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La même machine bulgare que le dossier Exopip
La vitrine capitalexpro.co et le dossier consacré à Exopip partageaient la même machine physique localisée en Bulgarie, un rapprochement qui ressort des données d’infrastructure relevées en 2023 sur les deux dossiers. L’adresse de capitalexpro.co, 101.99.93.108, renvoyait server1.kamon.la en résolution inverse. Celle d’Exopip, 101.99.94.175, renvoyait exactement le même nom d’hôte. Les deux vitrines partageaient également le même bureau d’enregistrement Tucows, une durée d’inscription identique de douze mois, une façade Cloudflare et le même module de traduction multilingue Weglot. Ces concordances rapprochent les deux dossiers sans permettre d’affirmer une identité d’exploitant.
La vitrine Capital ex Pro a été figée par une constatation menée suivant le référentiel AFNOR Z67-147, le 15 septembre 2023, entre 07 h 41 et 07 h 52 (UTC). Quatre pages ont été relevées : la page d’accueil titrée « Capital ex Pro », puis /about-us, /trading et /contact-us. Ces captures constituent la preuve principale du dossier.
Consultées le 13 septembre 2026, les listes noires et mises en garde de l’AMF n’enregistrent rien au nom de capitalexpro.co à cette date. Cette absence ne vaut pas attestation de régularité. L’Autorité des marchés financiers avait en revanche inscrit www.exopip.com sur ses listes le 28 novembre 2023.
Dernière mise à jour : 13/09/2026
Un nom repris en août 2026 pour un portail de casinos
Le nom capitalexpro.co résout encore et répond avec un code 200, pour une page d’environ 84 kilo-octets. Son contenu n’a plus rien d’une plateforme de courtage. La page servie est un portail anglophone qui compare et recommande des casinos en ligne, avec des liens de redirection affiliés, présenté en plusieurs langues. Aucune interface de trading, aucun formulaire d’ouverture de compte, aucun produit financier n’y figure.
L’enregistrement actuel du domaine date du 27 août 2026, avec une échéance fixée au 27 août 2027, chez Dynadot Inc (identifiant IANA 472). Les statuts relevés sont serverTransferProhibited et clientTransferProhibited, le DNSSEC reste non signé. Le certificat TLS a été émis le 31 août 2026 par Google Trust Services et couvre le domaine ainsi que ses sous-domaines.
Entre la fermeture de la vitrine de courtage et cette reprise, le nom a traversé une longue période creuse. Les copies conservées de janvier 2025 à janvier 2026 ne restituaient qu’une page par défaut du panneau d’hébergement, sans contenu marchand. La vitrine de 2023 avait donc cessé de fonctionner bien avant que le nom soit réenregistré sous une nouvelle identité éditoriale. Ce parcours rejoint celui d’UnionBTC, autre dossier dont la vitrine avait cessé d’être servie alors que le nom restait enregistré.
Un « Nous » anonyme et des promesses maritimes
La vitrine de 2023 ne désignait aucune société comme partie contractante. Les conditions générales ne mentionnaient qu’un « Nous » sans raison sociale, sans domiciliation, sans autorité de tutelle nommée, sans coordonnée téléphonique ni postale. Quatre pages avaient été capturées lors de la constatation du 15 septembre 2023 : la page d’accueil, une page À propos, une page Trading et une page Contact. Aucune d’elles n’apportait d’élément d’identification supplémentaire.
La page d’accueil promettait à l’internaute de monter jusqu’au ciel, transposition directe de l’expression anglaise « sky is the limit », et lui offrait une « mer de connaissances ». Ces formules, relevées dans notre première enquête publiée le 25 octobre 2023, avaient donné son titre à l’article d’origine. Elles résumaient à elles seules la stratégie rhétorique de la vitrine : des images grandioses, aucune information vérifiable.
Chez Tucows, un nom masqué et douze mois d’inscription
Le nom capitalexpro.co avait été créé le 11 juillet 2023, avec une échéance fixée au 11 juillet 2024, soit douze mois exactement. Le bureau d’enregistrement était Tucows Domains Inc., portant l’identifiant IANA 69, le même que celui utilisé pour Exopip. Les statuts de verrouillage relevés étaient clientUpdateProhibited et clientTransferProhibited. Le DNSSEC n’était pas signé. L’identité de ce titulaire restait protégée derrière un service de confidentialité : l’organisation déclarée portait la mention « Data Protected », avec la province Ontario et le pays Canada pour seuls repères géographiques.
La pile technique de la vitrine comprenait ASP.NET et ASP.NET MVC, le module de traduction multilingue Weglot, le widget de graphiques financiers TradingView, la Google Font API et des bibliothèques jQuery servies depuis des réseaux de distribution publics. La page intégrait également une balise viewport, des microdonnées et un jeu d’images adaptatives. Ces choix techniques, courants dans les vitrines de courtage frauduleuses, permettaient de produire rapidement une apparence professionnelle sans développement sur mesure.
Ces données d’enregistrement restent consultables : consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Capital ex Pro : documenter les fonds envoyés
Toute personne ayant effectué des virements vers des comptes indiqués par la vitrine Capital ex Pro doit rassembler plusieurs familles de documents avant toute démarche. Les ordres de virement émis vers les coordonnées bancaires fournies par la plateforme constituent la pièce centrale : ils établissent le flux financier et son destinataire. Les relevés bancaires couvrant la période des opérations permettent de dater et de chiffrer chaque mouvement. La correspondance échangée avec les personnes qui se présentaient au nom de la vitrine, courriels, messages sur une application de messagerie ou captures d’écran de conversations, documente les instructions reçues et les promesses formulées. Les captures des pages de la plateforme, notamment celles présentant les rendements annoncés ou les conditions de retrait, complètent ce dossier.
Ces éléments réunis, la voie pénale reste ouverte. Notre guide sur la procédure pour déposer une plainte pénale détaille les étapes à suivre, les juridictions compétentes et les mentions indispensables pour que la plainte soit recevable.
Contactez notre service d’aide aux victimes
La responsabilité de la banque ayant reçu les fonds d’une escroquerie est un terrain juridique que Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate inscrite au tableau du barreau de Paris, connaît précisément. Dans la vidéo ci-dessous, elle expose le devoir de vigilance qui pèse sur l’établissement bancaire ayant encaissé des fonds d’origine frauduleuse et les conditions dans lesquelles cet établissement peut être condamné aux côtés des auteurs de l’escroquerie.
Capital ex Pro : les zones d’ombre du dossier
Depuis fin août 2026, le nom capitalexpro.co héberge un portail anglophone de comparaison de casinos en ligne. La page propose des recommandations d’établissements de jeux et des liens de redirection affiliés, présentés en plusieurs langues. Aucune trace de la plateforme de courtage de 2023 n’y subsiste : ni interface de trading, ni formulaire d’ouverture de compte, ni produit financier d’aucune sorte.
Rien dans les données d’enregistrement disponibles ne permet d’établir un lien entre les opérateurs de la vitrine de courtage de 2023 et ceux qui exploitent le portail de casinos enregistré le 27 août 2026 chez Dynadot. Le nom a vraisemblablement été repris par un tiers après une longue période d’inactivité, durant laquelle le domaine ne servait qu’une page par défaut d’hébergement. La prudence s’impose néanmoins : l’identité des exploitants actuels reste opaque.
La priorité est de constituer un dossier documenté : ordres de virement, relevés bancaires couvrant la période concernée, messages échangés avec les contacts de la plateforme et captures des pages présentant les offres. Ce dossier sert de base à une plainte pénale, déposée auprès du procureur de la République ou d’un service de police judiciaire spécialisé. Un signalement auprès de l’Autorité des marchés financiers peut également être effectué en parallèle. BrokerDefense évalue les dossiers sur demande avant toute démarche formelle.
Capital ex Pro illustre un schéma bien documenté : des fonds versés par des épargnants convaincus d’investir, une vitrine éteinte sans préavis, et un nom de domaine repris des années plus tard par un site sans rapport avec la finance. Les victimes se retrouvent face à une adresse web méconnaissable, sans interlocuteur, sans trace de leur argent. BrokerDefense examine les dossiers individuellement pour évaluer les voies de recours disponibles, qu’elles soient civiles ou pénales, avant d’orienter chaque personne vers les démarches adaptées à sa situation.
Article réécrit le 13/09/2026


