invest-wine.fr : l’arnaque au vin effacée du registre AFNIC

Invest-wine.fr : un nom rayé de l’existence, le registre AFNIC ne le reconnaît plus

Au 21 août 2026, le domaine invest-wine.fr n’existe plus dans aucun registre. La requête WHOIS renvoie un laconique « NOT FOUND », le protocole RDAP répond « NOT_FOUND_DOMAIN_NAME_WITH_NAME », et le DNS est muet : ni le domaine nu ni le sous-domaine www ne résolvent, c’est ce que les techniciens appellent un NXDOMAIN, autrement dit une adresse que le réseau ne connaît plus. Le nom a été effacé du registre français géré par l’AFNIC, comme s’il n’avait jamais existé.

Cette disparition totale est l’aboutissement d’un cycle bien documenté : une plateforme frauduleuse opère quelques mois, accumule des victimes, puis s’évapore pour échapper aux poursuites. Invest-wine.fr a suivi ce schéma à la lettre, actif de décembre 2017 à mars 2019 environ selon les captures d’archives web, avant de cesser toute activité. La suppression du nom de domaine lui-même constitue l’étape finale de cette disparition.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Dernière mise à jour : 21/08/2026

L’alerte de l’AMF du 1er décembre 2017 : des placements dans le vin sans autorisation

L’Autorité des marchés financiers n’a pas tardé à réagir. Dès le 1er décembre 2017, soit au tout début de l’activité du site, invest-wine.fr a été inscrit sur la liste noire de l’AMF, dans la catégorie explicite « Biens divers / Vin ». Cette inscription signifiait que le régulateur français avait identifié la plateforme comme proposant des placements sans aucune autorisation légale.

La liste noire de l’AMF est un outil de protection destiné aux épargnants : elle recense les entités qui sollicitent le public sans être habilitées à le faire. Figurer dans cette liste dès le lancement d’un site est un signal d’alarme maximal. Pourtant, des personnes ont continué à investir des fonds dans les vins proposés par cette plateforme pendant encore plus d’un an après cette inscription, probablement parce qu’elles n’avaient pas eu connaissance de l’alerte réglementaire.

Une copie carbone de rvfrance.com : la technique du clone frauduleux

L’enquête publiée par BrokerDefense en mai 2018 avait mis en lumière un élément particulièrement révélateur du mode opératoire : invest-wine.fr n’était pas une création originale, mais une reproduction quasi identique du site rvfrance.com, lui-même déjà dénoncé comme frauduleux à l’époque. Les mêmes modèles graphiques, les mêmes blocs de texte, la même architecture visuelle, seul le nom de domaine avait changé.

Cette technique de duplication est caractéristique d’opérateurs qui savent que leur plateforme sera rapidement signalée et blacklistée. Plutôt que de construire une nouvelle infrastructure, ils copient un site existant, changent le nom de domaine, et recommencent à démarcher des victimes. Le nouveau nom échappe temporairement aux signalements, le temps d’accumuler de nouveaux fonds. Invest-wine.fr était donc, dès sa création, la réincarnation d’une arnaque déjà identifiée.

Une domiciliation britannique de façade, zéro agrément réel

Le site affichait un siège social au Royaume-Uni, une adresse destinée à donner une apparence de sérieux et, surtout, à compliquer les vérifications pour des épargnants français. Mais l’intégralité du contenu était rédigée en français, sans la moindre version anglaise. Une société réellement établie en Grande-Bretagne et ciblant un public international aurait naturellement proposé son site dans la langue du pays où elle prétend être domiciliée.

Nos recherches n’ont retrouvé aucune trace d’une autorisation délivrée par la FCA, le régulateur financier britannique, ni d’une immatriculation auprès du Companies House, le registre des sociétés du Royaume-Uni. Du côté français, l’AMF n’avait accordé aucun agrément. Invest-wine.fr opérait donc dans un vide réglementaire total, sans aucune des autorisations requises pour proposer légalement des placements à des résidents français.

Dans une affaire qui illustre le sort réservé aux plateformes d’escroquerie les plus persistantes, la vidéo ci-dessous présente un jugement rendu par la Cour d’appel dans une affaire d’arnaque à l’investissement : des victimes ayant effectué des virements bancaires vers une structure frauduleuse ont obtenu l’indemnisation de leurs pertes après que la banque a été condamnée pour manquement à son devoir de vigilance. Ce précédent, commenté par Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, est particulièrement pertinent pour les personnes ayant transféré des fonds vers invest-wine.fr.

Que faire si vous avez investi dans les vins d’Invest Wine

La disparition du site ne clôt pas les droits des victimes. Quiconque a transféré des fonds vers invest-wine.fr doit d’abord rassembler l’ensemble des preuves disponibles : relevés bancaires attestant des virements, courriels échangés avec les opérateurs, contrats ou documents remis par la plateforme, captures d’écran conservées à l’époque. Ces éléments constituent le socle de toute procédure.

Il convient ensuite de ne plus répondre à d’éventuels contacts provenant de personnes se présentant comme liées à Invest Wine ou proposant de récupérer les fonds perdus, ce type de sollicitation est souvent une arnaque secondaire ciblant les victimes déjà identifiées. Le dépôt d’une plainte pénale reste une voie concrète : notre guide complet sur la procédure pénale détaille les étapes à suivre pour formaliser cette démarche.

Une piste souvent sous-estimée mérite une attention particulière : la responsabilité de l’établissement bancaire ayant exécuté les virements. Comme l’illustre la décision de la Cour d’appel présentée en vidéo par Maître Goce Novakov, une banque peut être condamnée pour manquement à son devoir de vigilance lorsqu’elle a traité des transferts vers une entité frauduleuse sans déclencher les alertes qui s’imposaient. Cette voie civile peut permettre d’obtenir une indemnisation même lorsque les auteurs de l’escroquerie sont introuvables.

D’autres arnaques au placement dans le vin ont été documentées par BrokerDefense et présentent des similitudes avec le cas Invest Wine : Vinvestissement, blacklistée par l’AMF et désormais hors ligne, et Cavehconseil.com, une fausse cave en ligne qui usurpait l’identité d’une société établie depuis seize ans. Ces précédents montrent que le secteur du vin est régulièrement exploité par des escrocs qui misent sur l’attrait d’un placement tangible et prestigieux pour capter la confiance des épargnants.

Invest Wine était-il autorisé à proposer des placements dans le vin ?

Non. Le site invest-wine.fr a été inscrit sur la liste noire de l’AMF dès le 1er décembre 2017, dans la catégorie « Biens divers / Vin ». Il ne disposait d’aucun agrément, ni de l’AMF en France, ni de la FCA au Royaume-Uni, ni d’une immatriculation auprès du Companies House, malgré un siège social annoncé à Londres.

Le domaine a été supprimé du registre : puis-je encore agir ?

Oui. La suppression du nom de domaine du registre AFNIC ne fait pas disparaître les droits des victimes. La prescription pénale court à compter de la découverte des faits, et la responsabilité civile de la banque ayant exécuté les virements peut encore être engagée pour manquement au devoir de vigilance. Il est recommandé de rassembler les relevés de virements et les échanges avec la plateforme, puis de déposer plainte.

Une banque peut-elle être tenue responsable des virements versés à Invest Wine ?

Oui, dans certaines conditions. Des décisions de cour d’appel ont condamné des banques pour manquement à leur devoir de vigilance lorsqu’elles ont traité des virements vers des entités frauduleuses sans déclencher les alertes qui s’imposaient. Cette voie civile peut permettre d’obtenir une indemnisation même lorsque les opérateurs de l’escroquerie sont introuvables.

Invest-wine.fr a disparu des registres comme il avait opéré : discrètement, sans laisser d’adresse. Le nom est effacé de l’AFNIC, le DNS ne répond plus, et les opérateurs se sont volatilisés depuis 2019. Mais les personnes qui ont confié des fonds à cette plateforme pour investir dans des lots de vin entre décembre 2017 et mars 2019 n’ont pas perdu tous leurs recours : la prescription pénale court à compter de la découverte des faits, et la responsabilité civile des intermédiaires financiers ayant facilité les virements peut encore être engagée. Agir, même des années après, reste possible, et parfois couronné de succès.

Article réécrit le 21/08/2026

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