Le 10 août 2026, elansyvor.com a disparu du registre mondial des domaines .com : ni suspendu, ni expiré, mais rayé. Un an après son inscription sur la liste noire de l’AMF, le faux robot de trading crypto Élan Syvor n’existe plus que comme une adresse fantôme.
Dernière mise à jour : 15/08/2026
Sommaire
- Le 29 juillet 2025 : l’AMF inscrit elansyvor.fr, BrokerDefense publie le même jour
- Deux domaines, deux destins : le .com rayé, le .fr réduit au silence
- Ce que promettait Élan Syvor : un robot, des gains, des mensonges
- Une infrastructure conçue pour durer, pas pour être retrouvée
- Victimes d’Élan Syvor : les démarches concrètes à engager maintenant
Le 29 juillet 2025 : l’AMF inscrit elansyvor.fr, BrokerDefense publie le même jour
La coïncidence mérite d’être soulignée. Le 29 juillet 2025 à 11h46, l’Autorité des marchés financiers inscrivait elansyvor.fr dans la catégorie Crypto-actifs de sa liste noire officielle. Ce même jour, BrokerDefense publiait son analyse du robot Élan Syvor. Deux regards indépendants, une même conclusion : le site constituait une arnaque.
La fiche de elansyvor.fr sur la liste noire de l’AMF reste accessible et consultable. Ce signalement place elansyvor.fr parmi les plateformes crypto non autorisées à proposer des services d’investissement en France. Par ailleurs, ce site fait l’objet d’un signalement international pour activité non autorisée dans le secteur des crypto-actifs. Dès lors, toute personne ayant versé des fonds via cette plateforme dispose d’un point d’appui officiel pour engager des démarches.
Deux domaines, deux destins : le .com rayé, le .fr réduit au silence
Notre enquête révèle une situation technique sans ambiguïté. Le domaine elansyvor.com a été supprimé du registre Verisign : la requête RDAP retourne une erreur 404, et la base WHOIS répond « No match ». Ce n’est pas une simple expiration. Un domaine expiré reste visible dans les registres pendant une période de grâce. Ici, la suppression est totale, définitive, volontaire.
Son jumeau elansyvor.fr présente un profil différent. Enregistré le 19 juin 2025 auprès du registrar GRANSY s.r.o. (opérant sous la marque Netim, IANA ID 1519), il expire théoriquement le 19 juin 2027. Le titulaire affiché est Gransy s.r.o. elle-même, et le contact technique répond au nom de Benedictus Godefridus Petrus van Roij. Le serveur de noms pointe vers ns01.orlanoz.com. Cependant, le domaine ne sert plus qu’une page de blocage Cloudflare : HTTP 403, mention « Attention Required ». L’adresse IP 194.5.98.55 répond encore, mais aucun contenu n’est accessible. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Les archives publiques confirment la chronologie. Le site elansyvor.com affichait un contenu actif en juillet 2025, puis basculait en erreur 503 à partir de novembre 2025. La dernière capture disponible pour elansyvor.fr date du 12 août 2025. Depuis, silence complet.
Ce que promettait Élan Syvor : un robot, des gains, des mensonges
La plateforme Élan Syvor se présentait comme un robot de trading crypto piloté par une intelligence artificielle capable d’analyser les marchés 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. La promesse était simple : déposer des fonds, laisser le robot travailler, encaisser des gains passifs. Aucune compétence requise, aucun risque mentionné.
Pour crédibiliser ce discours, les opérateurs avaient construit une mise en scène soignée. Des portefeuilles simulés affichaient des performances fictives. Des témoignages attribués à « Matthew Davis » et « Rachel Evans » vantaient des rendements exceptionnels. Ces profils n’ont aucune existence vérifiable. En outre, le site détournait les logos de médias reconnus : BBC, Forbes, Sky News, New York Times. Il affichait également les marques de plateformes crypto légitimes, Binance, Coinbase et Gemini, pour suggérer des partenariats qui n’ont jamais existé.
Aucune entreprise n’était identifiable derrière Élan Syvor. Aucun numéro d’immatriculation, aucune adresse physique vérifiable, aucune licence d’opérateur de services sur actifs numériques. Ce vide juridique total constitue, en lui-même, un signal d’alarme majeur pour tout investisseur.
Les victimes d’arnaques similaires ne sont pas rares. Des plateformes comme netixos.com ou blueforge.ltd, elles aussi blacklistées par l’AMF, ont suivi le même schéma : promesses de gains rapides, puis domaine gelé ou disparu après les signalements officiels.
Une infrastructure conçue pour durer, pas pour être retrouvée
Notre analyse des technologies déployées sur Élan Syvor révèle un dispositif technique soigneusement assemblé. Le site reposait sur Laravel, un framework PHP de type MVC, associé à UIkit pour l’interface et jQuery 3.1.1 pour les interactions. Le serveur web utilisé sur la version française était LiteSpeed, hébergé en Suède. Cloudflare assurait le rôle de réseau de distribution de contenu, masquant l’hébergeur réel derrière ses propres adresses IP.
Les certificats SSL provenaient de Let’s Encrypt. Le site activait HSTS avec l’option preload, ce qui forçait les navigateurs à mémoriser la connexion sécurisée. Techniquement, cela renforçait l’apparence de légitimité. Or, ces certificats ne garantissent que le chiffrement de la connexion, pas la fiabilité de l’opérateur.
Les certificats identifiés pour elansyvor.com montrent une activité prolongée : le premier remonte au 28 mai 2025, et un certificat wildcard couvrant *.elansyvor.com a encore été émis le 28 mai 2026, valable jusqu’au 26 août 2026. Cette émission tardive, postérieure à la blacklist AMF de juillet 2025, indique que les opérateurs maintenaient une infrastructure active bien après le signalement officiel. Néanmoins, le domaine a finalement été supprimé avant l’expiration de ce certificat.
Me Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, intervient régulièrement sur les dossiers d’escroquerie liés aux faux investissements en cryptomonnaies. Dans la vidéo ci-dessous, elle revient sur un jugement obtenu en faveur de victimes d’arnaques crypto : les conditions d’une indemnisation, les recours judiciaires disponibles et le traitement pénal des transactions en cryptomonnaies dans ce type d’affaires.
Victimes d’Élan Syvor : les démarches concrètes à engager maintenant
Si vous avez transféré des cryptomonnaies vers la plateforme Élan Syvor, la première priorité est d’arrêter tout versement supplémentaire. Les opérateurs de ce type de dispositif relancent souvent leurs victimes sous prétexte de « frais de déblocage » ou de « taxes de retrait ». Ces demandes constituent une deuxième escroquerie superposée à la première.
Conservez l’ensemble des preuves disponibles : captures d’écran de votre espace client sur elansyvor.com ou elansyvor.fr, historiques de transactions en cryptomonnaies depuis votre portefeuille ou votre exchange, échanges par e-mail ou messagerie avec les prétendus conseillers du robot. Ces éléments sont indispensables pour toute procédure.
Déposez plainte auprès du procureur de la République. Notre guide complet sur la procédure pénale détaille les étapes à suivre et les qualifications juridiques applicables aux arnaques à l’investissement. Par ailleurs, BrokerDefense peut fournir un rapport de recherches complet sur Élan Syvor, destiné à accompagner ce dépôt de plainte. Le présent article ne s’appuie que sur une part très limitée des informations collectées dans ce rapport : données d’enregistrement des domaines, certificats SSL, infrastructure technique, historique des captures, analyse des contenus frauduleux.
Les victimes d’Élan Syvor ont confié des fonds en cryptomonnaies à une plateforme qui n’avait ni existence légale, ni licence, ni intention de restituer quoi que ce soit. Aujourd’hui, le domaine principal a été effacé du registre mondial, et le second ne répond plus. Cette disparition ne clôt pas les dossiers : elle les ouvre. BrokerDefense reste disponible pour évaluer votre situation avant toute démarche et vous orienter vers les recours adaptés à votre cas.
Oui, et il s’agit d’une suppression totale, plus forte qu’un simple arrêt du site : la base WHOIS de Verisign répond « No match » et la requête RDAP renvoie une erreur 404. Un domaine simplement expiré resterait visible pendant une période de grâce ; ici, le nom a été entièrement effacé du registre .com. Son jumeau elansyvor.fr, toujours enregistré, ne sert plus qu’une page de blocage Cloudflare.
L’AMF a inscrit elansyvor.fr le 29 juillet 2025 dans la catégorie Crypto-actifs de sa liste noire, car la plateforme proposait des services d’investissement en actifs numériques sans être autorisée à le faire. La fiche reste consultable sur le site de l’Autorité des marchés financiers et constitue un point d’appui officiel pour les victimes.
Cessez immédiatement tout versement supplémentaire : les demandes de « frais de déblocage » ou de « taxes de retrait » sont une seconde escroquerie. Conservez vos captures d’écran de l’espace client, vos historiques de transactions en cryptomonnaies et vos échanges avec les prétendus conseillers. Déposez plainte auprès du procureur de la République et méfiez-vous des faux intermédiaires de récupération de fonds.
Article réécrit le 15/08/2026



3 Comments
Bonjour, il y a plus de 2 ans, j’ai été tenté par une plateforme sur Telegram, DeGiro crypto exchange. Le site attrayant avec de nombreux témoignages et une gérante crédible puisque travaillant pour une grosse société américaine Alesia Jeanne Haas. Par la suite, j’ai appris qu’elle travaillait pour CoinBase, mais que son nom avait été utilisé.
Donc, j’investis 3000 qui sont placés sur Forex Exchange, puis on me demande 3000 pour une carte de membre, également investis et enfin 4000 pour un abonnement su Forex, valable 2 ans. Sur la plateforme de Forex, cet argent monte et me voilà avec 130.000 après 2 mois, Et la procédure de retrait débute, avec des frais, l’argent déposé sur Sinomak Bank, une banque américaine de l’Orégon et installée dans 60 pays, avec un conseiller financier, et un site bancaire normal, comme la Raiffeisen ou UBS. Mais petit à petit, je me rends compte que cette banque n’existe pas, que personne ne me répond et que la localisation de la banque est fantaisiste. Le tout avec des frais et puis, l’argent est transféré sur un site sécurisé de l’administration américaine et enfin sur CoinBase, qui me demande encore des frais, que naturellement je n’ai jamais payé. Voilà ma situation. Merci pour votre lecture
Et que pensez-vous du site Elan Morevor? Une émission de la TSR, Forum a été consacrée à une journaliste connue, Manuella Maury, et qui s’est mise à parler de la montagne d’argent qu’elle aurait gagnée avec Elan Morevo. Une émission supprimée, une journaliste embastillée pour atteinte à la sûreté économique du pays, avec manifestations de femmes pour exiger sa libération.
Rien sur le site officiel de la TSR. Tout semble faux. jbfasel
Je vous confirme que c’est faux en effet.