une logique d’intimidation visuelle : donner l’apparence d’un contrôle externe sans qu’aucune autorité n’ait effectivement validé quoi que ce soit. La CySEC ne recense pas tradingminingfxt1 dans ses listes noires au 12 septembre 2026, étant entendu que cette absence ne vaut pas approbation. Ce type d’affichage de labels non vérifiables est caractéristique des vitrines construites pour convaincre rapidement un visiteur avant qu’il ne cherche à confirmer l’existence réelle de l’opérateur.
Ce que le constat du 5 mars 2024 a fixé : hébergement finlandais, portail de connexion, messagerie tierce
Le constat numérique AFNOR Z67-147 du 5 mars 2024 a figé plusieurs éléments techniques. L’hébergement était assuré depuis l’adresse IP 65.109.63.101, associée au nom d’hôte inverse server1.mypowerfulserver.com, localisé dans un centre de données de la région d’Helsinki, en Finlande. Le portail de connexion était accessible à l’adresse /Trade/index.php, sous le titre « Login », et proposait des formulaires d’identification (courriel, mot de passe) et d’inscription (nom, courriel, téléphone, pays, devise, profession). Ce niveau de collecte de données personnelles, dans le cadre d’une inscription à une plateforme sans société identifiable ni agrément vérifiable, est en lui-même un risque distinct.
La messagerie de discussion en direct intégrée était celle de Tidio, service tiers accessible à tout opérateur sur simple abonnement. Un bouton de contact getbutton.io et un kit Facebook complétaient les canaux de communication, auxquels s’ajoutait une vidéo YouTube intégrée à la page d’accueil. Ces composants tiers ne constituent pas des garanties de sérieux : ils sont disponibles sans vérification de l’identité de l’exploitant. Reste une question pratique : par quel bout saisir un montage dont aucun dirigeant n’a jamais été nommé ? L’entretien qui suit y répond en partie : Maître Michel Orsini, avocat au barreau de Paris, y examine la fraude aux cryptomonnaies sous l’angle des contentieux en responsabilité et des actions en réparation ouvertes à ceux qui ont été trompés.
Engager une démarche après un versement vers TradingMiningFxt1
Toute personne ayant effectué un virement vers TradingMiningFxt1, que ce soit en Bitcoin ou via PerfectMoney, doit en premier lieu rassembler et conserver l’ensemble des preuves disponibles : captures d’écran du portail /Trade/index.php et des pages de suivi de compte, historique des messages échangés via la messagerie Tidio ou tout autre canal, relevés de transactions Bitcoin ou confirmations PerfectMoney, et tout courriel ou SMS reçu depuis une adresse associée au domaine. Ces documents constituent la base de toute démarche ultérieure et leur valeur diminue si des délais importants s’écoulent avant qu’ils soient sécurisés.
Aucun complément d’argent ne doit être adressé, quelle que soit la justification invoquée : une prétendue taxe de déblocage, des frais de dossier ou une contribution présentée comme indispensable à la restitution des sommes n’ont d’autre effet que d’ajouter un prélèvement à ceux déjà subis. En l’absence de toute société identifiable derrière tradingminingfxt1.com, les recours doivent viser l’intermédiaire de paiement, l’opérateur de change ou l’établissement bancaire ayant traité le flux. La démarche de plainte pénale y est présentée étape par étape, avec les pièces à rassembler avant de saisir les autorités.
TradingMiningFxt1 : les points à clarifier
Depuis le 12 septembre 2026, tradingminingfxt1.com ne répond plus à aucune requête DNS : les serveurs de noms du domaine refusent les connexions et la délégation est incomplète, rendant le site totalement inaccessible. Le nom de domaine reste néanmoins enregistré et payé jusqu’au 3 février 2027, avec une dernière modification au 4 février 2026. La vitrine est éteinte, mais le nom est conservé par ses opérateurs.
Non. Les trois plans proposés promettaient 20 % en trois jours, 40 % en cinq jours et 100 % en une semaine, avec restitution du capital. Ces chiffres correspondent à des rendements annualisés de plusieurs milliers de pour cent, sans aucune relation avec la réalité économique du minage de cryptomonnaies. Le tableau des derniers dépôts et retraits affiché sur la page d’accueil restait vide (mention N/A), rendant invérifiables les compteurs globaux mis en avant. Ces caractéristiques sont typiques des systèmes qui utilisent les fonds des nouveaux entrants pour simuler des paiements, jusqu’à l’arrêt de toute activité.
La priorité est de sécuriser toutes les preuves disponibles : historique de transactions Bitcoin ou PerfectMoney, captures du portail /Trade/index.php, échanges via la messagerie Tidio et tout document reçu de la plateforme. Il ne faut effectuer aucun versement supplémentaire, même si une demande de frais est présentée comme condition d’un remboursement. Les recours possibles passent par le signalement auprès des autorités de régulation financière compétentes, le dépôt d’une plainte pénale et, selon le mode de paiement utilisé, une démarche auprès de l’intermédiaire de change ou de l’établissement ayant traité la transaction.
Contactez notre service d’aide aux victimes
TradingMiningFxt1 concentre les caractéristiques d’une arnaque au faux investissement : une vitrine conçue pour attirer des épargnants avec des promesses de rendements allant de 20 à 100 % sur des durées de trois à sept jours, présentées sous l’habillage du minage de cryptomonnaies. Les personnes ayant versé des fonds vers cette plateforme, que ce soit en Bitcoin ou via PerfectMoney, l’ont fait en réponse à un discours fondé sur des compteurs fabriqués, des labels de confiance non vérifiables et une ancienneté revendiquée de six ans contredite par un enregistrement de domaine datant de treize mois avant le constat. La vitrine est désormais inaccessible, mais les preuves constituées avant sa disparition restent la ressource principale de toute démarche de recours.
Article réécrit le 12/09/2026


